21 novembre 2011

Résister dans les camps nazis

 

cnrd2012_MRN


CNRD 2012 - Résister dans les camps nazis
On présentera les différentes formes qu’a pu prendre cette résistance et les valeurs qu’en transmettent les déportés par leurs témoignages.

Le Musée national de la Résistance a mis en ligne un dossier pédagogique organisé en 4 parties :
1 - Résister dans les premiers camps nazis (1933-1940)
2 - Résister dans le système concentrationnaire (1940-1945)
3 - Résister dans les centres de mise à mort (1942-1944)
4 - La résistance dans la mémoire des camps nazis : l’exemple de la France

Pour  télécharger le dossier de 32 pages en pdf :
http://www.musee-resistance.com/IMG/pdf/cndr2012__resistance_web.pdf

 

 

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06 juillet 2011

Sam Braun

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sam-braun1

Sam Braun vient de décéder en juillet 2011.
Il avait été arrêté et déporté fin 1943.
source : http://www.ac-paris.fr/portail/jcms/p6_217922/sam-braun-un-grand-temoin


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Sam Braun, Personne ne m’aurait cru, alors je me suis tu,
entretien avec Stéphane Guinoiseau, Paris, Albin Michel, 2007.


- « Sam Braun est né à Paris le 25 août 1927 mais a vécu son enfance et le début de son adolescence à Clermont-Ferrand. Ses parents, immigrés, se sont mariés en France, furent naturalisés en 1924 (sa mère venait de Kichinev, actuelle capitale de la Moldavie et son père de Pologne). Son père était commerçant - plus ou moins efficace et prospère d’ailleurs ! Sa famille n’est pas pratiquante mais Sam a été éclaireur israélite. ...

Le 12 novembre 1943 Sam, ses parents et sa petite sœur sont arrêtés chez eux à 6 heures 30 par des miliciens... »

Lire la suite de ce texte sur la page du Cercle d'étude (un monument numérique ?).
Sur cette page, Nicole mentionne également
l'adaptation théâtrale de l'ouvrage,
le 
témoignage sur TV5
le Testament philosophique des anciens déportés d'Auschwitz (sur le blog 
http://www.sambraun.com/ ).

http://www.cercleshoah.org/spip.php?article103&lang=fr


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source : http://www.cercleshoah.org/


- L'hommage rendu à Sam Braun au cimetière du Père Lachaise
. Gabriel Kenedi pour Rue 89. 06/07/2011
http://www.rue89.com/2011/07/06/rdv-au-pere-lachaise-avec-sam-braun-deporte-a-16-ans-212471

 

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17 juin 2011

A voix nue : Jorge Semprun

 

France-Culture rediffuse des entretiens de mai 1996 entre Jorge Semprun et Jean Lacouture autour de l'engagement politique et de la déportation. Comment cette machine à broyer l'homme qu'était le camp nazi de Buchenwald a-t-elle, au contraire, construit Semprun, en faisant l'homme sans peur et sans haine qu'il est aujourd'hui? Comment des années de vie clandestine sous Franco ont-elles forgé cet écrivain, avivé sa lucidité, épuré sa sensibilité?

1 - La famille, l'allemand en 2e langue, les amis de son père tels que Federico Garcia Lorca ou Emmanuel Mounier, la guerre civile, l'arrivée en France en 1939 et l'apprentissage du français.
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10351-13.06.2011-ITEMA_20290930-0.mp3

2 - Départ d'Espagne en 1936, Pays-Bas, lycées Henri IV et Saint Louis, Lukács et le marxisme, Henri Frager, engagement naturel dans la Résistance en 1941 par le PC espagnol et la MOI, soutien de la population (Yonne), arrestation en 1943 après dénonciation, Gestapo et prison à Auxerre, tentative d'évasion contrariée, déportation à Buchenwald fin janvier 1944 avec triangle rouge des politiques. La libération de Paris est connue et célébrée par les prisonniers français.
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10351-14.06.2011-ITEMA_20291151-0.mp3

3 - La survie dans le camp de Buchenwald, la hiérarchie entre prisonniers de droit commun et communistes, allemands ou non, leur rôle dans le camp, les relations avec les S.S.. Jorge Semprun répond aux questions sur le totalitarisme, mais maintient la différence entre communisme et nazisme
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10351-15.06.2011-ITEMA_20291377-0.mp3

