02 octobre 2014

14-18 : Vienne l'amnésique

 

Vienne l'amnésique, Libération 29.09.2014
http://www.liberation.fr/monde/2014/09/29/14-18vienne-l-amnesique_1111175

Une poignée d’expos et une pièce exhumée : un siècle après 14-18, l’Autriche peine toujours à appréhender la conflagration déclenchée par le vieux François-Joseph.

2 questions :
- Quel rôle a l’Autriche-Hongrie dans le déclenchement du conflit en1914 ?

- Pourquoi l’empire s’effondre-t-il en 1918 ?
Les pays de l'Entente ont-ils assassiné l'Autriche-Hongrie (cf. François Fejto) ou l'empire multinational a-t-il été subi le choc des nationalistes, à l'intérieur et à l'extérieur, et payé ses faiblesses structurelles ( faute de blé hongrois ou de Galice, Vienne subit la famine)

En 1914, avec 2,15 millions d’habitants, Vienne dispute à Londres et à Paris le titre de phare occidental. En 14-18, elle perd 300 000 habitants. Elle se retrouve à la tête d'un Etat alpin minuscule. L'annexion par les hitlériens suit en 1938.
« C’est peut-être cette histoire-là aussi qu’il est difficile d’entendre pour les Autrichiens, un siècle après 1914 »

 

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Le démembrement de l'Autriche-Hongrie, GB, Atlas historique
http://www.atlas-historique.net/1914-1945/cartes/Autriche-Hongrie1923.html




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17 août 2014

14-18 : Les appelés, consentants ?

 

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« Les appelés, consentants ? Mais ils n'avaient pas le choix ! »

Le débat du 08.08.2014 organisé par Arrêt sur images est en accès gratuit (pdt 24 heures)
http://tinyurl.com/ogfc5hh
http://www.arretsurimages.net/emissions/2014-08-08/Les-appeles-consentants

3 invités
Nicolas Mariot,
Emmanuel Saint-Fuscien
Patrick Mougenet
d'autres ont décliné l'invitation.

Pour ESF, l'expérience du front, la « transgression partagée de l'expérience de la violence extrême », a forgé une forte identité se superposant aux identités de classe »

Pour NM, la différenciation sociale est essentielle. Il propose d’en voir l’impact devant la mort et la blessure, devant les rôles guerriers
Et de donner davantage de place à la logique temporelle, entre assauts et temps passé à l’arrière, entre 14-18 et ce qui précède.


qq pages web sur la controverse / l'affrontement...
http://clioweb.canalblog.com/archives/2014/08/11/30390338.html

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12 août 2014

14-18 : consentement et violence

 
Philippe Olivera, « Histoire des violences et violence (sociale) de l’histoire.
À propos de la “nouvelle histoire” de la Grande Guerre »
in François Buton, André Loez, Nicolas Mariot & Philippe Olivera (coord.), « L’ordinaire de la guerre », Agone, n°53, mars 2014
http://terrainsdeluttes.ouvaton.org/?p=3888

Le centenaire (1914 ? 1914-1918 ?) met en avant un consensus supposé.
Pourtant, les controverses n'ont pas manqué dans l'historiographie de la Grande Guerre : cf. Frantz Fischer et le rôle de l'Allemagne de Guillaume II (1961). Après 2000, la guerre de tranchées entre les tenants d'une histoire culturelle dominante (Péronne) et les défenseurs d'une histoire sociale (CRID 14-18) a été intense.
Les auteurs de Retrouver la guerre (Péronne) dénoncent le « pacifisme rampant » des historiens précédents.
Selon eux, « des millions d’individus ont manifesté une acceptation massive de la violence ; ils ont « voulu et continué la guerre », avec une ferveur résolue, sinon enthousiaste ». Tout s'expliquerait alors par une supposée « culture de guerre » faite « de haine de l’ennemi, de pulsions de violences, de sentiment patriotique et de souffle millénariste ».

