09 décembre 2012

Le Japon et le déni de l'histoire

 

Le Japon et son histoire - Stupeur et reniements - Libération Le Mag - 07.12.2012
http://www.liberation.fr/monde/2012/12/07/le-japon-et-son-histoire-stupeur-et-reniements_865985

Du massacre de Nankin à la Seconde Guerre mondiale, l’archipel nippon entretient avec son passé une relation complexe, faite de non-dits et de tabous. Perceptible jusque dans les manuels scolaires, ce malaise persistant ne devrait pas manquer de resurgir à la veille des législatives.


« Le Japon n’a pas le monopole de l’évitement et de l’euphémisme »…. « Des pans entiers de l’histoire contemporaine sont remisés, atténués, aseptisés : la période 1937-1945, avec ses quelque 3,1 millions de morts civils et militaires, ses massacres et ses viols, ses expérimentations bactériologiques sur des milliers de cobayes humains de l’unité 731, le débat sur la responsabilité de l’empereur d’alors et des dignitaires militaires dans cette colonisation semble floutée, mise entre parenthèses ».
Cette histoire ne figure au programme que pour une seule des trois années de collège. «L’enseignant doit transmettre un programme qui court des origines de l’homme dans sa caverne à 1960, et en plus sur l’ensemble du monde ! ». La 2 GM est traitée en 17 pages dans un manuel de 350.

Le manque de contextualisation, d’analyse et de débat est un produit du système : « Seule compte la mémorisation des dates et des noms, pas la réflexion. Notre système éducatif vise à enseigner l’histoire uniquement comme un moyen pour entrer à l’université. Donc les lycéens apprennent par cœur pour réussir ce concours sans jamais débattre en classe ».

Censure et autocensure. « Depuis les années 1950, la classe politique (les conservateurs du Parti libéral-démocrate (PLD)) a pris l’histoire en otage ». Ils ont mis en place un système d’homologation redoutable : près de 80 % des manuels ont été refusés (censurés). « Si ce parti revient au pouvoir, après trois années d’opposition, il entend «revitaliser l’éducation», revoir les manuels scolaires et réexaminer les relations passées du Japon avec ses voisins. Le malaise pourra continuer ».

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18 novembre 2012

Yerushalmi, l'histoire et les mémoires

 

Les lundis de l'histoire 12.11.2012 s'intéressent au rôle de l'historien Yosef Hayim Yerushalmi
http://www.franceculture.fr/emission-les-lundis-de-l-histoire

Sylvie Anne Goldberg a publié
Transmettre l'histoire juive (entretiens)
L'histoire et la mémoire de l'histoire. Hommage à Yosef Hayim Yerushalmi

L'émission évoque 4 ouvrages de Yerushalmi :
. Zakhor (Souviens-toi), Histoire juive et mémoire juive - 1984
. De la cour d'Espagne au ghetto italien. Isaac Cardoso et le marranisme au 17e siècle - 1987
. Serviteurs des rois et non serviteurs des serviteurs - 2011
(la quête de l'alliance royale, de la protection par des souverains dont l'action est idéalisée)
. Le Moïse de Freud, Judaïsme terminable et interminable - 1993
(cité par Annette Wieviorka lors de la table ronde avec Pierre Laborie)


Les juifs ont créé une religion complétement historique. Pourquoi faut-il attendre le début du XIXe pour voir apparaitre des historiens juifs écrivant une histoire généraliste et critique ? La ritualisation d'une mémoire de groupe (et la valorisation d'une tradition fondée sur la répétition) a sans doute empêché l'apparition d'une histoire critique.

Roger Chartier cite Paul Ricoeur : « Zakhor (Souviens-toi) a la vertu de donner accès à un problème universel à la faveur de l'exception que constitue la singularité de l'existence juive ».

http://en.wikipedia.org/wiki/Yosef_Hayim_Yerushalmi
http://fr.wikipedia.org/wiki/Yosef_Hayim_Yerushalmi

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23 octobre 2012

Programmes d'histoire et idéologie

 

blois-hist-ideologie

E. Laurentin, M. Lefevre, N. Offenstadt, A. Prost


Blois 2012 - Comment l'idéologie vient aux programmes d'histoire

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La table ronde en 3 fichiers de 30 minutes chacun
:

