16 septembre 2011

L'égalité, une coquille vide ?

 

Télérama 3218 comporte un entretien avec Pierre Rosanvallon, qui vient de publier La Société des Egaux (Le Seuil).
Entretien sans doute à venir en ligne dans Télérama - http://www.telerama.fr/idees/

Extraits, avec l'aide de Google Docs : Micro-Hebdo hors série 64 explique page 25 comment récupérer le texte à partir d'une photo (en noir et blac, de bonne définition) ou d'un scan. Deux lignes ont été laissées en l'état : le fl, le l'é et le Unis passent mal (cf les copies d'écran en fin d'article).
 

Selon PR, « l’idée démocratique a trois dimensions :
. Elle se matérialise d’abord dans des institutions représentatives censées exprimer la volonté générale.
. Elle s’incarne aussi dans une culture publique (le débat et l’interpellation des pouvoirs).
. C’est aussi une forme de société, le projet de créer un monde de semblable …
Or le peuple fait aujourd’hui moins corps, le citoyenneté sociale régresse. L’insupportable croissance des inégalités est à la fois l’indice et le moteur de ce déchirement ».

PR évoque ensuite la société des égaux pensée par les révolutionnaires américains et français.

Q - Comment l’idée d’égalité se transforme-t-elle au XIXe ?
R - « Face à la remise en cause radicale de la conception de l'égalité version 1789 , on voit d’abord apparaître une vaste entreprise de justification. C’est la construction de l'idéologie bourgeoise : elle rationalise le retour en arrière en se référant à de fumeuses théories de l’inégalité naturelle, racistes et autres ; ou bien elle considère les inégalités comme résultant des seuls comportements individuels, simple affaire de vertu ou de talent. C’est nier que les inégalités peuvent avoir une dimension sociale.

Q - D’autres vont pourtant défendre le principe de l'égalité, mais en élargissant la dimension de « semblables » que lui avaient donnée les révolutionnaires...
R - On le constate d’abord avec 1e socialisme utopique, qui définit Pégalité comme intégration dans un collectif : dans les fameuses communautés utopiques des années 1840, qui fleurissent jusqu’aux Etats-Uiiis : il n’y a plus d’inégalités, plus de distinction entre les hommes puisqu'il n'y a plus d'individus. C'est le retour à une société de corps. Mais cette idée n’aura pas sur le long terme le succès escompté.

Une autre conception de l’égalité voit le jour en Europe, c’est l’égalité conçue comme homogénéité, qui se fonde sur des idées nationalistes et xénophobes, et trouve en Barrès son héraut français (Contre les étrangers, son premier livre, est publié en 1893).

 Mais c’est une troisième philosophie de l’égalité qui va heureusement s’imposer, celle des républicains sociaux et des sociaux-démocrates de la fin du XIXe siècle. Eux ne pensent pas l’égalité comme une identité sur tous les
points, mais cherchent avant tout un moyen de refaire société.
Pour y parvenir, disent-ils, il faut réduire les inégalités économiques, protéger l’individu contre les aléas de l’existence - bref, créer l’Etat-providence. On assiste ainsi, au même moment et partout en Europe et aux Etats-Unis, à la naissance de 1’impôt progressif sur le revenu, aux lois sociales protectrices du travail et aux assurances sur les accidents : en moins de trente ans, on est passé du capitalisme triomphant à un taux d’impôt sur le revenu de 50 %, voire plus. C’est une véritable révolution des mentalités ».

Selon PR, face au retour des rentiers, il est grand temps de repenser la participation au bien-être collectif.

rappel :
- Lecture de l'ouvrage La Société des Egaux par Julie Clarini pour Le Monde des livres (02/09/2011),
- Entretien de Libération avec l'auteur :
http://clioweb.canalblog.com/archives/2011/08/28/21880345.html

 

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Le texte dans la photo source

 

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Le texte, après la reconnaissance de caractères (OCR) par Google Docs.

 
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