17 septembre 2013

SH 252 : Ecole et numérique

 

Ecole et numérique, de quoi parle-t-on ? André Tricot, IUFM Toulouse

dans un dossier Générations numériques - Sciences humaines 252, spécial, octobre 2013
http://www.scienceshumaines.com/

André Tricot replace les technologies dans l’histoire. Il interroge leur apport à l’apprentissage. Il évoque par exemple le succès de Cabri-géomètre et des exerciseurs : s’il a un tel succès, c’est qu’il est compatible avec différentes façons d’enseigner, dans différents contextes, à différentes classes. Il analyse aussi des échecs (logiciel d'apprentissage de l'écriture).

Il formule deux paradoxes :
1 - plus une technologie est riche, complexe, sophistiquée, plus le risque d’incompatibilité avec le travail d’apprentissage en classe est grand.
Pour lui, une technologie ne peut réussir que si elle est compatible avec les pratiques des élèves et avec les usages dans la classe (cf un logiciel d'apprentissage de l'écriture). Un support riche mais complexe est souvent moins efficace qu’une présentation plus statique (cf dans la compréhension du galop d’un cheval : le derby d'Epsom vu par Géricault en 1821,  les photos d'Eadweard Muybridge en 1878).
[ A l’opposé, l’échec des certains logiciels tient au simplicisme des activités proposées à un élève ]

HorseinMotion
Horse in motion, source : http://en.wikipedia.org/wiki/Muybridge


Second paradoxe - il y a davantage d’ordinateurs à la maison qu’à l’école, et ils servent bien davantage. Mais c’est l’école qui ambitionne de former les futurs citoyens aux arcanes de la culture de l’information.

L’école, c’est moins la consultation de ressources que la mise en questions, en vue de la construction d’un savoir (scolaire). La motivation est essentielle. Mais pour poser la bonne question, il faut avoir de solides connaissances dans le domaine. Le doute est l’apanage de la connaissance, pas de l’ignorance.


Le numérique, un effet de mode ? (extraits de la conclusion)
« Si la révolution numérique à l'école semble tellement lente ... c'est pour des raisons ... profondes et pédagogiques... Du cinéma aux jeux sérieux, en passant par la TV et les MO5 du plan Informatique pour tous, beaucoup de nouvelles technologies n’ont pas tenu leurs promesses éducatives. A chaque fois, on a cru pouvoir moderniser l’école [de l’extérieur]. Je crois qu’il est temps d’admettre que ce n’est pas la bonne méthode.

L’école a sans doute besoin d’être plus efficace et plus juste. Quand nous saurons comment faire cela, alors nous saurons en quoi les façons d’organiser l’école, d’enseigner et d’apprendre doivent être modifiées, alors seulement nous saurons ce qu’une technologie, ancienne ou nouvelle, pourra apporter. Dans l’attente, nous sommes condamnés à innover un peu par hasard, en essayant quelque chose dans l’espoir que cela marche et en nous préparant à être déçus.


Depuis une génération, nous avons appris beaucoup de choses. Nous avons appris que les conditions d'intégration des nouvelles technologies à l’école dépendaient de leur utilité, de leur simplicité et de leur compatibilité avec ce qui se passe da ns la classe. Nous avons appris que leur utilité résidait essentiellement dans leur effet positif sur la motivation, l’engagement, le plaisir des élèves, sur la richesse et la complexité des contenus que l'on peut aborder, sur l'interactivité et la possibilité de personnaliser l'apprentissage pour un élève singulier. Mais nous avons appris que ces plus-values en termes d’utilité s'obtenaient souvent au détriment de la simplicité. Nous avons dû admettre que les évaluations proposées par un ordinateur sont souvent rudimentaires mais qu'elles offrent la possibilité de mieux suivre l'activité d'un élève, d'augmenter le nombre d’évaluations et de favoriser l’auto-évaluation. Nous avons enfin à peu près compris les apports des différents types d’images ou de textes ainsi que de la simulation, à la compréhension. Nous avons compris l’intérêt de proposer des supports nouveaux qui parviennent parfois à détourner certains élèves de leurs difficultés scolaires … »


Les publications d'André Tricot
http://andre.tricot.pagesperso-orange.fr/

3 questions à... André Tricot - L’Ecole numérique juin 2011
( une revue numérique, mais l’accès sur le web n’est pas gratuit)
http://www.cndp.fr/ecolenumerique/tous-les-numeros/numero-8-juin-2011/sommaire/3-questions-a-andre-tricot.html


