04 février 2010

Les fonctionnaires et les néos

Et l’Etat (libéral-sécuritaire) inventa le licenciement de fonctionnaires
Un décret prévoit la «mise en disponibilité» des agents publics… sans travail ni salaire.

c'est dans Libération de mardi, enfin en accès gratuit
dans Rue 89
et dans le blog Les décodeurs
Versions Le Monde ("les syndicats s'insurgent"...) et  Le Figaro (controverse sur la sécurité...de l'emploi...) :

« Nous réclamons l'élaboration d'un régime général des associations. Par là, sera notamment donné un statut précis aux associations de fonctionnaires » écrivait le programme électoral de la Fédération républicaine en 1928 ( faisant l'impasse sur la loi de 1901 ?)

Pendant ce temps, la casse continue dans la justice
tout comme le traitement des collectivités territoriales qui votent mal.

La rupture, au sens de contre-révolution néo-libérale, est en marche.
Relire la différence faite par Antoine Garapon entre l'Etat néo-libéral et son ancêtre libéral

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Une anecdote rapportée par Marianne (30/01, p 12) :
A Nancy, des étudiants en droit ont manifesté en pyjama pour obtenir ... l'ouverture de la BU 24 heures sur 24...
Devinez qui a pu organiser une telle mise en scène... :-):-)

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30 janvier 2010

Le néo-libéralisme, une technique de gvt

Malaise dans la justice : une remise en cause de l'institution ?
Antoine Garapon était l'invité de l'association Démosthène.

des notes prises à plusieurs mains sont consultables en ligne

La suite est une tentative de synthèse personnelle.

Pour A Garapon, le néo-libéralisme n'est pas une idéologie , mais une technique de gouvernement des hommes, une manière de gérer une société conçue comme une addition d'individus gérant chacun ses choix, sans référence à des valeurs communes partagées.

Au nom de la liberté de l'individu, les néo-libéraux veulent appliquer à toutes les activités humaines les règles du capitalisme le plus sauvage, celles du New Public Management en GB et de la LOLF en France. Ils soumettent toutes les institutions à une logique comptable, ils ignorent volontairement et malmènent toute dimension symbolique. On ne parle plus de justice (ou de santé ou d'éducation), mais de rentabilité, de coût, de performance, de ratios... Avec eux, on s'installe dans la fuite en avant, dans l'instabilité permanente [la France actuelle y ajoutant le clientélisme et l'arbitraire].

Leur maître mot des néo-libéraux, c'est la concurrence, la compétition, « la guerre ». Leur ambition est de mettre tout le monde sous pression, ils y parviennent en rognant tous les budgets, en réduisant le personnel au delà du raisonnable.

Habillée en version radicale de la « liberté (chérie) », cette manière de gouverner recueille un large consensus, autour de la prétention de décider de tout par soi-même, autour du souci géneral de sécurité, autour d'une gestion supposée plus rationnelle du bien public.

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Tenir tête à cette tornade est difficile :
Le néo-libéralisme se présente comme une « évidence », comme une vérité de nature, accessible d'emblée au sens le plus commun. « Au moment même où il s'énonce, le discours néo-libéral discrédite toute forme de critique et fait passer celui qui s’y risquerait pour un partisan du statu quo et un quasi-réactionnaire ».

quelques défauts dans la cuirasse cependant :
Les apôtres du néo-libéralisme se réclament d'une liberté individuelle radicale, mais ce faisant, ils nient tout ce qui fait le coeur de la démocratie, le débat et la délibération, la décision collective réfléchie.

Thatcher, une des sources de la (contre)-révolution néo-libérale, ne veut voir dans la société qu’une addition d'individus. Les néo-libéraux prétendent « gouverner par la liberté » ; ils supposent des individus rationnels et en pleine possession de leurs moyens, donc ni en situation de conflit, ni dominés, ni malades, ni victimes…

Pour Antoine Garapon, la seule antidote aux ravages en cours du néo-libéralisme, ce serait le libéralisme classique, et le retour à la distinction entre les différentes sphères qui organisent une société.

Parmi les questions :
Pourra-t-on espérer inverser un jour la fuite en avant ? Non, si on s'en tient à Thatcher ( elle aurait dit : «  ma plus grande réussite, c'est Tony Blair »). Non, si on considère que la destruction méthodique se fait avec le soutien d'acteurs zélés et intéressés.

Un paradoxe déjà rencontré dans l’article sur « Vendre à la découpe le service public » : chez les salariés qui subissent la brutalisation, certains perdent pied ; la majorité s'accommode, les valeurs humanistes étant mobilisées pour atténuer autant que possible les effets du tsunami en cours.

A lire, dans le numéro d'Esprit sur Qu'est-ce que le sarkozysme ? (Nov 2007)
Antoine Garapon et Denis Salas, La victime plutôt que le droit...

Posté par clioweb à 03:49 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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