18 mai 2017

L'Histoire à venir Toulouse 18-23 mai

 

hav-2017

 

L’Histoire à venir, Toulouse 18 - 21 mai 2017
http://2017.lhistoireavenir.eu/

Twitter
http://twitter.com/lhistoireavenir
http://twitter.com/search?q=%23havenir&src=typd

 

histoireavenir-photos

hav-invites-6li

montage photo partiel GCerez

Les intervenants en ordre alpha :
http://2017.lhistoireavenir.eu/invites/

 

«Réengager le savoir, mettre la recherche en lumière,
renouer le dialogue citoyen avec le passé et l’histoire,
renforcer le pacte entre la démocratie et la connaissance :
voilà l’ambition de L’histoire à venir,
une manifestation annuelle dont la première édition se tiendra à Toulouse du 18 au 21 mai 2017 ».

65 événéments
programme
http://2017.lhistoireavenir.eu/page/documents/programme_hav_web.pdf


Du silex au Big Data
Le métier d’historien pour mieux comprendre les enjeux des bases de données numériques

Écrire l’histoire
la démarche de l’historien, le travail sur les sources, les manières de l’écrire

Histoire et démocratie
Que peut l’histoire aujourd’hui ? comment la transmettre ?

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Parmi les conférences, tables rondes et ateliers :

Écrire l’histoire des futurs du passé
Conférence de Patrick Boucheron

Histoire populaire de la France,
Histoire mondiale de la France, même combat ?
Labo d’histoire, Patrick Boucheron et Michèle Zancarini-Fournel

La voix des sans-voix
Quelles archives pour celles et ceux qui n’en laissent pas ?
Labo d’histoire, Alban Bensa, Claire
Judde de Larivière et Célia Keren.

Sources, terrains et matériaux :
comment se construit l’anthropologie
Labo d’histoire, Nicolas Adell, Alban Bensa et Anne Both.

L’avenir des sciences humaines
Conférence, Ivan Jablonka

L’archéologue, un historien comme les autres ?
Conférence, Anne Lehoërff

Redécouvrir aujourd’hui les traces du Moyen Âge :
l’apport des nouvelles méthodes
Labo d’histoire, Hélène Débax et Florent Hautefeuille


À qui appartiennent les images ?
Labo d’histoire, Natacha Laurent et Sylvie Lindeperg
Vie et destin d’une image-icône : la fillette du camp de Westerbork (1944)
Atelier, Natacha Laurent et Sylvie Lindeperg

Peut-on éclairer le peuple ? Le dilemme des Lumières
Conférence, Antoine Lilti

Comment pirater les livres au siècle de Voltaire
Conférence, Robert Darnton

Les archives de la Shoah
Labo d’histoire, Patrick Cabanel et Claire Zalc

 

tlse-hav

 

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27 janvier 2016

Le procès Eichmann : la médiatisation

 

eichmann-trial

source : Eichmann:Trial as National Catharsis (June 8, 1961)
USHMM Holocaust Encyclopedia
http://tinyurl.com/eichmann-trial


- A Jérusalem, le procès Eichmann est pensé comme un « Nuremberg du peuple juif ».
Il faut constituer le génocide des juifs en événement singulier, il faut souligner l’unicité du peuple juif

Le procès s’ouvre le 11 avril 1961 à la Maison du Peuple de Jérusalem.
Le procureur est Gideon Hausner, Eichmann est défendu par l'avocat allemand Robert Servatius.
The prosecution case was presented over the course of 56 days, involving hundreds of documents and 112 witnesses (many of them Holocaust survivors)
http://en.wikipedia.org/wiki/Adolf_Eichmann

Près de 450 places sont réservées aux journalistes, israéliens ou étrangers. La médiatisation exceptionnelle fait de ce procès un événement fondateur. Le procès est filmé par Leo Hurvitz. De larges extraits de Nuit & Brouillard, le chef-d’oeuvre d’Alain Resnais sont projetés lors de ce procès.
Eichmann est condamné à mort le 15 décembre 1961, exécuté dans la nuit du 31 mai 1962


- « Le Moment Eichmann » questionné par les historiennes Sylvie Lindeperg et Annette Wieviorka
Télérama 14.01.2016
http://television.telerama.fr/television/le-moment-eichmann

 

moment-eichmann

- Le moment Eichmann - Sylvie Lindeperg, Annette Wieviorka dir. Albin Michel 2016
http://www.albin-michel.fr/201601/COLLECTIF-Le-moment-Eichmann


Introduction
Beth Mishpat ! Ce que fut le procès d’Adolf Eichmann
Sylvie Lindeperg et Annette Wieviorka

