28 mai 2021

Louise Michel (1830-1905)

 

louise-michel-girardet

L'Arrestation de Louise Michel (24 mai 1871)
Jules Girardet (1856-1938)
musée d'art et d'histoire de Saint-Denis
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jules_Girardet

Louise Michel
https://fr.wikipedia.org/wiki/Louise_Michel

 

Faut-il encore appeler Louise Michel « la Vierge rouge » ?
Sidonie Verhaeghe,
dossier : La Commune est vivante !
Cahiers d’histoire. Revue d’histoire critique, 148 | 2021
https://journals.openedition.org/chrhc/15593


« Louise Michel naît en 1830 à Vroncourt, en Haute-Marne. Elle devient institutrice sous l’Empire, mais est fermement républicaine (elle refuse de prêter serment à l’empereur). En 1856, elle se rend à Paris, où elle continue d’exercer son métier d’institutrice. Vient la Commune de Paris, à laquelle elle participe, à la fois comme cantinière, infirmière et combattante. Après la Semaine sanglante, elle se rend à l’armée versaillaise qui avait arrêté sa mère à sa place. Elle est condamnée en décembre par le 6e conseil de guerre à la déportation dans une enceinte fortifiée, et est transportée en Nouvelle-Calédonie. En 1880, le gouvernement vote l’amnistie plénière des communards. Louise Michel revient à Paris en militante anarchiste déterminée, et elle enchaîne les tournées de conférences, est invitée à de nombreux meetings, est l’autrice de nombreux textes littéraires, poétiques et théâtraux. En 1883, elle prend part à une manifestation dite « des ouvriers sans travail » à l’esplanade des Invalides, lors de laquelle des boulangeries sont pillées. Pour cela, elle est condamnée à six ans d’emprisonnement. Elle est libérée en janvier 1886, suite à d’importantes mobilisations en sa faveur. À sa sortie, elle reprend son activité de propagandiste et d’écrivaine. En janvier 1888, lors d’une conférence au Havre, elle est victime d’une tentative d’assassinat par un dénommé Lucas. Deux ans plus tard, après avoir à nouveau été emprisonnée pour appel à la violence, un médecin demande son internement pour cause de folie. Elle fuit alors la France et s’exile en Angleterre. Le 9 janvier 1905, elle meurt à Marseille au cours d’une tournée de conférences. Ses obsèques à Paris réunissent, selon les sources, entre dix mille et cent mille personnes »


Aux origines du surnom « Vierge rouge » : la dénomination d’une déviance
Quand la virginité devient exceptionnalité : de Jeanne d’Arc à Louise Michel.
Quand l’hétérosexualité est la norme : de Vierge rouge à amoureuse éplorée.
Conclusion. Ni vierge, ni hétérosexuelle : que faire de la question sexuelle ?

« La focalisation sur la sexualité (ou plus largement sur l’amour, sur l’engagement sentimental, sur le romantisme et la dévotion passionnée) participe à invisibiliser l’engagement militant, ou au moins à le mettre au second plan.
Le surnom de Vierge rouge s’inscrit largement dans cette dynamique, participant à faire de Louise Michel une icône, une allégorie, et favorisant une forme de pacification mémorielle qui se focalise sur ses qualités morales. Cela rend alors possible des appropriations, comme celle d’Isabelle Balkany (Twitteer 2021), qui oublient que ces qualités sont politiques et qu’elles s’inscrivent dans une pratique anarchiste de la lutte ».

 

vive-louisemichel

Vive Louise Michel. Célébrité et postérité d’une figure anarchiste
Sidonie Verhaeghe (U Lille),  ed. du Croquant

présentation et sommaire
https://editions-croquant.org/sociologie-historique/719-vive-louise-michel-celebrite-et-posterite-dune-figure-anarchiste.html


.

.

Posté par clioweb à 08:15 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,