24 janvier 2017

Arte 2017 : Libération des camps

 

auschwitz2-herod

Auschwitz 1945, une photo mise en scène par les Soviétiques
et replacée en contexte par les historiens - source site web Hérodote

2015 - expo MdS - Filmer la guerre : les Soviétiques face à la Shoah (1941-1946)
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article418

27.01.1945 : Les soviétiques à Auschwitz
http://clioweb.canalblog.com/archives/2015/01/25/31421794.html
http://www.hgsavinagiac.com/2015/02/la-liberation-d-auschwitz-vue-par-le-cinema-des-armees-sovietiques.html

 

24 janvier 2017 - Arte-TV soirée "Libération des camps"
(Libération ou découverte + ouverture ?
camps nazis ou centres de mise à mort industrielle?)

0h50 Beate et Serge Klarsfeld : le combat d’une vie, Wolfgang Schoen, Frank Gutermuth 2016
21h45 Sauvés par des Justes, Christian Frey, Susanne Wittek 2016
22h40 Sauver Auschwitz, Jonathan Hayoun 2015
23h40 Images de la libération des camps, Andre Singer, 2014
http://www.arte.tv/guide/fr/050111-000-A/images-de-la-liberation-des-camps

0h55 Moshe, victime et meurtrier
1h50 Sophie Scholl, téléfilm série Ces femmes qui int fait l'histoire, 2013
+ Un numéro sur ma peau, Uriel Sinai, Dana Doron 2012

.
« À l’occasion de la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste,
ARTE consacre une soirée documentaire à la libération des camps de la mort
et aux acteurs de la lutte contre la barbarie nazie ».
http://tinyurl.com/arte-24janvier2017

La communication d'Arte peut prêter à confusion :
Libération des camps de la mort ?
Les historiens ont montré que l'ouverture des centres de mise à mort
n'a pas vraiment été vécue comme une libération :
2012 - A peine 2000 des 7500 survivants du camp devaient vivre plus de quelques jours.
http://d-d.natanson.pagesperso-orange.fr/liberation_auschwitz.htm

Les soviétiques ont surtout trouvé des cadavres,
et les déportés survivants ont été emmenés vers l'ouest dans des marches de la mort.
Beaucoup n'ont pas survécu à cette nouvelle forme prise par la barbarie nazie.
La libération des autres camps s'est faite surtout en avril et en mai 1945.


La mémoire de la déportation est prise en compte chaque année lors de deux journées :

- Le 27 janvier pour la mémoire de l'Holocauste,
2002 Conseil de l'Europe : 27 janvier Journée européenne de la mémoire de l'Holocauste
                                                                 et de la prévention des crimes contre l'humanité
.

2005 : AG ONU 27 janvier : Journée internationale de commémoration en mémoire des victimes de l'Holocauste
2007 BOEN  : Journée de la mémoire des génocides et de la prévention des crimes contre l’humanité.
http://www.cndp.fr/crdp-reims/memoire/commemorations/27_janvier.htm

- Le dernier dimanche d'avril pour le souvenir des déportés
Journée du souvenir des victimes de la déportation
http://www.education.gouv.fr/cid55548/journee-du-souvenir-des-victimes-de-la-deportation.html

.
27 janvier : Journée de la mémoire de l’Holocauste et de la prévention des crimes contre l’humanité
un parcours proposé par le Cercle d’étude
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article206

Primo Levi, Si c'est un homme
« dans la haine nazie, il n’y a rien de rationnel... Nous ne pouvons pas la comprendre; mais nous pouvons et nous devons comprendre d’où elle est issue, et nous tenir sur nos gardes. Si la comprendre est impossible, la connaître est nécessaire, parce que ce qui est arrivé peut recommencer, les consciences peuvent à nouveau être déviées et obscurcies : les nôtres aussi ».
http://clioweb.free.fr/dossiers/39-45/primolevi.htm

Primo Levi, écrivain et témoin
http://www.cercleshoah.org/spip.php?page=recherche&recherche=primo+levi


.
Au moins 3 de ces documentaires ou téléfilms peuvent être vus ou revus grâce à Internet
,
sans veiller jusqu'à 2 heures du matin.

