22 janvier 2012

Marc Bloch - colloque Val-de-Reuil

 

 bloch

Marc Bloch (1886-1944)
source : http://www.marcbloch.fr/


A l’occasion du XXe anniversaire du lycée de Val-de-Reuil,
un colloque universitaire en hommage à Marc Bloch se déroulera du 8 au 10 février 2012.
Ce temps fort permettra, tout en célébrant l’historien fondateur de l’École des Annales, le médiéviste de renom et le Résistant de s’interroger sur les résonances contemporaines des réflexions de Marc Bloch : « Écrire l¹histoire, enjeux et défis ».
Outre les nombreuses communications d’universitaires français et étrangers spécialistes des thèmes abordés, cette réunion scientifique aura aussi pour finalité de renforcer les liens entre les enseignements secondaire et universitaire ; il est d’ailleurs conjointement organisé par Mme Élisabeth Lalou (Professeur à l’Université de Rouen - Directrice du GRHIS) et deux professeurs du lycée (MM. Pascal Jeanne et Bernard Chambré).
De plus, des élèves du lycée présenteront quelques travaux sur Marc Bloch et assisteront - pour la première fois dans leur cursus scolaire - aux principaux temps forts de cette manifestation.

Pour tout renseignement :
L’adresse du site web consacré au colloque :
http://felix.lettres.pagesperso-orange.fr/cmb/cmbprog.html

 

Le programme :
Mercredi 08 février 2012 - Université de Rouen
Mont Saint-Aignan Maison de l’Université. Salle divisible nord

14 h. Ouverture du colloque par C. Ozkul, président de l’Université de Rouen, J.-P. Cantrelle, proviseur du lycée Marc Bloch, E. Lalou, directrice du GRHIS
14h 30. Introduction et présidence par T. Lecoq, IGEN, U. Sorbonne
15h. F.-O. Touati, U. Tours, Écrire l'histoire d'un historien : Marc Bloch, enjeux etdéfis.
 Pause
16h A. Becker, U. Paris Ouest Nanterre, IUF, Marc Bloch dans les deux guerres
16h 30. A. Burguière, EHESS Marc Bloch et l’enseignement de l’histoire


Jeudi 09 février 2012 –Lycée Marc Bloch – Val-de-Reuil

Présidence : Bertrand Müller
9h M. Mastrogregori, U. Roma, La Sapienza, Les carnets de Marc Bloch1917-1943
9h. 30 P. Claval, U. Paris IV Sorbonne, Marc Bloch et la géographie
Pause
10h 15 P. Schöttler, IHTP, CNRS, Marc Bloch et la philosophie de son temps
10h 45 O. Dumoulin, U. Caen, Marc Bloch et la réalité

Jeudi 09 février 2012 – Théâtre Les Chalands – Val-de-Reuil

Présidence : Emmanuel Le Roy Ladurie
14h Représentation théâtrale : L’Étrange défaite.
15h J. Quercy : l’adaptation théâtrale de L’Étrange défaite - Pause
15h 30 E. Le Roy Ladurie, Institut de France
16h Yves et Suzette Bloch, petits-enfants de Marc Bloch
16h 30 A. Lacroix -Riz, U. Paris VII, Les causes de la défaite selon Marc Bloch
Débat,
puis Groupe d’élèves de l’atelier Sciences-Po. Lieux mémoriels.
17h 30 Guy Soudjian, ancien proviseur du lycée Marc Bloch
18h 00. Cocktail au théâtre Les Chalands en présence de Marc-Antoine Jamet, maire de Val - de-Reuil
18h 45-20h. Film documentaire réalisé par O. Pasquet et M. Rebourg.(Cinéma Les Arcades)


Vendredi 10 février 2012 – Université de Rouen – Mont Saint-Aignan
Maison de l’Université. Salle divisible nord

Présidence : André Burguière
9h  S. Coeuré, U. Paris VII, Le sort des archives de Marc Bloch de 1941 à 1994
9h 30 B. Müller, U. Genève, Marc Bloch et ses archives
Pause
10h 15 Y. Potin, Archives nationales, Un érudit au travail : Marc Bloch et les archives
10h 45 S. Leturcq, U. Tours, Marc Bloch et le paysage
11h 15 M. Bompaire, École Pratique des Hautes Études, Marc Bloch et la monnaie

