06 février 2014

Les chercheurs et Twitter

 

[Le texte qui suit a été caricaturé en rejet viscéral du numérique.
Merci d'y voir aussi une lecture distanciée de choix politiques et techniques autour des médias sociaux.

La tendance à la marchandisation de la recherche est objet de débats, sur le poids de la bureaucratie, sur l'évaluation chiffrée, etc... Pas seulement un plébiscite et une compétition entre usagers de Twitter, de Facebook, de Scoop.it...]


Twitter et les chercheurs, l'exception française ?
Le Monde 05.02.2014
Sylvain Deville (chargé de recherche CNRS)
« Voilà quelques jours, je me demandais sur Twitter pourquoi, en comparaison avec nos collègues anglo-saxons, si peu de chercheurs français se servent de cet outil… » « Twitter me permet de me joindre aux discussions sur les pratiques de la recherche »
http://www.lemonde.fr/sciences/article/2014/02/05/twitter-et-les-chercheurs-l-exception-francaise_4360491_1650684.html

La version en anglais évite quelques raccourcis et cite une sélection de partenaires pros sur Twitter.
http://sylvaindeville.net/2014/01/08/communicating-science-whats-wrong-with-you-france/


Le titre de la tribune publiée par Le Monde est trompeur : Twitter, c'est trois paragraphes (environ 1200 signes dans un long article - plus de 8000 caractères - l'équivalent d'une moitié de page dans le quotidien).
Un sourire : que donnerait cette argumentation en 138 caractères ?
"Pas de science sans twitter" ?
ou encore "Si à 50 ans, t'as pas eu une tribune dans Le Monde, t'as raté ta vie..."
http://sylvaindeville.net/2014/02/07/le-jour-dapres/
]


« Le CNRS fait des efforts remarquables à travers ses journaux, son site Web refondu et les réseaux sociaux. La plupart des instituts du CNRS sont désormais sur Twitter, partageant leur actualité et celle de leur communauté ».
Quel est l'objectif de ce long article ?

- Célébrer la nouvelle communicaton du CNRS ? (Combien coûte-t-elle ?)
- Vanter la marchandisation de la recherche et la priorité parfois donnée aux pros de la communication ?
- Rassurer les financiers inquiets devant le cours de l'action Twitter ?
« Mauvais résultats pour Twitter en 2013, l'action s'effondre - Fièvre boursière pour le réseau social Twitter »
Ce matin, dans toute la presse, le sujet est omniprésent. Comme si Internet n'avait d'intérêt que dans les recettes générées par la pub ... Que dire des lamentations habituelles sur le poids de google et de facebook ? Serait-ce une simple marque d'hypocrisie chez des concurrents ?)

> « Les Américains prennent la communication très au sérieux, et les chercheurs ne font pas exception »
> « En France, la majorité des chercheurs semble ne pas percevoir l’importance de la communication »

Commentaire de Marc RobinsonRechavi (@marc_rr), sur le site http://sylvaindeville.net :
« institutional communication serves a purpose, but it does not replace direct interaction by scientists ».

L'auteur n'évite pas les poncifs : le powerpoint illisible, la recherche et la danse, la tour d'ivoire, les sites web pitoyables ...L'informatique fournit des outils, la qualité du résultat dépend du travail des chercheurs qui les utilisent.
A l'argument principal, l'éloge de la communication industrielle (cf. les portraits géants des chercheurs sur les bus), il est possible d'opposer plusieurs arguments.
De quoi parle-t-on ?


S'agit-il de la relation des chercheurs avec le grand public ?
La vulgarisation, la radio sait faire (La tête au carré, Continent Sciences, La marche des sciences, etc. ).
A la TV, les émissions scientifiques, à une heure de grande écoute, ont disparu de l'écran. Pourquoi la TV (publique ou commerciale) donne-t-elle tant d'écho aux délires irrationnels et si peu à la science rigoureuse ? En d'autres temps, Georges Duby l'historien, les physiciens Georges Charpak et Pierre-Gilles de Gennes ont prouvé que l'on peut intéresser (et instruire) le public sans le mépriser.

