02 février 2015

SPL : Que peut le numérique pour l'Ecole ?

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Serge Pouts-Lajus, C’est le numérique qui a un problème avec l’école, pas l’inverse, Educavox, 01.02.2015
http://www.educavox.fr/alaune/c-est-le-numerique-qui-a-un-probleme-avec-l-ecole-pas-l-inverse

Le numérique ?
« La résistance qu’il rencontre s’explique, non pas par le conservatisme d’un milieu qui refuserait tout changement, mais par une offre qui ne répond simplement pas aux besoins qui lui sont présentés ».

« Pour penser la question de la contribution du numérique à l’éducation, la question gagnerait à être posée dans le bon sens : partir de l’organisation scolaire dans sa forme actuelle, c’est-à-dire partir des établissements, écoles, collèges, lycées, et chercher à y repérer des forces internes, des besoins susceptibles d’être satisfaits par des techniques informatiques.

Dès lors, le numérique ne se présente plus comme un phénomène inéluctable auquel il faut se soumettre mais comme une possibilité de servir des aspirations qui existent au sein des établissements, indépendamment du numérique.

La question n’est plus : que devons-nous faire, que devons-nous transformer de nous-mêmes et de notre organisation, pour tirer parti du numérique ? mais : que peut le numérique pour répondre aux aspirations de notre organisation ? »


rappel : 2001
Démontrer l'efficacité pédagogique de l'ordinateur, une question impossible ?
Evaluating ICT efficiency in schools : an impossible question ?
http://clioweb.free.fr/debats/impossible.htm

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05 décembre 2012

AFHE - table ronde 2012

 

La table ronde de l'AFHE - http://clioweb.canalblog.com/tag/afhe

La table ronde est une occasion de revisiter ce que des historiens ont écrit sur la formation et sur l'écriture électronique, depuis 25 ans, du temps de l'ordi naguère au web 2.0 aujourd'hui :-)
http://clioweb.canalblog.com/tag/memoirevive

Pour les deux sujets (formation, écriture), les finalités scolaires et la technique disponible sont essentielles. Tout comme le contexte politique, social et culturel. Lorsqu'un ministre supprime l'HG en Term S et les maths en Term L, il est possible d'anticiper les conséquences pour l'histoire universitaire.


2 suggestions de lecture :

- André Gunthert : Why blog ? : http://cleo.revues.org/174
Un éloge du blog, de l'expérimentation, du droit à l'essai,
trop rare selon lui dans un univers académique vu parfois comme arrogant.
Voir aussi André Gunthert, Culture Visuelle, ou la conversation moteur de (la) recherche) :
http://culturevisuelle.org/icones/2467


- Les historiens et l’informatique. Un métier à réinventer, EFR 2011
Le travail mené par le programme franco-italien ATHIS
a débouché sur l'ouvrage dirigé par Jean-Philippe Genet et Andrea Zorzi
http://www.menestrel.fr/spip.php?rubrique619



La veille assurée pour Historiens & G a fait croiser qq enjeux et qq dérives :

- L'écart est souvent impressionnant entre les pratiques des internautes
et les discours des médias (voire de certains décideurs).
Mais les clichés ont la vie très dure
(cf les affirmations surprenantes sur la lecture supposée sérieuse (on ne saurait plus lire de roman - une stupidité répétée après Nicholas Carr et répandu dans des articles (courts) de magazine... :-) . Voir aussi les lamentations sur une prétendue disparition du texte, avec confusion fréquente entre le web et les pubs TV)


- Le numérique a pris une place décisive dans la vie intellectuelle. Il rencontre cependant des obstacles.
Il est en général conçu à partir des règles adaptées à l'imprimerie.
Une minorité de technophobes voudrait « débrancher l'école » ou  « pourrir le web ». Elle est très influente dans l'édition et les médias.


- Can History Be Open Source ?
L'écriture collective est parfois présentée comme un horizon ultime.
En 2006, Roy Rosenzweig a consacré un article très important à l'écriture de Wikipedia. Il compare cette écriture par des contributeurs multiples à la réalité universitaire : selon lui, 95 % des publications recensées par The Journal of American History n'avaient qu'un seul auteur.
Il envisageait l'écriture d'un manuel numérique d'histoire à plusieurs mains, mais il n'a pas eu le temps de mener à bien ce projet. http://clioweb.free.fr/debats/wikipedia.htm


- L'ordinateur mettait plutôt l'accent sur le calcul et le traitement des données
(avec des excès qu'il vaut mieux ne pas citer).
Il impliquait des apprentissages souvent complexes (cf en carto : http://clioweb.free.fr/carto/carto.htm
Avec le web, la communication (et le livre) ont repris le dessus,
avec l'illusion fréquente que toute formation (intellectuelle et technique) est superflue.