4 - Retour à Paris en 1945, adhésion au PCE, vie de clandestin en Espagne, exclusion du parti, nomination au poste de ministre de la Culture dans le gouvernement socialiste de Felipe González.
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10351-16.06.2011-ITEMA_20291591-0.mp3

5 - Jorge Semprun parle de l'écriture du Grand voyage pendant son séjour clandestin à Madrid, de son désir de témoigner sur les camps, de son livre Federico Sanchez sur son exclusion du PCE, de ses choix de bilinguisme, de son travail pour le cinéma notamment avec Alain Resnais, des liens entre la France et l'Espagne, du bilan négatif de l'action du parti communiste, de ses projets personnels d'engagement entre politique et écriture.
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10351-17.06.2011-ITEMA_20291812-0.mp3

Wikipedia - http://es.wikipedia.org/wiki/Jorge_Semprún

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24 avril 2011

Montchamp 2011

 

Journée du Souvenir de la déportation

Montchamp 2011

 

«  En cette journée du souvenir de la déportation et des combats de la liberté,
les hommes, les femmes et les enfants qui ont vécu ces événements dans leur chair et avec leurs yeux,
appellent avec force leurs concitoyens à rester fermes
dans la défense des valeurs de liberté, de démocratie, de tolérance
et à ne jamais oublier que le monde se construit par la force de l'espoir et par la générosité des hommes,
non par la force des dictatures »
http://www.fndirp.asso.fr/message-commun.pdf

.
L'histoire de la déportation dans les camps nazis
:
http://clioweb.free.fr/camps/deportes.htm

.Montchamp, une commune du bocage, au nord de Vire, commémorait ce 24 avril 2011 le souvenir des résistants et déportés, notamment celui de plusieurs résistants fusillés par les nazis le 6 juin 44 au matin, dans la prison de Caen.
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La commune a reçu la croix de guerre en juin 1963 :
« Commune d'un ardent patriotisme, a fourni une élite de résistants dont un grand nombre furent fusillés ou sont disparus.
A supporté ses deuils avec courage ; s'est remise au travail avec ardeur ».


« A Montchamp le 13 août 1941, 9 heures du matin, une escouade de soldats allemands prend place autour de la mairie et arrêtent l'instituteur et
secrétaire de mairie Marcel Oblin puis Camille Lamoureux, Marcel Lamoureux, Roger Bouillon, et à Saint-Charles-de-Percy, Gérard Hallot et Georges
Lepeltier à la suite d'une dispute avec la fille du collaborateur **FM** maire adjoint de St Charles de Percy" [la commune voisine] ».


Voir aussi le récit d'arrestation de plusieurs résistants en mai 1944, sur dénonciation de **RC**, un collaborateur de la commune voisine,
à la suite de parachutages sur la Buryère en avril. L'un des résistants, Henri Schuh, n'ayant pas parlé sous les tortures,
reviendra des camps pour mourir en 1946 des mauvais traitements.
http://www.roynel.com/wiki/index.php?page=occupation-et-resistance


« Quant au sinistre **RC**, sa fin fut aussi mouvementée que l'avait été sa vie.
Arrêté en août 1944, il fut interné au camp de Sully. Il s'en évada, fut repris. Jouant les malades, il obtint son admission à l'hôpital de Bayeux
d'où il disparut discrètement dans la nuit du 15 septembre. Traqué par les gendarmes et les résistants du secteur, il eut le tort de
vouloir revenir chez lui, et vint ainsi donner du nez dans la souricière qui avait été établie. Refusant de se rendre aux sommations, il fut abattu alors
qu'il tentait de s'enfuir. Il y eut un temps où, au cimetière de Montchamp, on pouvait voir une tombe surmontée d'une croix gammée ; épilogue d'une histoire de trahison ».
http://beaucoudray.free.fr/gestapo.htm
(source message de 2007 sur la liste H-Français)

 

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26 mars 2011

Auschwitz, le devoir d'histoire


Shoah, le devoir de mémoire - Libération 24-03
Le souvenir du génocide juif se heurte à la disparition prochaine des survivants. Sa place à l’école doit encore être trouvée, entre cours d’histoire et éducation civiquehttp://www.liberation.fr/societe/

«Les voyages à Auschwitz ne peuvent remplacer un cours d’histoire»
Georges Bensoussan et Sophie Ernst, historiens, réfléchissent à l’enseignement de la Shoah :
http://www.liberation.fr/societe/
La présentation du Memoire Demain, le dvd de l'UDA - l'Union des Déportés d'Auschwitz au Lycée Louis Le Grand est à l'origine de l'article et de l'entretien.