30 premières minutes : hideo1.mp3 - http://dl.free.fr/vRZ6pBUe8
30 suivantes : hideo2.mp3 - http://dl.free.fr/vAXE0DnXU
Questions dans l'assistance : hideo3.mp3 - http://dl.free.fr/vycwBXoBu


- Vers la 24e minute - Antoine Prost

1968 a politisé la réforme scolaire ; le clivage droite-gauche rend impossible toute mutation nécessaire.
Il cite aussi le programme Braudel 1959, et le double choix, idéologique et pédagogique.
L'événementiel politique (1914-1945 et non 1940-1960) a rapidement submergé la partie civilisations

« Pour qu'un programme d'histoire soit enseignable,
il faut qu'il soit aussi évaluable, donc qu'il donne lieu à des exercices
auxquels on puisse mettre des notes.
dans les programmes actuels je suis un peu inquiet,
J'attends avec curiosité les épreuves que l'on va donner au bac » (sic, c’est déjà connu pour les 1ere S).

L'extrait en audio (5 Mo) : http://hg9.free.fr/blois/prost.mp3


- Entre 27 et 33e minute - Nicolas Offenstadt 
Ne pas se tromper de débat : ce que les auteurs du Figaro Magazine veulent,
c'est imposer leur lecture nationaliste (xénophobe ?) de l'histoire.
Or l'histoire n'a pas de vocation identitaire.

Un programme, c'est un équilibre difficile entre 3 éléments
. un contenu défini positivement
. un état de la recherche et de l'historiographie
. une demande sociale et une prise en compte des débats contemporains (cf la colonisation)

L'élaboration d'un programme, c'est un travail de professionnels, d'historiens en fonction
de l'état de la recherche ; ce n'est pas la simple addition d'opinions sur la lecture du passé.


- Vers la 40e minute, Antoine Prost :
« Il faut surtout ne pas bouger les programmes tout de suite,
Il faut laisser aux routines le temps de se rôder,
elles sont faites pour être révisées par des lectures ou par la pratique (Pour la Ve République, insister plutôt sur 1958 ou sur 1962 ?)
Il faut permettre le tâtonnement qui évite que le travail ne devienne harassant ».


[La table ronde vient après la polémique lancée par le Figaro Magazine à partir des thèses de la droite extrême.
Voir aussi Le Monde des livres : La France est une invention - http://clioweb.canalblog.com/tag/certitudes

Lionel Janjeau commente l'analyse d'A. Prost
http://lioneljeanjeau.canalblog.com/archives/2012/10/22/25391909.html

De plusieurs conversations au salon du livre d'histoire, il ressort que la rupture avec les dégâts de la chatelisation pourrait aussi buter sur les manuels : le coût et les délais de fabrication inciteraient à ne pas trop bousculer les programmes chatel et à les corriger seulement à la marge ... Ceux qui ont subi la déstructuration en flux tendus risquent d'être fortement déçus.
En 2010, le programme de 2de a été élaboré en 4 semaines, les manuels rédigés en 5 ou 6 semaines. Etait-il alors si urgent de répondre à un calendrier électoraliste (mettre le bac chatel en place pour la présidentielle 2012) ?

Sur le forum Aggiornamento, Vincent Capdepuy pose une question dérangeante :
L'enseignement d'histoire-géographie pourrait-il se passer de programmes ?
https://groups.google.com/forum/?fromgroups=#!topic/aggiornamento-histgeo/N-Z2JWuQdo0

Avant de supprimer les programmes, il serait peut-être possible de les élaborer de façon plus efficace dans un relatif consensus.
L'essentiel a été dit sur les attaques répétées de la droite extrême, nostalgiques d'une histoire identitaire.
Sur le terrain, les critiques des profs ont porté sur la logique interne (faire étudier Auschwitz avant de s'intéresser à Hitler et au nazisme, s'occuper de religion et politique aux USA depuis 1890 sans se soucier des pré-requis indispensables).
Les programmes ont aussi pâti des dégâts provoqués par une chatelisation accélérée (supp de postes, de la formation initiale...) appliquée de manière zélée par une bureaucratie néo-libérale et des sous-chefs soucieux de leur carrière.

