10 janvier 2014

Les médias et le vide

 

Le Petit Journal se moque du travail visuel de ses confrères : attitude grégaire, mise en scène du vide ...

nantes-porterouge

La TV-réalité de Nantes 09.01.2013
Hier soir, Le Petit Journal a brocardé l'emballement médiatique à Nantes
(les communiqués contradictoires et la porte rouge ... fermée ...

http://www.canalplus.fr/c-divertissement/c-le-petit-journal/pid6515-l-emission.html?vid=999762


grenoble-ugences

Hôpital de Grenoble : être sur place sert-il à quelque chose ?
Lundi, c'est l'hôpital de Grenoble qui faisait la une des envoyés spéciaux du vide,
ceux que l'on filme en train de dire qu'ils n'ont rien de nouveau à dire ...

http://www.canalplus.fr/c-divertissement/c-le-petit-journal/pid6515-l-emission.html?vid=997934

 

lpj

Sur la plateau, quels spectateurs placer en arrière du présentateur ?
http://www.canalplus.fr/c-divertissement/c-le-petit-journal/pid6515-l-emission.html?vid=999762

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24 juin 2013

Bac HG 2013 : Lettre à l'inpection

 

Académie de Nantes


Les professeurs correcteurs                                                                                                                        Nantes, le 24 juin 2013
Histoire-Géographie 1ère S
Épreuve anticipée Baccalauréat 2014


à  Inspection Pédagogique Régionale Histoire-Géographie

 

Mesdames, Monsieur,


A l’issue de l’épreuve anticipée d’Histoire-Géographie du Baccalauréat 2014 en 1ère S, les professeurs correcteurs réunis en commission d’harmonisation le mercredi 19 juin 2013 au lycée Appert d'Orvault (44) tiennent à vous exprimer leur plus vive colère face aux sujets proposés aux candidats qui ont mis en difficulté nos élèves malgré nos recommandations de l’année dernière.
Au-delà du silence du Ministère quant à nos alertes et propositions, malgré les faux-semblants des allègements, nous constatons avec rancœur que c’est l’ensemble de nos disciplines et de nos enseignements qui s’en trouve discrédité aux yeux de nos élèves. Ce contrat de confiance entre professeurs et élèves si long à construire et donc si fragile vient d’être rompu par l’irresponsabilité des initiateurs de ces sujets.

Le choix des thèmes et l’intitulé des sujets sont en totale contradiction avec les consignes ministérielles. Pour une dernière année de ces types d’épreuves nous étions en droit d’attendre des intitulés classiques valorisant le travail des élèves tout au long de l’année et leurs connaissances ; tout le contraire avec ces sujets appartenant au même Thème 2 du programme réduisant le choix des élèves et augmentant les inégalités entre candidats.
Le choix de la Géographie en Première Partie était prévisible mais les deux compositions portent sur des sujets difficiles correspondant à peine à 3 heures de cours. Les intitulés ont tellement désarçonné les candidats qu’ils se sont réfugiés sur le Sujet 2 à 80 %.

Le Sujet 1 pose trois problèmes précis. D’abord, une étude de cas n’a pas vocation  à être retranscrite sous forme de composition. Cette étude devait aboutir selon les programmes officiels, scrupuleusement respectés par les correcteurs, à un schéma qui a disparu de votre liste transmise le 26 octobre 2012. Ensuite, la diversité possible des études de cas traitées souligne l’impossibilité de s’entendre au préalable sur une proposition de correction. Enfin la référence de durabilité à l’étude de cas a produit de la confusion car de nombreux candidats ont choisi un autre exemple que celui attendu : ils ont confondu l’étude de cas du Thème 1 et celle du Thème 2.