Devoir de mémoire
: les médias semblent adorer une formule qui leur évite d'avoir à expliquer la différence que les historiens font entre le devoir d'histoire et le travail de mémoire
.
Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Devoir_de_mémoire
Evelyne Marsura (2002) :  http://www.memoire-net.org/article.php3?id_article=131
Laurent Wirth (2002) : http://www.ac-reims.fr/datice/bul_acad/hist-geo/bul26/wirth.htm
Reims, Histoire et mémoires : http://www.crdp-reims.fr/memoire/enseigner/memoire_histoire/05historiens1.htm

« La disparition progressive des derniers survivants » va-t-elle changer l'enseignement de l'histoire ?
L'histoire n'existerait que par le témoignage des acteurs (et des victimes). 
Curieuse déformation, installée dans les médias avec l'avancée en âge des derniers soldats de 1914-1918. Dans une telle vision, que faudrait-il dire du travail des historiens modernistes, médiévistes ou antiquisants ?

Le rapport entre le témoin, l'historien et le professeur d'histoire a été étudié par Annette Wieviorka. L'écouter dans son long entretien pour l'INA avec JB Peretié en 2006.
http://clioweb.canalblog.com/tag/wieviorka

Il doit exister des milliers d'heures de témoignages de déportés archivés sur le web ou des millions de pages éditées. Le Cercle d'étude propose un choix d'ouvrages et de vidéos : http://www.cercleshoah.org/spip.php?article86

La déportation dans les camps nazis : http://clioweb.free.fr/camps/deportes.htm

Sylvie Lindeperg, Nuit et brouillard, un film dans l'histoire O Jacob, 2007
 

Extraits : 

« Sur le fond, enseignants et historiens s’interrogent aussi sur l’évolution de cet enseignement qui ne trouve pas toujours sa place, entre cours d’histoire classique et cours d’éducation civique. La tendance est à dissocier plus clairement, d’un côté, les faits historiques, et de l’autre, les valeurs - lutte contre les discriminations, le racisme, - et les fondements de la morale républicaine ».
 

« La France est considérée comme une nation pilote sur l'enseignement de la Shoah »
Une seule institution semble posséder la vérité... Pour Bensousan, « Un bon enseignement est celui qui explique la genèse politique du crime de masse qui s'appelle Auschwitz, et en quoi c'est un événement sans précédent et spécifique - étant entendu que ce n'est pas le seul génocide du XXe siècle ». Chaque élève doit pouvoir comprendre, poursuit-il, que c'est « le regard zoologique du nazisme sur l'espèce humaine » qui en est à l'origine...

Le voyage à Auschwitz ? « Rien ne vaut un cours d’histoire où l’on développe une réflexion politique »
[seulement politique ? C'est sans doute ce qui a conduit à la suppression de l'enseignement de l'histoire en terminale pour les élèves scientifiques]

« Là où le bât blesse, c'est dans la formation des enseignants » … « les jeunes certifiés ignorent le nom de Raul Hilberg ».. Il reste des progrès à faire : « on » ne distingue toujours pas entre les « camps de concentration », où l’on ne perpétuait pas des crimes de masse, et les « centres de mise à mort », de vraies usines à meurtres ».

«  il y a des problèmes dans des établissements de banlieue, avec des jeunes d'origine arabe, en particulier maghrébine. Et cela devrait interroger les élites françaises ».

« Certains profs sont, en outre, sensibles aux thèses de l'ultra gauche »

 

Sophie Ernst nuance ces affirmations :
« La Shoah arrive comme un coup de tonnerre lors de l'étude de la Seconde Guerre mondiale ... Il manque un récit construit sur l'histoire des Juifs, sur l'antijudaïsme chrétien et la spécificité de l'antisémitisme en Europe au XIXe et XXe siècle ».
[dans le prochain programme de 1ere, en dehors de l'anéantissement, combien de minutes sur la 2 GM ?] 