Échos et relais
1. Chroniques judiciaires
Isabelle Delpla
2. Eichmann sur les ondes : la radio et la fabrique d’un procès historique
Amit Pinchevski, Tamar Liebes et Ora Herman
3. Hurwitz à Jérusalem : du procès comme série télévisée
Sylvie Lindeperg et Annette Wieviorka
4. Une époque devant le tribunal. Le procès Eichmann à la télévision d’Allemagne fédérale
Judith Keilbach
5. De l’écriture de l’histoire : le documentaire face au prétoire
Julie Maeck
6. Le procès de Jérusalem et la représentation de la Shoah en URSS
Vanessa Voisin
7. Le procès Eichmann à la télévision américaine
Jeffrey Shandler
8. Traumatisme à la Cour
Shoshana Felman

Empreintes et postérités
1. Eichmann à Jérusalem : confection, statut et réception du texte
Michèle-Irène Brudny
2. De l’usage de l’archive dans Un spécialiste
Stewart Tryster
3. Reprise de vues, rigueur historique et licence poétique : à propos d’un remake du procès Eichmann
François Niney
4. Adolf Eichmann sur les écrans allemands : entre docu-drama et docu-fiction
Matthias Steinle
5. L’empreinte du procès Eichmann dans le cinéma israélien
Ophir Levy


- Nuit et Brouillard à Jérusalem,
d'après Lindeperg, Nuit et Brouillard, un film dans l'histoire.
http://clioweb.free.fr/chronique/aphg405.pdf


- Isabelle Delpla, Le mal en procès. Eichmann et les théodicées modernes, Paris, Hermann, 2011 -
CR pour La vie des idées
http://www.laviedesidees.fr/Retour-sur-le-proces-Eichmann.html

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Petite

 

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01 février 2015

Nuit et Brouillard, ce soir sur HD1

 


La chaîne HD1 a diffusé le dimanche 1er février, à minuit, Nuit et Brouillard,
le chef d'oeuvre d'Alain Resnais en 30 minutes,
avec un texte de Jean Cayrol lu par Michel Bouquet, musique d'Hanns Eisler.

Le film est une commande du Réseau du souvenir et du Comité d'histoire de la 2GM,
après l'exposition de la rue d'Ulm « Résistance, Libération, Déportation » (nov 1954-jan 1955).
Il est financé en partie par les ministères de l'éducation et des anciens combattants.

voir également :
La déportation dans les camps nazis :
http://clioweb.free.fr/camps/deportes.htm

http://clioweb.free.fr/camps/deportation1.htm
http://clioweb.canalblog.com/tag/auschwitz

Le Cercle d'étude : http://www.cercleshoah.org/


Dans Télérama, François Ekchajzer répète l'attaque simpliste habituelle (« pas de juif » dans le commentaire)
de ceux qui oublient qu’un film ce sont aussi des images, par exemple celles du convoi de Westerbork
[Resnais n'avait pas accès aux images des militaires français].
FE laisse aussi planer une ambiguïté sur le képi (une exigence de la gendarmerie française) ...


Il mentionne « Nuit et Brouillard, Face aux fantômes » un docu de Jean-Louis Comolli et Sylvie Lindeperg
et « Nuit et brouillard, un film dans l'histoire », l’ouvrage de référence de l'historienne (2007).
http://clioweb.free.fr/camps/lindeperg.htm
.
http://clioweb.free.fr/camps/nuitetbrouillard.htm

Y lire comment un film sans juif est exploité lors du procès Eichmann,
utilisé en classe en France (en 16 mm en noir & blanc, puis en VHS
et aujourd'hui en couleurs en DVD, avec pause possible pour l'analyse des images)
diffusé par la TV française en 1980 après l’attentat de la rue Copernic,
ou distribué en cassettes VHS après la profanation de Carpentras.
Ou encore déstructuré par une chaîne de TV américaine en 1959...


En mars dernier, j'avais regroupé quelques réponses aux détracteurs de ce film,
http://clioweb.canalblog.com/archives/2014/03/06/29373720.html

Une formule récurrente peut lasser :
« redécouvrir ce film hors du cadre scolaire
et de la pompe mémorielle permet d'en apprécier la valeur intrinsèque »

« Hors du cadre scolaire ? »
Pourquoi ce dénigrement systématique du travail mené dans les classes ?
Pour donner raison à ceux qui voudraient privatiser toute l’éducation ?
Pour vanter les industriels qui truquent les images d’archive, sous prétexte de rendre tout « ludique » et vendeur,
y compris les amoncellements de cadavres produits
par une dictature portée au pouvoir dans un pays considéré jusqu'alors comme civilisé ?

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26 août 2014

CLCF : La Libération de Paris

 

- Le 25 aout 2014, France 3 a diffusé Ils ont libéré Paris, le docu Serge de Sampigny (93 minutes)
http://www.france3-44lafranceliberee.com/#!ils-ont-libr-paris/czfy

Ce très long documentaire illustre les modes télévisées actuelles : de la colorisation obligatoire, et des témoins (ou leurs proches) qui parlent 70 ans après. Pour finir sur une jeune ouvreuse qui aimait les Allemands avant de fréquenter des Américains et d'épouser un Français. Un cas essentiel à la compréhension du passé ?


