14 juillet 2011

L'inquiétante Maison ...

L'inquiétante Maison de l'histoire de France.
sous ce titre, Libération publie une tribune de Vincent Duclert et Isabelle Backouche (12/07/2011). source : ldc
http://www.liberation.fr/culture/01012348459-l-inquietante-maison-de-l-histoire-de-france

« La question qui se pose est celle d’un marché de dupes entre les professionnels réunis dans le comité (présidé par Jean-Pierre Rioux) et les responsables qui, au ministère, à l’Elysée et dans l’association de préfiguration, mènent une politique du fait accompli et du passage en force… les experts sont démunis devant les instrumentalisations de la belle idée d’un musée d’histoire de France, à commencer par la soumission aux calendriers électoraux

Rapporté à ces contextes, l’avant-projet scientifique confirme les inquiétudes initiales sur les risques d’opération politicienne, de brutalité administrative et d’indifférence à la complexité » de l'histoire scientifique .

La tribune mentionne un avant-projet rendu le 16 juin.
Celui-ci peut être téléchargé et commenté (75 pages) :
http://www.maison-histoire.fr/avant-projet_MHF_francais.pdf

Faire parvenir votre contribution par voie électronique, à l’adresse concertation@maison-histoire.fr

«  Le site Internet de préfiguration de la MHF sera mis en ligne en septembre 2011 ».
http://www.maison-histoire.fr/
http://www.culture.gouv.fr/mcc/Actualites/Dossiers/La-Maison-de-l-histoire-de-France


Sommaire de l'avant-projet :

I. UNE MAISON COMMUNE

II. DES APPROCHES DU PASSÉ RENOUVELÉES
Durées et filiations
Homme et nature
Faits religieux, politiques symboliques
Entreprises, guerres, colonies
L’histoire des arts, des oeuvres et des créations
Images et sons

III. ACCUEILLIR TOUS LES PUBLICS

De « musée » à « maison »
Des conditions de l’accueil
Quatre publics à fidéliser

IV. UNE OFFRE NUMÉRIQUE AMBITIEUSE

Un site de préfiguration en septembre 2011
Un portail dans le courant de 2012

V. UNE GALERIE DES TEMPS

Pourquoi une galerie des temps ?
La dorsale des temps et des espaces
Les moments : des « arrêts sur histoire »
Documents, objets etc. : que verra-t-on dans la galerie ?

VI. DES EXPOSITIONS ET AUTRES RENCONTRES

L’exposition temporaire de questions d’histoire
Des rencontres multiformes

VII. UNE OUVERTURE A L’EUROPE ET AU MONDE

Nécessairement européenne
Dans l’action culturelle extérieure
La mise en synergie

VIII. UNE VALORISATION DE LA RECHERCHE

IX. UN RÉSEAU DE PARTENAIRES

Les « partenaires premiers »
Les grandes institutions de référence
Les « mille lieux d’histoire et de mémoire »
Les liens européens et internationaux

X. UNE EXPOSITION DE PRÉFIGURATION

XI. DES AVANCÉES NÉCESSAIRES

mhf-avt-propos

source : 
http://www.maison-histoire.fr/


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15 mai 2011

Pierre Nora, Homo historicus


François Dosse était l'invité d'E Laurentin dans La Fabrique 13/05/2011
pour l'ouvrage Pierre Nora, Homo historicus (éd. Perrin)

l'émission au format mp3 :
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10076-13.05.2011-ITEMA_20285195-0.mp3
 

4e de couverture :
De l'enfant juif traqué par la Gestapo jusqu'à l'académicien français, Pierre Nora a connu une extraordinaire trajectoire qui l'a propulsé sur le devant de la scène française et internationale. Universitaire, éditeur, écrivain, il a profondément marqué le paysage intellectuel, et même moral, des dernières décennies. Pilier de la maison Gallimard, il a inventé, avec des collections comme Archives, Témoins, la Bibliothèque des sciences humaines et la Bibliothèque des histoires, une autre façon de concevoir et d'écrire l'histoire, l'anthropologie, la sociologie.