Dans La CroixUne histoire sans fin, Laurent Wirth met en avant la liberté pédagogique.
Pour l'HG en première S, les profs ont plutôt vu leurs conditions de travail se dégrader, avec un danger de déqualification et une mise en tutelle par des directives souvent contradictoires. L'inspection s'est attribuée le monopole de l'interprétation de la lettre et de l'esprit supposé du texte officiel, pourtant construit autour de choix toujours discutables.
 

Alors que faire ?
. Regarder ce qui se fait ailleurs, au Québec, en Suisse, en GB ou en Allemagne ?
(cf le plan d'études en Suisse romande pour les 15-18 ans : http://www.plandetudes.ch/web/guest/histoire
. Revenir à la situation d'avant 1980 où les programmes étaient très concis ?
(Le décodage était fait surtout par les profs et les éditeurs.
Les manuels n'étaient pas encore décortiqués par des polémistes professionnels, ligne par ligne, mot par mot, image par image ...

. Dans tous les cas, il est essentiel de prendre en compte la dimension pédagogique, et donc la culture des lycéens, pas seulement les pistes explorées par la recherche universitaire ou le lobbying de groupes politiques et/ou mémoriels. 

A suivre. ]


Ecouter l'ensemble de la table ronde (120 Mo)
http://dl.free.fr/getfile.pl?file=/NpqP4Mie

La vidéo offocielle devrait être mise en ligne rapidement sur le site
http://www.canalc2.tv/series.asp?idSerie=39
ou http://www.canalc2.tv/evenements.asp


blois-hist-ideologie2

Une partie de l'assistance dans l'amphi de la Halle aux Grains - photo DL

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15 octobre 2012

Une histoire sans fin ?

 

Enseigner l’histoire, une histoire… sans fin - La Croix 12.10.2012
Depuis des années, l’école est régulièrement accusée de dispenser un enseignement de l’histoire de mauvaise qualité. Ces débats sont, paradoxalement, le reflet de la passion des Français sur le sujet. Points de vue de Bernard Phan (APHG), Laurent Wirth (MEN), Pascale Gélébart (éditeurs).
« Les enseignants qui rédigent les manuels sont libres d’interpréter les programmes comme ils le souhaitent. Et même s’ils n’évoquent pas dans leurs ouvrages le rôle de tel ou tel personnage, leurs collègues, en classe, jouissent d’une totale liberté pédagogique ». LW
A comparer avec les témoignages sur la mise en place de la première chatel en HG
http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/France/Enseigner-l-histoire-une-histoire-sans-fin-_EG_-2012-10-12-863815

Voyage à travers le XXe siècle pour les élèves de la primaire au lycée
Les lycéens de Lisieux au travail au Mémorial de Caen
http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/France/Voyage-a-travers-le-XXe-siecle

Au Royaume-Uni, les polémiques sur l’enseignement des périodes sensibles vont aussi bon train (britishness contre histoire globale). Cependant, les professeurs s’y inquiètent surtout de la faible place attribuée à l’histoire
http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/France/Au-Royaume-Uni-un-enseignement-insuffisant

 

 

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01 septembre 2012

Un exercice critique de la raison

 

Faire le tour du monde (et de l'histoire) en un seul jour ?
L'ambition de l'expo coloniale de 1931 ne semble pas faire peur au directeur de collection chez Belin.


Les nouveaux programmes d’histoire du Lycée

Ecouter Jean Lebrun et David Colon dans La Marche de l'histoire - France inter - le 31.08.2012
http://www.franceinter.fr/emission-la-marche-de-l-histoire
ou en mp3 :
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11739-31.08.2012-ITEMA_20396018-0.mp3

Le doyen ?
" Un homme de consensus qui a eu à coeur d'auditionner le maximum de points de vue
et de tenir compte des observations qui ont été faites par les acteurs... " :-)

L'histoire au lycée :
Une culture historique,
Un exercice critique de la raison,
Une finalité civique ...
En 28 minutes, dans le dialogue entre l'animateur et l'historien,
quel intervenant montre la meilleure maîtrise de ces trois éléments ?