- Images de la libération des camps
Chronique d’un film inachevé, André Singer 2014
http://www.arte.tv/guide/fr/050111-000-A/images-de-la-liberation-des-camps

- Sauver Auschwitz ?
Documentaire de Jonathan Hayoun (France, 2015, 52mn)
http://www.youtube.com/watch?v=Wq8x8BigEH8
16 avril 1967 Józef Cyrankiewicz
7 juin 1979, voyage de Jean-Paul II

- Sophie Scholl (1921-1943)
Téléfilm de Christian Twente et Michael Löseke
ARTE HD 2013, 50 mn, actrice : Liv Lisa Fries
http://www.youtube.com/watch?v=ME0RV04zVZk

dans le film Sophie Scholl - Les derniers jours (Die letzten Tage), le film de Marc Rothemund
Julia Jentsch interprète le personnage de Sophie Scholl
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article215


.
 

ohrdruf-12041945

Libération du commando d'Ohrdruf (camp de Buchenwald),12 avril 1945
Eisenhower et les soldats américains devant les corps des déportés assassinés par les nazis
http://www.ushmm.org/wlc/en/media_ph.php?ModuleId=0&MediaId=5031


 « L’horreur n’est pas gigantesque.
Il n’y avait à Gandersheim (un autre commando dépendant de Buchenwald) ni chambre à gaz, ni crématoire.
Nous sommes tous, au contraire, ici pour mourir.
C’est l’objectif que les SS ont choisi pour nous.
Ils ne nous ont ni fusillés ni pendus
mais chacun, rationnellement privé de nourriture, doit devenir le mort prévu, dans un temps variable
».

+ extraits : la soupe -  le train à Dresde - la libération de Dachau le 29 avril 1945
Robert Antelme, L'espèce humaine
http://clioweb.free.fr/camps/antelme.htm



.
 Ajouter parmi les innombrables documentaires :
Requiem for 500 000 people, extraits
http://www.youtube.com/watch?v=fvgRSqGtdwc
A short documentary made in 1963 by soviet propagandist Jerzy Bossak and Waclaw Kazmierczak
featuring unique archival footage of the Jewish Ghetto of Warsaw.

From D-Day to Berlin, George Stevens
http://www.youtube.com/watch?v=UQgFC0i5t34
(il existe une version dvd en français)
34eme minute, la libération / la libération de déportés au camp de Dachau

et bien entendu Nuit et Brouillard d'Alain Resnais.
1 version en français (sous titres turcs ?) : http://www.izlesene.com/video/nuit-et-brouillard-1955-alain-resnais-nazi-kamplarinin-belgeseli/8480657

Jean Cayrol, transcription sur le dvd :
« Le crématoire est hors d’usage. Les ruses nazies sont démodées...
Qui de nous veille de cet étrange observatoire pour nous avertir de la venue des nouveaux bourreaux ?
Ont-ils vraiment un autre visage que le nôtre ? »

+ Sylvie Lindeperg, Nuit et Brouillard, un film dans l'histoire

http://clioweb.free.fr/camps/nuitetbrouillard.htm


 rappels
L'histoire de la déportation dans les camps nazis
http://clioweb.free.fr/camps/deportes.htm
Le Cercle d'étude de la déportation et de la Shoah - UDA
http://www.cercleshoah.org/

 

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15 mai 2013

1941 : La « rafle » du billet vert


 

Premières « rafles » et camps d'internement en zone occupée en 1941
Le 14 mai 2013, le Cercle d'étude de la déportation et de la Shoah a organisé une journée d'étude
qui a eu lieu à la Mairie de Parishttp://www.cercleshoah.org/spip.php?article262

Le 14 mai 1941, à Paris, 3 747 hommes sont convoqués et arrêtés par la police de Vichy (6500 convocations - les billets verts - ont été envoyées). Ils sont ensuite transférés et internés dans les camps de Beaune-la-Rolande et Pithiviers.
Les hébergés développent une activité culturelle intense, ils assurent les corvées et s'organisent pour exercer leur métier. Certains peuvent travailler dans les fermes ou une sucrerie. Les familles obtiennent de pouvoir leur rendre visite, au moins dans les premiers mois. Près de 800 réussissent à s'évader, mais beaucoup seront à nouveau arrêtés. La très grande majorité sera déportée lors de premiers convois en juin et juillet 1942 et assassinée à Auschwitz.
(d'après Les camps du Loiret, sur le site web Un exil ordinaire via Internet Archive)

 