Le Sujet 2 a donc été plébiscité par défaut. Mais il révèle l’imposture des allègements du programme. Comment traiter l’ensemble des « activités » sans mentionner les espaces agricoles et touristiques français participant à la mondialisation qui ont été supprimés en 2013 ? Les candidats sont les victimes finales de la tromperie des allègements. Devons-nous sanctionner le candidat ayant respecté l’intitulé selon son cours ou bien devons-nous valoriser exagérément le candidat ayant saisi la logique du programme et qui aura donc intégré dans sa composition les leçons sur Paris, sur les transports, sur le tourisme, sur la Northern Range, sur l’agriculture néanmoins évoquée par les professeurs ? Que de questions sans réponse, où le professeur correcteur se retrouve isolé face à ses copies et sa conscience professionnelle avec toutes les dérives possibles constatées l’année dernière dans les écarts de notation.

L’analyse d’un document en Histoire sur l’économie-monde britannique pose aussi trois problèmes. D’abord, elle correspond à une partie du programme vue en septembre en moins d’une heure de cours. Le choix d’Élisée Reclus, « géographe français » dans un document d’Histoire, est très discutable. Le document manquait de notes explicatives pour appréhender un auteur du XIXe siècle. Ensuite, peu de candidats ont fait référence à l’empire colonial britannique surtout qu’il a disparu du Thème 4 d’Histoire. Enfin, les candidats ont confondu économie-monde et économie mondiale, confusion déjà présente dans la fiche Éduscol d’aide à la mise en œuvre du programme.

Même si les candidats savaient que le croquis ou schéma n’était pas systématique à l’épreuve, l’analyse de deux documents en Géographie a aussi surpris nos élèves.
Nous les avions préparés à la cartographie et leurs beaux crayons de couleur bien taillés n’auront pas servi dans l’ensemble. Leurs compétences cartographiques n’ont vraiment pas pu s’exprimer avec la proposition d’une carte faussement simpliste et d’un texte (trop) court extrait d’un manuel scolaire. Deux documents paraphrasés par les candidats car ils ne leur permettaient pas d’en extraire un avis critique ou de les amender d’arguments attendus en réponse comme par exemple les migrations, la situation politique, la culture dans la place de l’UE dans la mondialisation.

Nous sommes d’autant plus écoeurés qu’il a fallu répondre à l’incompréhension et à l’inquiétude des élèves et de leurs parents à l’issue de l’épreuve. En s’excusant parfois pour rassurer les élèves quant à la correction de leur copie.
Nous serions en droit de connaître le nom des rédacteurs de ces sujets scandaleux qui ne reflètent en rien voire même dénigrent l’ambition des sujets proposés par les correcteurs lors des bacs blancs dans chaque établissement.

Malgré nos alertes et nos propositions de l’année dernière, le pire est advenu. Nous vous avions demandé de ne plus avoir autant de copies à corriger (une moyenne de 105 copies par correcteur) avec 3 exercices différents à évaluer. Nous ne constatons cette année aucun changement surtout que tous les professeurs exerçant en 1èreS n’ont pas été convoqués.

En plus de la répartition inégale des copies entre les 2 sujets de composition (Sujet 1, 20 % et Sujet 2, 80 %) qui prouvent l’incohérence du choix des thèmes et des intitulés, nous observons cette année une grande hétérogénéité dans le nombre de pages des copies : entre des copies structurées et complètes, même avec de nombreux hors-sujets et des copies trop peu fournies alors que l’auteur a respecté les consignes.

Ce courrier exprime notre désarroi face à l’avenir de nos disciplines.
Notre défiance est grande depuis 2 ans vis-à-vis d’une institution incapable de prendre en considération les avis et propositions des professionnels de terrain que nous sommes. C’est pourquoi nous réclamons d’être réellement consultés quant aux futurs types d’épreuves de Terminale S de juin 2015, surtout lorsque nous lisons dans le JORF N°0137 du 15 juin 2013 (page 9909, texte n°3) que la durée de ces épreuves sera de 3 heures au lieu de 4 heures auparavant.