- Dans le 7-9 du week-end, Fabrice d'Almeida évoque la controverse de rentrée à propos d'un article de Jean Sevillia dans le Figaro Magazine.
http://www.franceinter.fr/emission-les-controverses-de-l-histoire-controverses-de-rentree
http://www.franceinter.fr/emission-le-79-du-week-end-samedi-1er-septembre-2012

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16 juillet 2012

HG : Une réforme qui ne passe pas


Une réforme qui ne passe pas
par Françoise Gour, professeure d’histoire, lycée Racine - L’Ours 416 - mars 2012
version en pdf sur le forum Aggiornamento ou sur Clioweb

Enseigner l’histoire ne procure plus autant de plaisir au professeur que je suis. Précisément, ce plaisir est terni par le sentiment de bâcler mon travail, sentiment nouveau, mêlé de colère, qui ne cesse de croître depuis que j’ai à mettre en application la dernière réforme des programmes. Cette réforme, dont peu de professeurs comprennent la nécessité, semble en fin de compte ne répondre qu’à une seule : détruire ce qui tenait encore de la transmission de l’histoire aux élèves dont ils ont la charge.

Inscrite dans le cadre plus général de la réforme des lycées, celle des programmes s’est faite dans la plus complète improvisation. On réformait le cadre, il fallait modifier les contenus. On a donc innové, dans l’urgence. L’innovation a consisté à introduire un enseignement par thèmes. En seconde, les contenus de ces thèmes ne s’éloignaient pas vraiment de ceux des années précédentes. Malgré certaines nostalgies, les enseignants s’y retrouvaient et n’ont pas forcément perçu le changement à l’oeuvre. Les consignes étaient vagues, les directives rares. L’inspection pataugeait autant que nous, pire, elle courait après la réforme, tentant au jour le jour de trouver les formes pour la mettre en pratique. Dans la précipitation, les éditeurs ont sorti des manuels que les élèves n’ont eu en mains qu’au bout d’un trimestre de cours et qui ne disaient rien des types d’épreuves auxquelles nous devions les préparer. Comment l’auraient-ils pu ? Les inspecteurs, très occupés à les imaginer, n’en savaient rien eux-mêmes. Pour ce qui concerne les programmes de 1ère dont l’élaboration a disposé de plus de temps, les professeurs de l’académie de Paris n’ont été informés de la nature des épreuves de 1erS et des attentes de l’inspection en matière d’évaluation que fin décembre dernier. C’est peu dire que cette réforme n’a pas été préparée. Ni réfléchie.

Les programmes de 2de mis en oeuvre en 2010-2011 comme ceux de 1ère en chantier cette année présentent un allègement drastique des contenus. Critique récurrente à chaque réforme. Il semble bien néanmoins que cette fois-ci, on ait atteint l’os : 10 h pour « Croissance économique, mondialisations et mutations des sociétés de 1850 à nos jours », 17 pour « la guerre au XXe siècle ». Pour que les élèves de S puissent passer une épreuve anticipée en fin de 1ère, il a fallu ramasser ce qu’on étudiait en deux ans en un seul. Les élèves doivent donc étudier une période très longue et difficile, et la seule façon, d’y parvenir est de la survoler. D’où le découpage par thèmes.

L’HISTOIRE PAR THÈME : LA SIMPLIFICATION
Qu’est-ce qu’un thème ? C’est un fourre-tout qui balaie la période. Celui sur la guerre au XXe rassemble les deux guerres mondiales, la guerre froide et les « nouvelles conflictualités », ce qui conduit à des amalgames inévitables de la part des élèves et dont l’approche est réduite à une série d’études de cas : Berlin, Cuba et guerre du Vietnam pour la Guerre froide. L’intention, me semble-t-il, est de déclencher un réflexe pavlovien chez l’élève le jour de l’examen : Guerre froide = un lieu + une crise + une guerre. Ce goût du schéma se retrouve dans les exercices de l’examen ; en géographie, ils pourront avoir à en faire un.