- En 1944, le CLCF - Comité de Libération du Cinéma Français - a filmé les combats (du 19 au 26 août)
et a sorti en salle  La Libération de Paris, un film de 30 minutes présenté dans la capitale dès le 29 août.

Selon Sylvie Lindeperg (La voie des images), trois éléments ont été mis en boite :
- La bataille de rue menée par les FFI avec l'aide des Parisiens,
- L'arrivée des avant-gardes de la division Leclerc et les combats des FFL dans la capitale,
- Le discours de de Gaulle à l'Hôtel de Ville et le défilé des Champs Elysées.

Toujours selon elle, le documentaire met en scène le soulèvement du peuple en armes, et place cette lecture symbolique dans la longue tradition du Paris des barricades et de l’insurrection. Le montage évite de montrer les cadavres et écarte les scènes
d’épuration. Il minore le rôle des FFL et de la division Leclerc ; il ne montre pas le défilé des troupes alliées le
28 août 1944.
Par contre, il souligne l’état de grâce temporaire et met en valeur la liturgie gaullienne : le discours de l’Hôtel de Ville (Paris « libéré par son peuple avec le concours des armées de la France » (sic)), le défilé des Champs Elysées.
http://clioweb.free.fr/chronique/aphg427.pdf


1944 : La Libération de Paris, le film réalisé par André Zwobada pour le CLCF,
monté par Roger Mercanton, commentaire de Pierre Bost existe sur Youtube :
http://www.youtube.com/watch?v=2SeuiYHrCGs



- D-Day to Berlin, le documentaire de George Stevens comporte une séquence sur la Libération de Paris.
George Stevens's D-Day to Berlin : http://www.imdb.fr/title/tt0162344/

Dachau was a Terrible Shock : How can a human being do this to another human being ?
http://www.dailymotion.com/video/x3j9e6_liberation-of-dachau-in-color_people

- De Gaulle dans Paris libéré, c'est un des sujets traité dans Mystères d'archives, Serge Viallet, réalisateur
http://www.arte.tv/fr/1944-de-gaulle-dans-paris-libere/7133768.html
http://www.arte.tv/fr/mysteres-d-archives-toutes-les-emissions/7766482.html



- 'Vive Paris' - the Liberation of Paris in 1944 -
9 mn par #Movietone - Tweeter 02.09.2014
http://www.youtube.com/watch?v=3KrmAwx0XHc

 

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 uuu.

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21 août 2014

Paris 1944 : Georges Dukson, le lion noir

 

44-dukson

« Le général de Gaulle descendant les Champs-Élysées - À droite, le nègre Dukson ».

Photo de Serge de Sazo citée par René Dunan, Ceux de Paris août 1944
Cliché reproduit par Libération et cité sur Twitter.
https://twitter.com/libe/status/502353902831169536 - 21 août 2014 - 09:17
Libération de Paris : Pourquoi il n'y a (presque) pas de Noirs sur les photos, Libération, 20.08.2014
http://www.liberation.fr/photographie/2014/08/20/paris-libere-uniquement-par-des-soldats-blancs_1083150


2 sources majeures :
- 1 -  Dukson, « un oublié de l'histoire » de la Libération, Éric Lafon, Fondation de la Résistance,
http://www.fondationresistance.org/pages/rech_doc/dukson-oublie-histoire-liberation_photo10.htm


2 - Georges Dukson, « le lion noir du XVIIe »,
in Sylvie Lindeperg, La Libération de Paris, La voie des images, éditions Verdier, pages 90-92, 98

« Un autre héros de quartier, Georges Dukson, apparaît trois fois dans le film du CLCF (comité de libération du cinéma français) sans que Pierre Bost y prête attention. Louis Félix et Gilbert Larriaga connaissaient bien ce jeune combattant noir à l’accoutrement pittoresque - chemise blanche ouverte et pantalon retroussé sur les mollets - dont ils avaient filmé les faits d’armes. Originaire du Gabon, cet ancien prisonnier de guerre évadé vivait de menus larcins dans un hôtel borgne des Batignolles lorsque sonna l’heure de la Libération. Le 19 août 1944, quand les FFI s’emparèrent de la mairie du XVIIe, il se porta volontaire et participa à tous les combats de la rue de Rome et du boulevard des Batignolles, escortant les patrouilles, attaquant les camions ennemis, faisant feu sur les tireurs allemands, conquérant un char de la Wehrmacht. Blessé au bras lors d’un accrochage, Dukson ne pouvait plus tenir un fusil mais il repartit à l’assaut, armé de bouteilles incendiaires.