La science a-t-elle intérêt à imiter le marketing, à multiplier les coups de com et les opérations de pub ? Faut-il mettre en compétition deux physiciens en comparant leur nombre de suiveurs ou de likes ?

- En politique, la communication est l'autre nom de la propagande. Les communicants ont investi le terrain. Ils font passer la forme avant le débat d'idées et la manipulation de l'émotion avant l'importance des convictions. C'est une des sources de la désaffection à l'égard de la politique et des politiciens. La presse n'est pas épargnée, surtout quand elle se contente de servir de porte-voix aux annonces d'un ministre, sans se soucier de suivre leurs effets sur le terrain.

- A la TV, la promotion d'un prochain téléfilm ou docufiction ne recule devant aucun hyperlatif. La promotion des films est aussi caricaturale : défilé obligé des acteurs sur tous les plateaux de TV, répétition des mêmes anecdotes pour tenter de faire croire que le tournage a été une partie de rigolade et le film une source inépuisable d'éclats de rire. Que deviendrait la TV sans ces talk-shows autour de quelques bandes annonces ? L’industrie du divertissement qui sait produire du buzz et vendre le vide de la téléréalité souhaiterait imposer ses représentations à la société et à l’Ecole : tout devrait être ludique, les contenus seraient fragmentés sur le modèle de la publicité et la compétition deviendrait omniprésente (combien de followers pour telle actrice, pour tel journaliste ?). La science a-t-elle besoin de de lancer dans la course à l'audience ?

- La publicité commerciale est à l'origine de cette logique : comment vendre avec brio des produits dont les téléspectateurs n'ont pas besoin (ou qu'ils n'ont pas les moyens pour les acquérir). L'illustration de cette tactique du push, de cette com' descendante, ce sont les appels téléphoniques qui perturbent un repas, c'est le spam que l'on laisse encombrer Internet... Faudrait-il aussi spammer aussi les avancées de la science ?

Une institution ou une entreprise peuvent trouver leur compte dans ces techniques commerciales. Pour la science, l'essentiel n'est-il pas ailleurs ? Par exemple, dans une éducation à l'esprit scientifique, dans la circulation ouverte et informée du travail des scientifiqus, de leurs questions, de leurs hypothèses, de leurs découvertes, provisoires ou définitives...


S'agit-il de la circulation de l'information (non bureaucratique)au sein de l'univers des scientifiques ?

Au moins dans les sciences humaines, cette circulation se fait grâce à l'édition, à la  publication des livres spécialisés, à la diffusion des articles dans des revues à comité éditorial. Elle alimente les réseaux professionnels entre spécialistes d'un domaine (cf les bibliographies, imprimées ou électroniques). Elle débouche sur des nominations, du moins quand les moyens sont prévus pour créer des postes universitaires.
Cette circulation n'a pas attendu Twitter. Elle était déjà au coeur des listes de diffusion et des forums spécialisés, bien avant l'arrivée des publicitaires. Le numérique prolongeait les rencontres physiques et les débats amorcés lors des colloques. Ces échanges artisanaux entre pairs sont souvent discrets mais efficaces ; ils continuent d'être meilleurs que la bouteille à la mer industrielle, même colorisée par les marchands de la pub.

En sciences humaines, le problème, c'est moins l'insuffisance de l'information que la gestion de son abondance.
Pour échapper au buzz et au bruit documentaire, les réseaux ont leur intérêt : ils aident à repérer les personnes ressources, les revues et les blogs dont les analyses méritent le détour, et donc à sélectionner les articles et les ouvrages à lire (cf les noms cités dans la version en anglais : Andrea Taroni, Pep Pamies, Stuart Cantrill, Robert Garisto, Joerg Heber, en sciences humaines, Marin Dacos, Pierre Mounier, André Gunthert, etc...).
D'autres font aussi la distinction entre l'internet comme support de publication scientifique et l'internet comme espace de conversation (mail privé, les listes de diffusion, les commentaires des articles de presse).


Sur le numérique, l'interaction entre scientifiques emprunte des canaux multiples
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Facebook (ignoré dans cette tribune) a des avantages et des défauts (qui va bientôt proposer au Monde une tribune sur Facebook et les chercheurs) ? Qui va vanter les trombinoscopes pour professionnels (cf. Linkedin...)