Pour PhO, « la nouvelle histoire de la GG est une histoire sans complexe de dominants pour les dominants, dont l’essentiel du propos est de nier la domination sociale en confisquant la parole des dominés… » (cf la lecture des mutineries de 1917).
  « En attribuant à tous et à chacun l’origine et la responsabilité de la violence, la thèse de la brutalisation, version cheap de la banalité du mal, accable les combattants ordinaires et dédouane les dirigeants, déjà épargnés de leur implication dans le déclenchement du conflit par toute une littérature apologétique qui en fait des somnambules pris dans des engrenages » …
« Derrière la cause brandie de l’autonomie scientifique face aux pacifismes... point n’est besoin de chercher loin les gros sabots du discours décomplexé qui traverse aussi bien le champ des sciences sociales que celui du champ politique ».

rappels :
1914-1918 : Guerre de tranchées entre historiens, Jean Birnbaum, Le Monde, 10.03.2006
http://clioweb.free.fr/dossiers/14-18/tranchees.htm

1914-1918 : Retrouver la controverse
François Buton, André Loez, Nicolas Mariot & Philippe Olivera , La vie des idées, 10.02.2008
« Les violences extrêmes qu’on observe pendant la Grande Guerre s’expliquent-elles par la culture de guerre, la brutalisation des sociétés, le consentement des soldats, la contrainte ? Tout en livrant un plaidoyer pour une science ouverte qui relierait professionnels, amateurs et enseignants, une équipe d’historiens et de politistes montre que les choix historiographiques engagent, au-delà des logiques universitaires, une réflexion sur l’individu, les catégories sociales, l’État et la manière de faire de l’histoire ».
http://www.laviedesidees.fr/1914-1918-retrouver-la-controverse.html
http://www.laviedesidees.fr/_Mariot-Nicolas_.html

dossier Historiographies de la Grande Guerre, Non-Fiction
dont Au-delà de la « contrainte » ou du « consentement »
Les hiérarchies sociales au front
débat entre Emmanuel Saint-Fuscien et Nicolas Mariot :
histoire culturelle (la « transgression partagée de l'expérience de la violence extrême ») ou histoire sociale ?
http://www.nonfiction.fr/article-7124-dossier__historiographies_de_la_grande_guerre.htm

De la guerre comme affrontement historiographique, Blois 2013,
audio d'une table ronde entre Mariot, Loez, St-Fuscien, Mazurel.
http://clioweb.canalblog.com/tag/loez

André Loez, 14-18. Les refus de la guerre. Une histoire des mutins, 2010
CR par Antoine Prost
http://mouvement-social.univ-paris1.fr/document.php?id=1642

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30 janvier 2014

Le Loiret dans la Grande Guerre

 

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Le Loiret dans la Grande Guerre

Exposition en 19 panneaux conçue par le service éducatif des Archives du Loiret (AD 45)
Textes : Sylvain Négrier et Françoise Lemarié - Photos : Franck Meunier et Luc Voland.

« Cette exposition met en contexte la Première Guerre mondiale et en propose une approche locale. Les documents, issus des collections des Archives départementales, présentent tous un lien avec le Loiret et permettent d’appréhender aussi bien la situation d’un département de l’arrière que l’expérience des combattants ou le poids du deuil et le besoin mémoriel qui se sont manifestés après-guerre. »

- Les panneaux de l'exposition [PDF - 51 Mo]
http://www.archives-loiret.com/medias/fichier/panneaux-expo-grande-guerre_1391004900005-pdf
- Le livret pédagogique est en cours de réalisation


Liste des panneaux de l'exposition :

Première partie : D'une guerre à l'autre
1 : L'avant-guerre
2 : L'entrée en guerre

Deuxième partie : Un département de l'arrière
3 : L'effort de guerre
4 : Les difficultés quotidiennes
5 : La solidarité nationale et internationale
6 : Les femmes dans la guerre
7 : Une société sous contrôle

