29 août 2018

Cécile Gintrac, Géographie engagée

 

Comment nommer la géographie engagée ?
Cécile Gintrac, Carnets de géographes 4-2012
http://www.carnetsdegeographes.org/carnets_recherches/rech_04_04_Gintrac.php


« L‘inscription de la géographie radicale, depuis la fin des années 1980, au sein du courant plus large de la géographie critique ne peut se comprendre qu’en regard d’un mouvement plus global de « pluralisation » des pensées critiques et de marginalisation des approches marxistes. J’ai souhaité montrer que ce glissement terminologique, s’il n’est pas limité à la géographie, n’est pas sans implications et est en grande partie débattu par les penseurs et les chercheurs. Certains, comme François Cusset, soulignent que l'épithète critique risque d'avoir un sens faible et donc une efficacité limitée sur le réel. Pour autant, cela ne signifie pas qu’une géographie radicale, telle qu’elle s’est développée aux Etats-Unis notamment, soit plus à même de porter le fer de la contestation ou même qu’elle soit vraiment différente dans ses fondements et ses pratiques d’une géographie critique plus récente ».

« Il semble à ce stade nécessaire de réaffirmer qu’un courant de pensée est davantage le produit de ceux qui s’en revendiquent qu’une catégorie fixe et fermée, qui préexisterait aux pratiques sociales de recherche et que l’on rejoindrait après avoir « choisi son camp ». Autrement dit, il serait moins utile de chercher à fixer des limites franches susceptibles de déboucher sur des catégories ou des « labels » de chercheurs et de penseurs que de garder le souci permanent du rapport à la pratique et à l’engagement dans un contexte universitaire qui pousse peut-être plus que jamais à les écarter . La diffusion de ces questions pourrait constituer une opportunité pour faire émerger en France un débat autour des positionnements, qu’ils rejoignent ou contredisent ceux de nos collègues anglophones, la problématique de l’engagement n’ayant jamais été absente des débats de la géographie française »


Cécile Gintrac. Au seuil critique de la ville : trois groupes de géographie engagée
thèse de géographie (en ligne) Paris-Ouest-Nanterre-La Défense, 2015. - source Aggior
http://hal.archives-ouvertes.fr/tel-01859135


Cécile Gintrac, articles en ligne
http://hal.archives-ouvertes.fr/search/index/q/*/authFullName_s/C%C3%A9cile+Gintrac

pubications 2011-2015
http://laboratoire-mosaiques.fr/recherche/equipe/gintrac-cecile/


Villes contestées. Pour une géographie critique de l’urbain
Cecile Gintrac et Matthieu Giroud (ed), Les Prairies ordinaires 2014

Avec des textes de : Jennifer Robinson ; Melissa R. Gilbert ; David Harvey ; Erik Swyngedouw, Frank Moulaert et Arantxa Rodriguez ; Roger Keil et Julie-Anne Boudreau ; Bernd Belina ; Kanishka Goonewardena et Stefan Kipfer ; Neil Smith ; Don Mitchell ; Marcelo Lopes de Souza ; Edward W. Soja
http://www.lesprairiesordinaires.com/uploads/2/1/0/6/21065838/sommaire.pdf

CR Justice sociale
http://www.jssj.org/issue/juin-2015-jssj-a-lu/

 

rappels 2019

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David Harvey : http://en.wikipedia.org/wiki/David_Harvey

- The Emergenceof Radical/Critical Geography within North America
Linda Peake Eric Sheppard ACME 2014
http://geog.ucla.edu/sites/default/files/users/esheppard/Peake&Sheppard_ACME_2014.pdf

 


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CR
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19 juillet 2014

La néolibéralisation selon David Harvey

 

David Harvey, Brève histoire du néolibéralisme, Les prairies ordinaires 2014
 ( A Brief History of Neoliberalism - 2005 )

Dans Libération, Eric Loret vante l’essai virulent du géographe David Harvey contre le néo-libéralisme, « cette idéologie qui s’intéresse moins à la politique qu’à la police », pour « défendre la propriété privée et garantir, au besoin par la force, le bon fonctionnement des marchés ».
« Pour qu’on ne se suicide pas tout de suite après cette description radicale du monde où nous vivons et ses «caractéristiques chinoises», l’auteur a prévu un chapitre sur les «perspectives de liberté» autres. Et c’est pas gagné »
L’ennui, c’est que l’ouvrage a été écrit en 2005, après la réélection de GWbush, avant la crise de 2008.
La traduction aurait mérité une actualisation du chapitre sur les formes de lutte efficaces.
http://www.liberation.fr/culture/2014/07/16/le-monde-ne-suffit-pas_1064967

« David Harvey ne fait pas de l’histoire des idées : il ne prétend pas faire l’archéologie de la « nouvelle raison du monde » ;
il n’aligne pas les notes de lecture et les typologies semi-savantes. Ce qui intéresse ce matérialiste, c’est le néolibéralisme
« réellement existant », celui qui, porté par des institutions et de solides coalitions d’intérêts, façonne le monde
dans lequel nous vivons » écrit François Denord dans une préface à lire en ligne.
http://www.lesprairiesordinaires.com/uploads/2/1/0/6/21065838/neoliberalisme.pdf