14-salle

L'auditorium de l'Hôtel de Ville - Yvette Lévy au 2d rang

- Katy Hazan, La « rafle » du billet vert et l’année 1941

14-katy

Katy Hazan, Marie-Paule Hervieu, Raphaël Esrail


- Illusions perdues, 1941-1942, Fragments d’une vie en sursis, Les camps d’internement du Loiret, projection du film-documentaire de Jean Michel Plouchard, 2011, 52 min - Le début est disponible en extrait vidéo sur  Youtube
Intervenants dans le docu : Hélène Mouchard-Zay, Benoît Verny, Zysman Wenig, Emile Fragerman, Henri Minczeles
Monique Hepner, Laurence Scebat, Berthe Burko-Falcman, Claude Ungar, Michel Wenig, Hélène et Albert Gotlib
http://www.youtube.com/user/jmplouchard


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Katy Hazan, Marie-Paule Hervieu, Hélène Mouchard-Zay, Jean-Michel Plouchard

pelcman

Leibus Pelcman, à Beaune la Rolande, deux jours avant sa déportation le 25 juin 1942.
Sur la photo, sa femme et ses deux filles.
Il n'a jamais connu la plus jeune.
Source JM Plouchard, Illusions perdues 1941-1942


- Les campagnes antisémites dans Le Matin, Agathe Demersseman, MRN Champigny

« A Pithiviers, les juifs dont du camping ... forcé » titre Le Matin du 18 mai 1941
qui multiplie les allusions au rationnement alimentaire (« la viande n'est pas indispensable »)
lui opposant un  hébergé souriant portant 3 pains (extrait d'une photo sur la vie du camp) ...
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k587104p  - http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb328123058/date
Le Matin comporte aussi la photo de l'enregistrement des juifs par quatre gendarmes au camp de Pithiviers.
Autres versions sur le site MemoiresVives.net et sur  le blog de JM Plouchard


- Destins d’artistes. L’art dans les camps de Pithiviers et Beaune-la-Rolande (mai 41– juillet 42)
En 2008, Claude Ungar a été commissaire de l'expo
Derniers souvenirs, Objets des camps de Pithiviers et Beaune-la-Rolande, 1941-1942
http://www.fondationshoah.org/FMS/spip.php?article583
dont Histoire@Politique a publié un compte rendu à lire en ligne.


14-ungar

Claude Ungar, l'exemple d'Icek Blikzylberg d'après les mentions sur une assiette-souvenir



- La France des camps (1938-1946), projection du documentaire de Denis Peschanski, réalisé par Jorge Amat, 2009, 85 min
Le producteur Phares et Balises a mis en ligne 5 extraits vidéo

 14-amat

Marie-Paule Hervieu, Jorge Amat

14-salle2

14-ginette

Ginette Kolinka



D'autres photos, à voir en vue d'ensemble ou en diaporama sur Dropbox
https://www.dropbox.com/sh/0r5n5ne6g0w5s58/Od44VpfliQ


Sur le web, deux sources majeures sur les rafles de 1941 :

* Le Cercle d'étude :
- La "rafle" du billet vert et l’ouverture des camps d’internement du Loiret, 08.06.2011 avec
Benoît Verny, historien
Berthe Burko-Falcman, témoin de l’arrestation de son père, Aron Falcman
Claude Ungar, commissaire de l’exposition
"Derniers souvenirs et objets des camps de Pithiviers et de Beaune-La-Rolande en 1941 et 1942"
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article188

- Quand l’Etat français était antisémite.
Conférence de Marc-Olivier Baruch. Témoignages de Colette Brull et Jacques Ullman, 03.10.2007
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article20

- Le sauvetage des enfants, exposé de Sabine Zeitoun,
témoignages de Georges Loinger, Betty Saville, Dominique Laury - mai 1999
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article34


* Le Cercil et ses publications :

cercil

- Les camps du Loiret
Le rôle des camps de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande dans l’internement et la déportation des Juifs de France.
Un excellent dossier de 8 pages en pdf

- 2008 : visite du camp de Pithiviers et d'une ferme de Sologne - N Grenon, Cercil - YV-FR
- Lettres d'un interné au camp de Pithiviers - Kalma Apfelbaum (1906-1942), Co-édition Belin-Cercil 2005
- Interné d’office, Abraham Zoltobroda - Les cahiers d’Abraham Zoltobroda, éditions du Cercil, 2007
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article85
- Une petite fille privilégiée, une enfant dans le monde des camps (1942-1945)
Francine Christophe, Editions Cercil 1995

La liste des convois : http://www.ville-pithiviers.fr/

Deux articles (à compléter) dans la version française de Wikipedia :
Pithiviers - http://fr.wikipedia.org/wiki/Pithiviers_(camp_de_transit)
(avec photo prise depuis le château d'eau)
Beaune-la-Rolande - http://fr.wikipedia.org/wiki/Beaune-la-Rolande_(camp_de_transit)


En livre ou sur le web, le travail des historiens est présent et les témoignages directs ou indirects sont très nombreux. 
Sur une page du Mémorial de Caen, voir trois objets du souvenir :
Chez les hébergés au camp de Pithiviers
Porte-plume au camp de Pithiviers
Une maquette de bateau
http://paril.crdp.ac-caen.fr/_PRODUCTIONS/memorial/enfants_shoah/co/survivre_erman.html


..