Troisième partie : L'expérience des combattants
8 : Les relations front-arrière
9 : Soldats témoins de la guerre
10 : Les innovations sur les champs de bataille
11 : La prise en charge des blessés
12 : L'héroïsation des soldats
13 : Les refus de guerre
14 : La victoire et la démobilisation

Quatrième partie : Deuil et mémoire
15 : Les familles et le deuil
16 : Les souvenirs de la guerre
17 : Les monuments aux morts
18 : La mémoire de la guerre


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03 janvier 2014

14-18 : les hommes d'Aubusson

 

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Jean-Christophe et Jean-Claude Ruppé, Les hommes d'Aubusson au temps de la Grande Guerre
publié par la commune d'Aubusson, infographie : imprimerie Mouturat (Flers)


Jean-Christophe et Jean-Claude Ruppé, deux professeurs d'HG, ont exploité les archives disponibles, civiles et militaires, pour restituer le parcours de 172 hommes, qui sont nés ou ont résidé à Aubusson.
Cette commune rurale de l'Orne, au nord de Flers, comptait 600 habitants en 1836, au temps de la proto-industrie (tisserands), mais seulement 214 en 1911 (un niveau bas qu'elle garde jusqu'en 1975).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Aubusson_(Orne)


Le monument au morts, réalisé par le sculpteur Marcel Pierre et inauguré le 13 novembre 1921, comporte 7 noms (le 7ème a été ajouté à la suite d'une étude menée par Jean-Christophe Ruppé en 2009). 

L'un d'eux, Eugène Benoni Montaufray, un journalier agricole né en 1880, est mobilisé le 2 août 1914. Il fait partie des 61 soldats et des 5 officiers tués devant Aubérive, en Champagne, le 25 septembre 1915. Sa femme l'a attendu en vain : il avait annoncé par lettre son arrivée en permission le même jour. Sa fille, née en décembre 1913, ne l'a pas vraiment connu. En 1996, ses petites-filles ont découvert la lettre de Victor Auvray, un camarade, qui décrit les circonstances de son décès.


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de gauche à droite : Hector Duval, Alcide Gauquelin (?), Eugène Montaufray, Joseph Filoche (?).
Seul Gauquelin célèbre l'armistice en 1918 -  collection Yvonne Montaufray-Patry

De 1914 à juin 1917, 43 988 Ornais âgés de 18 à 49 ans seront mobilisés.
10 476 ne reviendront pas. Le département comptait 307 000 habitants en 1911.
Gérard Bourdin, Les Ornais face au feu (1914-1918), Le Pays Bas-Normand 3-4/2011


Parmi les nombreux documents de qualité reproduits, une photo de groupe des poilus et des élus a été prise lors de l'inauguration : en 1979, les habitants savaient encore mettre des noms sur tous les visages présents (cf. la photo en bas à gauche de la couverture).



Le sommaire de l'ouvrage à télécharger au format pdf :
http://clioweb.free.fr/dossiers/14-18/aubusson-sommaire.pdf

   
ou en direct : Avant-propos

    INTRODUCTION : « 1914-2014 : UN SIÈCLE »

    CHAPITRE I - AUBUSSON AVANT LA GRANDE GUERRE
            Le crépuscule du tissage à main1
            La nostalgie de l'union du métier à tisser et de la charrue
            Le glas avant le tocsin : émigration et déficit naturel
            De la résistance du cléricalisme à l'union sacrée
            La prééminence de l'écharpe ou du rabat au tournant des XIXe et XXe s. ?
            Vers une lente conversion à la République

    CHAPITRE II - CONFRONTER LES SOURCES,
    DÉFINIR LES « HOMMES    D'AUBUSSON »
            Diversité des sources, diversité des approches
            Les sources civiles
            Les sources militaires
            La presse écrite.4
            Identifier, nommer,  classer : définir les « hommes d'Aubusson »
            Catégorie n° 1 : les « natifs domiciliés »
            Catégorie n° 2 : les « domiciliés »
            Catégorie n° 3 : les « natifs non domiciliés »
            Catégorie n° 4 : les « non-natifs de passage avant 1914 »
            Catégorie n° 5 : les « hommes arrivés après 1918 »