Présidence : Robert Fossier
14h D. Barthélémy, U. Paris IV, Le servage
14h 30 G. Brunel, Archives nationales, Paysannerie et seigneurie au Moyen Age
15h D. Muresan, EHESS, La société féodale vue de Byzance
Pause
15h 45 Lycéens latinistes et leur professeur : Marc Bloch latiniste et exégète.
16h 15 P. Lardin, U. Rouen, Les rois thaumaturges
16h 45 F. Gauthier, U. Paris VII, Le mouvement paysan pendant la Révolution française
Conclusions E. Lalou, F.-O. Touati.

 

voir également :

http://www.marcbloch.fr/

http://clioweb.free.fr/dossiers/39-45/marcbloch.htm

.

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01 juin 2011

Marc Bloch, historien et résistant

 

- Les Lundis de L'histoire (30/05/2011) portaient sur la nouvelle édition :
Marc Bloch. Mélanges historiques, CNRS éditions (2011).

Jacques Le Goff recevait Pierre Toubert et Yann Potin.
L'émission au format mp3


.
Plusieurs ouvrages de Marc Bloch sont disponibles dans des versions anciennes 
dans la bibliothèque virtuelle Les Classiques des Sciences Sociales,
dont 
Apologie pour l’histoire ou métier d'historien 
L'étrange défaite
http://classiques.uqac.ca/classiques/bloch_marc/bloch_marc.html

.
- Le site officiel de l'association Marc Bloch, historien et homme d'action (1886-1944) :
http://www.marcbloch.fr/

- Quelques pistes à propos de Marc Bloch et de son oeuvre :
http://clioweb.free.fr/dossiers/39-45/defaite.htm



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06 octobre 2010

Pétain et le statut des juifs

- Une version du projet de statut des juifs (oct 1940) a été remise au Mémorial de la Shoah et rendue publique le 3 octobre par l'avocat Serge Klarsfeld. Cette version est annotée de la main du maréchal Pétain qui en durcit le caractère antisémite.
http://www.la-croix.com/
http://www.dna.fr/fr/infos-generales/france/

.
- Pétain et le statut des juifs
C dans l’air, 05/10/2010 - invités : JP Azéma, A Klarsfeld, D Olivennes, D Reynié
http://www.france5.fr/c-dans-l-air/
cdanslair_20101005.wmv

double lecture : pour la vulgate gaulliste (suivie par Mitterrand), Vichy est nul et non avenu, c'est une regrettable parenthèse.
Le discours de Chirac, en 1995, souligne la continuité de l’Etat, de la République à Vichy puis à nouveau à la République.

« ... La France, patrie des Lumières et des Droits de l'Homme, terre d'accueil et d'asile, la France, ce jour-là, accomplissait l'irréparable. Manquant à sa parole, elle livrait ses protégés à leurs bourreaux.... »

« ... Certes, il y a les erreurs commises, il y a les fautes, il y a une faute collective. Mais il y a aussi la France, une certaine idée de la France, droite, généreuse, fidèle à ses traditions, à son génie. Cette France n'a jamais été à Vichy. Elle n'est plus, et depuis longtemps, à Paris. Elle est dans les sables libyens et partout où se battent des Français libres. Elle est à Londres, incarnée par le Général de Gaulle  ».