25 octobre 2012

Ce qu'ils savaient

 

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Ce qu'ils savaient
Les Alliés face à la Shoah
Le documentaire de Virginie Linhart sera projeté sur France 3
lundi 29 octobre à 23h05 et mercredi 7 novembre 02h55
(à enregistrer, si l'horaire de la programmation n'est pas perturbée par le tennis ou l'actualité :-):-)
conseiller historique : Henry Rousso
http://cineteve.com/


Pendant des décennies, le monde a retenu une image :
celle du général Eisenhower découvrant l'horreur des camps de concentration le 12 avril 1945 à Ohrdruf.

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Eisenhower, Bradley, Patton, and Eddy à Ohrdruf
http://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Buchenwald_Ohrdruf_concentration_camp

 

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« Churchill, Roosevelt, Staline et de Gaulle en savaient beaucoup sur l’extermination des Juifs, dès 1941 ...
le film dévoile les choix et les motivations qui guidèrent les chefs Alliés pour sauver le monde du désastre tout en négligeant la question juive.
Savoir permettait-il d’agir ? »

*Samuel Zygelboym*, (ou Szmul Zygielbojm), délégué au Conseil national polonais, et représentant du Bund, se suicide par le gaz le 12  mai 1943 devant l'indifférence générale, pendant la répression de l' insurrection du ghetto de Varsovie. Il parle de complicité dans l'extermination :
« The responsibility for the crime of the murder of the whole Jewish nationality in Poland rests first of all on those who are carrying it out, but indirectly it falls also upon the whole of humanity, on the peoples of the Allied nations and on their governments, who up to this day have not taken any real steps to halt this crime »

http://en.wikipedia.org/wiki/Szmul_Zygelbojm

Ecouter Virginie Linhart sur RFI (19:30 mn)
Elle parle de Churchill, de de Gaulle, des services US de l’immigration dirigés  par des xénophobes
http://www.rfi.fr/emission/20121006-1-allies-shoah

« it has been estimated that 190,000–200,000 Jews could have been saved
during the Second World War had it not been for bureaucratic obstacles to
immigration deliberately created by Breckinridge Long and others »
http://en.wikipedia.org/wiki/History_of_Jews_in_the_United_States#World_War_II_and_the_Holocaust

Le film cite de nombreux rapports : rapport du Bund, rapport de Lisbonne, rapport Riener, rapport Karski.
Il épingle l’attitude d’Anthony Eden (cf la tragédie des juifs roumains du Struma en février 1942)
http://en.wikipedia.org/wiki/SS_Struma

Voir aussi en 1939, le MS Saint-Louis :
http://en.wikipedia.org/wiki/MS_St._Louis


Anne-Capucine Langlais a vu le film pour Ouest-France

- Shoah : Alliés dans le silence - Libération médias
http://www.ecrans.fr/Shoah-Allies-dans-le-silence,15444.html


George Stevens's D-Day to Berlin
http://www.imdb.fr/title/tt0162344/

Dachau was a Terrible Shock :
How can a human being do this to another human being ?
http://www.dailymotion.com/video/x3j9e6_liberation-of-dachau-in-color_people



savaient-assistance

Projection du documentaire au Mémorial de Caen - 24.10.2012

 

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27 juillet 2012

La Rafle du Vel' d'Hiv'

 

- La Rafle du Vél’ d’Hiv’

Le discours prononcé par Raphaël Esrail, Président de l’Union des Déportés d’Auschwitz le 22 juillet 2012.
Texte mis en ligne par Nicole Mullier sur le site du Cercle d'étude de la déportation et de la Shoah. (source Nicole) http://www.cercleshoah.org/spip.php?article227