Pléthoriques et superficiels, schématiques et simplifiés, ces programmes ont renoncé à l’ambition de former les élèves à réfléchir. L’étude de la Première Guerre mondiale se résume à présent à l’expérience combattante, contraignant le professeur au récit convenu de l’effroi de l’assaut, de la brutalisation et de la solidarité qui, s’il suscite immanquablement l’empathie chez les élèves, ne leur apporte pas grand-chose dans la perception des enjeux de ce conflit. Les préoccupations (mais qui donc a conçu ce programme ?) sont autres : semer le graine du bon sentiment, faire psalmodier les élèves : « Comme la guerre est affreuse ! Comme il faut tout faire pour l’éviter ! » Nous pourrions leur rappeler comment, en 1914, les hommes n’ont pas su ou pas voulu l’éviter, rappeler la parole de Jaurès, par exemple, oubliée dès sa mise en terre. Mais au logos on préfère le pathos.

DES PROGRAMMES DANS L’AIR DU TEMPS
Et le ludique. Dans le programme des futures TS, il est prévu d’étudier la mondialisation au travers du football. Pourquoi pas ? Mais pourquoi pas au travers du marché de l’art ? Parce que l’argument est toujours le même, il faut partir de ce que sont censés aimer les élèves. En réalité, on les rive à leur clou. Le rôle de l’école et particulièrement du cours d’histoire est de les mener dans des chemins qu’ils n’ont pas l’habitude de fréquenter. Obligés de séduire, les programmes sont soumis à des effets de mode : nombre d’entre nous se souviennent avec agacement d’avoir eu à enseigner les « aires de civilisation » à la sauce Hungtington dans le programme de Terminale qui vit sa dernière année et se livrer à des contorsions pénibles. Aujourd’hui, la mode est au développement durable…

Last but not least, ces programmes subissent une empreinte idéologique forte. Ainsi, au fil des ans, l’expression « révolution industrielle » est devenue un gros mot que nous avons été sommés de remplacer par industrialisation car, c’est un « processus lent et cumulatif », surtout pas une révolution. En 2de, on aborde cette question par le biais ludique et attrayant de la machine à vapeur. Si on apprend ainsi comment une invention devient une innovation, passent à la trappe les concentrations de maind’oeuvre, la naissance de la classe ouvrière, de la question sociale et des doctrines socialistes. Quid du socialisme ? Il a disparu des programmes (le XIXe est le siècle sacrifié de la réforme). Il surgit, dans le cours de 1ère, au chapitre des totalitarismes, sous la forme du stalinisme version années 1930.

LES PROFESSEURS NE S’Y RETROUVENT PAS
La question des contenus est au coeur du malaise des professeurs d’histoire, éloignée cependant des nostalgies exprimées par les parents ou par une classe politique en peine de roman national. L’entrée des Annales dans les collèges et les lycées a fait un bien fou. Mais l’enseignement qui en découle n’a pas trouvé de cadre chronologique satisfaisant. D’où la difficulté pour la grande masse des élèves de se repérer dans le temps (et dans l’espace). Ce n’est pourtant pas le découpage en thèmes longitudinaux balayant le dernier siècle et demi qui aidera les élèves de 1ère à mieux s’y repérer. Au contraire, les ravages en sont visibles au quotidien. Mettre ces programmes en application est d’une difficulté folle : transmettre un contenu de plus en plus léger requiert en amont une préparation de plus en plus lourde. Il faut établir des passerelles entre le cours et les études de cas en évitant les redites, multiplier les activités tout en veillant à ce que nos élèves prompts à « zapper » ne perdent pas le fil et boucler un programme trop lourd. Les professeurs de 1ère S s’arrachent les cheveux pour y arriver, les mêmes qui n’ont pas de difficulté particulière à enseigner la totalité de celui de terminale.

Ces programmes, tels qu’ils sont conçus, privent l’enseignant de liberté, son temps est compté, minuté. Empêché de « dériver », il n’a plus le droit au récit qui, lorsqu’on n’en abuse pas, porte les élèves, leur donne à comprendre, parce qu’a priori un professeur sait ce qu’il dit et comment le dire, toute chose qu’avec la meilleure volonté, les élèves ne parviennent ni à formuler, ni à percevoir au travers de l’étude, forcément rapide, de documents. Au tabou du cours magistral répond en miroir le culte du document. Le document est la panacée. Les classes butinent de texte en graphique, de carte en photo, sans oublier les immenses perspectives de l’ENT (environnement numérique de travail). Lentement, pesamment, sans que pour autant les élèves se métamorphosent en historiens. La dernière réforme ne crée pas un « certain émoi ». Les professeurs ne s’en remettent tout simplement pas.