« Les Lieux de mémoire », gigantesque chantier de sept volumes, sont passés dans le langage courant, et la revue Le Débat, qu'il a fondée et continue d'animer, est le creuset des idées nouvelles. On voit dans ce livre passer tous les personnages qui ont compté dans l'intelligentsia, mais on découvre aussi l'homme, son exceptionnelle famille, les drames de sa jeunesse, ses amitiés fortes et diverses, ses engagements courageux sous une apparence parfois mondaine, et cette figure de l'intellectuel passionnément attaché à la France et à la République. Pierre Nora est aujourd'hui une personnalité centrale du monde des idées.

Présentation de l'ouvrage, et accès l'avant-propos et aux pages 15 à 30 en bonnes feuilles à l'écran (cliquer sur la couverture) ; la version pdf est plus courte (5 pages ?) : 
http://www.editions-perrin.fr/fiche.php?F_ean13=9782262033798

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11 mars 2011

L'historien et le numérique


SHMC. Le métier d'historien à l'ère numérique
Table ronde de la Société d'Histoire Moderne & Contemporaine
Samedi 12 mars 2011, 9h-13h30 - ENS, salle Dussane, 45 rue d'Ulm, 75005 Paris


Le métier d'historien à l'ère numérique : nouvelles pratiques, nouvelle épistémologie ?



En quoi les outils numériques changent-ils notre manière de travailler ? Il ne s'agit pas ici de revenir sur les rapports entre informatique et histoire, mais bien plutôt de s'interroger sur la manière dont cet outil nouveau qu'est l'ordinateur-portable-relié-à-internet a révolutionné le métier d'historien, depuis moins de vingt ans. Bien souvent, le discours épistémologique sur l'histoire travaille à partir des notions d'objectivité et de critique historique, et s'interroge sur les rapports entre l'histoire et les autres sciences sociales ou humaines, les temporalités de l'histoire, ses acteurs, etc.

Or ce discours ne dit rien d'une vaste palette de pratiques qui se sont immiscées dans le quotidien de la recherche en histoire comme dans les autres sciences humaines et sociales. Alors même que les équipements informatiques, les programmes publics ou privés de numérisation, ou l'utilisation des moteurs de recherche internet dans les salles de cours, s'imposent comme les grands enjeux de la réflexion publique sur l'enseignement et le recherche de demain, l'épistémologie historique discute fort peu de ce que des technologies informatiques, aussi universellement répandues qu'inégalement riches et performantes, ont fait aux manières les plus concrètes de travailler, de collecter l'information, de se l'approprier, de la communiquer ou la transmettre, mais aussi de construire et de représenter les résultats de la recherche. Elles ont aussi redéfini les catégories mêmes et les lieux qui structuraient le travail de l'historien(ne), tels que l'archive, la salle de cours, la revue, ou la bibliothèque.

Ces nouvelles pratiques nécessitent-elles de repenser les fondements épistémologiques la discipline historique? En quoi ces nouveaux instruments modifient-ils les formes de l'écriture de l'histoire et les conditions de production de la vérité scientifique?


* Jean-Luc Pinol (ENS Lyon) : Construire une infrastructure des services numériques pour les SHS

* Emilien Ruiz (EHESS) : Les transformations du métier d’historien à l’ère du numérique : retour d’expériences

* Pierre Mounier (CLEO/Revues.org) : Les carnets de recherche en ligne, espace d'une conversation scientifique décentrée

* Yann Potin (Archives nationales) : Institutions et pratiques d'archives face à l'ère de la numérisation : expériences et malentendus

* Bruno Latour (Sciences Po) : Comment le numérique repose quelques questions classiques de l'historiographie

* Eric Brian (EHESS) : Incidences du numérique sur la division du travail historique

source : http://calenda.revues.org/nouvelle19032.html

 

 

 

 

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09 mars 2011

1881 - Un historien privilégié

 

Ernest Lavisse envisage la formation de l'historien, entre ce qui lui paraît l'idéal et ce que la réalité sociale lui impose. 