- d'autres articles à consulter sur le site du Cercle

- La brochure d'Adam Rayski, Il y a soixante ans la rafle du Vélodrome d’hiver : le peuple de Paris solidaire des Juifs, préface, Bertrand Delanoë, éd. Mairie de Paris, 2002, 79 p.
A télécharger :
http://itinerairesdecitoyennete.org/journees/27_jan/documents/veldiv_paris.pdf

- Une vidéo sur le site du Monde :
A l'occasion de la commémoration de la rafle du Vél' d'Hiv, dimanche 22 juillet, Le Monde.fr est allé à la rencontre de Samuel Adoner, dit Milo.
"Un survivant des camps : « Nous avons été pris, papa, maman et mes six frères et sœurs. Je suis rentré tout seul'.
En trois ans, il a survécu aux camps de Cosel (Pologne), Niederkirch, Blechhammer, Auschwitz-Birkenau et Buchenwald ». http://www.lemonde.fr/societe/video/2012/07/22/un-survivant


Une copie du texte : 
« Il y a 70 ans, l’Allemagne nazie, à la suite à la conférence de Wannsee, mettait en œuvre un programme méthodique d’élimination des Juifs d’Europe. En France, en cette seule terrible année 1942, près de 43 000 Juifs, en grande partie d’origine étrangère, furent déportés.


A Paris et dans sa région, la grande Rafle des 16 et 17 juillet, menée par la police française, concerna près de 13 000 Juifs ; parmi eux, 4 000 enfants, déportés et tous assassinés par le gaz, en août 1942, à Birkenau. On le sait, à ce programme d’assassinat, le gouvernement de Vichy apporta son aide zélée.

Déportés à Birkenau, nous avons été les témoins de ce crime de masse, perpétré par les nazis de 1942 à 1944. Aujourd’hui, notre douleur et notre colère demeurent aussi vives. Il est impossible d’imaginer que l’État Français n’ait pas eu connaissance, pendant tout le temps de cette guerre, du sort réservé aux Juifs pour qui Birkenau fut la fin du voyage. Ce lieu, s’il est resté longtemps un angle mort de notre conscience européenne, incarne aujourd’hui ce génocide en ses multiples dimensions.

Tout au long de ces dernières décennies, nos voix de rescapés se sont assemblées pour porter témoignage au monde de ce que fut Auschwitz-Birkenau. La mémoire fut un long chemin. Un immense effort a été consenti par les survivants pour dire aux autres hommes ce que fut la Shoah, témoignage qui a influencé la pensée occidentale tant sur les plans philosophique que politique.

Au fil des ans, nous avons conçu le témoignage comme un devoir à la fois envers les morts et envers la communauté des vivants dans un souci d’éducation et de formation, particulièrement des enseignants et des élèves. Quelques-uns de mes camarades, je songe à Henry Bulawko, récemment disparu, furent les précurseurs de ce travail de mémoire. Dès leur retour des camps, ils s’engagèrent dans ce combat pour la mémoire de la Shoah. Ils sont à l’origine de l’instauration des principales commémorations : de Pithiviers, de Beaune la Rolande, de Drancy et de celle qui nous rassemble ici, en ce jour, instituée dès 1946.

Je tiens à mettre l’accent sur le fait que, pour les déportés juifs survivants, ce combat fut âpre et de longue haleine. Il ne faut pas oublier qu’après la guerre et ce, dans un souci de réconciliation des Français, l’épisode de la déportation et de l’extermination des Juifs de France demeura dans l’ombre.

A partir du début des années 1990, une nouvelle inflexion fut donnée au traitement de ce tragique épisode de notre histoire. En 1993, le président François Mitterrand institua une « Journée nationale commémorative des persécutions racistes et antisémites » commises par le « Gouvernement de l’Etat français ». C’est ensuite le président Jacques Chirac qui, en 1995, reconnut la responsabilité de la France, reconnaissance qui contribua à une manière d’apaisement de nos cœurs.

Depuis quelques années, les institutions citoyennes ont souvent été à l’avant-garde de la mise en valeur de la mémoire du génocide. C’est l’occasion pour moi de rendre ici hommage au travail considérable mené par la Mairie de Paris. Merci à vous Monsieur le Maire dont je salue l’engagement. Merci à vos équipes.

La fin de l’ère des témoins est proche. Pour nous, les survivants, mais aussi pour toutes les institutions qui ont contribué, elles aussi, à tracer ce chemin de mémoire, l’entreprise est cependant loin d’être arrivée à son terme.

