06 décembre 2012

Marcel Otte, la naissance de la pensée

 

- David Van Reybrouck, Congo, une histoire - Actes Sud 2012
- Romain Bertrand, Java, L'histoire à parts égales - le Seuil 2011

« Comment raconter l'Histoire de manière équitable ? »
du grain à moudre, 29.11.2012
http://www.franceculture.fr/emission-du-grain-a-moudre


- Marcel Otte, A l'aube spirituelle de l'humanité, Odile Jacob

2 titres d'émission à comparer et écouter en différé

L’art, la religion et la préhistoire…. Marcel Otte face à la naissance de la pensée
Le Salon noir - 05.12.2012
http://www.franceculture.fr/emission-le-salon-noir

Emergence de la pensée et de la culture chez l'homme
La tête au carré, 20.09.2012
http://www.franceinter.fr/emission-la-tete-au-carre

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otte

source Odile Jacob


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19 décembre 2011

L'histoire à parts égales - suite

 
RomainBertand

 

Romain Bertrand, l'auteur de L'histoire à parts égales
Récits d'une rencontre Orient-Occident (XVIe-XVIIe siècles) 
était l'invité de Sylvain Bourmeau - La Suite dans les idées - 17/12/2011
écouter et archiver l'émission au format mp3 :
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/16260-17.12.2011-ITEMA_20330207-0.mp3


Extraits :

vers la 18e : Il faut décentrer notre regard sur les premières modernités. Le lieu de l'étrangeté, ce ne sont pas les mondes asiatiques ; c'est la fin du XVIe qui est si loin de nous. Comprendre un marin ou un philosophe (cf G Bruno) de cette époque, pour nous c'est une chose extrêmement difficile. L'histoire européenne a tout fait pour résorber cette étrangeté de la fin du XVIe.

16e : Il faut à la fois se réjouir et se défier de la fascination esthétique que provoque une exposition sur les enluminures persanes. L'histoire globale reste une affaire d'un gentlemen's club européen qui être prête à s'ouvrir quand il s'agit d'épices, d'enluminures mais se referme quand il s'agit de choses sérieuses, de philosophie, d'histoire des sciences ou de la pensée politique.

13e : à la fin du XVIe, les continents dans leur ensemble sont reliés par des routes maritimes ; mais des bassins régionaux préexistent à l'arrivée des Européens.

[ Se méfier des catégories héritées du XIXe et dont certains politiques et les médias dominants abusent ]:

Vers la 6e : Etre Hollandais en 1590 ?  Eviter le grand récit en majuscules, où chaque individu serait le résumé fidèle d'une civilisation ou d'une culture. Il faut faire une histoire au ras des flots qui montre que ces contacts ont mis aux prises des acteurs sociaux. Ce n'st pas l'Europe qui rencontre une Asie déjà arriérée, mais des marins et des marchands , des gens du monde des docks qui partent à la rencontre de sociétés régies par un pouvoir de type monarchique avec un rôle majeur d'aristocraties particulièrement éprises de convenance.  La rencontre se fait entre un monde marchand européen et un monde aristocratique javanais et malais, ou plus précisément entre des fragments de ces deux mondes, les Hollandais venant d'un pays qui est une enigme politique dans une Europe monarchique, un pays qui est à feu et à sang depuis 3 décennies...

22e : Etre chrétien en 1590 ?
RB veut suivre les acteurs au plus près de leurs propos.
Le langage de l'affrontement entre chrétienté et islam n'a pas cours dans les témoignages de la fin du XVIe. Les Hollandais ne se définissent pas comme des chrétiens partis à la rencontre de sociétés païennes ou musulmanes. Ils auraient eu beaucoup de difficulté à le faire : ils sont les enfants d'une Europe brisée par les guerres de religion, ils partent d'un pays mis à feu et à sang par les Espagnols qui entendent écraser l'hérésie (le protestantisme) ; ils ne sont pas très sûrs de ce que c'est d'être un bon chrétien. Ils rencontrent un monde dans lequel les gens ne sont pas très sûrs non plus de ce que c'est d'être un bon musulman, d'articuler rite et mystique, loi et charia. Ces deux mondes sont dans une incroyable incertitude sur des catégories qui sont alors beaucoup plus fluides que ce qu'en diront les cultures associées aux Etat-nations du XIXe. Au nom de quoi l'historien devrait-il employer des catégories qui font à ce point injure à ce qu'était la conscience de soi des acteurs ?

25e : L'inscription disciplinaire ? La bataille des étiquettes ?

Histoire ? anthropologie ? Romain Bertrand vient des études asiatiques. L'inscription disciplinaire n'est pas prioritaire pour lui. Histoire et sciences sociales ont vécu un tel itinéraire de compagnonnage que la question n'a plus de sens. Que serait une histoire sans sociologie, ou une socio qui ne se poserait a aucun moment la question de l'historicité de ses catégories ?

La bataille des étiquettes (histoire globale, connectée, atlantique) est vaine également. Elle n'a d'intérêt que si elle se rattache a des projets historiographiques, à des questionnements susceptibles d'être partagés entre intellectuels.

