05 janvier 2011

L'instit ou le curé

instit_cure

Dessin en dernière page du Canard enchaîné (5 janvier 2011)

En 2007, le chanoine du Latran avait claironné, en lisant la prose de ses conseillers cléricaux :
« Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal,
l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé
parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie
et le charisme d’un engagement porté par l’espérance »

«  Dans le premier degré, des classes seront fermées puisqu'on attend 8 900 nouveaux élèves
et que 8 967 postes d'enseignants disparaissent » -  Le Monde, 28/12/2010

Pour voir d'autres dessins de Philippe Mougey, consulter son site web ou interroger Google images

 

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02 août 2010

1940 : L'instituteur, voilà l'ennemi

Dans le dernier article de la série Histoire(s) de l'été 1940 (12/12) : « Les instituteurs sont les responsables de la défaite ».

Cette campagne haineuse est lancée par les chefs militaires qui cherchent des excuses et des boucs émissaires. Ils tentent de se dédouaner de leurs responsabilités en stigmatisant le pacifisme militant des instits et du SNI, le syndicat majoritaire.

La suspicion envers les enseignants n'est pas nouvelle : elle est largement répandue dans les milieux conservateurs... En 1934, Pétain avait réclamé la tutelle sur l'Education nationale. Son programme ? Il est limpide : « Je m'occuperai des instituteurs communistes ».

Vichy (la « Révolution (sic) nationale ») y ajoute sa détestation du Front populaire, sa haine des idéaux égalitaires hérités de la Révolution et son exécration de la laïcité. A partir du 17 juillet, tout fonctionnaire peut être révoqué par un simple décret : l'épuration peut commencer. Le 3 septembre, la loi de 1904 interdisant aux congrégations religieuses d'enseigner est abrogée, et le 18, les Ecoles Normales d'instituteurs sont supprimées.

« L'heure est à la rénovation des programmes (sic) : une commission de révision est réunie à Vichy, à l'Hôtel Plaza. Dans l'impossibilité de faire imprimer de nouveaux manuels, les autorités académiques se contentent d'édicter des listes de livres interdits, et de formuler quelques orientations. Ainsi, les programmes d'histoire feront-ils l'impasse sur la Révolution française et ses suites, ainsi que sur les guerres franco-allemandes, armistice oblige. On passera sous silence l'histoire de Napoléon et les conquêtes de la République. En revanche, Jeanne d'Arc, l'ennemie des Anglais, sera l'objet de toutes les dévotions ».
Seule décision traduite dans les faits : cinq heures de préparation physique par semaine.

L’éducation en chiffres en 1940 :
5,2 millions d’élèves dans le primaire, 130 000 instits
200 000 en primaire supérieur
200 000 élèves dans le secondaire (payant jusqu’en 1933, avec « petites classes). 15 000 profs, 28 000 bacheliers
75 000 étudiants.

La source de l'article : Rémy Handourtzel, Vichy et l'école (1940-44) Noésis, 1997
L'école sous Vichy, fiche de Anne Angles pour TDC
Les géographes à l'aune de Vichy, compte rendu de la Journée d'étude de l'EHGO - version html - version pdf
(dont les conditions de la naissance de l'Agrégation de géographie, les ouvrages en circulation...)

Sur les causes politiques et sociales de la défaite, lire surtout Marc Bloch, L'étrange défaite
Une version est disponible sur Les Classiques des Sciences sociales, le site de JM Tremblay :
http://classiques.uqac.ca/classiques/bloch_marc/bloch_marc.html

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