La Rafle s’inscrit certes dans l’histoire nationale mais également dans le cadre européen. Anciens déportés, nous souhaiterions que la question du futur de Birkenau, ce lieu dont Vichy ne voulait surtout pas se préoccuper, fasse aujourd’hui l’objet d’une réflexion ouverte. Forts de cette conviction, nous avons alors envisagé que les milliers d’enregistrements de nos témoignages puissent continuer à relayer notre parole de survivants des camps de la mort. Nous proposons que ce patrimoine mémoriel exceptionnel soit offert en partage aux visiteurs de Birkenau. Il s’agit pour nous de rester présents à Birkenau, là où la mort attendait les Juifs d’Europe.

Certes, le lieu impose silence et recueillement à ses visiteurs, mais si l’on veut que leur méditation ne soit pas seulement peuplée de fantômes, la parole enregistrée des témoins, leurs voix, doivent être entendues et leurs visages vus, leurs textes connus, précisément là où ils subirent leur martyr.

Nous sommes réunis aujourd’hui pour évoquer le sort tragique de tous ces hommes, femmes et enfants qu’a scellé la trahison, par les autorités de tous rangs, des idéaux de la civilisation qu’elles ont d’ordinaire le devoir de faire respecter.

Nous sommes aussi réunis pour qu’à l’implacable cruauté ne succède jamais, si cela se peut, l’inexorable oubli ou la fatale banalisation. Notre combat, car il s’agit bien toujours d’un combat pour la mémoire, dépasse nos frontières. Il a besoin de l’aide des pouvoirs publics, de la France tout autant que de l’Europe, pour que demain, le chœur de nos voix, si singulières, puisse se faire entendre, bien au-delà du terme de nos existences ».

Raphaël Esrail, Président de l’Union des Déportés d’Auschwitz


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22 juin 2012

L'Orient des Juifs, suite

 

L’Orient des Juifs - Libération 15.06.2012
http://www.liberation.fr/culture/2012/06/14/l-orient-des-juifs_826375

Au XIXe siècle, de Tanger à Jérusalem, des peintres découvrent l’Orient et ses Israélites. Sujets ethnographiques, passeurs vers les origines… Une exposition met pour la première fois en lumière les fantasmes conviés par leurs représentations.

« De Delacroix à Horace Vernet, voici donc les peintres figurant, en leur costume local du XIXe siècle voire en tenue bédouine, les hommes de l’Ancien Testament, lesquels sont plantés dans un décor «authentique», inspiré des déserts sahariens, ou mieux, des séjours en Terre sainte. «Il y a là un basculement, relève Laurence Sigal. Dans la tradition picturale des scènes bibliques, le canon était gréco-romain. Il devient oriental ». La mutation est en phase avec un retour aux sources de la Bible, promu en France par Ernest Renan, qui prône avec sa Vie de Jésus (1863) une «historicisation» du personnage. Elle satisfait aussi la recherche romantique d’origines orientales où régénérer la civilisation occidentale ».

2 tableaux accompagnent l’article :
. William Wyld, Le départ des israélites pour la terre promise, scène algérienne; salon de 1841
http://lunettesrouges.blog.lemonde.fr/2012/04/13/wyld/

. Alexandre Cabanel, Ruth et Booz, 1868, Montpellier


- Un détournement de sens : les Juifs dans l’orientalisme - Lunettes Rouges - 13.04.2012
Le blog cite Rina Cohen, « Les Juifs 'Moghrabi' en Palestine (1830-1903) à propos des migrations du XIXe.
http://lunettesrouges.blog.lemonde.fr/tag/orientalisme/


- Les juifs dans le grand  fourre-tout de l'orientalisme - Le Monde 12.04.2012
http://www.lemonde.fr/culture/article/2012/04/12/les-juifs-dans-le-grand-fourre-tout-de-l-orientalisme_1683737_3246.html

« Trois sujets en une seule exposition et sous un titre qui induit en erreur et attire l'attention sur sa part la plus prévisible : il y a là de quoi inspirer quelques regrets » écrit Ph Dagen.
. La mode ouverte par Delacroix (Noce juive au Maroc 1841) fait l'objet des deux tiers de l'exposition
La Captivité des Juifs à Babylone, de Morot, pourrait illustrer une scène de la Salammbô de Flaubert, et le Joseph gardien des greniers de Pharaon d'Alma-Tadema LeRoman de la momie de Gautier. Quant à Esther se parant pour être présentée au roi Assuérus, de Chassériau, son immense mérite est d'offrir à la vue les plus beaux seins de l'histoire de la peinture
. La représentation du peuple et de l'histoire juive par des artistes juifs (cf Eduard Bendemann)
. Une salle finale est consacrée aux peintres venus vivre en Palestine dans l'entre-deux-guerres.