    CHAPITRE III - LA GUERRE EN MARCHE,
     LE PARCOURS DU COMBATTANT
            La mobilisation générale : le rappel massif de l'été 1914
            « La crainte de la guerre...»
            Les hommes d'Aubusson entrent en guerre
            L'histoire d'une photographie
            Les hommes d'Aubusson dans la guerre : quelques données statistiques
            Un contingent relativement âgé et des classes creuses
            La logique prédominance du monde rural
            La situation maritale des mobilisés d'Aubusson
            Rester quand les autres partent
            Les exemptés, des profils bien différents
            Constitution générale mauvaise et infirmités
            Faiblesse des corps, non des esprits

    CHAPITRE IV - AU CŒUR DE LA GUERRE TOTALE
            Réformer l'armée, unir « petites patries » et grande Nation
            Les mobilisés d'Aubusson ou la mobilité du soldat
            Le grand panachage
            Les Aubussonnais :  fusils, canons
            Crayons et cuirassés
            Grades et spécialités
            Optimiser l'effort de guerre : la fourche et le fusil
            De la définition « d'apte au combat »
            De Paris à Aubusson : l'application des lois Dalbiez et Mourier
            « Les jeunes à l'avant, les vieux à l'arrière »

    CHAPITRE V - « LA DOULEUR EST UN SIÈCLE, ET LA MORT UN MOMENT »
            La prédominance de l'obus
            Fréquences des évacuations
            Les motifs d'évacuation : la chair et l'acier
            Dispersion spatio-temporelle et conséquences démographiques 
            De l'été 1914 à l'automne 1918, des rives de l'Orne
            Séquelles de guerre et âge au décès : une causalité peu évidente

    CHAPITRE VI - COMBATTRE ET MOURIR : LE SACRIFICE D'UNE JEUNESSE.
            Le profil du martyr - Une relative uniformité statistique
            De l'âge des soldats
            Mobilisation précoce, mobilisation dans l'infanterie
            Des mornes plaines de Belgique à la côte basque
            Mourir sur la « terre de personne »
            Le brouillard se lève : Ethe
            Les blés ensanglantés
            Le tombeau des espoirs
            Verdun, Somme, Chemin des Dames : boucherie, massacre, désastre
            1918, un été meurtrier

    CONCLUSION : « D'UNE GUERRE, L'AUTRE...»
            Le sursaut démographique d'une commune endeuillée
            Aubusson, exemple ou exception ?
            Une guerre qui dure
            Inaugurer pour commémorer : le poilu d'Aubusson
            1914-1945 : la guerre de trente ans ?
    Biographies
    Sources et bibliographie


L'ouvrage présenté dans la presse locale :
Ouest-France : http://www.ouest-france.fr/un-livre-sur-les-hommes-daubusson-et-la-grande-guerre-1827594
L'Orne combattante : http://www.lornecombattante.fr/2013/12/29/soldats-aubusson-14-18

 

aubusson-monument

Aubusson (61) : Le monument aux morts (avant l'ajout du 7ème nom)
source : http://www.monumentsauxmorts.fr/cariboost1/crbst_948.html
également : http://monumentsauxmorts.fr/crbst_948.html

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08 novembre 2013

10 idées reçues sur 14-18

 

Pour en finir avec dix idées reçues sur la guerre de 14-18 - Le Monde, 04.11.2013

http://www.lemonde.fr/centenaire-14-18/article/2013/11/04/pour-en-finir-avec-dix-idees-recues_3507585_3448834.html

Une guerre souhaitée par les industriels, la fleur au fusil, les taxis de la Marne, les baionettes, l’alcool, les fusillés, les Bretons et les Corses, l’émancipation des femmes ...
Nicolas Offenstadt propose d’en finir avec dix idées reçues sur la Grande Guerre.