- La question impossible, le retour
"Grading the Digital School ?" NYT 2011. Les tenants de l'évaluation
voudraient quantifier les apports du web en classe.
En 2001, Serge Pouts-Lajus y voyait déjà "une question impossible"
http://clioweb.canalblog.com/tag/grading


- Push ou Pull ?
Les institutions apprécient Internet quand le support leur permet d'élargir leur publicité à faible coût (le push). Certaines remplaceraient volontiers tous les enseignants par un professeur unique officiant depuis le Collège de France (cf Rupert Murdoch dans Le Monde 25.05.2011)
Elles excellent dans la définition de certificats formels. Elles sont davantage réticentes quand il faut prendre en compte les demandes et les besoins des internautes (adultes ou étudiants).


- Le rapport au temps :
Le web est un excellent support d'archivage (merci Internet archive),
beaucoup plus durable que certaines structures universitaires. :-)
Mais le buzz et l'instantané entretiennent souvent une forme de table rase,
surprenante chez des historiens.


- Le web, ce sont des liens et la possibilité d'exploiter ce que d'autres internautes ont mis en ligne.
voir également « L’alchimie des multitudes »  
http://clioweb.free.fr/debats/alchimie.htm


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30 octobre 2011

A SV school that doesn't compute

 

waldorf2

source : Jim Wilson / The New York Times


Grading the digital school.
Début septembre, dans le New York Times, Matt Richtel a enquêté sur les enjeux de l'école numérique, à partir de Kyrene, un district de l'Arizona.
 

Par la suite, deux autres articles ont été publiés.
- Inflating the Software Report Card (Trip Gabriel et Matt Richtel - The NYT - 08/10/2011).
A classroom software boom but mixed results despite the marketing hype
Un premier épingle les excès des vendeurs de logiciels éducatifs.
 

- Old school in Silicon Valley
A Silicon Valley School That Doesn’t Compute
Un autre vante la réussite des écoles Steiner-Waldorf
des écoles où la technologie est disponible mais n'est pas mise au centre de la pédagogie, des écoles fréquentées par les enfants des chercheurs de la Silicon Valley 23/10/2011
http://en.wikipedia.org/wiki/Waldorf_education



Education et technologies : Y croire ou ne pas y croire ?
Les 2 articles ont été traduits par Hubert Guillaud (Internetactu)

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25 septembre 2011

Fonctionnaires, taisez-vous !

 

- Fonctionnaires, taisez-vous !
Quelle place pour la liberté d’expression ? quelle étendue au droit de réserve ?
CANAL+ Lundi 26, 22 35 (source Télérama)

Bastien Cazals, Vincent Desportes, Jean-Hugues Matelly.
Trois exemples récents de sanction avec pour prétexte le devoir de réserve, une notion juridiquement floue, absente de la loi et seulement fixée par la jurisprudence. Le prix de la désobéisssance est souvent lourd, face à un pouvoir qui semble supporter de moins en moins la critique publique.

« A l'étranger, les fonctionnaires ne sont pas soumis à une telle pression. En Belgique, aux Pays-Bas et dans les pays scandinaves, les militaires peuvent manifester ou faire grève. Aux Etats-Unis, la justice protège les fonctionnaires qui brisent la loi du silence pour servir l'intérêt public ».
Mais Bradley Manning est toujours en prison, et encourt une peine de 52 ans.

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- Parents-profs : la crise !
Soirée Arte, mardi 27 septembre, 20h40.

Avec 2 documentaires :
Isabelle Cottenceau C'est mon élève, c'est mon enfant , 2011, 50 min.
Géraldine Schwarz et Jana Buchholz, Jamais sans les parents (l'école Rütli, située dans Neukölln, un quartier populaire de Berlin. 2011, 26 min.
[ A replacer peut-être dans le contexte social lié à la mise en compétition des salariés et à la déconstruction et la découpe des services publics ].