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13 juillet 2012

Term 2013 - HG Paris


à partir des flux rss gérés par Netvibes, 
http://www.netvibes.com/clioweb#Academies


- Un ensemble de séquences proposées sur le site de l'académie de Paris, fin juin 2012
http://www.ac-paris.fr/portail/jcms/sites_10536/accueil

Term S option 2013
http://www.ac-paris.fr/portail/jcms/p1_569477/sequences-pedagogiques-terminale-option-s
Cartes, enjeux politiques, approches critiques - Agnès Dullin
Le Proche et le Moyen-Orient - Klarisse Brouwer
L'ère des stades depuis 1930 - Nathalie Rodallec
Les espaces maritimes aujourd'hui - Gilles Boué

Term ES-L 2013
http://www.ac-paris.fr/portail/jcms/p1_569426/sequences-pedagogiques-terminales-es/l

L'historien et les mémoires de la G d'Algérie - Karine Ramondy
http://www.ac-paris.fr/portail/jcms/p1_542194/lhistorien
Les Etats-Unis et le monde - Christophe Gaudin
Médias et opinion publique dans les grandes crises - Eric Godeau
Le Sahara, ressources et conflits -  Samuel Coulon
Mumbai : modernité, inégalités - Marianne Izambart
L'Afrique du Sud, un pays émergent - Samuel Coulon
(avec cartes dynamiques) - lien vers conférence d'Alain Daubresson

Le réseau LGV en France et en Europe. Géo 3ème - Catherine Papadacci


- S. Négrier a prospecté plusieurs autres académies
(La Réunion, Poitiers, Toulouse, Aix ...)
Le fichier en pdf : http://clioweb.free.fr/peda/term-2013/hg-term2013-acad.pdf


- Amiens, attentes 1ere S, Term ES-L
1 S - "La réalisation d'un croquis ou d'un schéma d'organisation spatiale d'un territoire, en réponse à un sujet".
T ES-L : "la réalisation d'un croquis ou d'un schéma d'organisation spatiale d'un territoire en réponse à un sujet"


rappel : Eduscol HG, la lecture officielle du futur programme


Et aussi
- Créteil - Première approche des territoires du quotidien - 1ere
la Z.A.C. des Universités à La Varenne Saint-Hilaire / Saint-Maur-des-Fossés.

- Poitiers - La région Poitou-Charentes (présentation en flash) - 1ere
http://ww2.ac-poitiers.fr/hist_geo/spip.php?article1243

- Dijon
Areva Saint Marcel et le Pôle nucléaire de Bourgogne

- Creteil, sitographie 2de pro
parmi les sites mentionnés, expos BNF, musée Renaissance, ocean des lumieres, champlain2004, assembléee nationale, le FIG, Geoconfluences, undp, brgm, cartorisque

- Géo Limousin
Cliquer sur chaque vignette pour l'agrandir ???

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04 juillet 2012

Algérie, histoire et mémoires

 

L'Algérie et la guerre d'indépendance dans les futurs programmes 2013 :

L’Algérie fête le cinquantenaire de son indépendance.
Dans les futurs programmes 2013, cette histoire figure dans les « ressources » diffusées par le site Eduscol : c’est un support d’étude suggéré en Troisième (III.2 - Des colonies aux États nouvellement indépendants).
http://eduscol.education.fr/pid23208-cid60611/ressources-pour-la-classe-de-troisieme.html
http://cache.media.eduscol.education.fr/file/college/40/7/08Hist_coll_3_III_th2_coloniesVF_219407.pdf


L’historien et les mémoires de la guerre d’Algérie, c’est une des études possibles en Terminale ES-L dans le chapitre Les rapports des sociétés à leur passé. (FLN, OAS, cadres militaires français, harkis, anti-colonialistes, immigrants
http://eduscol.education.fr/cid59932/ressources-pour-la-classe-terminale-des-series-es-et-l.html