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29 octobre 2013

Le centenaire en questions

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- Lire Commémorer sans travestir - Le débat n° 116
- Ecouter La Grande Guerre face à sa commémoration, Blois 2013 - http://www.canalc2.tv/video.asp?idvideo=12255
CR par Vincent Debise  - CR par Hugues Vessemont
Antoine Prost est aussi cité dans le CR d’une journée de l’APHG (avril 2013)

Lors d'une intervention pour l'APHG sur Les professeurs face au défi mémoriel (HG 421), Serge Barcellini fait le parallèle avec le bicentenaire de 1789, l'ensemble de la Révolution étant commémorée sur l'année de départ. Dans Le Débat, Joseph Zimet semble évoquer un agenda allant de août 2014 à décembre 2018 ...

La Mission du Centenaire a eu à valider 1200 projets, venant des collectivités territoriales ou des associations dans tout le pays, pas seulement des régions directement touchées par la guerre. Les titres endossent ces identités locales fortes et assumées : le département, la ville pendant la GG, en fait l'histoire des hommes et des femmes de ce lieu pendant la GG, leur vie plus que l’expérience combattante. Le front intérieur prenant le pas sur les armées et le champ de bataille. La guerre est perçue comme une épreuve imposée à l’ensemble de la société (imposée ou subie ?), avec un glissement possible vers la victimisation actuelle.

Une question : quelle sera l’implication de l’Etat en France ? F. Hollande a été invité en vain à Blois, mais il n’a pas encore fait connaître ses décisions.

2 supports sont mobilisés :
- Les monuments aux morts, avec le souci de mettre des visages et des parcours sur des noms,
- Les lettres (envoyées par les soldats ou reçues par les familles). Un projet a pour titre « nos vies en attendant vos lettres ».

Les discours nationalistes ( arrêter la ruée allemande, briser l’encerclement de l’Allemagne) ou ultra-nationalistes (la violence comme moteur des nations pour Friedrich von Bernardi) sont passés de mode.
Il conteste la vision d’une nouvelle guerre de Trente Ans : pour lui, ce serait dédouaner Hitler de ses responsabilités, et reprendre les arguments de ceux qui espéraient l’amadouer dans les années 1930.
Antoine Prost évoque le rôle des femmes, les ouvrières n’ont pas découvert le travail en 1914. Elles étaient nombreuses dans les usines avant 1914.

AP insiste sur la dimension politique : la Grande Guerre a été une épreuve pour les Etats. Les Empires paraissaient mieux armés que les démocraties pour mener la guerre. Pourtant, ils ont été balayés par la défaite ou par la Révolution. Les démocraties ont su tenir tête aux chefs militaires (cf le remplacement de Joffre en 1916). Elles ont été capables de diriger la mobilisation industrielle, maintenir un certain niveau de vie des populations et promettre de corriger les injustices (profiteurs…).
AP développe les relations qu’entretient en France le soldat-citoyen et l’Etat-nation républicain.
Dans les Empires centraux, la militarisation de l’économie et de la société ne peut empêcher la course à la défaite : même l’armée doit acheter au marché noir, et l’Etat perd sa légitimité.

La GG a démontré la nécessité d’un arbitrage international. Cet arbitrage aurait pu réussir : en 1928, l’Allemagne est réintégrée dans le jeu diplomatique. La crise de 1929-1932, les dictatures en ont décidé autrement. La nécessité de l'arbitrage a été réactivée après 1945, avec une réussite régionale : la construction européenne.

AP évoque des absents de ces commémorations :
- l’ensemble du monde ouvrier, dont le sort ne semble plus aussi central qu’au XXeme siècle.
- Le front russe et les Révolutions de 1917
- Il faudrait peut-être ajouter les défenseurs de la paix, ceux qui feront l’objet d’un colloque en janvier 2014.