rappel : Les Juifs dans l'orientalisme - revue de presse 06.06.2012


esther-chasseriau

Théodore Chassériau, Esther se parant pour être présentée au roi Assuérus,
dit La toilette d'Esther, 1841, huile sur toile, 45x35 cm, Musée du Louvre, Paris
http://www.wga.hu/frames-e.html?/html/c/chasseri/index.html

http://fr.wikipedia.org/wiki/Théodore_Chassériau


http://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Paintings_by_Théodore_Chassériau


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28 mars 2012

Simon Gutman, rescapé du 1e convoi

 
gutman

Simon Gutman, source La Croix - dailymotion - 2012

- Rescapés du premier convoi de juifs à destination d'Auschwitz-Birkenau,
ils témoignent
- La Croix, 26.03.2012 - source Sylvain et Nicole

Extraits :
Le 27 mars 1942, le premier train de déportés juifs partait de France pour Auschwitz-Birkenau, avec 1 112 hommes.
Dix-neuf seulement en revinrent. Simon Gutman (88 ans) et Jacques Smaer (90 ans), les deux derniers rescapés encore en vie, témoignent.

« … La première rafle a lieu le 14 mai : convoqués par la préfecture de police pour examen de situation, 3 747 juifs étrangers (polonais, tchécoslovaques et ex-autrichiens) sont envoyés dans les camps du Loiret de Beaune-la-Rolande et Pithiviers.
La deuxième se déroule le 20 août. Ce jour-là, 4232 juifs étrangers et français sont interpellés en pleine rue dans plusieurs arrondissements, après contrôle des papiers, et transférés au camp de Drancy, qui vient de s’ouvrir au nord de la capitale. La troisième sera effectuée le 12 décembre : 743 juifs « notables » (élus, avocats, médecins, professeurs, ingénieurs, commerçants) seront alors emmenés de force de leur domicile au camp de Royallieu à Compiègne (Oise).
Jacques Smaer et Simon Gutman ont été victimes de la deuxième rafle...  ».

« ... Simon Gutman est resté à Birkenau, dans un kommando de travaux forcés, puis dans celui des cuisines (« où les violences étaient effroyables » ) et, enfin, dans celui de gestion des vêtements du camp. Il a été atteint du typhus. Mais cela l’a finalement sauvé. Alors qu’il avait été sélectionné avec un millier d’autres pour attendre dans le bloc 7 de passer à la chambre à gaz, son état comateux l’a laissé pour mort : il a été « oublié au fond, dans un coin ...

... En octobre 1944, il a été envoyé au camp de Stutthof, toujours en Pologne ***. En février 1945, lui et cinq autres déportés ont décidé de fausser compagnie aux SS qui faisaient déplacer les déportés à pied afin d’échapper à l’avancée des Alliés. Au bout d’une longue errance semée d’embûches, le groupe a fait « la jonction »  avec un détachement de la 2e  DB ».
[ il s'agit sans doute d'une confusion entre le Stutthof, et le camp de Natzweiler-Struthof en Alsace (avec Tailfingen, un kommando extérieur).
http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/France/Rescapes-du-premier-convoi

La vidéo sur le site (licite) dailymotion :
http://www.dailymotion.com/video/xppqnw_simon-gutman-rescape-du-premier-convoi-de-juifs-pour-auschwitz-birkenau_news

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sgutman


Simon Gutman
témoigne en 1986, 2008, 2010
sur le site du kommando de Tailfingen, à proximité de Stuttgart.

http://www.kz-gedenkstaette-hailfingen-tailfingen.de/php/kzht.ar.ju.gut.php

http://www.kz-gedenkstaette-hailfingen-tailfingen.de/


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- Témoignages d’internés et de déportés d’Auschwitz,
voir la sélection réalisée par Nicole Mullier
sur le site du Cercle d'étude de la déportation et de la shoah :

http://www.cercleshoah.org/spip.php?rubrique28


- 1942 - des rafles à la déportation
http://www.enseigner-histoire-shoah.org/actualites/27-mars-1942-depart-du-premier-convoi.html
biblio : http://1942.memorialdelashoah.org/documents/bibliographie.pdf