Pour Twitter comme pour les listes de discussion, chaque internaute sait faire son choix : il découvre rapidement les collègues actifs, il repère les sources fiables et actualisées (d'où l'intérêt du retweet. Il apprend à faire la différence entre les échos des existences privées et les informations liées à un métier ou à un sujet de recherche. Il sait relativiser et prendre ses distances avec l'emballement d'un buzz.

Twitter est excellent pour faire connaître un article (en faisant le choix d'un titre percutant, avec un lien compacté et actif vers un site web ou un blog) :
.. 2012 : Claire Lemercier : Ce que le numérique fait à l’historien.ne, Diachronie - http://t.co/oAshXvirrP

L'ensemble des tweets expédiés peut servir de support au travail d'un chercheur, sur le modèle de l'analyse par Martin Grandjean des interactions entre chercheurs internautes lors du colloque #dhiha5 - Digital Humanities 2013)

Mais Twitter ne manque pas de défauts. Comme les autres médias, il refuse de faire la distinction entre ce qui ressort de la vie privée (la machine à café, les gestes du quotidien) et ce qui tient au métier et au travail intellectuel. Il favorise les réactions d'humeur, l'expression en deux lignes de jugements péremptoires et d'opinions non argumentées.

De plus, utilisé en prise de notes lors d'un colloque, il incite à hacher en phrases menues (les "petites phrases" de la TV) une argumentation qui ne peut pas tenir en 138 caractères. Il peut aussi diffuser des versions multiples de ces mêmes condensés. Il n'a pas la qualité de certaines outils qui permettent une prise de notes vraiment collective.

En sciences humaines, d'autres supports jouent un rôle essentiel :

Les interventions à TED-X ont fait connaître le travail d'Hans Rosling ou la vision de l'éducation de Ken Robinson.
De plus en plus de colloques ont des prolongements, avec une mise en ligne de fichiers audios ou vidéos, de powerpoints dont le contenu a été réfléchi, même si la forme laisse à désirer. (cf. les RDV de Blois sur Canal C2, la Forge numérique à Caen, les fichiers de Slideshare...).

Les carnets de recherche jouent un rôle très important, tout comme l'indexation des contenus par les moteurs.
La plate-forme OpenEdition donne accès à plus de 800 carnets de recherche, dont 647 en français, 247 en histoire).

Enfin, même en com', les outils gagnent en efficacité quand ils sont adaptés au message et au public visé.
Où est-il préférable de faire de l'histoire de la peinture ?
En audiodescription à la radio ? A la TV (même en 75 secondes) ? Au musée ? En classe ?

Devant une caméra, un chercheur peut être passionnant pour ce qu'il dit, même sans devoir faire les cent pas.


Sites web universitaires, une question répétée :
Pourquoi le suffixe .edu est-il fréquent pour les universités aux USA, pays fédéral alors que la France, pays accusé de jacobinisme centralisateur, a laissé proliférer les syntaxes multiples (u-bourgogne, unicaen, univ-lille, etc.) ?

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07 mars 2013

Belgeo et les 4 crises de la géo

 

belgeo



Belgeo et les quatre crises de la géo

http://belgeo.revues.org/6275

Comment exister quand on est Belge, géographe universitaire, spécialiste des approches spatiales et sociales dans un pays où la géo est plus souvent rattachée aux Facultés des Sciences ?

Belgeo, la publication conjointe de la Société Royale belge de Géographie et de la Société belge d'Etudes géographiques, change de mode de publication. Elle passe du payant au gratuit, du papier au numérique. Elle devient l'émanation du Comité national de Géographie.

« Cette évolution s’inscrit dans le contexte de quatre crises ou problématiques emboîtées, mais qui représentent autant d’enjeux et d’occasions de rebond »

L'éditorial de Christian Vandermotten et Christian Kesteloot évoque la pression d'une culture marchandisée et la domination scientifique des anglo-saxons. La conclusion en forme de programme pose la question des ambitions et des exigences éditoriales,  à fixer à Belgeo, dans sa nouvelle formule

Les numéros disponibles en ligne :
Human mobility and housing market during a period of global recession
Miscellaneous
Urban studies in Belgium
International student mobility and migration in Europe
Miscellaneous
Villes et grands équipements de transport - Compétition, tensions, recompositions
http://belgeo.revues.org/66

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03 mars 2013

Open edition et éditeurs privés

 

eSavoirs - Un bien public convoité - Le Monde culture et idées, 03.03.2013
http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/02/28/a-qui-appartient-le-savoir_1840797_1650684.html


La publication scientifique est devenue une marchandise, l’article un support d’évaluation (cf les indicateurs d’Eugene Garfield).