« L’éducation la plus parfaite serait celle qui formerait un historien sans programme ni souci des futures exigences d’un métier. Un jeune homme arrive à la Faculté son goût et le libre choix de sa volonté le prédisposent aux études historiques. Aucune contrainte ne lui est imposée. Il demande à l’enseignement des lettres et des sciences d’achever la culture de son esprit, et en même temps il apprend à connaître l’immensité du domaine historique. 

Les professeurs et les livres lui donnent les notions actuellement acquises sur les périodes principales de l’histoire. Son intelligence déjà sérieuse et réfléchie se pénètre d’idées générales dont il vérifiera lui-même un jour la valeur, mais qui seront ses guides provisoires. Cette partie de son éducation terminée, l’étudiant apprend ce qu’il faut savoir pour arriver par soi-même à la connaissance de la vérité. Il manie le microscope, mais sans courir le danger de perdre son temps a considérer des objets inutiles, car il sait la valeur et la proportion des choses. Supposez maintenant que cet étudiant devenu un homme soit libre encore dans la vie sa curiosité se porte sur les points discernés et choisis par lui: il apprend ce qu’il veut savoir, et il n’est jamais tenu à dire que ce qu’i! sait. Voilà un historien privilégié.


Il viendra un jour à la Faculté des étudiants de cette sorte ; il en vient même déjà: mais le groupe principal de nos élèves se composera toujours de candidats aux grades et aux fonctions universitaires. Or les professeurs de la Sorbonne, à qui l’État donne des boursiers de licence et d’agrégation, ont le devoir de former de bons maîtres pour les lycées et les collèges, et. dans ces maîtres, ils veulent en même temps préparer l’historien


L’éducation professionnelle ne nuira-t-elle pas à l’instruction scientifique, ou l’instruction scientifique à l’éducation professionnelle? Peut-on préparer à la fois à l’enseignement qui est une affirmation, et à la pratique de la méthode historique, qui est une recherche? Ne court-on pas le risque que ces étudiants deviennent des savants incompréhensibles pour leurs élèves ou bien des professeurs qui, accoutumés à jurer in verba magistri n’auront point l’activité des intelligences affranchies par l’usage personnel de la liberté ? Oui, sans doute, et pour éviter l’un et l’autre termes de l’alternative, pour concilier les deux propositions de l’antinomie, il faut prendre ses précautions. On les prendra. Il suffit de préparer les futurs professeurs à la licence et à l’agrégation, en ayant toujours devant les yeux l’étudiant idéal dont je parlais tout à l’heure.


Nos étudiants ne se présenteront à l’examen de licence qu’après deux années d’études faites à la Faculté.  Les professeurs d’histoire se garderont de les accaparer pendant ce biennium. Ces jeunes gens poursuivront leur éducation littéraire: ils s’exerceront dans l’art de composer et d’écrire, à cet âge où le style se fait avec la personne; ils apprendront par l’étude des grandes littératures quel secours l’histoire de la vie intellectuelle d’un peuple apporte à qui en veut connaître l’histoire politique et sociale: ils comprendront, en suivant la conférence de philologie et d’histoire grecques, que la philologie est l’indispensable science auxiliaire de l’histoire ancienne, puisque cette. histoire nous est révélée par des textes dont la critique et l’interprétation réclament un philologue. Nous nous contenterons de traiter avec eux les principales questions de l’histoire générale; mais déjà nous les munirons de connaissances bibliographiques, de notions sommaires, mais précises de paléographie, de diplomatique et de chronologie. Ce sont encore là des sciences auxiliaires ; mais la modestie de l’épithète ne doit pas tromper sur l’importance de la chose : ces sciences ne sont pas l’histoire, pas plus que l’outil n’est l’oeuvre; mais elles sont nécessaires à l’historien comme à l’ouvrier l’outil. Ainsi, pendant ces deux premières années, un commencement d’instruction pratique viendra s’ajouter à renseignement général.