En 2004, à Caen, Antoine Prost avait abordé le sujet sous un angle comparatif
La Grande Guerre : Armées, Combats, Sociétés (France, Allemagne, Royaume-Uni)
http://aphgcaen.free.fr/conferences/prost.htm

Depuis, l’histoire scolaire a voulu faire de 1914-1918 « une guerre mondiale », « une guerre totale », bien davantage que 1939-1945 (présentée dès lors depuis 2010 comme « une guerre d’anéantissement ») . Un manuel propose même un planisphère pour étudier la Grande Guerre, mais seulement une carte de l’Europe pour la 2 GM. En réalité, la GG n’est-elle pas avant tout une guerre européenne (avec des prolongements chez les coloniaux et les colonisés) ? Alors que la seconde est bien davantage mondiale (avec tant de difficultés à assumer dans les commémorations le front russe ou la guerre dans le Pacifique ?).

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24 septembre 2013

Léon Gimpel : as de l’autochrome

 

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Le tsar Nicolas II et le président Fallières (Armand, pas André)
lors d'une entrevue qui a eu lieu dans la rade de Cherbourg en juillet 1909.
autochrome Léon Gimpel, http://etudesphotographiques.revues.org/index935.html

- Léon Gimpel : as de l’autochrome - Telerama 3314, 20.07.2013
Un été 1913 - Cadrages originaux, innovations techniques… le reporter vedette du journal “L'Illustration” a saisi La Belle Epoque, la Grande Guerre et les années folles en inventant une nouvelle grammaire. Petite histoire d'un photographe novateur, portfolio à l'appui. http://www.telerama.fr/idees/leon-gimpel-as-de-l-autochrome,100319.php
Le blog de la SFP fait un lien vers Télérama
http://sfp.asso.fr/blog-collection/index.php?post/2013/09/19/L%C3%A9on-Gimpel%2C-As-de-l-autochrome%2C-sur-T%C3%A9l%C3%A9rama.fr

 

- Léon Gimpel, Mes grands reportages
Etudes photographiques n° 19 Décembre 2006 : La photographie pédagogue / Modèles critiques
http://etudesphotographiques.revues.org/935

Léon Gimpel, Quarante ans de reportages. Souvenirs de Léon Gimpel, collaborateur à L’Illustration (1897-1932), Domaine de Castellemont, Jurançon, manuscrit (collection SFP), 20 février 1944
Gimpel est entré en contact avec les frères Lumière dès 1904. Le 10 juin 1907, à l’occasion de la présentation publique du procédé autochrome dans les locaux de L’Illustration, il rédige un article intitulé “La photographie des couleurs à L’Illustration”, paru dans le numéro du 15 juin 1907, p. 387-389. Sur le rapport de Gimpel à l’Autochrome, voir Nathalie Boulouch, “Reporters et professionnels”, La Photographie autochrome en France (1904-1931), thèse de doctorat en histoire de l’art, université Paris I, 1994, p. 227-248.
L. Gimpel, « Le président de la République et M. André (sic pour Armand) Fallières à bord du cuirassé Vérité », Autochrome, 12 x 9 cm, 1er août 1909, coll. SFP
L. Gimpel, « Départ du dirigeable militaire Le Temps pour la revue militaire, Issy-les-Moulineaux », 9 x 12 cm, 14 juillet 1911, coll. SFP


- Léon Gimpel, reporter à L'Illustration
http://www.autochromes.culture.fr/index.php?id=81


- Leon Gimpel, les audaces d'un photographe au Musée d'Orsay - mars 2008
http://www.unerusseaparis.fr/2008/03/leon-gimpel-musee-orsay-photo-expo.html

