17 mai 2011

Hongrie, politique et histoire

 

- Hongrie: 2011, Annus miserabilis de la mise en loi de l’histoire
Paul Gradvohl, U Nancy 2 - source E.A., cvuh

La situation est donc contradictoire et incertaine. Le gouvernement caresse l’opinion la plus nationaliste - qui croit qu’il y a plus de 50% de Hongrois en Transylvanie et que les Juifs mènent un complot anti-national sans doute aidés par les criminels tsiganes- et tente d’établir un ordre bétonné qui ne tolère que difficilement les opinions divergentes (loi sur les médias, procureurs soumis au ministre, Cour constitutionnelle neutralisée, etc.), mais garde en même temps des structures institutionnelles propres, en principe, à un État de droit.
Or, l’introduction progressive, en trois étapes ** , de la « politique historique » (de Viktor Orban et des nationalistes) aboutit à une impasse. 

** 1re étape: fin du contrôle civique de l’accès aux documents des services secrets
2e étape: dispersion des dossiers personnels des victimes
3e étape: suspension de l’histoire entre le 19 mars 1944 et le 23 mai 1990
http://www.regard-est.com/home/breve_contenu.php?id=1199

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Les héritiers Renault assignent l'Etat en justice : Le Monde 12/05/2011

Les héritiers de Louis Renault « ont déposé, devant le tribunal de grande instance de Paris, une assignation destinée à obtenir l'indemnisation du préjudice matériel et moral causé par la nationalisation-sanction prononcée à la Libération ».

« Ils ont longtemps pensé que la réhabilitation de leur grand-père passerait par les historiens. Aujourd'hui, ils sont convaincus que seule la justice peut forcer une porte que la mémoire collective a, selon eux, verrouillée trop tôt. A charge et à décharge ».

Les Renault attaquent l'Etat :  http://louisrenault.com/articles_2007_2011.html
Lire également, sur ce blog, les Renault et le Centre de la Mémoire d'Oradour :
http://clioweb.canalblog.com/archives/2011/03/04/20543510.html

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- Belgique 
« 
Au 333e jour de la crise politique belge, l'ensemble des partis démocratiques flamands, hormis les Verts, s'est rallié, jeudi 12 mai, à un texte déposé par l'extrême droite du Vlaams Belang prônant une amnistie pour ceux qui ont collaboré avec l'occupant nazi entre 1940 et 1945 ». 
En 1943, 2 048 collaborateurs étaient engagés dans la Légion wallonne, 2 944 dans la Légion flamande et quelque 13 800 autres Belges servaient sous les couleurs de la Wehrmacht. Après la guerre, plus de 400 000 dossiers furent ouverts pour des faits de collaboration et 57 000 menèrent à un procès. On fusilla 105 personnes en Flandre, 122 en Wallonie et 14 à Bruxelles, relèvent les historiens Fred Stevens et Axel Tixhon (La Belgique pour les nuls, éd. First, 2010).
Le Monde 14/05/2011 - source ldc -cvuh

 

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