2 groupes financiers dominent le secteur : Elsevier (2 200 journaux environ, dont The Lancet, et 25 % des articles publiés), Springer (2 000 titres environ, dont BioMed Central) avec des profits considérables. Et une facture très importante pour les universités : l’accès à ces revues payantes pourrait dépasser 70 millions d'euros par an.

Le numérique permettrait de reprendre le contrôle de leur production, largement abandonné aux grands éditeurs privés qui tirent profit du travail gratuit des chercheurs.
Le mouvement d'" open access ", ou libre accès, prend de l'ampleur. L'idée ancienne a été relancée par l'Initiative dite de Budapest en 2002 : ce que la recherche publique a financé et produit doit être accessible gratuitement. 8000 revues sont en accès libre (sur 28 000)

rappel : La pétition contre Elsevier initiée par Tim Gowers - sciences humaines 22.02.2012
http://clioweb.canalblog.com/archives/2012/05/05/24663025.html

cf le portail Open Edition (361 livres, 387 revues, 613 carnets de recherche ...)
http://www.openedition.org/?lang=fr


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07 janvier 2013

La marchandisation universitaire

 

La mondialisation universitaire
Entretien avec l'historien Christophe Charle - La vie des idées - 04-01-2013
http://www.laviedesidees.fr/La-mondialisation-universitaire.html

extraits :
- Internet et les universités ?  « Comme toute mutation technique, Internet peut constituer la meilleure ou la pire des choses pour ceux qui sont attachés à un certain idéal démocratique et ouvert des universités.

La meilleure, s’il permet d’effacer un certain nombre d’obstacles à la diffusion des savoirs, des cours et des difficultés de communication entre collègues ou entre universitaires et étudiants quels que soient l’origine, l’âge, la motivation. La pire si, comme c’est pratiqué dans certaines universités privées à but lucratif, il s’agit de fournir des « kits » d’enseignement uniformisés, conformes à une routine ou à des objectifs utilitaristes, et destinés à transformer l’enseignement supérieur en un marché standardisé comme un autre … »

« Ces visions technophiles de l’avenir universitaire oublient aussi qu’un cours n’est pas un manuel lu devant un micro, ni une performance aguichante devant une caméra. Surtout si les cours ne sont pas nourris par le travail parallèle des enseignants chercheurs, on peut directement les supprimer et les remplacer par des polycopiés obligatoires sur tout le territoire. La diversification des enseignements supérieurs et des publics et l’accélération des flux d’informations sur lesquels reposent les enseignements rendent l’adaptation permanente des formules pédagogiques indispensable, alors que des formules vidéo ou audio enregistrées risquent, du fait des coûts, de pousser à la stagnation, au choix des enseignements standardisables ou à la reproductibilité au moindre coût, incompatible avec la modification continue des contenus ».

 

- La marchandisation de l’enseignement supérieur dans le monde :
.... Journée d'études de l'ARESER - 05.10.2012
..... http://www.ihmc.ens.fr/La-marchandisation-de-l.html

« ... il existe encore de très grands écarts quant au processus de « marchandisation ». La philosophie néolibérale de l’étudiant client et la volonté de gérer les établissements comme des entreprises pour réduire la dépense d’origine publique gagne du terrain partout, y compris dans les pays de tradition social-démocrate ou étatiste. Toutefois il faut rappeler, si l’on se place dans une perspective de moyenne durée, que la vision libérale ou privée de l’enseignement supérieur était déjà dominante au XIXe siècle dans les pays anglophones, voire dans certains segments de l’enseignement supérieur français (par exemple, l’École libre des sciences politiques créée en 1872, ancêtre de « Sciences-Po », ou les facultés catholiques, les écoles de commerce ou d’ingénieurs financées par des fonds privés). Elle a subi une phase de reflux avec l’émergence de l’idée d’État-providence étendue à l’enseignement supérieur et la volonté de démocratisation des études après 1945. Mais le balancier est reparti dans l’autre sens à partir des années 1980 sous l’effet des difficultés économiques, de l’alourdissement des coûts de l’enseignement supérieur et des politiques de restriction budgétaire.
Cette vision a conquis une partie de la planète trente ans plus tard, mais pas la totalité, et elle a pris des formes extrêmement différentes selon les continents  ».