Le voyage à Auschwitz-Birkenau ? « le choc de l'horreur ... conduit à un antiracisme de conformisme »

Les classes de la banlieue défavorisée ? 
« Les difficultés surgissent dans les classes avec de graves dysfonctionnements, où les élèves sont en révolte et les profs des punching-balls, et où l'on n'arrive pas à enseigner... Les profs se sentent sous surveillance [communautaire] ; ils préfèrent parfois passer vite sur un sujet [sensible] ».

 

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24 février 2011

Eichmann devant ses juges

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La revue L'Histoire n° 362 consacre son dossier de mars au procès Eichmann, le « Nuremberg du peuple juif ».

La présentation interroge « la banalité du mal » mise en avant par Hannah Arendt : la vision d’un homme ordinaire, un bureaucrate insignifiant qui peut devenir un rouage aveugle, sans passion ni morale, d’un système totalitaire.

La biographie de David Cesarini change totalement le regard : l’accusé n’est pas une personnalité banale, un exécutant routinier, mais bien un militant nazi, armé de convictions antisémites, un homme de terrain, actif d’abord dans la SS autrichienne. Spécialiste de l’émigration forcée des Juifs, il devient en 1942 le principal organisateur de la destruction massive.

Le procès d’Eichmann fut bien celui d’un individu pleinement responsable de ses actes. Sa culpabilité ne peut être diluée dans les eaux fangeuses d’un système criminel.

Sylvie Lindeperg consacre deux pages à la présence de la télévision et au rôle de Léo Hurvitz : Caméras dans le prétoire. Dans Nuit et Brouillard, un film dans l'histoire, elle traite des utilisations de l'oeuvre d'Alain Resnais par l'accusation au cours du procès.

au sommaire :
Annette Wieviorka, Eichmann : le procès qui fait entrer la Shoah dans l'Histoire
David Cesarini, Comment on devient Eichmann
Hannah Yablonka, « Le Nuremberg du peuple juif »
SylvieLindeperg, Caméras dans le prétoire
Henry Rousso, « Un laboratoire de justice » (entretien)

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source : Eichmann:Trial as National Catharsis (June 8, 1961)
USHMM Holocaust Encyclopedia
un détail : dans L'Histoire, à droite, l'écran de projection a disparu du cliché recadré ...

2 adresses signalées par Nicole :
- « Un spécialiste: portrait d'un criminel moderne », réal. Rony Brauman et Eyal Sivan, 1998.
- « Contrairement à un mythe répandu, Cesarani nous rappelle que Eichmann a eu une enfance tout à fait ordinaire et une adolescence sans problème ». Jean-François Dortier, La « banalité du mal » revisitée, Sciences Humaines - avril 2008 ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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10 octobre 2010

Politiques anti-juives 1933-1945

Le « délit de judaïté »
Justice pénale et politiques antijuives en Europe (1933-1945)

Colloque international au Mémorial de Caen
Vendredi 22 et samedi 23 octobre

consulter le programme en ligne
http://www.memorial-caen.fr/

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08 mai 2010

Topographie de la Terreur

8 mai 1945 : capitulation de l'Allemagne nazie 
(rien à voir avec un armistice...)

message de Nicole Mullier sur la liste H-Français :

« Enfin ! titre le magazine Zeit, l' inauguration du Centre de documentation
de la topographie de la terreur à Berlin "Topographie des Terrors",
sur les ruines de l’ancien bâtiment de la Gestapo et du palais Prinz-Albrecht
occupé par les SS et du SD. Restées terrain vague du temps du mur,
depuis l’anniversaire des 750 ans de Berlin, en 1987, suite à des fouilles,
une exposition en plein air montrait les caves,
lieu de tortures et d’exécution par la Gestapo
de résistants allemands dont le pasteur Niemöller,
d’auteurs de l’attentat du 20 juillet et de membres de l’Orchestre rouge »

Un projet de musée a vu le jour, une  première réalisation a été démolie
car le projet a été jugé trop onéreux.
En attendant, l’exposition était aussi virtuelle  :
http://www.topographie.de/topographie-des-terrors

« Un bâtiment minimaliste a enfin été réalisé,
situé à côté du Ministère fédéral des finances,
ancien Minitère de l’air de Goering.
Les bureaux des planificateurs du système d’extermination de masse étaient là.
L’exposition permanente montre des photos de nazis jeunes,
des universitaires ambitieux qui ont poursuivi leur carrière après 1945.
Le système judiciaire non dénazifié a permis à des assassins
de couler des jours paisibles en Allemagne ».
http://www.zeit.de/2010/19/Topographie-des-Terrors
Romani Rose président du conseil des Sinti et Roma,
déplore qu'on n'y parle pas des Tsiganes