Selon lui, Harvey veut tordre le cou à plusieurs lieux communs :
- Le rejet de l’Etat ? « L’État néolibéral intervient continuellement pour créer un environnement institutionnel et un climat favorables au profit. Parallèlement, il étend le mécanisme concurrentiel à de nouveaux objets et à de nouveaux territoires ». Il réprime ceux qui contestent sa politique..
- Un néolibéralisme anglo-saxon ? Thatcher et Reagan n’ont pas emprunté le même chemin. En Chine, l’« économie socialiste de marché » apparaît au temps de Reagan et de Thatcher


- L'État néolibéral en théorie - L'État néolibéral en pratique - extraits en ligne
http://www.contretemps.eu/lectures/lire-extrait-br%C3%A8ve-histoire-n%C3%A9olib%C3%A9ralisme-david-harvey

Harvey souligne les contradictions et les zones d’ombre de cette idéologie, les divergences d’interprétation entre intégristes de la religion de la propriété privée.

Comment se construit le consentement à la brutalisation ?
« Le néolibéralisme n’est pas une pensée du bien commun. Et pourtant, c’est de cette conception de l’action publique que nous sommes aujourd’hui à la fois héritiers et prisonniers. Le néolibéralisme s’est transformé en institutions. Ces dernières ont produit des dispositifs d’intervention publique, construits sur la durée, qui façonnent des manières d’agir et de penser ».

« Moins qu’une philosophie politique (la pensée peut-être utopique de Hayek et ses disciplines), la néolibéralisation peut s’analyser comme la réalisation pragmatique d’un projet politique visant à restaurer le pouvoir des élites économiques ». « Les inégalités et leur accroissement continu ne constituent en rien un effet pervers. »

« Harvey ne minimise pas l’investissement intellectuel des théoriciens néo-libéraux. Mais leurs idées n’ont pris l’ascendant que parce que les forces sociales dominantes les ont faites leurs... »


La démocratie en suspicion.  « Les théoriciens néo-libéraux nourrissent une certaine défiance vis-à-vis de la démocratie. Libéralisme politique et démocratie ne se confondent pas, loin s’en faut ».
L’État néo-libéral a besoin pour survivre (et séduire les électeurs) d'un certain type de nationalisme (cf Thatcher et les Malouines, cf aussi le nationalisme exalté lors de compétitions sportives).

Harvey note « l'apparente convergence entre la néolibéralisation d'États autoritaires comme la Chine ou Singapour et l'autoritarisme croissant qui se manifeste dans des États néolibéraux comme les États-Unis et la Grande-Bretagne. Que l'on songe à la manière dont ont évolué, au États-Unis, les réponses apportées à l'instabilité intrinsèque de l'État néolibéral ».

Selon lui, « pour éviter les catastrophes, il faut donc rejeter les solutions proposées par les néos-cons aux contradictions du néolibéralisme ».

Paris, Capital of Modernity (2003) a été traduit en 2011.
Harvey vient de publier Seventeen Contradictions and the End of Capitalism (2014).
La vidéo d'une conférence faite en avril 2014 à la London School of Economics est à voir et écouter en ligne
http://tinyurl.com/lse-harvey2014

Les publications de David Harvey :
http://fr.wikipedia.org/wiki/David_Harvey  -  http://en.wikipedia.org/wiki/David_Harvey


DavidHarvey

source : http://en.wikipedia.org/wiki/David_Harvey


rappels : quelques articles de référence en liens sur le web :

- Comment vendre à la découpe le service public
De l’Etat-providence à l’Etat manager
par Laurent Bonelli et Willy Pelletier, Le Monde diplomatique, décembre 2009
http://clioweb.free.fr/debats/decoupe-public.htm

- « Géohistoire du « néolibéralisme », Arnaud Brennetot,Université de Rouen, Cybergeo  novembre 2013,
http://cybergeo.revues.org/26071
AB veut distinguer les valeurs du premier néolibéralisme (libre-échange) reçues comme une évidence
par les dirigeants actuels des positions des libéraux les plus ultras,
pour mieux combattre ces derniers.

- Les mots ont un sens, août 2009
La novlangue néolibérale présentée sous la forme inhabituelle d'un plan de métro
http://clioweb.canalblog.com/archives/2009/08/20/14680326.html

- un texte ancien (1996) qui a bcp circulé :
Perry Anderson, Histoire et leçons du néo-libéralisme. La construction d'une voie unique, 1996
http://page2.ch/EdPage2/p2_neolib_anderson.html

Serge Audier, Néo-libéralisme(s) : une archéologie intellectuelle, Grasset, 2012
http://clioweb.canalblog.com/archives/2012/04/14/24003774.html

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