Ce discours est célébré dans l'émission : il affirme que la forme légale d’un régime ne dédouane pas de la responsabilité individuelle et de l’obligation de juger par soi-même des ordres à appliquer. ( Mais pour les mêmes, il n’est pas question d’interroger la politique suivie depuis 2007 et son application par les fonctionnaires de police…). On sait gré aussi à Chirac de ne pas avoir cherché à instrumentaliser ce discours par une consigne scolaire nationale.
Pour JPA, Pétain était viscéralement anticommuniste (comme Laval ?), et que sa xénophobie passe avant son antisémitisme (les délires maurrassiens sur les métèques, les juifs étrangers)

« Le 16 juillet 1993, Edouard Balladur, Premier ministre, dit l’essentiel, pourtant sans grand écho…Le discours de Jacques Chirac donne une solennité encore plus grande et un écho universel à cette
repentance ». JP Lauby, Les mémoires françaises de la 2 GM. Clermont 2004
http://www3.ac-clermont.fr/pedago/histgeo2/inspection/dossiers/nprogterm/MemFr2ndgm.pdf

.
- dans la presse :
. Le téléphone de Robert Paxton sonne beaucoup
Rue 89 : " Une découverte majeure " sur Pétain et Vichy
http://www.rue89.com/2010/10/04/
Le Point : Paxton : "Ce document est absolument sidérant"
Le maréchal Pétain est toujours un personnage dont la réputation est discutée. Si les historiens, pour la plupart, pensent qu'il a joué un rôle actif à Vichy, je ne suis pas sûr que le grand public partage cet avis.
http://www.lepoint.fr/societe/interview-paxton

Le Figaro - Le zèle antisémite du maréchal Pétain
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2010/10/03/

Le Monde - Serge Klarsfeld : ’Pétain n’a pas hésité à s’aligner sur l’idéologie raciale nazie, propos recueillis par Thomas Wieder, 4 octobre 2010.
http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/10/04/

Slate - La politique du point Godwin, par Thomas Legrand, 28 septembre 2010.
http://www.slate.fr/story/27879/politique-du-point-godwin

.
Loi du 3 octobre 1940 portant statut des Juifs (race)
http://fr.wikisource.org/wiki/Loi_du_3_octobre_1940_portant_statut_des_Juifs

Loi du 2 juin 1941 portant statut des Juifs (race et religion)
http://fr.wikisource.org/wiki/Loi_du_2_juin_1941_portant_statut_des_Juifs

.
Quand l'Etat français était antisémite, Cercle d'étude de la déportation et de la shoah
.
Mémorial de la Shoah,
statut du 3 octobre 1940, statut du 2 juin 1941, ordonnances allemandes
http://www.memorialdelashoah.org/
http://fr.wikipedia.org/wiki/Statut_des_juifs

.
- dans Claude Chabrol, L'oeil de Vichy, partie 2 , entre 3mn 45 et 6mn30
http://www.dailymotion.com/video/x4ebes_l-oeil-de-vichy-partie-2_news
une illustration de la brutalité de la propagande antisémite,
au moment du 2e statut et du discours de la "mémoire courte" (17 juin 1941)
Français, vous avez vraiment la mémoire courte... vous n'êtes ni vendus ni trahis, ni abandonnés.
Ceux qui vous le disent vous mentent et vous jettent dans les bras du communisme.
Venez à moi avec confiance
http://clioweb.free.fr/textes/28petain.htm

Voir l’exemple de Marc Bloch, l’officier et l'historien de L’étrange défaite, l’universitaire en butte aux mesures antisémites de Vichy, le résistant fusillé par les Allemands le 16 juin 1944.
http://www.marcbloch.fr/bio03.html

.
-Michel Winock, La France et les juifs, de 1789 à nos jours, Le Seuil 2005
L'article publié par L'histoire, n° 269,
dans le dossier sur l'antisémitisme, parle de question juive...
(1791, le pays de l'émancipation,
le temps de l'intégration,
1880 : poussée de l'antisémitisme
1906 : apaisement et patriotisme
Vichy : l'infamie
La seconde intégration
1967-2002 : les ambiguïtés de l'antisionisme)

afp_statut_petain

AFP, version reproduite par les DNA

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06 décembre 2009

Marc Bloch, le patriotisme de l'action

Marc Bloch, l'homme et l'historien, le site de l'association
http://www.marcbloch.fr/

.
Déclaration de l’Association Marc Bloch

Marc Bloch a été l’exemple de l’intellectuel (du grand intellectuel)  qui a décidé, à un moment crucial de sa propre histoire et de  l’histoire de la France, de tout quitter, de tout sacrifier, pour les valeurs universelles qu’il défendait. Son patriotisme a été le  patriotisme de l’action, de la lutte, du refus de l’occupation de sa patrie par une puissance militaire expansionniste. Ce n’était pas le patriotisme du repli, ni celui de la xénophobie, ni celui de la défense d’une « identité » étriquée, ni celui du refus de l’autre. C’était le patriotisme de l’opposition au racisme, à la ségrégation et à l’arbitraire ; le patriotisme d’affirmation de la fraternité  entre les hommes, de la liberté de son peuple face à l’oppression et à la trahison, de l’égalité pour la construction d’une société nouvelle.