Surnommé « le lion noir du XVIIe », ce combattant splendide et rugissant ne passa pas inaperçu aux Batignolles. Il est aisément repérable dans les images du CLCF : escortant un officier allemand; juché sur un char conquis; soutenu par deux camarades, le bras en sang, juste après la fusillade. Le 26, devenu sous-lieutenant des FFI, Dukson fit le pari de s’infiltrer dans le cortège du général de Gaulle sur les Champs-Elysées. « Le lion noir » en pleine gloire commençait à perdre « le sens de la mesure » : devenu une célébrité dans son quartier [i1] ne [put] retourner à sa vie misérable ». Réquisitionnant un ancien garage allemand, Dukson se lança dans le marché noir, les vols et les perquisitions abusives, à l’image d’un héros fourvoyé de Cayatte. Sur ordre des autorités militaires, des FFI procèdèrent à son arrestation pour le conduire à la prison du mont Valérien ; profitant d’un arrêt, Dukson s’évada et fut abattu d’une balle qui lui fracassa la cuisse. Il mourut pendant son opération à l’hôpital Marmottan ».

« Si le cinéma et la photographie ne les avaient saisis en pleine action, Anita (Anne-Marie Dalmasso) et Dukson seraient des absents de l’histoire. Ils demeurent pourtant sans nom ni destin dans le film du CLCF qui privilégie un carrousel d’images et de figures anonymes tournant a vive allure pour composer le tableau du Paris libéré. Le film devait privilégier un acteur collectif, la population parisienne tout entière campée en résistante ».

La journée du 26 fut couverte par une marée de photographes et d’opérateurs…

« Les rushes réservent une surprise à tous ceux qui les examinent avec soin : au pied de l’Arc de triomphe, au tout début de la cérémonie, un opérateur a filmé le général et sa suite qui se dirigent vers la tombe du Soldat inconnu ; le sous-lieutenant Dukson entre soudain dans le champ, tel le Zelig de Woody Allen. Il a réussi à se mêler aux hommes de Leclerc, et marche à quelques pas de Charles de Gaulle. L’histoire du « lion noir » est complétée par deux plans tournés par des cinéastes amateurs. Le premier, pris quelques secondes plus tard sous un autre angle, montre la scène de face : Dukson a maintenu sa position et se trouve à moins d’un mètre du héros du jour qui le dissimule en grands partie, laissant percer le seul point blanc de son bras en écharpe. La suite du plan, passée au ralenti, révèle le geste prompt d’un Saint-Cyrien qui lui touche l’épaule pour le faire reculer, ouvrant la voie au préfet Fleuret. « L’homme caméléon » réapparaît pourtant dans les premières minutes de la descente des Champs-Elysées : dans le second plan du film des amateurs, on le voit marcher fièrement à la gauche du Général, chemise boutonnée, chaussettes sagement tirées sur les mollets. C’est au tour d’un officier de lui barrer la voie, lui intimant d’un geste de quitter 1e cortège. Une photographie permet de reconstituer toute la scène : on y voit un soldat pointer sa mitraillette en direction de l’intrus. Sorti manu militari du cortège, Dukson ne réapparaît plus dans 1es images filmées du défilé. Dans la cérémonie de renaissance de l’Etat Républicain, le combattant ardent du XVIIe était déjà un indésirable, bientôt un vaincu de l’histoire ».
Photo publiée par Pierre Bourget, Paris 1940-1944, Plon 1979. Elle est commentée par Eric Lafon sur le site de la Fondation de la Résistance, rubrique « autour d’une photographie ». http://www.fondationresistance.org/pages/rech_doc/dukson-oublie-histoire-liberation_photo10.htm

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Georges Dukson, photo Serge de Sazo (détail)

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25 mars 2014

Apo 14-18, le retour

 

La série Apo 14-18 revient, avec le battage marketing et l’auto-célébration de France 2.

En mettre plein les yeux
Relire ce qu'écrivait en 2009 Didi-Huberman à propos d'Apo 39-45,
http://ecrans.liberation.fr/ecrans/2009/09/22/en-mettre-plein-les-yeux-et-rendre-apocalypse-irregardable_952332

ou lire Sylvie Lindeperg dans La voie des images (Quatre histoires de tournage au printemps 1944)
(notamment les 50 premières pages).

Tous deux rappellent la différence entre faire de la TV, même pour un public élargi, même avec audience, et faire de l'histoire (ou du cinéma).

Sylvie Lindeperg souligne un paradoxe : les chercheurs ont très bien documenté la production et la réception des images qui nous sont parvenues (cf les plans retenus dans Nuit et Brouillard de Resnais ou Mein Kampf de Leiser). Il devient difficile de continuer à colporter des erreurs (cf la poignée de main de Montoire refilmée fin 1944 par France Libre actualités, ou la foule des collabos dans le Vel d'hiv).
Un bon documentaire interrogerait davantage la source des images : pourquoi la mise en scène des familles régnantes de 1913 ? Pourquoi Pétain devant la caméra ?
Quand une image manque, l'historien s'interroge sur le silence (cf les images rares de la Résistance).
Le vidéaste en fabrique une ou détourne une autre de sa destination originelle (un extrait de la Bataille du rail pour illustrer l'exécution de Mocquet). L'image devient une marchandise, elle sert à bluffer, pas à traduire une vérité.