- Lire également la référence à l'histoire des universités en Allemagne, et au corporatisme négatif lors de la République de Weimar :
« ... devant l’augmentation rapide des effectifs, la féminisation et le déclin de statut des universitaires et des étudiants provoqué par diverses crises de cette période, les « mandarins » allemands sont devenus de plus en plus conservateurs et hostiles au régime républicain, tandis qu’une partie importante des étudiants, inquiets devant la menace du chômage, a basculé plus tôt encore que l’électorat vers les organisations liées au parti nazi. Arrivé au pouvoir, ce dernier a pratiqué une politique universitaire régressive dont les universités allemandes ont mis très longtemps à se remettre après 1945 ».

 

charle

Christophe Charle - source France-Culture
Liste des publications, page IHMC - format pdf oct 2012


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29 novembre 2012

Musées et domaine public

 

gerome-cesar-walters
Jean-Léon Gérôme, La mort de César.
Sur le site du Musée d'Orsay, une reproduction du Walters Art Museum (en accès libre)...
source Google images - reproduction de qualité sur wikimedia commons


« A qui appartiennent les données culturelles publiques ? »
du grain à moudre, 20 novembre 2012
http://www.franceculture.fr/emission-du-grain-a-moudre
Roei Amit (RMN), Anne-Laure Stérin (juriste) et Rémi Mathis (Wikimedia France)


Les œuvres présentées dans les musées appartiennent au domaine public. Mais leur reproduction est considérée comme relevant du droit privé ; elle est de plus en plus restreinte en France. Ainsi, au Musée d'Orsay, il est strictement interdit de prendre des photos, alors que Google estime à 1,6 M le nombre de clichés en ligne de La Joconde (Le Louvre). A l'étranger l'accès libre est beaucoup plus fréquent : cf dans la page de liens, la mention de 100 000 reproductions du Rijksmuseum ...
https://www.rijksmuseum.nl/en/api

goo-joc


Parmi les prétextes avancés pour interdire la photo :
. L'oeuvre est dans le domaine public, pas sa reproduction photographique !
. Et aussi : la numérisation coûte cher, surtout en période de vagues maigres.
Plusieurs allusions sont faites à la photothèque de la RMN. Le portail Arago ?


Cela aboutit à des aberrations et à des absurdités :

- Orsay, c'est le musée qui interdit les photos
Mais si vous réussissez comme Shakira à en prendre une avec votre téléphone,
rien ne peut empêcher sa diffusion sur le web...
http://clioweb.canalblog.com/tag/shakira

- walters-logo  Walters Art Museum uploads 19,000 photos to Wikimedia Commons
http://commons.wikimedia.org/wiki/Category:French_paintings_in_the_Walters_Art_Museum

Sur le web, l'oeuvre de Jean-Léon Gérôme existe surtout grâce aux tableaux de la collection du Walters Museum à Baltimore. Alors que l'essentiel se trouve au Musée d'Orsay

gerome-walters




- cf aussi l'épisode Rothko Yellowism Wright et l'imbroglio possible dans la gestion des droits.
http://clioweb.canalblog.com/tag/rothko


