28 octobre 2012

Tsiganes : le mémorial de Berlin

 

berlin-sinti-rom

Allemagne : un mémorial aux Sintis-Romas victimes du nazisme inauguré à Berlin - RFI
http://www.rfi.fr/europe/20121024-allemagne-memorial-roms-victimes-nazisme-inaugure-berlin
voir aussi : http://tinyurl.com/tsiganes-memorial-berlin

 

Cette histoire de nomadisme n'a aucun sens - Libération, 26.10.2012
Angela Merkel a inauguré un mémorial Sinti et Romas, mercredi à Berlin.
Henriette Asséo dissèque une politique d'exclusion qui perdure.
http://www.liberation.fr/monde/2012/10/26/roms-cette-histoire-de-nomadisme-n-a-aucun-sens_856275

également : Henriette Asséo, Non, les Tsiganes ne sont pas des nomades - Le Monde diplomatique, oct 2012
(à lire en bibliothèque)

Libération reproduit 4 photos nazies (Bilderwelt)
http://www.bridgemanart.com/search/search_assets.html?filter_text=Germany+Nazism+gipsies
dont cette photo prise par Eva Justin en 1938 (elle a fait des études à Tubingen, elle travaille pour Ritter au Centre de recherche d'hygiène (sic) raciale (eugénisme raciste).
http://tinyurl.com/justin-1938


Sinti et Roma ?
Les nazis ont fait de tsigane un synonyme d'asocial. Les associations essaient d'imposer les termes de Sinti à l'ouest de l'Europe, Roms à l'Est. Les Italiens se nommaient Zingari, les Allemands Zigeuner, les Français Bohémiens ou voyageurs, les Espagnols Gitanos et les Anglo-saxons Gypsies, etc.

« Avec la revendication du terme rom, les leaders actuels de la cause romani ont été pris au piège de la constitution d'une identité transnationale qu'ils cherchent à imposer à tous, en gommant les identités nationales et régionales. Ils ne se rendent pas compte que la promotion d'une identité transnationale unique est utilisée contre eux, pour justifier l'internationalisation de la politique tsigane. Là où ils voyaient une forme d'émancipation en s'appuyant sur des institutions européennes, les Etats en profitaient pour reconstituer l'archétype du Rom migrant, apatride et incapable de s'assimiler ».

« On confond nomadisme et circulation !
Dans les sociétés anciennes, tout le monde bougeait, mais personne n'était nomade. On confond donc une réalité sociale avec l'imaginaire de la mobilité constitué en doctrine politique ».

La persécution et l’extermination - « En Allemagne, dès 1933 les municipalités avaient créé de leur propre chef des zigeunerlager (camps d'internement pour Tsiganes) ! Dans la logique nazie, les Tsiganes indo-européens et aryens pouvaient être considérés comme les derniers représentants de la race perdue. Mais les experts nazis de la théorie de la race ont décrété que les Tsiganes allemands avaient perdu leur trace aryenne originelle en se métissant avec des Allemands de "basse valeur". Ils ont été persécutés par la Kripo, la police criminelle dirigée par Arthur Nebe. Après le 16 décembre 1942, et le Himmlers Auschwitz-Erlass, les Tsiganes sont exterminés à 80-90% dans l'ensemble du Grand Reich. A l'extérieur, le chiffre varie de 40 à 80% selon les régions (les nazis ont assassiné près de 500 000 personnes, la moitié de la population tsigane en Europe. A Birkenau, on entasse 23000 tsiganes (dont 6000 enfants) dns un camp spécial. C'est là qu'a eu lieu l'une des seules révoltes des déportés à Auschwitz. Le camp sera gazé dans la nuit du 2 août 1944 ».

« En France, les travaux historiques ont montré que les familles internées étaient des victimes françaises du régime de Vichy. La cartographie des camps de nomades est faite (cf Montreuil-Bellay, Nexon...). Le 18 juillet 2010, les associations de Voyageurs participent à la cérémonie en souvenir des crimes de Vichy. Au même moment, une politique d'exclusion se met en place (discours de Grenoble).


sigot-camps

La France des camps, carte de Jacques Sigot
http://www.memoires-tsiganes1939-1946.fr/camps.html


- La mémoire et l’oubli : L’internement des Tsiganes en France 1940-1946 - Cercle, 2004
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article26
- Les Tsiganes dans l’Europe occupée : entre persécutions et génocide, Cercle 2012
Biblio et webographie
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article197

- Les déportations tsiganes (en Europe)
une carte que l'auteur a oublié de signer :
http://clioweb.canalblog.com/archives/2012/08/31/25001067.html

- Liberté, le film de Tony Gatlif
- 3 documentaires :
. Les Roms, 1er peuple européen, un documentaire réalisé par Tania Rakhmanova
. Montreuil Bellay, un camp tsigane oublié, documentaire d'Alexandre Fronty
. Mémoires tsiganes, l’autre génocide, de Juliette Jourdan et Idit Bloch,Kuiv Prod 2011

 

mon_sintiroma

Le mémorial en avril 2012 - photo NM

rappel des articles antérieurs dans cette revue de presse :
http://clioweb.canalblog.com/tag/tsiganes 


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06 octobre 2012

Les Tsiganes ne sont pas des nomades

 

- Le Conseil constitutionnel a supprimé le carnet de circulation,
que les nomades français devaient renouveler tous les trois mois.
Les associations attendent d'autres avancées. Libération 05.10.2012
http://www.liberation.fr/societe/2012/10/05/gens-du-voyage-la-fin-d-une-discrimination-centenaire_851153


- Non, les Tsiganes ne sont pas des nomades
- Le Monde diplomatique, oct 2012

Démantèlement de campements roms en France, discriminations en Hongrie ou en Roumanie… Partout, les Tsiganes sont montrés du doigt. Et l’image d’une ethnie sans attaches nationales, valorisée par les institutions européennes, a paradoxalement conduit à les priver de certains de leurs droits. Toutes représentations qui méconnaissent l’histoire, la culture et les réalités romanis.

« Vieux continent différencié, l’Europe ne saurait se définir comme une association de tribus juxtaposées. Mais les crises nationales favorisent la montée de l’irrationalisme politique, en élargissant les frustrations réciproques. Les clichés de la vieille psychologie des peuples reviennent en force : l’Allemand serait « discipliné », le Français « chauvin », le Grec « méditerranéen » et le Rom « nomade » ! Nomade ?
Depuis quatre siècles, les Roms de l’Europe centrale ou balkanique sont… sédentaires. Les familles ont des attaches territoriales stables et anciennes. Elles ne se sont pas multipliées par génération spontanée au milieu de campements erratiques.

Pourquoi alors le mythe du nomadisme tsigane connaît-il un tel succès politique ? Par quel diabolique mouvement les occupants de « campements illicites » — au demeurant, autorisés par les préfectures depuis une décennie — sont-ils devenus des « Roms migrants », des « nomades administratifs » qui seront demain assignés au cantonnement ? Pourquoi ne voit-on pas le danger à laisser refermer sur des familles ainsi concentrées la tenaille asphyxiante de l’identification et des fichiers collectifs ?

Le passé de l’Europe rappelle combien la classification ethnique est dangereuse lorsqu’elle devient un principe organisateur ... »

L'article d'Henriette Asséo est à lire dans le Monde diplomatique d'octobre 2012
ou en ligne dans quelques mois.
http://www.monde-diplomatique.fr/2012/10/ASSEO/48249

Les Tsiganes dans l’Europe occupée :
choix de sites web sur le site du Cercle d'étude de la déportation

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