Quand les étudiants seront licenciés, ils se prépareront pendant deux années au concours d’agrégation. En étudiant les auteurs dont on leur demandera, au concours, l’explication et le commentaire, ils s’exerceront a lire un écrivain ou un document, à définir les termes historiques, lesquels, désignant les institutions et les usages, ont une histoire, et, si je puis dire, une géographie : car ils ne signifient pas la même chose à des moments et dans des lieux différents ; et l’on commet de graves erreurs pour ne pas les traiter comme des personnes, qu’il faut placer dans le milieu historique et géographique où elles ont vécu. Enfin, la préparation des questions historiques indiquées au programme sous le nom de thèses obligera l’étudiant à écrire sous l’œil du maître quelques chapitres d’histoire. II n’y a pas de doute que ces jeunes gens seront mieux préparés que leurs devanciers au travail historique. Pour se former au professorat, ils auront, pendant toute la  durée de leurs études, des exercices hebdomadaires où ils apprendront comment il faut enseigner, avec quelle simplicité, avec quelle clarté, avec quelle méthode, en laissant de côté l’appareil des recherches et de l’érudition ».


Ernest Lavisse,
 L’enseignement historique en Sorbonne et l’éducation nationale, Leçon d’ouverture au cours d’histoire du moyen âge, à la Faculté des Lettres de Paris en décembre 1881 - Extrait de la Revue des Deux Mondes livraison du 15 février 1882 (extrait pages 20-22)

Version texte (à corriger) au format word : http://clioweb.free.fr/textes/gallica/lavisse-1881.doc

lavisse

Ernest Lavisse , source Académie française

 

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27 février 2011

Blogs d'universitaires historiens



- Les blogs et sites indépendants d'universitaires sociologues sont très nombreux.

2 exemples :
Frédéric Lordon, La pompe à phynance :
http://blog.mondediplo.net/-La-pompe-a-phynance-
http://clioweb.free.fr/debats/lordon.htm

Laurent Muchielli, Délinquance, justice et autres questions de société :
http://www.laurent-mucchielli.org/

à compléter avec la sélection de Marjorie Galy :
http://www.toileses.org/liens/blogosphere.htm


-
Parmi les géographes et cartographes actifs sur le web :

Thierry Joliveau :
http://mondegeonumerique.wordpress.com/

Cartographes, Le Monde diplomatique :
http://blog.mondediplo.net/-Visions-cartographiques

Sylvain Kahn :
http://www.franceculture.com/blog-globe.html


- Plusieurs historiens
engagés ont ouvert, plus ou moins récemment, des blogs pour éclairer l’actualité à partir de leur domaine de recherche :

Vincent Duclert, Entre Histoire et Politique
( Archives nationales: la réponse par la «Maison de l’histoire de France» ? )
http://blogs.mediapart.fr/blog/Vincent_Duclert

Guillaume Mazeau, Lumières du Siècle
( Combien ça coûte, une Révolution ? )
http://lumieresdusiecle.blogs.nouvelobs.com/

Gérard Noiriel : Performances
( Quelle liberté pour la science ? )
http://noiriel.over-blog.com/

Les derniers sujets traités sur ces trois blogs sont disponibles dans cette page Netvibes
http://www.netvibes.com/clioweb#Blogs_gx


Quels blogs et sites indépendants réalisés par des historiens universitaires serait-il possible d’ajouter à cette liste ?

Premières réponses reçues :

- Benjamin Stora : http://blogs.mediapart.fr/blog/benjamin-stora

- Esther Benbassa : http://www.rue89.com/passage-benbassa

- Paul Dietschy : http://blogs.lexpress.fr/histoire-de-sport/

- Mathieu Bouchard : http://mathieubouchard.blog.lemonde.fr

.

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29 novembre 2010

MHF : L'histoire EN France

Pour un musée de l'histoire en France - point de vue de Vincent Duclert, Le Monde 25/11/2010

extraits :
« Rarement projet aura été aussi mal préparé par l'acteur étatique… Un premier rapport, d'avril 2008, rédigé par un conservateur spécialiste du patrimoine audiovisuel mais peu historien….Un second rapport (JP Rioux), de mai 2009, se limite à l'examen des différents "sites susceptibles d'accueillir un musée de l'histoire de France"… Enfin, un troisième rapport, d'avril 2010, émanant de Jean-François Hébert (Fontainebleau)…est une rapide synthèse des deux premiers.
Dernier acte, provisoire, le ministre : « En refusant de répondre sur le fond, en usant des motifs rhétoriques des "élites" contre "le peuple" et de l'intérêt supérieur, Frédéric Mitterrand (Le Monde 3/11/2010) prouve que tous les arguments sont bons pour étouffer la contestation plutôt que de l'entendre ».

