22 mars 2017

xporte : Ceci n’est pas un programme

 

« Ceci n’est pas un programme » - La vie numérique 20.03.2017
http://www.franceculture.fr/emissions/la-vie-numerique


Xavier de la Porte commente deux propositions de la revue Multitudes 66
(pas encore en ligne) :
http://www.multitudes.net/category/l-edition-papier-en-ligne/

Proposition 6 « Taxons les médias qui vampirisent notre attention collective et utilisons cette redevance pour soutenir la diversité des créations, des points de vue, des sensibilités culturelles. »

Proposition 7 « Donnons aux citoyens les moyens de créer ou de gérer des asiles de données personnelles pour lutter contre la mainmise des multinationales du numériques. »

« Toutes ces questions qui devraient au coeur de nos préoccupations, a-t-on vraiment envie d’en débattre ? »


multitudes

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07 mai 2014

L’utopie internet est partout

 

L’utopie internet est partout
Eric Walter, Laurent Chemla,  Tribune, Libération écrans 06.05.2014
http://ecrans.liberation.fr/ecrans/2014/05/06/internet-les-heros-sont-fatigues_1011830

extraits :
« Les pionniers d’Internet n’ont (peut-être) pas réussi à créer leur utopie. Mais ne parler que des échecs sans réaliser tout ce qui fut obtenu, c’est faire preuve d’encore plus d’aveuglement... Si on avait écouté les Cassandre ... eBay aurait dû prendre toute la place et le Bon Coin aucune. A quoi bon entreprendre et tenter d’innover quand on a aucune chance ? »

« Ouvrons les yeux : l’utopie internet est partout ... Elle est irréversible, parce qu’elle a la puissance de la multitude ».

« … Si nous avons une question à nous poser aujourd’hui, ce n’est certainement pas celle de savoir comment sont morts nos espoirs déchus. Ils ne le sont pas. C’est, bien au contraire, de chercher comment faire pour que ce bouillonnement créatif qu’Internet a fait naître soit mieux appuyé, accompagné, pour se lancer plus vite dans la conquête de l’infini ».

« L’histoire récente n’a pas manqué de législations nationales sur Internet. Beaucoup pour protéger, peu pour en préserver les principes (tels que la neutralité), et encore moins pour y garantir les droits fondamentaux. C’est pourtant par là qu’il est urgent de commencer. Il ne s’agit pas d’adapter le nouveau monde à l’ancien, mais bien le contraire ».

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10 février 2014

Luttes de classes sur le Web

 

Luttes de classes sur le Web
Place de la Toile, 08.02.2014, avec Yves Citton et Yann Moulier-Boutang
http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile-luttes-de-classes-sur-le-web-2014-02-08

La première partie liste des formes de l'aliéation liée au numérique (production d'ordis, petites mains de la traduction, pillage des données personnelles, travail non rémunéré de la multitude des internautes ...). « Chaque fois que vous adressez une requête à Google, que vous mettez un post sur Facebook ou que vous likez une page, vous produisez donc de la valeur, dont les algorithmes de Google et Facebook tireront des profits ».

La seconde partie évoque les rapports de force. La disparition du contact direct entre patron et ouvriers facilite la destruction des droits sociaux les plus élémentaires. Le numérique encourage la régression vers une économie de rente, une économie pré-capitaliste, où le salaire dépend du seul bon plaisir de l'employeur.

Quels combats peuvent structurer cette nouvelle lutte des classes ? L'émission cite les exploits de certains hackers, évoque le débat nécessaire sur le statut des biens communs et conteste le droit à l'exploitation commerciale laissé de facto aux multinationales sur les données personnelles.