La vertu du cinéma, c'est de « montrer qu'on ne peut pas tout montrer » (JL Comolli).
La TV façon Costelle et Clarke, c'est l'exact opposé.
Pour eux il n'y a aucune limite à la visibilité et il est toujours possible d'ajouter du visible au visible (ne serait-ce pas une différence entre l'érotisme et la pornographie ?). Il faut imposer l'immersion, plonger le spectateur sous apnée, le saturer de plans, l'écraser sous un bavardage bien pensant, le convaincre qu'il n'existe qu'une lecture possible - et une seule - du sujet abordé.

« En mettre plein les yeux : c’est le contraire exactement de donner à voir. Mais l’appareil télévisuel, nous en faisons l’expérience chaque jour, fonctionne à la surenchère, à l’autosatisfaction (et à l’autocélébration) : nous avons réussi à placer huit cents plans par épisode, nous avons reconstitué les couleurs, nous avons ajouté les sons absents des images originales…  dans ce débat, il ne s’agit pas de purisme, justement : rien n’est pur en ce domaine, et toute image – dès sa prise de vue– est le résultat d’une opération technique, d’une médiation, donc d’une manipulation »

Pour Sylvie Lindeperg, le film La Rafle (comble l'absence insupportable d'image) mais surtout « vide l'histoire de sa substance politique et de son intelligibilité pour n'en conserver que l'écume émotionnelle ».


Egalement,
Antoine Rance, Stop à l'Histoire-spectacle !
http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1160146-apocalypse

Claude Robinot, L'Apocalypse vue par Saint Costelle-Clarke
http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1161441-.html

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06 mars 2014

Nuit et Brouillard face à ses détracteurs

 

westerbork

Westerbork, 19 mai 1944 in Nuit et Brouillard.
devant des images, on ne voit que ce que l'on veut voir.


Nuit et Brouillard , film de toutes les polémiques
, Franck Nouchi, Le Monde 03.03.2014 
http://www.lemonde.fr/culture/article/2014/03/03/nuit-et-brouillard-film-de-toutes-les-polemiques_4376546_3246.html

« Film de toutes les polémiques » ?
La formule est surprenante.
Le film a été censuré en 1956 à la demande du ministère qui dirigeait la gendarmerie, et privé de Cannes sur la demande de la RFA.
Il ne s'agit donc pas de polémiqueS, mais de censure.

Par la suite, le chef d'oeuvre d'Alain Resnais a été violemment critiqué par Lanzmann et ses proches (au nom de la spécificité de la destruction des juifs d’Europe, de la place des images). Là on peut parler de polémique au singulier.

La meilleure réponse aux détracteurs, c’est de prendre le temps de voir le film, un chef d’œuvre et une référence durable. La force des images, la qualité du commentaire permettent de contrer ces polémiques où la mauvaise foi n'est jamais loin. Il faut aussi lire l’excellent ouvrage de Sylvie Lindeperg, Nuit et Brouillard, un film dans l'histoire, O Jacob 2007, et voir le documentaire « Nuit et Brouillard. Face aux fantômes» que l’historienne a réalisé avec Jean-Louis Comolli.

Pour avoir longuement exploité ce film en lycée, en classe d'histoire, dans un programme qui prévoyait environ 10 heures pour l’étude de l'ensemble de la 2 GM, et pas 3 ou 4 comme aujourd’hui, il est possible d'opposer un certain nombre d'arguments à ces critiques répétées, mais simplistes et paresseuses.
http://clioweb.free.fr/camps/nuitetbrouillard.htm
http://clioweb.free.fr/camps/lindeperg.htm
Histoire et Mémoires, JP Husson, Reims : http://www.cndp.fr/crdp-reims/memoire/enseigner/memoire_histoire/menu.htm


« Nuit et Brouillard est un film sur l'univers concentrationnaire, en ce sens qu'il ne différencie pas explicitement les camps de concentration des camps d'extermination ».

S'il s'agit de replacer le documentaire d'Alain Resnais dans l'histoire de la déportation et dans l'évolution de l'historiographie, alors aucun problème.
En 1955, la commande met l'accent sur la déportation de répression, celle qui est incarnée par le sinistre décret Nacht und Nebel du 07.11.1941 (signé par le maréchal Keitel)  qui spécifie : « Les prisonniers disparaîtront sans laisser de trace ».
http://fr.wikipedia.org/wiki/Nuit_et_brouillard - http://www.defense.gouv.fr/content/download/100779/978495/file/MC36.pdf
Faut-il s'étonner d'une telle lecture dix ans après la fin de la 2GM ?
Pourquoi faudrait-il exiger d'un cinéaste de 1955 de faire le travail que les historiens ne feront que plus tard ?