Notre défiance est encore plus grande lorsque nous nous apercevons que l’Inspection Générale n’a pas su défendre nos disciplines en rétablissant les horaires d’avant la réforme en Première et Terminale S (perte d’1.5 heure).
Les élèves étant suffisamment pénalisés par les difficultés du programme, par la lourdeur du travail imposé et par la difficulté des sujets, nous ne souhaitons pas les dévaloriser davantage en ajoutant la pression et les inégalités supplémentaires qu'entraînerait une correction accélérée des copies, sans possibilité de revenir sur certains devoirs.

Nous refusons donc de respecter la seconde limite figurant au bas de nos convocations (vendredi 5 juillet), alors que la clôture officielle de saisie des notes est le jeudi 11 juillet (haut de la convocation). Les personnels du rectorat auprès desquels nous nous sommes informés nous ont expliqué que les paquets de copie étaient importants car nous avions un long temps de correction. Amputer ce temps d'une semaine se ferait nécessairement au détriment des candidats.

L’Histoire et la Géographie méritent toute votre attention afin de continuer d’élever la curiosité de nos élèves et de contribuer au développement de leur raisonnement critique.  Nous attendons ainsi de votre part une réponse rapide à nos demandes.

Veuillez croire, Mesdames, Monsieur, à notre profond attachement à un service public d’éducation respectueux des valeurs républicaines et de ses usagers.

La lettre est signée par 34 professeurs d'Histoire-Géographie,
dont Benoît Picherit (Lycée Livet - Nantes) qui a diffusé ce courrier.


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05 avril 2012

1943 : Nantes sous les bombes

 

rue-calvaire

Nantes 1943, rue du Calvaire - source : http://kia.cd.st/photos-eto-nantes-a3482319
(à l’arrière plan, en direction de l'Est, l’église Saint-Nicolas)


Nantes sous les bombes alliées,
Une histoire oubliée de la France en guerre
le documentaire de François Gauducheau
a été projeté en avant-première au Mémorial de Caen (04.04.2012).
La diffusion sur France 3 est prévue en septembre 2012.
http://www.francoisgauducheau.fr/projets_01.htm

Le 16 septembre 1943, le bombardement allié sur Nantes a tué 963 habitants.
Le port était sans doute visé,
mais les destructions majeures ont eu lieu au centre-ville, notamment rue du Calvaire

« Le premier largage est effectué à 16h02, d'une altitude de 5000 mètres, par un bombardier qui, localisant très mal son objectif, lâche ses bombes trop tôt, autour du parc de Procé, à trois kilomètres en amont du site visé. Les deux vagues suivantes, déportées vers l'ouest, pilonnent le port à hauteur de Chantenay, alors que deux autres, déroutées, arrosent l'aéroport de Château-Bougon.
Enfin, l'un des derniers groupes de l'escadrille manque également son objectif et libère toute sa cargaison de bombe sur le centre de Nantes. Une déferlante meurtrière s'abat sur la ville, balayée par le souffle infernal des bombes incendiaires et à gaz ».

Un second bombardement a lieu le 23 septembre 1943 au matin.
http://www.nantes.fr/bombardements-de-1943

THURSDAY, 16 SEPTEMBER 1943
(Eight Air Force): VIII Bomber Command Mission 97: 5 targets in France are hit:
    1. 131 of 147 B-17's dispatched hit two targets in Nantes; 79 hit Nantes harbor installations at 1502-1512 hours and 52 hit Nantes/Chateau-Bougon Airfield at 1509-1512 hours; they claim 22-2-5 Luftwaffe aircraft; 7 B-17's are lost, 1 is damaged beyond repair and 47 are damaged; casualties are 9 WIA and 60 MIA. This mission is escorted by 79 P-47's; they claim 2-0-1 Luftwaffe aircraft and suffer no losses or casualties.
http://www.8thafhs.org/combat1943.htm


Le trajet des bombardiers alliés :
http://scharch.org/Rich_Scharch/missions/070_map_1943-09-16.jpg
http://scharch.org/Rich_Scharch/TSgt%20RG%20Scharch.htm