Il met en garde contre le risque d'un exceptionnalisme méthodologique : changer d'objet ou de regard ne dispense pas de s'interroger sur la démarche et la méthode. Pour l'histoire globable ou les pos-colonial studies, c'est une manière de raccorder leur questionnement à celui des autres historiens ; c'est une bonne chose, il faut renoncer à l'enclavement de l'exception.

Voir également le blog Clioweb 30/09/2011

 

 

 

 

 

 

 

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30 septembre 2011

L'histoire à parts égales

 

parts-egales


Dans un Monde des livres un peu moins littéraire cette semaine, trois excellentes pages sur l'histoire globale ou histoire connectée, une approche qui risque de mettre beaucoup de temps à passer dans l'histoire scolaire. A archiver.


- Orient-Occident, la rencontre n'a pas eu lieu
http://www.lemonde.fr/livres/article/2011/09/29/orient-occident

« Une flottille a jeté l'ancre dans la rade de Banten, au nord de Java. Ceux qui viennent de passer le détroit de la Sonde sont hollandais et abordent pour la première fois ce monde insulindien qu'ils rêvent comme un eldorado. Ils pensent vivre un moment historique. C'est, pour eux, le 22 juin 1596, Anno Domini : le nouveau siècle frémit d'impatience. Pour ceux qui les accueillent, en revanche, le seuil du premier millénaire vient d'être franchi, sans que rien de neuf soit apparu ... »

« D'où l'expérimentation historiographique à laquelle invite ce livre enthousiasmant qui contredit avec allégresse les discours ambiants sur le déclin de l'histoire en langue française : envisager les récits d'une rencontre entre deux mondes qui s'ignorent, en conférant une égale dignité documentaire aux archives du contact. Cette Histoire à parts égales exige de ralentir l'allure, de densifier la description, de se rapprocher des acteurs. Elle ne peut se payer de mots, ni se contenter d'une théorie des bonnes intentions ; elle est, tout entière, une méthode d'enquête et un art du récit. Aussi ne révèle-t-elle sa force véritable que dans le foisonnement aventureux d'une lecture au long cours ».


- Java, un des noms de l'oubli qui a recouvert l'histoire de toutes les sociétés extra-européennes
entretien avec Romain Bertrand auteur de L'histoire à parts égales, Le Seuil 2011
«... la pire façon d'écrire l'histoire des premiers contacts entre les Européens et les sociétés d'Asie du Sud-Est, c'est de céder à la tentation téléologique, de la raconter depuis ce que nous imaginons être sa fin logique : la colonisation. Laissons aux commencements leur indétermination.. ».
http://www.lemonde.fr/livres/article/2011/09/29/java-un-des-noms-de-l-oubli


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A monde global, histoire globale, Antoine Lilti
« Dans L'Histoire à parts égales, la scène convenue de l'affrontement colonial semble se déliter et laisse apparaître en filigrane l'histoire plus trouble d'une incompréhension mutuelle, d'une rencontre manquée ... 
La leçon, à défaut d'être simple, est précieuse : l'histoire ne révèle ni le choc inéluctable des civilisations, ni une inter-culturalité béate, mais bien la richesse des processus complexes par lesquels des sociétés et des individus entrent en contact, échangent, se combattent et, parfois, s'ignorent ou se méprennent ».
http://www.lemonde.fr/livres/article/2011/09/29/a-monde-global-histoire-globale_1579689_3260.html

(Mediapart rapproche le livre de celui de Jack Goody, Le vol de l'histoire. Comment l'Europe a imposé le récit de son passé au reste du monde. Gallimard 2010) 

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- Empires ou civilisations ?
Là où la notion de civilisation implique souvent des mondes cloisonnés, qu'Huntington (et Bush) ont voulu opposer, celle d'empires privilégie les circulations
http://www.lemonde.fr/livres/article/2011/09/29/l-empire-contre-attaque_1579691_3260.html

Jane Burbank et Frederick Cooper, Empires in World History. Power and the Politics of Difference, Payot Histoire
Les grandes civilisations, cours du Collège de France à Aubervilliers, présenté par Carlo Ossola et Jack Ralite, Bayard

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Egalement, un article sur l'ouvrage de Samuel Kassow, Qui écrira notre histoire ? Les archives secrètes du ghetto de Varsovie, Grasset. Avec Emanuel Eingelblum, une soixantaine de bénévoles du groupe Oyneg Shabes ont amassé les archives du ghetto où les nazis entassent et tuent.

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- Romain Bertrand tente une nouvelle histoire du monde, qui n’oublie pas 55% de l’humanité 
Joseph Confavreux - Médiapart - 28 septembre 2011 
http://www.mediapart.fr/article/offert/b359cf94c2fd6be2f017f333d8840394


- 10/10 : L'émission Les Lundis de l'histoire recevait Romain Bertrand et Patrick Boucheron.
Romain Bertrand mentionne quelques désamours et un énervement...
à archiver et écouter en différé au format mp3

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