L'émission accompagne la parution de la revue Multitudes 53-54
http://www.multitudes.net/multitudes-53-54/

Le dossier n'est pas encore visible en ligne, pas plus que le sommaire.
http://www.multitudes.net/mineure/
http://www.multitudes.net/category/l-edition-papier-en-ligne/

rappel : Yann Moulier-Boutang, Le capitalisme cognitif : la nouvelle grande transformation, 2007
CR par N Katinakis - https://www.mcgill.ca/files/msr/Compte_Rendu_du_Livre.pdf

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31 mai 2011

Le côté obscur de Google


Sous le titre Le côté obscur de Google (avril 2011),
Payot a édité en poche la traduction d'un ouvrage de 2007 :
 
Luci e ombre di Google (2007) - La face cachée de Google (2008)

L'ouvrage est disponible en ligne en français
( pour le télécharger en pdf : 

http://www.ippolita.net/5.html 
http://www.ippolita.net/files/Facecacheapostille.pdf

Pour les lecteurs pressés, lire la libre conversation de Multitudes avec Karlessi, un membre du collectif Ippolita (2009). http://multitudes.samizdat.net/Contre-l-hegemonie-de-Google
http://www.cairn.info/revue-multitudes-2009-1-page-62.htm

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Les auteurs, des libertaires italiens, s'étonnent de la grande passivité des internautes.

Google a su magistralement exploiter notre besoin de simplicité. Sa publicité est bien moins intrusive que celle des autres commerçants, mais sa gestion des contenus est invasive. Les auteurs questionnent la technique du moteur plébiscité par tous (« le coeur opaque de technologies »).
Ils interrogent les discours sur l'open source qui ne sont, selon eux, qu'un masque pour dissimuler la machine redoutable de profilage publicitaire des internautes. Comment croire qu'une entreprise privée puisse vouloir incarner le bien commun ? « Don't be evil ? Tout le monde y croit, ou presque, parce que tout monde rêverait que cela puisse être vrai ».  Comme toute entreprise capitaliste, Google a au moins deux ambitions : faire de l'argent, beaucoup d'argent ; étendre sa domination toujours plus loin sur les contenus numérisés ».

« L'enjeu nous semble moins de critiquer Google, aussi utile que cela puisse être, que de savoir si nous sommes capables d'agir pour préserver et développer des espaces d'émotion sans profilage, d'imagination sans publicité ».

« Ippolita a créé les « scookies », un système permettant aux internautes de s’échanger entre eux leurs biscuits numériques pour mettre un zeste de chaos dans l’organisation si magnifiquement « profilée » du moteur de recherche, de ses robots et de ses pubs si bien personnalisées ».

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La version poche publiée par Payot comporte une postface qui épingle le contrôle social (le flicage consenti) source de profits pour les multinationales du web 2.0. A
insi avec Facebook, tout ce qui est affiché sur l'écran  devient la propriété exclusive de Zuckerberg. Le rêve humaniste de la connaissance globale a cédé la place aux bavardages planétaires, à la pseudo intimité entre mille oreilles et mille yeux indiscretssur fond de connotation politique clairement réactionnaire. 
La situation est grave...

Lire également (et soutenir) La Quadrature du Net : http://www.laquadrature.net/fr
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blackle

http://fr.blackle.com/ - http://www.blackle.com/

 

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08 novembre 2010

Le sacre de l'amateur

Patrice Flichy était l'invité de La suite dans les idées pour son ouvrage  Le sacre de l'amateur, Le Seuil, 2010. http://www.seuil.com/fiche-ouvrage.php?EAN=9782021031447
Enregistrer et écouter l'émission au format mp 3
L'ouvrage semble prendre le contre-pied du livre d'Andrew Keen, The Cult of the Amateur, How Today’s Internet is Killing our Culture ( ** cf en fin de billet )

- La question de la définition de l'amateur est intéressante (à comparer avec l'expert, le spécialiste accrédité ; à l'origine, l'expert, c'est celui qui a acquis une vraie compétence par la pratique, à qui on reconnaît la capacité de dire).
Un ex récent en histoire : Paul Veyne, l'historien du monde romain, vient de publier un ouvrage sur la peinture italienne. Au risque de froisser certains spécialistes en histoire de l'art ?