Boubée, N., & Tricot, A. (2010). Qu’est-ce que rechercher de l’information ? Lyon : Presses de l’ENSSIB
http://www.enssib.fr/presses/catalogue/qu-est-ce-que-rechercher-de-l-information

Apprentissages et enseignement. Médiadoc, numéro spécial « Apprendre l’info-doc : quelle médiation ? » 2011
http://andre.tricot.pagesperso-orange.fr/Tricot_Mediadoc.pdf

La recherche d’information comme dialogue. Les Cahiers du Numérique, 2012
http://andre.tricot.pagesperso-orange.fr/TricotComtat_2012.pdf

Coopération, connaissances et documents : vers une nouvelle donne pour les enseignants ?
http://www.ac-nancy-metz.fr/enseign/lettres/lyceepro/ppcp/Coopération4.htm


À quelles conditions les TICE peuvent-elles être utiles : quelques apports de la recherche ?
Extrait du Formation CoTIC - IUFM Aix-Marseille mars 2010 (présentation pdf d’une vidéo)
http://tice.aix-mrs.iufm.fr/cotic/IMG/article_PDF/article_a87.pdf‎
http://tice.espe.univ-amu.fr/spip/Quels-sont-les-apports-et-les

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30 mai 2013

Et si on enseignait l’incertitude ...

 

- Anne CORDIER, GRHIS Rouen,  Et si on enseignait l’incertitude pour construire une culture de l’information ?
en 2 versions :
. Entretien d'Anne Cordier avec Marion Carbillet - mars 2013 : http://docsdocs.free.fr/spip.php?article500
. L'intervention au Colloque Sciences de l'information,  « Information, intelligences, incertitudes », Poitiers, juin 2012
http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/docs/00/80/30/91/PDF/CORDIER_Et_si_on_enseignait_l_incertitude.pdf

- Marion Carbillet, le blog : http://mesdocsdedoc.over-blog.com/
Etudions Google, scoop.it : http://www.scoop.it/t/etudions-google

- Frédéric Rabat, Une année avec Google, mai 2008 : http://documentation.spip.ac-rouen.fr/spip.php?article191

- « Cultures numériques, éducation aux médias et à l’information ». Les vidéos du colloque de Lyon (mai 2013) sont annoncées sur le web pour la fin du mois de juin. http://emiconf-2013.ens-lyon.fr/


Anne CORDIER, Université de Rouen :
« Si l'on veut construire une autonomie au sein des environnements informationnels complexes »,  « je crois qu'il faut faire de l'incertitude un principe d'ordonnancement des pratiques pédagogiques en information-documentation, car le doute est constructif lorsqu'il est conscientisé, et qu'il repose sur des connaissances fines ».

Selon elle, par souci de trop bien faire et de se rassurer, les documentalistes choisissent une approche dite méthodique où l'application de règles systématiques (la grammaire documentaire) laisse peu de place à l'initiative et au dialogue entre l'adulte et les élèves. Cette méthode est contre-productive : elle méconnaît les représentations des élèves, elle laisse croire que Google a réponse magique à tout, elle conforte les discours négatifs des enseignants sur ce que les élèves ne savent pas faire, font mal, ou tout simplement ne font pas.

Elle conteste la démarche médiatisée du pourrisseur du web : elle repose sur un rapport dominant-dominé. Elle peut conforter les préjugés sur le manque de fiabilité du web, mais elle ne peut pas aider à construire une maîtrise distanciée des sources d'information. Le contrat didactique doit reposer sur la confiance.

« Le numérique permet la confrontation bienveillante de deux intelligences ... Je crois qu'on peut tout à fait dire aux élèves que l'on ne maîtrise pas tout, parce que, fondamentalement, le numérique repose sur des évolutions et des logiques qui ne sont pas maîtrisables dans leur totalité… ce qui, d'ailleurs, en fait aussi le charme. Dès lors, dire aux élèves « je ne sais pas sur quoi on va aboutir, mais je suis là, pour vous accompagner, pour échanger avec vous, comprendre avec vous », cela me semble une posture positive, en alerte, et constructive pour tous. Il s'agit d'accepter l'instabilité des contextes, et de ne pas créer des situations artificielles qui simulent une stabilité, une systématicité, alors que la réalité de l'activité informationnelle est tout autre ».

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