Son engagement était la prolongation naturelle des orientations qu’il avait suivies dans son métier, où il avait totalement ébranlé les  habitudes et les archaïsmes de la vieille histoire traditionnelle. La revue qu’il avait fondée avec Lucien Febvre et avec d’autres  compagnons de travail, les Annales, avait accompli, au cours des  années 1930, une véritable révolution épistémologique et avait donné  à l’histoire sa place centrale de discipline raisonnée et intégrale. L’histoire n’était plus confinée au passé, ni placée au rang des curiosités de l’antiquaire ou des nostalgiques des temps écoulés. Elle était devenue une discipline vivante, qui s’intéressait aussi au présent, qui cherchait à mieux comprendre le passé pour mieux connaître la vie actuelle, pour mieux aider les hommes dans  l’organisation de l’avenir.

Pour lui, l’enseignement de l’histoire, étendu à toutes les couches  de la société, faisait partie des orientations défendues dans les  différents projets qu’il a pu ébaucher et mettre en pratique, y  compris durant les moments les plus difficiles de la lutte contre  l’occupant, où prédominaient davantage les considérations de tactique  et de résistance. Il n’était nullement hostile à l’utilisation des  leçons du passé pour orienter la vie future. Mais pas n’importe  quelle vie et pas n’importe quelle utilisation.

Notre association a déjà combattu (et a obtenu des victoires) contre  l’usage mercenaire et détourné de l’image et de l’exemple de Marc  Bloch. Elle a empêché entre autres l’utilisation et le trafic des références à Marc Bloch effectués par des groupes politiques de circonstance, dont le but évident et avoué était de parer leur nationalisme réactionnaire de belles formules et de se trouver un ancêtre reconnu. Aujourd’hui, elle ne peut rester non plus  indifférente devant l’usage des phrases et des citations de Marc  Bloch, totalement dépouillées de leur contexte, que font de nos jours  des autorités éminentes de l’Etat. Et ceci afin de défendre un repli  hexagonal étriqué, dans le meilleur des cas, ou d’alimenter une  campagne électorale, dans le pire des cas. Comme dans un passé  récent, notre association ne peut que condamner fermement et déplorer ces manœuvres lamentables, d’où quelles viennent et quelque soit leur objectif.

Car il y a aussi une contradiction évidente et néfaste dans le comportement actuel de nos hommes politiques. D’un côté, on recherche  des références politiciennes, à bon marché, auprès des historiens  renommés, et d’un autre côté, on supprime l’enseignement de l’histoire dans certaines classes terminales, pour commencer. On est  partant pour se servir de l’œuvre de nos historiens, en en vidant le sens premier, et en plaquant des phrases extraites, en prêt-à-porter,  tout en éliminant ou en réduisant, en même temps, la nécessaire formation historienne des futures générations dans les lycées. De ce  point de vue, et fidèle à sa vocation de défendre et de diffuser l’œuvre de Marc Bloch et de promouvoir la discipline historienne, notre association ne peut qu’exprimer sa nette solidarité avec les enseignants et leurs organisations dans leur opposition à une telle  politique.

Loin des amalgames, des raisonnements rapides et des interprétations pressées, l’Association Marc Bloch poursuit son travail, sur les  traces léguées par son fondateur, Etienne Bloch, afin de faire connaître l’œuvre de Marc Bloch, en particulier auprès des jeunes générations d’historiens, de faire lire Marc Bloch dans le texte et dans son contexte, et de faire vivre et de cultiver son exemple citoyen et les valeurs universelles pour lesquelles il a donné sa vie.

