08 août 2012

La droite et ses valeurs

 

Quand la presse écrite semble vouloir voler au secours des droites orphelines ...


- La droite au défi de l'après-Sarkozy - La Croix, 30.07.2012
Quelles valeurs ? quels dirigeants ? quelle organisation ?
http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/France/La-droite-au-defi-de-l-apres-Sarkozy-_EG_-2012-07-30-837106

également dans La Croix : Une droite plurielle
Une droitisation de la France sur certains thèmes
Le sarkozysme est une pratique politique plus qu'une idéologie
L'UMP s'interroge plus sur son leader que sur ses valeurs


- La droite répète : ""Nos valeurs, nos valeurs""... Oui, mais lesquelles ? - Le Monde 26.07.2012
L'historien Michel Winock analyse comment l'influence du FN pèse sur l'unité de l'UMP ;
il interprète l'urgence mise à la désignation d'un chef et souligne l'importance de sa refondation doctrinale.
http://www.lemonde.fr/culture/2012/07/26/la-droite-repete-nos-valeurs

.
L'entretien évoque la responsabilité de NS dans les échecs successifs de la droite  (« son caractère impulsif, son défaut de civilité, ses multiples dérapages ...»). Ilsouligne les divisions à droite entre les tenants du christianisme social et les partisans d'un national-libéralisme.

Les valeurs ? Tous les dirigeants de la droite en parlent. « Pour l'instant, personne n'a vraiment fait la démarche d'expliciter ces valeurs. C'est d'autant plus étonnant que l'Histoire permet de discerner de solides points d'appui : l'autorité de l'Etat, la priorité de la production sur la redistribution,un certain conservatisme des  moeurs ».

« ... Dans l'Histoire, la droite n'a pas été sans doctrine ni sans idées, mais ce sont des idées aujourd'hui vaincues. La droite a fait siennes les victoires de la gauche, le suffrage universel, les droits de l'homme, les libertés publiques, le divorce, le rejet du racisme et de l'antisémitisme, la justice sociale, l'émancipation des femmes, même si cela n'a pas toujours été sans résistances, comme en témoigne le vote sur l'interruption volontaire de grossesse en 1975 ».

.
- L'entretien passe trop vite sur l'héritage : la droite a longtemps cultivé le rejet de 1789, le culte de la propriété privée, la haine de la fonction publique. NS a repris les discours des catholiques traditionnalistes et a réactivé le cléricalisme si bien caractérisé et dénoncé en 1850 par Victor Hugo.
Cf le programmme électoral de 1928
ou en 1940 la devise "Travail Famille Patrie" (la patrie ? dans un pays occupé et pillé par les nazis ...)

- L'entretien néglige plus encore la rupture de 2007 : la droite hexagonale a tenté de mettre en oeuvre un thatchérisme, un mélange de vision patronale du monde (travailler plus pour gagner moins) et de nationalisme autoritaire ( la chasse aux immigrés, l'exploitation de la xénophobie, la prison comme réponse à toute question sociale, avec une fuite impossible dans le Tout Répressif). Sans oublier la chatelisation et la déstructuration de l'Ecole au nom d'une idéologie radicale et brutale qui a parfois pu tromper ...


L'UMP et ses micros-partis satellites en 2008 : infographie du Monde (29.07.2010 ?) reprise sur le blog CAP 2012


.

.


.

Posté par clioweb à 07:40 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,


25 juin 2012

Sortir du national-libéralisme

 



Sylvain Bourmeau recevait Jean François Bayart,
auteur de «Sortir du national-libéralisme,
Croquis politiques des années 2004-2012
» aux éditions Karthala.

L'émission au format mp3 :
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/16260-23.06.2012-ITEMA_20379900-0.mp3

Présentation par l'éditeur :
« Le national-libéralisme est un concept polémique qui désigne la combinatoire entre la globalisation des marchés et l’universalisation de l’Etat-nation – une combinatoire dont différentes formes de rétraction identitaire ont été les expressions politiques paradoxales depuis le XIXe siècle.

Nicolas Sarkozy a été un national-libéral conséquent : libéral pour les riches, national pour les pauvres. Faute d’avoir jugulé la finance globale, dont il a été un fondé de pouvoir, il a flatté les bas instincts de la nation pour essayer de se faire réélire. Mais n’allons pas croire qu’en ayant supprimé le symptôme nous sommes guéris de la maladie national-libérale. Et rien ne dit que le bon docteur Hollande ait fait le diagnostic juste des maux qui rongent la société française, tant la gauche socialiste a contribué, depuis les années 1980, à l’instauration de ce mode de domination politique, quitte à essayer de lui donner un « visage humain ».

Ce recueil de croquis politiques, souvent acerbes, en débat avec ironie, passant de la micro-ethnologie d’un quartier de Paris à l’étude des pratiques d’exclusion ethnoconfessionnelle dans la République française, de l’analyse du new public management de la recherche et de l’université à la critique de la politique étrangère de Nicolas Sarkozy en Afrique, dans le Bassin méditerranéen et au Moyen-Orient ».


Noter le lien congénital entre la globalisation libérale et les replis autoritaires et xénophobes des partis conservateurs, la course à la dérégulation et à la casse de l'Etat-providence, la prison comme réponse unique à la question sociale ...


JFB souligne la schizophrénie d'un pays producteur de globalisation, d'un pays qui vit de la globalisation, mais où certains politiciens tentent d'exploiter une conception obsidoniale de la nation (cf le débat choquant sur l'identité nationale).


Jean-François Bayart, directeur de recherche au CNRS (SciencesPo-CERI) est l'auteur de
L’Etat en Afrique. La politique du ventre (1989),
L’Illusion identitaire (1996),
Le Gouvernement du monde. Une critique politique de la globalisation (2004)
L’Islam républicain. Ankara, Téhéran, Dakar (2010).
Il a publié en 2010, dans cette même collection, Les études postcoloniales, un carnaval académique.


.

Posté par clioweb à 07:50 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,