La liste des victimes d'après Paul Caillaud, Nantes sous les bombardements (Éditions du Fleuve, Nantes, 1946, page 45)
http://www.archives.nantes.fr/pages/DOSSIERS_DOCS/bombardements_1943/page1.htm


Parmi les liens de l'article de Wikipedia,
un extrait de France Actualités illustre la vigueur de la propagande de Vichy
(cf la mention du COSI, le comité ouvrier de secours immédiat.
Dans L'ombre de Pétain (France 2, 4/6/1994),
le documentaire d'Alain de Sedouy et de Michel Folin,
le cosi est présenté comme une émanation de la Milice, avec un cas de spoliation d'une famille juive à Limoges]

Le documentaire utilise des extraits de Nimbus libéré, le dessin animé de Raymond Jeannin, 1944 (1'30) qui illustre cette propagande violemment antisémite.

[ Le documentaire croise plusieurs points de vue, celui des aviateurs (dont Norman Schroeder dont l'avion est abattu) et celui des Nantais (les témoignages sont surtout à charge contre la stratégie du commandement allié).
Cette stratégie a été débattue après la projection, avec la différence entre les bombardements de 1943 contre l'Allemagne nazie (usines et villes), et ceux de 1944 (soutien tactique aux troupes de débarquement).

Le sous-titre "16 septembre 1943, les morts oubliés" fait partie des clichés lassants : les titreurs paresseux adorent vanter une histoire prétendument taboue, ou méconnue, ou oubliée. En fait, elle était juste oubliée de celui qui a besoin d'un titre accrocheur, et qui confond sa propre ignorance avec celle du reste de la société.
Dans le cas de Nantes, les sources ne manquent pas, en librairie ou sur le web. Pierre Facon a fait la distinction entre une histoire prise en compte au niveau local, mais non intégrée à une mémoire nationale ].

US Army Air forces in WW2 : http://www.ibiblio.org/hyperwar/AAF/

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Sur Nantes, les écrits de la traite et de l'esclavage, François Gauducheau a réalisé Mémoire Blanche en 1992
cf la présentation dans un article de Ouest-France en décembre 1995

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Toujours au Mémorial de Caen, dans l'après-midi, une conférence-débat avait pour thème : Les bombardements aériens de la Seconde Guerre mondiale sont-ils des violences de masse ? Le cas des bombardements en Europe de l’Ouest.
http://en.wikipedia.org/wiki/Strategic_bombing_during_World_War_II



nantes-decre

Les grands magasins Decré après le bombardement de 1943 -  source : skyscrapercity
voir aussi Les hommes qui ont fait Decré

nantes-centre.

source : Google Maps.


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09 mai 2011

Les ports négriers au XVIIIe siècle

 

- Mardi 10 mai, 22 h 35, France ô rediffuse 
Victor Schoelcher, l'abolition, avec Jacques Perrin (1998).
http://www.franceo.fr/
http://fr.wikipedia.org/wiki/Victor_Schœlcher

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Libération publie ce week-end une copie de la carte établie en 2006 par Marcel Dorigny et Bernard Gainot pour leur Atlas des esclavages, Editions Autrement ( exactement, le trafic entre 1500 et 1815)

http://www.liberation.fr/monde/01012335926-les-ports-negriers-au-xviiie-siecle

Liverpool, Londres, Bristol, Nantes...

« Cette hiérarchie ne correspond pas à celle des pays organisateurs de la traite : le Portugal transféra 4,6 millions d'Africains vers les colonies européennes des nouveaux mondes, la Grande-Bretagne 2,6 millions, l'Espagne 1,6 million, la France 1,25 million et les Provinces-Unies un demi-million... »

Le commerce portugais se faisait en "droiture", des côtes du Cap-Vert, de Guinée, de l'Angola ou du Mozambique vers l'immense Brésil ...
 

La carte dans la version 2006 de l'Atlas :
http://clioweb.free.fr/dossiers/colonial/atlasescl.htm

ports_negriers

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