Enseigner l'histoire de la shoah
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(voir la carte des camps d'internement en France ou celle des marches de la mort depuis Auschwitz-Birkenau, sans légende :-)

Lu dans les pages sur l'histoire de l'Allemagne nazie,
http://tinyurl.com/ehs-fiches-them
« Le NSDAP gagne en importance au fil des scrutins électoraux » ...
La brutalité des SA n'aurait-il eu aucune part dans le climat de terreur qui a préparé le succès des nazis ?
Etablir une dictature, est-ce seulement « s’emparer sans partage du pouvoir » ?
« En 1933, dans les camps nazis sont détenus des « militants antinazis, des Juifs et des asociaux ». Les détenus sont des communistes, des socialistes, des démocrates... Au temps du boycott (1er avril) les Juifs y sont détenus d'abord en tant que militants politiques. La déportation au nom du racisme nazi intervient par la suite.

Pour Vichy, ne faudrait-il pas ajouter des guillemets à «« un ordre nouveau »» ?

Ce manque de rigueur apparaît aussi dans qq manuels chatel. La concision imposée par le poids des images, la rédaction en flux tendu permanent fait oublier le chemin parcouru par les manuels antérieurs : eux échappaient à la simplification par la moulinette des totalitarismes, et à la confusion entre des sociétés et des temps très différents (1917 ou 1933 ? 1945 ou 1990 ?)

Un détail : l'excellent Le Quintrec chiffre à 14 M le nb de chômeurs dans l'Allemagne de 1932 (et non 6 M, le chiffre habituel, 12 pour les USA). Renseignement pris, cela inclut le chômage partiel. Une précision non écrite.


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27 mai 2011

Renouveler l’histoire de la Shoah

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Changer d’échelle pour renouveler l’histoire de la Shoah

Approches monographiques et prosopographiques

Journées d'étude organisées par 
Claire Zalc, Nicolas Mariot,  Tal Bruttmann et Ivan Ermakoff 

IHMC, ENS, 45 rue d’Ulm 75005 Paris

Jeudi 9 juin 2011, salle des Actes (9h-17h30)
Matin. « De la famille au groupe »
Après-midi. « Focales d’observation »

Vendredi 10 juin 2011, salle Henri Cartan (9h30-13h00)
« Face-à-face locaux »


Le détail des interventions : 
http://www.ens.fr/spip.php?article1051
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zalc


source : L'affiche au format pdf annonçant les deux journées 

 http://www.u-picardie.fr/labo/curapp/IMG/pdf/affiche_echelle_shoah_juin_2011.pdf

 

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17 mars 2010

La Rafle

 
- 17 mars, conférence du Cercle : Les Juifs à Marseille (1939-1942) du refuge au piège

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- La Rafle, drame pédagogique et hymne à la France
Point de vue de l'historienne Annette Wieviorka dans Libération

Extraits :
« Le film a voulu tout dire... tout expliquer dans une position surplombante, celle du savoir d’aujourd’hui ».

« La première partie, dans sa description des mécanismes conduisant à la rafle ... atteste le meilleur de ce souci pédagogique. Mais elle se déroule dans un Montmartre d’opérette, où la boulangerie déborde de pains et pâtisseries en tout genre... »
or « Paris a faim, Paris a froid »... les interdictions professionnelles commencent en 1940, les arrestations ont déjà fait des coupes sombres en 1941..

« C’est pourtant la seconde partie qui est la plus contestable, et notamment la reconstitution du camp de Beaune-la-Rolande... Le camp est installé pour les besoins du film en pleine forêt, sans la moindre habitation aux alentours, alors qu’il faisait corps avec le village ».
« Reste l’interrogation sur la destination des déportés... dans une formule journalistique actuelle, le médecin du camp précise que la BBC vient de donner l’information (!) ».

« Il y a deux ans, Nicolas Sarkozy avait suscité un beau tollé en suggérant que chaque écolier adopte en quelque sorte un enfant juif déporté, assassiné à Auschwitz. Initiative jugée morbide, accablante. La vision nouvelle de l’histoire mise en œuvre par la Rafle est réconfortante. A l’exception des nazis, des policiers, des quelques dirigeants de Vichy (Laval, Bousquet…), la bonté est la chose la mieux partagée... »

« Contrairement à ce qui se dit ici ou là, la Rafle ne confronte pas les Français à leur passé. Elle les réconcilie avec lui ... A chacun de le déplorer ou de s’en réjouir ».

Voir aussi le billet "Filmer les camps"

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