Lors de la sortie de Shoah, un double procès a été mené contre Nuit et Brouillard :
- Etudier l’histoire du nazisme, chercher à le mettre en contexte, c’était courir le risque de "comprendre" et de devenir complice des crimes nazis.
- Les images avaient été produites par les hitlériens. Les utiliser, c’était aussi risquer de jouer les complices. Sylvie Lindeperg décrit le clash entre Godard qui se faisait fort de découvrir des images nazies de la mort de masse si elles existent, et Lanzmann qui affirmait au Monde qu'il détruirait ces images s'il en avait entre les mains.
Dans ces deux cas, c’est faire peu de cas du métier des historiens et de l’intelligence de ceux qui les lisent.
De plus, prétendre interdire l'usage des images aux historiens, voilà une démarche bien surprenante dans le monde actuel.

Pour le 70eme, l’histoire de la déportation est le monopole des témoins (ou plutôt des acteurs ?) qui ont échappé à la mort. Le documentaire a été réalisé juste avant « l’ère du témoin » (A. Wieviorka).
La mode de la colorisation et de la sonorisation des archives (Apocalypse) ne sévissait pas encore. L'utilisation du noir et blanc ou de la couleur aident le spectateur à distinguer l'origine des images.

« Et si l'on y voit les chambres à gaz d'Auschwitz, la spécificité du génocide juif n'apparaît pas (le mot juif n'est cité qu'une seule fois) »

- Pas de juif ?

L’argument répété à l’infini consiste à dénigrer le texte de Jean Cayrol.
Oui, le poète et résistant, déporté à Mauthausen ne fait qu'une allusion à un déporté juif.
Mais cette attaque est malhonnête. Jean Cayrol souligne le tournant nazi, et une pré-version abordait la question du génocide.
cf. Christian Delage, Nuit et Brouillard : un tournant dans la mémoire de la Shoah, Politix 61, 2003.

Et surtout, le texte de Jean Cayrol ne peut pas être réduit à cette critique simpliste.
Il comporte aussi une mise en alerte qui a été trop peu entendue en 1956 :
« Qui de nous veille de cet étrange observatoire
pour nous avertir de la venue des nouveaux bourreaux ? 

Ont-ils vraiment un autre visage que le nôtre ? »


- Pas de juif ?

Vers la 5e mn, Nuit et Brouillard exploite les images nazies d'un convoi partant de Westerbork le 19 mai 1944 : tous les déportés portent une étoile, et le train part vers Birkenau et vers Bergen-Belsen
cf Chronique internet 403 : D'après Sylvie Lindeperg, bloqué dans ses recherches d'images par les militaires français (SCA) et anglais, Resnais se tourne vers l'institut néerlandais de documentation de guerre (Amsterdam). Il y découvre les plans tournés par les Britanniques lors de la libération de Bergen-Belsen, et les images d'un convoi partant de Westerbork le 19 mai 1944.
http://clioweb.free.fr/chronique/aphg403.pdf

Les images retenues ou tournées par Alain Resnais sont explicites, à condition d'accepter de les regarder :
http://clioweb.canalblog.com/tag/westerbork
Visiblement, chez ceux qui veulent démolir la réputation du film, on ne voit que ce que l'on veut voir.


- Pas de juif ?

De larges extraits de Nuit et Brouillard ont été projetés lors du procès Eichmann à Jérusalem.
cf Chronique internet 405 : Lors de l'audience du 8 juin 1961, l'oeuvre d'Alain Resnais a été abondamment utilisée : une trentaine d'extraits, parfois très découpés, ont été retenus pour une durée cumulée d'une quinzaine de minutes.
http://clioweb.free.fr/chronique/aphg405.pdf


- Pas de juif ?

Le documentaire a été abondamment utilisé en lycée, où il a servi de référence sur l'univers concentrationnaire des nazis.
Il a aussi mobilisé au service du combat contre l'antisémitisme. Il a été projeté à la TV aussi bien après l'attentat de la rue Copernic (projection de Nuit et Brouillard par la TV en 1980) qu'après la profanation du cimetière juif de Carpentras (une version VHS de Nuit et Brouillard est distribuée dans les lycées en 1990). Et il a été sans doute vu bien davantage que les 9 heures du film de Lanzmann.


Le simplisme n'est donc pas absent de cette polémique intéressée.

- The Destruction of the European Jews, l'ouvrage de Raul Hilberg est publié aux USA en 1961.
Mais en France, la traduction ne paraît qu'en 1985 !
Lanzmann veut parfois faire la leçon aux historiens. Ils n'ont donc pas attendu un génial réalisateur pour faire leur travail.