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A lire également dans Le Monde :

- Fukushima : risque d'une nouvelle explosion d'hydrogène dans le réacteur I - Le Monde Planète 24/09/2011

- La Maison de l'histoire de France patine. JF Hébert et JP Rioux ont présenté l'état du projet le 23 septembre, dans une préfiguration qui a absorbé 7 M d'euros sur un budget prévisionnel de 80 M d'euros. L'essentiel est encore attendu, du contenu aux locaux à transformer. Le Monde culture 25/09/2011
 
-  Dans la salle de classe du futur, les résultats ne progressent pas.
La question impossible, le retour.
Le Monde Technologies cite Internetactu qui a traduit un article du New York Times à propos d'un district de l'Arizona.

et un rappel :
Facebook, le réseau qu'on aime détester - Le Monde 24/09/2011
http://www.lemonde.fr/m/article/2011/09/23/facebook



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21 septembre 2011

Grading the Digital School

 

Grading the Digital School : Technology in Schools Faces Questions on Value
Matt Richtel, New York Times - September 4, 2011
http://www.nytimes.com/2011/09/04/technology/technology-in-schools-faces-questions-on-value.html
cité par Pierre Mounier - http://twitter.com/#!/piotrr70
http://www.nytimes.com/pages/education/


Un article récent du New York Times permet de revisiter
ce que Serge Pouts-Lajus a qualifié naguère de « question impossible » :
comment prouver l’intérêt pédagogique des usages de l’ordinateur en classe ?

http://clioweb.free.fr/peda/impossible-spl.htm


En 2005, dans le district de Kyrene (Arizona) les autorités ont convaincu les électeurs de soutenir un plan ambitieux d’équipement des écoles : « classrooms are decked out with laptops, big interactive screens and software that drills students on every basic subject ». Le plan septennal n’est pas encore achevé, mais les responsables ont décidé d’anticiper et de consulter à nouveau les habitants sur l’opportunité de poursuivre cet effort.

Matt Richtel a mené une enquête approfondie et interrogé de nombreux acteurs. Il mentionne des exemples d’applications en classe : écriture d’un blog accompagnant l’étude d’une pièce de Shakespeare, analyse des 14 points de Wilson, leçon sur la Guerre de Sécession, et pour les plus jeunes pratique du calcul mental ou de la lecture sur TNI. L’article s’intéresse à l’évaluation des usages, au choc des argumentaires, à la communication mise en oeuvre.

Pour tenter de mesurer les acquis des élèves, une approche simpliste consiste à faire appel aux tests standardisés. Or à Kyrene, les résultats récents sont médiocres : « since 2005, scores in reading and math have stagnated in Kyrene, even as statewide scores have risen ».
Les tenants du numérique les relativisent : dans ce district, les résultats aux tests étaient déjà élevés en 2005. Ils préfèrent questionner l’opportunité et la nature des tests : « l’obsession évaluative » est un aspect de la gestion néo-libérale de l’école ; les critères retenus portent sur l’école du siècle dernier, ils ignorent les compétences nouvelles : « We cannot keep educating kids for the efficiencies of 1914 (when the multiple choice test was invented) » écrit Cathy Davidson (Duke University) sur son blog.
Une étude menée dans l’état du Maine suggère que des progrès en écriture et en maths ont suivi un effort d’équipement ; mails elle ne permet pas de distinguer ce qui tient aux machines de ce qui revient aux professeurs et à la pédagogie. D’autres études menées sur des territoires plus restreints existent mais elles peuvent alimenter des lectures opposées, et les conclusions ne sont pas généralisables.

Faute d’étude sérieuse permettant de trancher avec certitude, le débat se résume souvent au choc des opinions chez les différents acteurs, avec deux positions antagonistes : certains exaltent la coopération, d’autres font de la compétition (« la concurrence ») le dogme unique.

Pour les technophiles, le choix de la modernité est essentiel : il est impensable de former les élèves d’aujourd’hui avec les méthodes d’hier, mais il faut tenter d’anticiper les évolutions prévisibles.
Selon eux, le recours aux technologies éducatives peut aider à développer la curiosité, le goût du travail en équipe, le sens de l’autonomie, le regard critique sur les médias. Pour les plus engagés, le numérique peut changer radicalement le rôle de l’enseignant : « teachers should go from being “a sage on the stage to a guide on the side ».
Pour une génération née au milieu des écrans, de la TV ou des jeux vidéo, une enseignante estime que « computers play an important role in helping students get their ideas down more easily, edit their work so they can see instant improvement, and share it with the class ».
« We are not responsible as educators unless we are teaching not just with technology but through it, about it, because of it. We need to make kids understand its power, its potential, its dangers, its use. That isn't just an investment worth making but one that it would be irresponsible to avoid » poursuit Cathy Davidson.