Photos des chefs de l’organisation de la terreur et du bâtiment dans le Spiegel

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05 mars 2010

L'archéologie complice du nazisme

- Laurent Olivier était l'invité de Christian Goudineau dans son cours au Collège de France le 05/10/2009

- Il a co-dirigé la publication d'un colloque de 2004 : L’archéologie nazie en Europe de l’Ouest (sous la dir. de Jean-Pierre Legendre, Laurent Olivier et Bernadette Schnitzler), Infolio Editions, Paris, 2007, 496 pages

- Bernardette Arnaud en fait une présentation dans L’archéologie complice du nazisme, Sciences et Avenir 727 - juin 2007. Avec la biologie, l’archéologie a été la science la plus sollicitée par les nazis à l’appui de leurs théories nationalistes et racistes. Ce lourd passé refait surface.

- En 2003, Alain Schnapp a traité de L’autodestruction de l’archéologie allemande sous le régime nazi dans la revue Vingtième siècle, 78 2003/2

« Le nazisme n’est pas passé sur l’archéologie comme une bourrasque de l’histoire. Il a failli emporter avec lui tout l’acquis de la discipline » écrit Alain Schnapp qui poursuit : « Aucune discipline à l’exception de la biologie n’a collaboré de façon si intime avec l’appareil d’État du Troisième Reich. À côté des charlatans à la Hermann Wirth de prestigieux savants se sont laissés embrigader, ils ont contribué à diffuser à travers des revues comme Germanien et Germanienerbe une idéologie raciste qui était comme l’oxygène du régime ».

Alain Schnapp fait la distinction entre l’archéologie classique au sens académique du terme et l’étude de la protohistoire et de la préhistoire.
La première est une invention allemande (modèle et type d’organisation). Elle profite de la réputation de la philologie, elle accompagne le développement des musées de Berlin et de Munich, elle reçoit les postes, les moyens et les nonneurs.
La seconde repose sur les sociétés savantes et les amateurs. Après 1918, elle passe sous le contrôle des nationalistes, tenants de l’idéologie du « Blut und Boden ». Avec le nazisme, ces archéologues acceptent les théories raciales du régime, ils participent à sa propagande, ils servent la politique de germanisation, s’associent aux pillages voire à des crimes de guerre. , ils transforment le postulat du linguiste Kossina (une « science au plus haut point nationale ») en outil d’oppression.


Pendant la période nazie, l’archéologie est marquée par les rivalités entre les factions, notamment entre l’AMT Rosenberg (Reichsbund für deutsche Vorgeschichte ) - le parti nazi - et « l’héritage des ancêtres » d’Himmler et de la SS, entre Hans Reinerth l’arriviste collaborateur de Rosenberg et Herbert Jankuhn (Himmler). Hitler semble davantage attiré par la Grèce dorienne que par la protohistoire germanique, mais cette dernière a servi sa propagande raciste.


« Il est indéniable qu’en offrant des moyens à une génération intellectuelle frustrée par le régime de Weimar, le nazisme a su capter l’enthousiasme de jeunes savants souvent formés aux méthodes de l’érudition libérale ».

En 1945, ces jeunes savants ont su échapper à la dénazification. Ils ont été protégés par leurs élèves jusque dans les années 1970. C’est surtout après la chute du mur que l’accès aux archives a mis en évidence leur rôle, et l’importance de la tentative de « blanchiment » de recherches menées sur l’ordre des nazis.


Ce sujet est une réponse à ceux qui se plaisent à opposer le web et l'imprimé : le départ, c'est un entretien de Télérama avec Pascal Picq. Prolongé par le colloque de l'INRAP (web audio), auquel participait Christian Goudineau. Qui a invité au Collège de France Laurent Olivier. Dont l'ouvrage présenté par Sciences et Avenir traite du colloque de Lyon, sur un sujet abordé auparavant par Alain Schnapp.
Ces sources multiples ne s'excluent pas, elles fonctionnent en synergie. Ceux qui veulent approfondir la question iront les lire ou les écouter.


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