- Primo Levi, l'auteur du célèbre Si c'est un homme, illustre un autre aspect de la complexité de cette histoire.
Le chimiste est arrêté comme résistant en décembre 1943. Il espère échapper à une exécution sommaire en déclarant « sa condition de citoyen italien de race juive ». Il est transféré dans le camp d'internement de Fossoli, près de Modène, où il demeure deux mois, puis il est déporté en février 1944 à Auschwitz. Des 650 déportés de son convoi, seule une vingtaine retrouveront la liberté.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Primo_Levi - http://it.wikipedia.org/wiki/Primo_Levi

- On meurt aussi dans les camps de concentration :
Lire ou relire Robert Antelme dans L'espèce humaine.
« Nous sommes tous, au contraire, ici pour mourir. C'est l'objectif que les SS ont choisi pour nous. Ils ne nous ont ni fusillés ni pendus mais chacun, rationnellement privé de nourriture, doit devenir le mort prévu, dans un temps variable ».


- Cette réalité des formes multiples prises par la déportation a quasiment disparu des programmes. Depuis la déstructuration de l'histoire scolaire par le ministre Chatel, la 2 GM n'est plus étudiée que comme une guerre d'anéantissement. Pas de place pour l'expérience combattante, la Résistance est étudiée comme un aspect de l'histoire intérieure de la France, pas comme un combat contre l'occupant nazi, La guerre dans le Pacifique ou la guerre (mondiale) à l'Est ont peu de place dans les manuels de 2011.


- Sylvie Lindeperg a laissé à d'autres l'étude des usages du film en classe, en lycée pendant deux générations.
Le film a d'abord été projeté en 16 mn, en noir et blanc. La version VHS était une amélioration, malgré la taille modeste des écrans. La disponibilité du film en dvd et en couleurs permet de faire un réel travail d'analyse des images (quand le survol speedé des programmes laisse un peu de temps).

Il devient possible d'étudier la composition du film, de distinguer entre les images d'archives (Westerbork, Bergen-Belsen) et les images tournées à Birkenau en 1955. Il est possible de s'intéresser à l'histoire du képi et à la censure exigée par la gendarmerie française.
Il y aurait aussi à dire sur la vision des images de l'horreur et au danger de la sidération devant les amoncellements de cadavres produits par l'hitlérisme et sa machine de mort. 

Le film a des défauts réels (cf. l'erreur sur les chiffres - 9 M de morts -, etc.) mais l'appel à la vigilance formulé en 1956 par Jean Cayrol mérite toute notre considération : en Algérie, la guerre d'indépendance dure alors depuis deux ans, et la torture a fait sa réapparition, une décennie seulement après la défaite des hitlériens.

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22 mai 2013

Le camp de Westerbork



En 1941, les Nazis font du camp de Westerbork, au nord-est des Pays-Bas, un centre d'internement des juifs. Entre le 15 juillet 1942 et le 13 septembre 1944, près de 100 convois ont déporté 100 000 personnes.
http://www.kampwesterbork.nl/
Encyclopedie de l'USHMM


Un extrait d'un film tourné pour les Nazis est disponible sur le site du Musée (dans la version Nuit et Brouillard ?).
http://www.youtube.com/user/Herinneringscentrum

Resnais l'a utilisé au début de Nuit et Brouillard, un chef d'oeuvre auquel certains reprochent le silence sur la destruction des juifs.

D'après Sylvie Lindeperg, bloqué dans ses recherches d'images par les militaires français (SCA) et anglais, Resnais se tourne vers l'institut néerlandais de documentation de guerre (Amsterdam). Il y découvre les plans tournés par les Britanniques lors de la libération de Bergen-Belsen, et les images d'un convoi partant de Westerbork le 19 mai 1944.
« Afin de démontrer l’utilité du camp, au printemps 1944, Gemmeker demanda à trois détenus de produire un film sur la vie à Westerbork. Le scénario avait été conçu par Heinz Todtmann, un Juif baptisé de l’Ordnungdienst, et plus proche soutien de Gemmeker. Après que ce dernier eut donné son aval au scénario, deux autres détenus, le photographe Rudolf Breslauer et son assistant Kart Jordan, filmèrent les activités du camp entre mars et mai 1944 ». Ido de Haan - Revue d’histoire de la Shoah

Resnais pratiqua une découpe et un insert dans les séquences de Westerbork en y intégrant deux plans, d’origine polonaise, d’un vieil homme avançant lentement sur un quai, en compagnie de trois petits enfants. Par ce geste, le réalisateur inquiète la fausse tranquillité des scènes de Westerbork au sein desquelles il introduit un élément étranger, trouvé au Studio des films documentaires de Varsovie ».
Sylvie Lindeperg Nuit et Brouillard, un film dans l’histoire, Odile Jacob 2007
http://clioweb.free.fr/chronique/aphg403.pdf