- Les autochromes parisiens de Léon Gimpel - 02.2011
http://dona.centerblog.net/60-les-autochromes-parisiens-de-leon-gimpel
http://www.laboiteverte.fr/les-autochromes-parisiens-de-leon-gimpel/
En 1915, il se lie d’amitié avec un groupe d’enfants du quartier de la rue Grenata à Paris qui avaient créé leur propre« armée »
http://www.lemadblog.com/photo/l%E2%80%99armee-de-la-rue-greneta-de-leon-gimpel/


gimpel-change

Léon Gimpel. Le Pont au Change Paris. 1911.
http://autocromie.wordpress.com/2013/06/

 

- Autochromes and Autochromists of WWI - La Grande Guerre en autochromes
http://www.luminous-lint.com/app/contents/fra/_autochromes_ww1_01/

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01 décembre 2012

Aux armes lycéens ! - suite

 


Annette Wieviorka, « L'enseignement de l'histoire en question », Études, 2012/11 Tome 417, p. 475-483
http://www.cairn.info/revue-etudes-2012-11-page-475.htm

L'analyse reprend et prolonge l'article Aux armes lycéens ! publié par L'Histoire en mars 2012

Extraits :
« Le cours d’histoire devrait être l’occasion de se dégager de l’air du temps, de réfléchir, d’analyser, de tenter de comprendre, de prendre la mesure du temps en prenant soin de la chronologie qui le structure. La conception qui se dégage des programmes de 2011 est au contraire une conception doloriste d’une histoire
tentant à faire communier les adolescents dans la souffrance du passé ... »

« On peut traiter de la Grande Guerre sans évoquer Pétain ou Clémenceau, sans parler de l’Alsace et de la Lorraine, et sans expliquer le patriotisme ou le nationalisme. La psychologie règne en maître. Les hommes sont « traumatisés » comme le sont les sociétés. Il n’est pas question de la révolution bolchevique, ni d’ailleurs du traité de Versailles. Rien ne permet de comprendre le monde qui naît de cette guerre, sinon que tout le monde a beaucoup souffert ».
« La Seconde Guerre mondiale suit la première, sans transition. Sa particularité est d’être un « degré supplémentaire dans la guerre totale »...

« L’usage de la notion de « guerre totale » est devenu l’étalon de mesure de l’importance d’une guerre... Dans une concurrence des conflits comme il existe une concurrence des victimes, chaque chercheur proclame « sa » guerre totale. De la Seconde Guerre mondiale à celle de 14-18, nous sommes remontés à la guerre de Sécession, puis à la campagne napoléonienne de Russie. Nous attendons que les antiquisants revisitent les guerres du Péloponnèse ou la guerre des Gaules pour en faire les premières « guerres totales ». Cette notion met entre parenthèse le politique ».
« Le terme « d’anéantissement », lui non plus, ne va pas de soi. Et pour cause. Il englobe toutes les victimes, les combattants comme les victimes des bombardements... »

« Les nouveaux programmes laissent penser que c’est la « folie des hommes » qui cause des génocides. Avec un tel présupposé, enseigner l’histoire reviendrait à extirper le mal présent en chacun de nous en communiant avec les souffrances des hommes du passé. À cette aune, toutes les souffrances de toutes les guerres se valent. C’est la défaite de la pensée, de la volonté de comprendre, de l’intelligence ».

« Les auteurs de manuels ont bien perçu la difficulté de décrire des guerres sans chronologie et sans contexte... »

Cette dérive est mise en relation avec les injonctions politiques : lire la dernière de Guy Môquet, confier à un élève de CM2 la mémoire d'un enfant victime de la Shoah, 11 novembre célébration des soldats morts dans toutes les guerres, Histoire de France réduite à l'identité nationale avec une Maison installée dans les locaux des Archives nationales ...