Paris, le 07/12/09
Yves Bloch, Instituteur
Président de l’Association Marc Bloch (aMB)
marcbloch1@gmail.com

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29 novembre 2009

Laissez Marc Bloch tranquille

Laissez Marc Bloch tranquille, M. Sarkozy,
Suzette Bloch et Nicolas Offenstadt

Mon grand-père, « je ne l'ai pas connu. Il a été fusillé. Le 16 juin 1944. Il est tombé sous les balles allemandes. Le soir, dans un champ. A Saint-Didier-de-Formans (Ain). Il était lui aussi dans la Résistance. Il s'appelait Marc Bloch. J'aurais pu poser la question à ma grand-mère. Mais je ne l'ai pas connue. Elle est morte le 2 juillet 1944. A Lyon. De douleur, de privations, sans nouvelles de son mari, de ses fils, Etienne, Louis et Daniel, tous engagés dans l'armée de l'ombre. Elle s'appelait Simone ».

« Marc Bloch n'aurait pas approuvé cette idéologie nationaliste malsaine. Je demande au président de laisser la pensée de mon grand-père à l'étude, à la critique, aux historiens, ainsi qu'à tous les lecteurs de ses œuvres ».
Le Monde Opinions 28/11/2009

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De quelle(s) histoire(s) de France parle-t-on ?
Suzanne Citron
«  Une réécriture de l'histoire scolaire à l'école et au collège serait impérative pour inscrire la nation dans l'aventure européenne et dans le devenir de l'humanité. Mais la question n'est jamais posée ».
Le Monde Opinions, 28/11/2009

Les 2 textes évoquent une citation abusive de Reims et de la Fête de la Fédération. « Lorsqu'on remet cette phrase dans son contexte, on comprend qu'elle sert avant tout à dénoncer l'étroitesse d'esprit du patronat des années 1930, incapable de saisir l'élan des luttes ouvrières, et en particulier de celles de 1936 ».

Marc Bloch écrit dans L'étrange défaite ( extraits d'une version scannée par JM Tremblay) 
« Il est deux catégories de Français qui ne comprendront jamais l’histoire de France, ceux qui refusent de vibrer au souvenir du sacre de Reims ; ceux qui lisent sans émotion le récit de la fête de la Fédération. Peu importe l’orientation présente de leurs préférences. Leur imperméabilité aux plus beaux jaillissements de l’enthousiasme collectif suffit à les condamner ...»

« De plus en plus loin du peuple, dont elle renonçait à pénétrer, pour sympathiser avec eux, les authentiques mouvements d’âme, tour à tour refusant de le prendre au sérieux ou tremblant devant lui, la bourgeoisie, en même temps, s’écartait, sans le vouloir, de la France tout court ».
http://classiques.uqac.ca/classiques/bloch_marc/bloch_marc.html

 

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27 octobre 2009

Bloch, Reims et la fête de la Fédération

Marc Bloch, l’Étrange défaite, Folio histoire, Gallimard 1990,

Marc Bloch (1886-1944)
L’étrange défaite. Témoignage écrit en 1940
Société des Éditions Franc-Tireur, Paris, 1946
http://classiques.uqac.ca/classiques/bloch_marc/etrange_defaite/etrange_defaite.html

Classiques, page 103, version word :
« Parce que la bourgeoisie était ainsi anxieuse et mécontente, elle était aussi aigrie. Ce peuple dont elle sortait et avec lequel, en y regardant de plus près, elle se fût senti plus d’une affinité profonde, trop déshabituée, d’ailleurs, de tout effort d’analyse humaine pour chercher à le comprendre, elle préféra le condamner. On saurait difficilement exagérer l’émoi que, dans les rangs des classes aisées, même parmi les hommes, en apparence les plus libres d’esprit, provoqua, en 1936, l’avènement du Front populaire. Quiconque avait quatre sous crut sentir passer le vent du désastre et l’épouvante des ménagères dépassa, s’il était possible, celle de leurs époux. On accuse aujourd’hui la bourgeoisie juive d’avoir fomenté le mouvement. Pauvre Synagogue, à l’éternel bandeau. Elle trembla, j’en puis témoigner, plus encore que l’Église. Il en fut de même pour le Temple. « Je ne reconnais plus mes industriels protestants »  me disait un écrivain, né dans leur milieu. « Ils étaient naguère, entre tous, soucieux du bien-être de leurs ouvriers. Les voici, maintenant, les plus acharnés contre eux. » Une longue fente, séparant en deux blocs les groupes sociaux, se trouva, du jour au lendemain, tracée dans l’épaisseur de la société française ».