(44e seconde de la vidéo) : Anna-Maria Settela Steinbach est née dans le Limbourg en 1934. La jeune tsigane est déportée de Westerbork lors du convoi du 19 mai. Elle est assassinée avec sa mère et ses 9 frères et soeurs dans la nuit du 2 au 3 août 1944.
http://www.sintiundroma.de/en/sinti-roma/the-national-socialist-genocide-of-the-sinti-and-roma/extermination.html
http://www.romasinti.eu/#/SettelaSteinbach

Anne Frank et sa famille furent internées au camp du 8 aout au 2 septembre 1944. Ils arrivent à Auschwitz dans la nuit du 5 au 6 septembre 1944. Elle sera transférée par la suite à Bergen-Belsen où elle meurt en février ou en mars 1945.
http://www.annefrank.org/en/Subsites/Timeline/
http://www.annefrank.org/fr/Anne-Frank/Decouverts-et-arretes/Deportes-aux-camps-/Au-camp-de-Westerbork/


Le camp de Westerbork d'après Wikipedia
http://nl.wikipedia.org/wiki/Kamp_Westerbork
http://en.wikipedia.org/wiki/Westerbork
http://fr.wikipedia.org/wiki/Westerbork_(camp_de_regroupement_et_de_transit)

Plan et maquette du camp
http://www.fold3.com/page/286060429_westerbork_concentration_camp/
Kamp Westerbork, Ward Dossche
http://users.skynet.be/sky35373/westerbe.htm
Le camp d'après google images

Un musée (memorial ?) a été inauguré en 1983.
Digital Monument to the Jewish Community in the Netherlands
http://www.joodsmonument.nl/



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28 février 2013

Lindeperg, La voie des images

 

sl-voie



- Les Lundis de l'histoire 25.02.2013
http://www.franceculture.fr/emission-les-lundis-de-l-histoire
40 minutes sur Olivier Wieviorka, Histoire de la Résistance, Perrin 2013

20 minutes sur Sylvie Lindeperg, La voie des images Verdier 2013
Le Vercors (Au cœur de l'orage, de Jean-Paul Le Chanois, 1948
Paris insurgé
Terezín en Tchéco (Rudolf Breslauer)
Westerbork (dont la photo d'Anna Maria Settela Steinbach, une petite fille tzigane assassinée à Auschwitz)

http://www.editions-verdier.fr/v3/oeuvre-lavoiedesimages.html
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10193-25.02.2013-ITEMA_20453418-0.mp3


- Comment le cinéma dialogue-t-il avec l'histoire ?
La grande table, 20.02.2013
avec Jean-Louis Comolli,
Gérard Mordillat,
Christophe Prochasson
http://www.franceculture.fr/emission-la-grande-table-1ere-partie
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11476-20.02.2013-ITEMA_20451894-0.mp3


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24 février 2011

Eichmann devant ses juges

LH_362

La revue L'Histoire n° 362 consacre son dossier de mars au procès Eichmann, le « Nuremberg du peuple juif ».

La présentation interroge « la banalité du mal » mise en avant par Hannah Arendt : la vision d’un homme ordinaire, un bureaucrate insignifiant qui peut devenir un rouage aveugle, sans passion ni morale, d’un système totalitaire.

La biographie de David Cesarini change totalement le regard : l’accusé n’est pas une personnalité banale, un exécutant routinier, mais bien un militant nazi, armé de convictions antisémites, un homme de terrain, actif d’abord dans la SS autrichienne. Spécialiste de l’émigration forcée des Juifs, il devient en 1942 le principal organisateur de la destruction massive.

Le procès d’Eichmann fut bien celui d’un individu pleinement responsable de ses actes. Sa culpabilité ne peut être diluée dans les eaux fangeuses d’un système criminel.

Sylvie Lindeperg consacre deux pages à la présence de la télévision et au rôle de Léo Hurvitz : Caméras dans le prétoire. Dans Nuit et Brouillard, un film dans l'histoire, elle traite des utilisations de l'oeuvre d'Alain Resnais par l'accusation au cours du procès.

au sommaire :
Annette Wieviorka, Eichmann : le procès qui fait entrer la Shoah dans l'Histoire
David Cesarini, Comment on devient Eichmann
Hannah Yablonka, « Le Nuremberg du peuple juif »
SylvieLindeperg, Caméras dans le prétoire
Henry Rousso, « Un laboratoire de justice » (entretien)

proces_eichmann

source : Eichmann:Trial as National Catharsis (June 8, 1961)
USHMM Holocaust Encyclopedia
un détail : dans L'Histoire, à droite, l'écran de projection a disparu du cliché recadré ...

2 adresses signalées par Nicole :
- « Un spécialiste: portrait d'un criminel moderne », réal. Rony Brauman et Eyal Sivan, 1998.
- « Contrairement à un mythe répandu, Cesarani nous rappelle que Eichmann a eu une enfance tout à fait ordinaire et une adolescence sans problème ». Jean-François Dortier, La « banalité du mal » revisitée, Sciences Humaines - avril 2008 ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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