Face à la concurrence des mémoires divergentes, la volonté de distanciation des historiens n'est pas aisée. Elle implique d'établir les faits (occultés), de les mettre en relation avec les contextes qui les ont produits, de souligner la complexité des situations...
http://cache.media.eduscol.education.fr/file/lycee/41/0/LyceeGT_Ressources_Hist_02_Th1_Q2_memoires_213410.pdf


Benjamin Stora :
« J’ai longtemps cru que, par le récit d’histoire, on allait empêcher les saignements de la mémoire ; qu’en écrivant l’histoire à deux, ensemble, on dépasserait le stade des mémoires blessées, conflictuelles, se réfugiant les unes contre les autres. Or, ce travail d’histoire est mené par les historiens français et algériens, ensemble, depuis longtemps. Des livres sont déjà parus, ont été diffusés… et cela n’a pas changé grand-chose ».
http://tinyurl.com/stora-2011-refusdudeuil

L'adresse originelle n'est pas un modèle de concision :
http://www.univ-paris13.fr/benjaminstora/articlesrecents/269-guerre-dalgerie-entre-enfermement-et-refus-du-deuil-par-benjamin-stora-intervention-au-colloque-l-langage-violence-r-organise-par-lassociation-primo-levi-17-juin-2011-


La bibliographie est considérable.
Il faut y ajouter les catalogues de deux expositions récentes :
. Algérie 1830-1962. Avec Jacques Ferrandez (au musée de l'armée).
. Engagements et déchirements, les intellectuels et la guerre d'Algérie. L'IMEC s'intéresse à la bataille précoce et intense des idées.

Lors d'une conférence, Anne Simonin a présenté " Le Droit de désobéissance - Les Éditions de Minuit en guerre d'Algérie ". L'ouvrage peut être téléchargé gratuitement en pdf . Selon elle, au lendemain de la 2 GM, le combat des Éditions de Minuit a aidé à donner une légitimité à tous ceux qui combattaient la guerre au nom d'une " certaine idée de la France ".

Pour une histoire critique et citoyenne - Le cas de l'histoire franco-algérienne.
En 2006, un colloque a eu lieu à l'ENS-LSH.
Les actes ont été publiés, et des vidéos sont encore en ligne.
http://ens-web3.ens-lsh.fr/colloques/france-algerie/


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02 juillet 2012

L'histoire de France vue d'ailleurs

 

L'histoire de France vue d'ailleurs, Books magazine, no 34, juillet-août 2012
Une histoire des grands hommes : Charlemagne, Louis IX, Jeanne d'Arc, Robespierre, les deux Napoléon, la légion. Avec qq exceptions : les sorcières, le village des cannibales... La tonalité est à dominante conservatrice. Les tiroirs sont parfois surprenants : garçonne pour Jeanne d'Arc, folie pour la Révolution, sainte famille pour le couple Thorez...
Les articles anglais qui servent de source sont généralement en ligne, mais l'accès en est payant.

- Charlemagne, le faux père de l'Europe
Ein dunkler Leuchtturm
Von Fried, Johannes
Karl, der grosse europäer ? Der Speigel, 14.01.2002
http://www.spiegel.de/spiegel/print/d-21197891.html

- La charité bien ordonnée de Saint Louis
Alexander Murray, Into Your Enemy’s Stomach - London Review of Books, 08.04.2010
à propos de la traduction en anglais du Saint Louis by Jacques Le Goff
http://www.lrb.co.uk/v32/n07/alexander-murray/into-your-enemys-stomach
http://www.lrb.co.uk/contributors/alexander-murray

L'énigme Jeanne d'Arc
Keith Thomas, New York Review of books
Joan of Arc: The Image of Female Heroism, by Marina Warner                         
Joan of Arc: The Legend and the Reality, by Frances Gies
http://www.nybooks.com/contributors/keith-thomas/
http://www.nybooks.com/articles/archives/1981/jun/25/a-working-girl/?pagination=false

Mes sorciers bien-aimés
Stuart Clark London Review of Books  19.09.2008
à propos de Robin Briggs The witches of Lorraine
http://www.lrb.co.uk
autre article http://www.lrb.co.uk/v03/n11/robin-briggs/witchcraft-and-the-inquisition

Peut-on excuser Robespierre ?
At the Heart of the Terror
Colin Jones, NYRB, 20.12.2007
Fatal Purity: Robespierre and the French Revolution, by Ruth Scurr
http://www.nybooks.com/articles/archives/2007/dec/20/at-the-heart-of-the-terror/