« Ce n'est pas d'une "Maison de l'Histoire de France" dont ce pays a besoin, mais d'un "musée de l'histoire en France". La nuance peut sembler subtile. Elle est en réalité capitale. Tout dépend alors de la capacité du travail scientifique à assumer cette écriture publique de l'histoire ».

« L'objet même envisagé pour cette histoire exposée constitue un des enjeux.
Qu'est-ce que la France ?
Une entité pré-existante à la société, à l'Etat, à la politique,
ou bien une construction produite par des acteurs collectifs et individuels, français ou étrangers, au sein d'événements souvent conflictuels, ou encore une adhésion librement consentie à une certaine idée de la dignité politique, de la justice sociale, de la démocratie républicaine, de la morale laïque, de la solidarité pour les exclus ? La réponse est dans la question, et celle-ci doit être posée dans un musée comme dans les travaux qui le préfigurent » ».

.
- Maison de l'Histoire de France
Daniel Roche face à JP Rioux et à Finkielkraut
Répliques du 27/11/2010, au format mp3
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13397-27.11.2010-ITEMA_20255059-0.mp3

.
- Débat sur la polémique autour de la Maison de l'histoire de France - La Fabrique, mercredi 01/12/2010
Avec Frédéric Mitterrand et  Patrick Boucheron.
http://www.franceculture.com/emission-la-fabrique-de-l-039-histoire.html-0
( noter l'adresse originale en html-0 )

émissions précédentes :
. Pétain et le statut des Juifs - La Fabrique lundi 29/11/2010
avec Serge Klarsfeld et Tal Bruttmann
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10076-29.11.2010-ITEMA_20255250-0.mp3

. Historiographies, mardi 30/11/2010
avec Claire Lemercier (cnrs), François Dosse (Paris XII), Christian Delacroix (Paris EMV)
(cf l'ouvrage Historiographies, concepts et débats que Gallimard vient de publier)

.
- Maison de l'Histoire de France, pas aux Archives
http://tinyurl.com/MHF-pasaux-archives

 

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26 octobre 2010

Blois 2010 : Robert Badinter

Lors de la conférence de clôture, à voir et à écouter en différé, Robert Badinter a insisté sur les bonnes relations entre les magistrats et les historiens.

Il a réaffirmé la liberté de l'historien, le respect de sa liberté de recherche. Il n'appartient pas au magistrat de se substituer à l'historien, ni de trancher un différend entre historiens (motifs changé par une cour d’appel à propos d’un procès touchant au négationnisme). En général, en cas de poursuite, la bonne foi de l'historien est volontiers reconnue. Avec une exception : Zeev Sternhell n'a pas eu ce bonheur face à un académicien (Jouvenel) en 1984.

Plusieurs facteurs ont modifié les rapports entre magistrats et historiens en France depuis 1945.
- l'introduction de la catégorie du crime contre l'humanité
- le vote de l'imprescriptibilité en 1964
- le passage du culte des héros à l’accent mis sur le sort des victimes.
- Dans les années 1980, les avocats des victimes ont pu engager des procédures sur des faits qui n'avaient pas été jugés et se constituer en partie civile. Dans ces procès, la justice avait à juger des faits anciens ; elle a fait appel au concours des historiens. Leur faire prêter, à l’audience, le serment du témoin (dire la vérité, toute la vérité) est une absurdité. Le doute scientifique est un élément central du métier d’historien. On aurait dû se contenter de les faire intervenir en experts, en « amis de la cour ».
Leur présence d’historiens au procès Papon a entraîné des débats vifs entre historiens de métier.

La période de Vichy a été très riche en crimes divers ; beaucoup ont été jugés après 1945. Mais du fait de cette évolution, c'est la complicité de génocide qui l'a emporté sur tous les autres aspects, en France et plus encore à l'étranger.