- Rémi Mathis plaide lui pour un accès libre et ouvert aux oeuvres et à leurs reproductions.
Plutôt que d'inventer des couches multiples d'interdits, et de dépenser beaucoup pour tarifer au cas par cas,
il préfère la solution de la BNU de Strasbourg : à terme, elle offrira un accès libre à l'ensemble de ses collections numérisées. http://fr.wikipedia.org/wiki/BNU-Strasbourg

cf la mention placée sous la reproduction de L'Origine du monde, le tableau de Courbet
http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Origin-of-the-World.jpg
11e mn : La position officielle de la Fondation Wikimedia est que « les représentations fidèles des œuvres d'art du domaine public en deux dimensions sont dans le domaine public et les exigences contraires sont une attaque contre le concept même de domaine public »


 wga-courbet

Pour tous les passionnés de l'histoire de la peinture,
le Web Gallery of Art est une base exceptionnelle. Elle existe depuis 1996.
Elle propose plus de 30 000 reproductions d'oeuvres du XIVe au milieu du XIXe siècle.
http://www.wga.hu/frames-e.html?/html/


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23 mai 2012

The Cost of Knowledge

 

cost

Results of taxpayer-funded research to be posted on the Internet


- The cost of knowledge - La marchandisation du savoir coûte très cher. Harvard dépense 3,73 millions de dollars en revues. L’abonnement à Biochimica et Biophysica Acta, la revue la plus chère du catalogue, se monnaye à 18 710 euros par an !!

Timothy Gowers a choisi de boycotter un célèbre groupe néérlandais.
34 mathématiciens ont rédigé le texte The Cost of Knowledge.

David Willets, le ministre conservateur voudrait s'inspirer de Wikipedia pour créer un Gateway to Research Project.
http://www.ecrans.fr/Wikipedia-au-secours-de-la,14725.html

 

- European Time lapse
Une visualisation de l'histoire des frontières en Europe.
A regarder avec distance et à capturer sur dailymotion
http://www.dailymotion.com/video/xqvyj8_european-time-lapse-map_news

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01 mars 2012

L'offensive du copyright



- Derrière la grande offensive du copyright  - Place de la Toile - 25.02.2012

Projets de loi PIPA et SOPA, prévoyant un filtrage de l’Internet américain, Acta, traité de lutte contre la contrefaçon, traduction du Vieil homme et la mer, Fermeture du site Megaupload, la guerre du copyright menée par tous les marchands du monde a redoublé de vigueur.
Jérémie Zimmermann, porte-parole de la Quadrature du Net, association qui milite pour un Internet libre décode cette offensive et suggère quelques pistes possibles, dans l'intérêt du public et des auteurs.

L'émission au format mp3 :
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10465-25.02.2012-ITEMA_20347689-0.mp3


- The Secret to Facebook's IPO Value
Ari Melber - The Nation - February 20, 2012
http://www.thenation.com/blog/166388/secret-facebooks-ipo-value

« Le partage est un de ces mots dont le sens habituel disparaît sur Facebook. Comme volontaire. Ou gratuit. Ou ami ». « Alexis Madrigal, qui écrit sur la technologie pour The Atlantic, avance que l’entreprise devra tirer de chacun de ses utilisateurs actifs 4,39 dollars pour justifier une capitalisation boursière de 100 milliards de dollars ».

« Dans une société dominée par les marchands, la gratuité en ligne est une illusion : si vous ne payez pas, c’est que vous n’êtes pas un consommateur, mais un produit à vendre (aux publicitaires et aux commerciaux) ».
http://www.internetactu.net/2012/02/27/quand-vous-ne-voyez-pas-le-service-cest-que-vous-etes-le-produit/


- Facebook, en route vers le payant ?
http://www.erwanngaucher.com/01032012Facebook-devient-payant,1.media?a=829


L'émission évoque à nouveau un documentaire sur l'obsolescence programmée (Prêt à jeter - Ready to Throw)
http://storify.com/thibnton/la-course-a-la-decharge-pdlt-internet-explorer-ep
http://clioweb.canalblog.com/tag/obsolescence

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20 novembre 2011

Le marché de l'angoisse scolaire

 

Dans les coulisses du marché de l'angoisse scolaire - Rue 89 - 17/11/2011

Le boom du soutien scolaire et du privé
Services sur Internet et bachotage
Le coaching pour motiver les ados
« Prépas de prépas » et « boîtes à colle » (6000 euros par an)
Des parents de plus en plus inquiets
Sans diplôme, 7 fois plus de chômage
L'école, hôpital qui met ses malades dehors

Pour François Dubet, les parents ont une part de responsabilité importante dans la dérive actuelle : « La marchandisation de l'éducation ne relève pas d'une machination perverse des acteurs privés. Ces derniers surfent sur une demande, et la vraie question est : Pourquoi cette demande existe-t-elle ? »
http://www.rue89.com/2011/11/17/

 

 

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18 novembre 2011

Supprimer davantage de postes ?