2 éléments de réponse :
. La passion, le plaisir intellectuel et social qui génère des pratiques culturelles qui débouche sur des compétences (sans parfois de certification par un diplôme, ni de salaire lié à cette passion - autre pb du web)...
. Les amateurs disposent aujourd'hui d'outils très performants, qui n'exigent pas un long apprentissage scolaire. Page 90 : Le but des amateurs, ce n'est pas la création artistique en elle-même, ni des découvertes scientifiques révolutionnaires mais un enrichissement de la culture populaire, une démocratisation des compétences.

Internet permet de travailler individuellement ou de participer à distance à des projets collectifs, sans les contraintes habituelles (horaires, proximité) ; de plus, on peut décider de faire un bout de chemin et de se retirer à tout moment... (cf l'exemple des logiciels libres)

- « La montée en puissance des amateurs peut être profondément déstabilisante pour les spécialistes »  écrit P Flichy dans sa conclusion. Ainsi, dans Wikipedia, un titre universitaire ne suffit pas à clore une discussion, et le spécialiste doit accepter d'expliquer, de dialoguer, de convaincre... En 2005, les éditorialistes dominants n'ont pas bien vécu la contestation de leur soutien unanime au TCE. Dans de nombreux domaines, des blogueurs peuvent souligner les failles de la mise en spectacle de la réalité sociale et politique (cf Maître Eolas pour la justice). Mais faut-il confondre recherche et vulgarisation, diffusion des connaissances et ficelles rhétoriques utilisées par les idéologues qui cherchent à décribiliser les scientifiques pour mieux placer leur camelote ?

PF rappelle qu'internet s'est développé en dehors des groupes de télécoms et en dehors des groupes de médias (de leurs informations mises en spectacle et vendues à un public de masse). Ces groupes essaient aujourd'hui de prendre le contrôle d'un support qui a échappé pendant 40 ans à leur logique commerciale et descendante.
( Est-ce la fin de la neutralité du Net ? Pour PF, le danger est réel pour la vidéo,   du fait des enjeux financiers et de la taille des fichiers ; moins pour l'écrit, sauf si les moteurs de recherche passent totalement sous le contrôle des marchands et des publicitaires ).

Conclusion, page 91 : « Malgré ses imperfections, la société des amateurs... permet à un grand nombre de cultiver ses passions, accroitre les connaissances et ouvrir de nouveaux champs à la démocratie. L'amateur n'est donc ni un intrus, ni un succédané de l'expert ; il est l'acteur grâce auquel notre société devient plus démocratique et plus respectueuse de chacun ».

- 2 désaccords :
. 9e minute : seln la question de Sylvain Bourmeau, l'école aurait du mal avec tous les supports modernes, elle ne à commenter des images de TV, à décoder un JT, alors qu'elle serait dans son élément avec un texte grec...
L'école passe bcp de temps à analyser et mettre en contexte la communication des médias. Les nostalgiques des humanités lui font parfois le reproche de passer trop de temps avec les images et la vidéo.

. Une vision sans doute trop optimiste : selon Flichy, « Internet corrige Internet ». « Le débat et l'argumentation seraient les meilleures armes contre la médiocrité et la mauvaise foi » (face aux cléricaux ou aux extrémistes des tea parties, est-ce vraiment les meilleures armes ?)

- ** Rappel :
Le décodage d'Andrew Keen par Francis Pisani dans L'alchimie des multitudes (p 128-130)
http://alchimie-des-multitudes.atelier.fr/pdf/extrait5.pdf

« La lecture du livre est implacable : au nom de l’ordre moral et des valeurs traditionnelles du business bien-pensant, Keen démolit sans preuves et sans imagination ce qui se joue d’intéressant dans l’univers du web ».

« À l’entendre, nous sommes menacés par une « dictature des idiots » dans laquelle « le professionnel est remplacé par l’amateur [...] le professeur de Harvard par la populace analphabète ». Et comme tout cela est gratuit, la valeur intellectuelle ne peut, selon lui qu’en être nulle ».

« Il s’en prend à tout ce qui est susceptible de faire peur dans le Mid-West (qui vote républicain), dans le Sud croyant et, d’une façon plus générale, aux bien-pensants du monde d’hier ».

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