La Révolution, Phénix du monde
Ruth Scurr, à propos de le réédition de
Thomas Carlyle The French Revolution. A History. 1837-2002
The Times Literary Supplement - 14 avril 2010
http://www.the-tls.co.uk/tls/


La Révolution et ses pauvres
Revolutionary Economics
Norman Hampson, LRB  08.1981
The French Revolution and the Poor by Alan Forrest
http://www.lrb.co.uk/v03/n15/norman-hampson/revolutionary-economics


Les cent jours qui ont fait la légende
David A Bell, LRB, juin 2005
Violets in Their Lapels
The Legend of Napoleon by Sudhir Hazareesingh
The Retreat by Patrick Rambaud, translated by William Hobson
Napoleon: The Eternal Man of St Helena by Max Gallo, translated by William Hobson
The Saint-Napoleon: Celebrations of Sovereignty in 19th-Century France by Sudhir Hazareesingh
Napoleon and the British by Stuart Semmel
http://www.lrb.co.uk/v27/n12/david-a-bell/violets-in-their-lapels


Napoléon III, empereur de roman
Slippery Prince
Graham Robb, LRB, 19 juin 2003
Napoleon III and His Regime: An Extravaganza by David Baguley - 2000
The French Second Empire: An Anatomy of Political Power by Roger Price - 2002
http://www.lrb.co.uk/v25/n12/graham-robb/slippery-prince


Un épouvantable forfait
Michael Burns, LRB, 19.11.1992
The Village of Cannibals: Rage and Murder in France, 1870 by Alain Corbin
http://www.lrb.co.uk/v14/n22/michael-burns/kill-a-pig-roast-a-prussian


How to Understand the Dreyfus Affair
Robert Gildea, NYRB, JUNE 10, 2010
Why the Dreyfus Affair Matters, by Louis Begley                                    
For the Soul of France: Culture Wars in the Age of Dreyfus, by Frederick Brown                                            
Dreyfus: Politics, Emotion, and the Scandal of the Century, by Ruth Harris
http://www.nybooks.com/articles/archives/2010/jun/10/how-understand-dreyfus-affair/


L'étrange empire de la légion
The Hard Truth About the Foreign Legion
Max Hastings, NYRB 14.10.2010
Our Friends Beneath the Sands: The Foreign Legion in France’s Colonial Conquests, 1870–1935
by Martin Windrow                                
Voices of the Foreign Legion: The History of the World’s Most Famous Fighting Corps
by Adrian D. Gilbert
http://www.nybooks.com/articles/archives/2010/oct/14/hard-truth-about-foreign-legion/


D'un exode l'autre
Inside the Panic
Robert O. Paxton, NYRB, 22.11.2007
Fleeing Hitler: France 1940, by Hanna Diamond
http://www.nybooks.com/contributors/robert-o-paxton/


L'URSS rêvée de M et Mme Thorez
Julian Jackson, The Times Literary supplement, 09.09.2011
http://www.the-tls.co.uk/tls/ ?


La dernière guerre franco-anglaise
Melancholy Actions
Charles Glass, LRB 17.12.2009
England’s Last War against France : Fighting Vichy 1940-42 by Colin Smith Weidenfeld
http://www.lrb.co.uk/v31/n24/charles-glass/melancholy-actions


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23 juin 2012

TS : polemique et lueur d'histoire

 

- Terminale S : polémique et lueur d'histoire.
double page dans Libération Education 23.06.2012
5 sources principales : l'APHG, Aggiornamento et 3 syndicats.


Pourquoi cette obsession française, 
Enseigner Marignan-1515 ?
L'hexagone premier de la classe
La géo est-elle le parent pauvre ?


Des arguments déjà lus ici (l'HG dans les classes technos ...)
La Term S a servi de prétexte à une casse tous azimuts.
Il y aurait un vrai débat à mener dans la sérénité,
malgré des positions très (trop) tranchées sur l'histoire scolaire.


A lire en ligne
http://www.liberation.fr/education,99763
ou
en 
version temporaire au format word
http://clioweb.free.fr/presse/1temp/lib/


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