 

- Supprimer davantage de postes de profs ?
C'est possible après 2012 selon Chatel - Les Echos, 17/11/2011
http://www.lesechos.fr/economie-politique/17112011/chatel

extraits :
Faire évaluer les profs par le chef d'établissement ?
« Rien n'est décidé, nous sommes au stade de la concertation, aucun décret ne sera signé en catimini ».

Faut-il continuer de supprimer des postes ?
«... Je pense que si l'on fait des réformes d'organisation et de structures du système éducatif, oui, il sera possible de réduire encore le nombre de postes en ne remplaçant pas un certain nombre de départs en retraite ».

Faut-il généraliser, comme le veut l'UMP, l'expérimentation du recrutement des profs par le chef d'établissement ?
« Nous avons déjà fait de grands pas vers l'autonomie...».

Faut-il rendre publics les résultats des évaluations des élèves par établissement ?
« A terme, c'est nécessaire ».

Faut-il selon vous, revenir en profondeur sur la réforme de la formation des enseignants ... ?
( comprendre la suppression de la formation professionnelle en alternance)

« Je note que la première année de mise en route s'est plutôt bien passée ...
... les professeurs stagiaires de la première promotion dressent, à près de 70%, un bilan assez positif de leur 1ère année ».

 

 

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22 août 2011

La couleur d'une marchandise


"Tout prend désormais la forme d'une entreprise et la couleur d'une marchandise" analyse
 Christian Laval interrogé par Clément Sénéchal pour Médiapart. 

Appliqué à l'éducation, il s'agit moins de vendre des diplômes 
que d'imposer par un processus insidieux un système où l'entreprise privée est la seule référence, où les hommes sont vus en capital exploitable par les patrons et sont mis en compétition permanente.

Christian Laval et Pierre Dardot ont décrypté les dynamiques de cette nouvelle rationalité dans La Nouvelle Raison du monde (La Découverte, 2009). Un autre essai, La Nouvelle École capitaliste paraît en septembre.

version offerte de l'article :
http://www.mediapart.fr/article/offert/ba01c70c0bc5a43bb08cdf2d2c921105


Comment fabriquer un individu néolibéral
- Libération - 19/02/2009
Rencontre avec Pierre Dardot et Christian Laval, auteurs de «la Nouvelle Raison du monde».
http://www.liberation.fr/livres/0101320480-comment-fabriquer-un-individu-neoliberal


A lire également sur le web :
Christian Laval, Le modèle néolibéral de la connaissance
http://institut.fsu.fr/Connaissance-et-neoliberalisme-par.html
http://institut.fsu.fr/L-equipe.html?page=recherche&recherche=Christian+Laval&ok=OK

Revue du Mauss permanente, « P. Dardot, Ch. Laval, La nouvelle raison du monde , Essai sur la société néolibérale », RDMP, 4 février 2009 [en ligne]. http://www.journaldumauss.net/spip.php?article462

Michel Foucault, "Naissance de la biopolitique", leçons du 7  et 21 mars 1979. 

Christian Laval, « Penser le néolibéralisme », à propos de l'ouvrage Les Habits neufs de la politique mondiale de Wendy Brown et Le Néo-libéralisme version française de François Denord. in La Revue Internationale des Livres et des Idées, 22/11/2007, http://www.revuedeslivres.net/articles.php?idArt=63

Fabrice Flipo, "La raison néolibérale", note de lecture de La Nouvelle Raison du monde, Pierre Dardot et Christian Laval, publiée par la revue Mouvements. http://www.mouvements.info/La-raison-neoliberale.html

Serge Audier, « Walter Lippmann et les origines du néolibéralisme », in La Revue Internationale des Livres et des Idées, 06/05/2010, http://www.revuedeslivres.net/articles.php?idArt=325

Laurent Jeanpierre, "La mort du néolibéralisme" publié originellement in Fresh Théorie 2, Paris, Leo Scheer, 2006. http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=3078

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