« Nous écrivons ce texte alors que François Hollande vient d’être élu président de la République. Parmi ses engagements figurent ceux de rétablir la formation des enseignants et de réintroduire l’enseignement de l’histoire en classe terminale scientifique. Pour le reste – les programmes d’histoire, les archives… – il est encore trop tôt pour savoir si une nouvelle politique sera mise en place. Mais nous souhaitons insister sur le fait qu’une politique en matière d’histoire forme un tout. C’est une politique de l’archive. C’est la liberté de la recherche et le respect des enseignants et des chercheurs. C’est un enseignement qui permet aux élèves de se situer dans le temps et de savoir de quelle histoire est fait le monde dans lequel ils vivent ».


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11 novembre 2012

11 novembre, la mémoire trouble

 

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- 11 novembre, la mémoire trouble - L'Humanité, 09.11.2012

Le gouvernement ne reviendra pas sur la décision de Nicolas Sarkozy de commémorer en une seule date toutes les guerres, y compris coloniales. Et en 2014, seront fusionnées les cérémonies de 1914 et de 1944. Des historiens, élus et citoyens réagissent. Comme Christian Namy, sénateur socialiste et président du conseil général de la Meuse, pour qui amalgamer 1914 et 1944 créera une «confusion».
http://www.humanite.fr/medias/ce-vendredi-dans-lhumanite-11-novembre-la-memoire-trouble-508277

- Le sous-lieutenant Chapelant, fusillé en 1914, réhabilité en 2012.

chapelant

Jean Julien Marius Chapelant
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Julien-Marius_Chapelant


Kader Arif a décidé de lui attribuer la mention " Mort pour la France ". L'annonce a été faite vendredi 9 novembre.

« Au matin du 7 octobre 1914, quand l'artillerie allemande fait feu sur la section de mitrailleuses que commande le sous-lieutenant Chapelant, âgé de 23 ans, près de la petite commune de Roye (Somme). Des hommes sont tués, la panique est générale. Chapelant, sera-t-il dit, décide alors de se rendre, agite un mouchoir blanc pour inciter ses hommes à en faire autant, et reçoit une balle dans la jambe, avant d'être secouru par des brancardiers. Condamné à mort, il est fusillé sur son brancard quatre jours plus tard pour  capitulation en rase campagne ».

« En 2012, le choix de Chapelant n'est pas fortuit. Des quelque 650 soldats français fusillés en 14-18 après avoir été condamnés par des conseils de guerre pour désertion, mutinerie, refus d'obéissance ou crime de droit commun, il est en effet l'un des plus célèbres, et ce pour deux raisons. La première est qu'il fut l'un des rares officiers à avoir été passés par les armes. La seconde est que les circonstances de sa mort - une exécution sur un brancard - ont durablement marqué les esprits »

Le Monde : http://www.lemonde.fr/2012/11/10/le-soldat-chapelant-fusille-en-1914-et-rehabilite-en-2012.html

Libération : http://www.liberation.fr/societe/2012/11/09/un-fusille-pour-l-exemple-de-1914-declare-mort-pour-la-france_859320


mh-chapelant

La fiche (très corrigée) par Mémoire des hommes

ampuis-mm

Le monument aux morts d'Ampuis

ampuis-mm-mention

avec la mention de Chapelant



- Dans la rubrique Grande Guerre du site Clioweb,
http://clioweb.free.fr/dossiers/14-18/1418.htm

. Les 2 monomuments aux morts de Céaucé (1870, 1914)m une commune de l Orne.

. Théophile Maupas, un des 4 caporaux fusillés le 17 mars 1915
et réhabilité en 1934 après un long combat de Blanche, son épouse.

. Jean Birnbaum, La guerre de tranchées entre historiens, Le Monde 13.03.2006


- Fusillés pour l’exemple, Alain Moreau et Patrick Cabouat, 2003
http://www2.cndp.fr/TICE/teledoc/dossiers/dossier_fusilles.htm

"Adieu la vie, adieu l'amour", un documentaire de Michel Brunet et Dominique Hennequin
http://www.pluzz.fr/doc-24-nord-pas-de-calais-2012-11-10-15h20.html

http://www2.cndp.fr/archivage/valid/41680/41680-6589-6308.pdf


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