« Do we need technology to learn ? » A l’opposé, les réfractaires estiment que « the push for technology is to the benefit of one group : technology companies ». Ils craignent que la course permanente à la nouveauté ne soit épuisante et coûteuse à l’excès. Ils estiment que les machines perturbent l’attention, qu’elles sont davantage source de distraction que d’instruction. Selon eux, les technologies absorbent une énergie qui serait mieux appliquée à l’apprentissage des « fondamentaux ».
Les conséquences de la crise économique et la politique de la chasse aux impôts renforcent leur analyse. Dans plusieurs états, dont le Texas, le financement de l’éducation est mis en cause : les effectifs des classes gonflent, des enseignants sont licenciés et le salaire des autres est gelé. « We have Smart Boards in every classroom but not enough money to buy copy paper, pencils and hand sanitizer » constate une mère de famille.


La technologie sert la communication de deux groupes : les industriels et les politiques.
Les premiers sont attirés par un marché très lucratif : « I joke I should have an office here, I’m here so often » dit un vendeur de vidéoprojecteurs. Les industriels suscitent des effets de mode et exploitent l’obsolescence du matériel : ordinateur portable à un euro par jour, netbooks, tablettes numériques. Mais pour eux comme pour certains médias, la pédagogie se résume souvent à la seule dimension ludique (cf l’edutainment, le croisement de l’éducation et de l’industrie du divertissement).

Pour certains politiques, la technologie devrait servir à imposer « une transformation révolutionnaire de l’école ». Aux Etats-Unis, en 1997 un comité mis en place par Bill Clinton a incité les écoles à s’équiper d’urgence, sans attendre les résultats des premières expérimentations. En 2010, le National Education Technology Plan vante le numérique qui peut « enable, motivate and inspire all students ».
La technologie sert également de vitrine. C’était une des dimensions de l’opération « Un collégien, un ordinateur portable » dans les Landes. Ou de la promotion du Tout Numérique dans les Yvelines : une plaquette de mai 2008 vante l’exemple d’Elancourt (78), une commune dont le député-maire a, par la suite, été chargé d’une mission sur la modernisation de l’école par la technologie.
A Kyrene, dans un contexte démographique défavorable, l’équipement a permis d’attirer de nouveaux élèves et d’obtenir une dotation plus importante. L’expérience a attiré l’attention : en 2008, une centaine d’éducateurs venant de 17 états sont venus observer sur place les mutations opérées.
Quel choix feront les électeurs et contribuables du district de Kyrene ? Une société sans numérique et sans impôts ou un futur technologique maîtrisé dès l'Ecole ?

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- Stagnant Future, Stagnant Tests: Pointed Response to NY Times "Grading the Digital School"

Dans la version en français pour InternetActu le21/09/2011 Hubert Guillaud cite Cathy Davidson pour sa critique d'une école qui se mettrait à la remorque des tests standardisés et des QCM, comme au temps de la Ford T : « We cannot keep educating kids for the efficiencies of 1914 (when the multiple choice test was invented) ».
« We are not responsible as educators unless we are teaching not just with technology but through it, about it, because of it.   We need to make kids understand its power, its potential, its dangers, its use.  That isn't just an investment worth making but one that It would be irresponsible to avoid » répond Cathy Davidson (Duke U, Caroline du N)

La fondatrice de Hastag a publié :
The Future of Thinking:  Learning Institutions for a Digital Age
Now You See It:  How the Brain Science of Attention Will Transform the Way We Live, Work, and Learn


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A lire également sur le New York Times - Education ou Technology 

What Will School Look Like in 10 Years? 
5 points de vue :
Karen Cator, director of educational technology, United States Department of Education
Tom Vander Ark, managing partner, Learn Capital
Larry Cuban, emeritus professor, Stanford University School of Education
Eileen Lento, education strategist, Intel
David Silvernail, director, Center for Education Policy, Applied Research and Education
http://bits.blogs.nytimes.com/2011/09/03/what-will-school-look-like-in-10-years/

Teaching as a Second, or Even Third, Career
http://www.nytimes.com/pages/education/

Digg Introduces Genre-Specific Newsrooms


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