Robert Badinter attribue le statut des juifs à la folie xénophobe et antisémite d'Allibert, le garde des sceaux. Il estime que tous ceux qui vivaient en France en octobre 1940 avaient bien d'autres urgences (occupation, vie quotidienne, prisonniers...). Or, ajoute RB, sans minorer l'étendue des crimes et de la complicité de Vichy, c'est en France que le plus grand nombre de juifs a été sauvé du génocide. Pas à cause de Pétain ou de Laval, mais « grâce à l'immense réseau de protection discrète et invisible qui a permis aux familles traquées d'échapper à la déportation. Je ne leur dirai jamais assez ma reconnaissance »
49e : il dit sa reconnaissance à tous ceux qui lui ont permis de survivre à Cognin, un village de Savoie.
http://www.la-vie-nouvelle.fr/actualite/Le-message-d-avenir-de-Robert-Badinter-2024.html

A mesure que se révélait l'horreur du génocide, on assiste au passage du révisionnisme au négationnisme. La négation du génocide devient insupportable à tous ceux dont les familles ont été victimes de l'entreprise hitlérienne de destruction. D'où le vote de la loi Gayssot. Dans cette loi, la poursuite ne porte pas sur la négation du génocide, mais sur le rejet du jugement de Nuremberg, le rejet de l'autorité de la chose jugée.

La loi de 2005 a soulevé de très vives protestations.
Ce n'est pas au législateur de dire et d'écrire l'histoire.
La dernière mission parlementaire a fortement déconseillé le recours à de nouvelles lois mémorielles ou compassionnelles.

Lire également le dossier RVH dans la Nouvelle République , même si la promotion du journal et la politique politicienne occupent parfois plus de place que l'histoire.

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25 septembre 2010

Les historiens et la Nation

AT_Faire

- Anne-Marie Thiesse était l'invitée de Sylvain Bourmeau, pour l'ouvrage Faire des Français : quelle identité nationale ? à paraître le 6 octobre (Stock) - à noter que la couverture titre « Faire LES Français ».
Une émission à enregistrer en mp3 et à écouter en différé
http://www.editions-stock.fr/

Vers la 12e mn, on parle de la généalogie de l'identité nationale, de la bascule du terme qui vient de la lutte des minorités aux USA, avant d'être appliqué à l'ensemble d'une nation présentée comme en danger ; le Club de l'Horloge obsédé par son combat idéologique contre la gauche identifiée au seul marxisme a devancé Braudel sur ce terrain. Dans une histoire globale, les historiens ont des choses à dire sur une forme politique qui a marqué et qui marque encore nos sociétés. A condition de ne pas s'enfermer dans leur propre roman national.

Le kilt écossais, un vêtement porteur de sens, extrait de l''ouvrage La création des identités nationales - Europe XVIII-XXe  (1999).  L'ouvrage lu par Gisèle Sapiro pour Politix

at_CR_ID_NA
version poche, 2001

Anne-Marie Thiesse, La lente invention des identités nationales
http://www.monde-diplomatique.fr/1999/06/THIESSE/12102

Les histoires nationales : des constructions de la modernité - 03/2008
extraits d’un article de la revue Actes de savoir - blog L'Europe en débat

- "Nations, peuples et États", François Bedarida et Nicolas Rousselier
dans C. Morin (dir.), 18e Congrès international des sciences historiques. Actes (Montréal, 1995), p. 3-26.
http://www.fas.umontreal.ca/HST/hst7000/TM195Bed-Rou.htm (merci H-Français et Web Archive)

- La semaine passée, dans (Concordances des temps, 18/09/2010) Henriette Asséo parlait des Tsiganes et bohémiens : le regard du XIXe siècle.

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20 septembre 2009

La Géo scolaire, un Fardeau

Entendu dans La suite dans les idées, samedi midi, vers la 24e mn :

"La géographie française porte un fardeau, le Fardeau Scolaire.
Chacun sortant du collège ou du lycée, a été, sauf des malades dans mon genre,
écoeuré pour la fin de ses jours de la géographie".

"Le jour où la géo arrivera à se soustraire de ce fardeau scolaire,
on la prendra un peu plus au sérieux".

NO Comment.

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