Folio, p. 197,198,199 (source SC)

« Certes je n’ai nulle envie d’entreprendre ici l’apologie des gouvernements du Front populaire (…) Mais l’attitude de la plus grande partie de la bourgeoisie française fut inexcusable. Elle bouda, stupidement, le bien comme le mal. (…)

"Surtout, quelles qu’aient pu être les fautes des chefs, il y avait dans cet élan des masses vers l’espoir d’un monde plus juste, une honnêteté touchante, à laquelle on s’étonne qu’aucun cœur bien placé ait pu rester insensible. Mais combien de patrons, parmi ceux que j’ai rencontrés, ai-je trouvé capables, par exemple de saisir ce qu’une grève de solidarité, même peu raisonnable, a de noblesse : « passe encore, disent-ils, si les grévistes  défendaient leurs propres salaires ». Il est deux catégories de Français qui ne comprendront jamais l’histoire de France, ceux qui refusent de vibrer au sacre de Reims ; ceux qui lisent sans émotion le récit de la fête de la Fédération. Peu importe l’orientation présente de leurs préférences. Leur imperméabilité aux plus beaux jaillissements de l’enthousiasme collectif suffit à les condamner. Dans le Front populaire, - le vrai, celui des foules non des politiciens - il revivait quelque chose de l’atmosphère du Champ de Mars au grand soleil du 14 juillet 1790.»

 

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03 avril 2007

Marc Bloch, un historien et ses livres

 

Marc Bloch, un historien et ses livres
Journée d’étude du 4 avril 2007
Université Paris 1 Panthéon Sorbonne - Salle 1
http://rm.univr.it/calendario/2007/Prog/prog-Marc_Bloch.pdf


En 1963, l’Université de Paris faisait l’acquisition, auprès de Jean-Paul Bloch, de sa part de la bibliothèque de Marc Bloch, son père.
Les livres furent attribués, à la demande d’Edouard Perroy, à la Bibliothèque Halphen alors en cours de constitution.
En 2005, le Lamop s’est intéressé à ce fonds. Les bibliothécaires ont identifié, localisé et examiné environ 750 titres, ouvrages et tirés à part et ont constitué un inventaire séparé. La journée du 4 avril marque l’achèvement de cette opération et se présentera comme une réflexion sur les lectures de Marc Bloch ainsi que, plus généralement, sur son rapport aux bibliothèques, véritable laboratoire du chercheur selon lui.

 

Matinée présidée par Pierre Riché, Université Paris X

9h 00. Jean-Philippe Genet (Université Paris 1)
Introduction
9h 30. Peter Schöttler (CNRS/IHTP)
Marc Bloch et son minimum de philosophie
10h 15. François-Olivier Touati (Université de Tours)
Lectures normaliennes de Bloch
11h 00. Francesco Mores (Scuola Normale Superiore de Pisa)
Lectures italiennes de Marc Bloch
11h 45. Etienne Bloch
Le destin de la bibliothèque de Marc Bloch

Après-midi présidé par Dominique Barthélemy, Université Paris IV
14h 00. Dominique Bernardon (Lamop) et Laurent Feller (Université Paris 1)
Les livres de Marc Bloch présents à la Bibliothèque Halphen
14h 45. Samuel Leturcq (Université de Tours)
Marc Bloch et le paysage, ou le paysage comme livre
15h 30. Florence Weber (Ecole Normale Supérieure)
Marc Bloch et la sociologie

16h 15. Conclusions

 

 

 

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