04 septembre 2020

4 septembre

 

4 septembre 1870

La déchéance de l'empereur est prononcée sous la pression des Parisiens au Palais Bourbon.
A l’Hôtel de ville, Gambetta proclame la République.

Le général Trochu assume la présidence du gouvernement provisoire

https://fr.wikipedia.org/wiki/Proclamation_de_la_République_française_du_4_septembre_1870
https://fr.wikipedia.org/wiki/Gouvernement_de_la_D%C3%A9fense_nationale
https://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9on_Gambetta#Gouvernement_de_la_D%C3%A9fense_nationale

dans Wikipedia, certains passages suggèrent une formulation par des nostalgiques du bonapartisme.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Napoléon_III#Légende_noire_autour_de_Napoléon_III


«  Le 4 septembre 1870, au lendemain de Sedan, on la vit s'offrir au pays pour réparer le désastre. De fait, la République sut relever la France, reconstituer les armées, recréer un vaste empire renouer des alliances solides, faire de bonnes lois sociales, développer l'instruction. Si bien qu'elle eut la gloire d'assurer pendant la Première Guerre mondiale notre salut et notre victoire »
Charles de Gaulle, Discours prononcé place de la République, Paris le 4 septembre 1958
https://mjp.univ-perp.fr/textes/degaulle04091958.htm


« Mémoire et interprétation du 4 Septembre 1870 : le sens de l’oubli »,
Olivier Le Trocquer, Temporalités 5 | 2006
https://journals.openedition.org/temporalites/283


Ce matin, les chaînes de la pub annoncent le contenu du discours du PdR au Panthéon.


4 septembre 2020 - 150 ans en République

vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=Nzfyvocas7I

https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2020/09/04/150-ans-en-republique

https://www.elysee.fr/front/pdf/elysee-module-15937-fr.pdf
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29 août 2020

Gambetta et les paysans



Gambetta-1838-1882

Léon Gambetta (1838-1882)



A propos de Gambetta évoqué dans l'émission Nos Géographies (27.08.2020) :

« Le célèbre discours d'Auxerre du 1er juin 1874 est, à mes yeux, l'expression la plus complète
du discours tenu par Gambetta pour rallier le maximum de paysans à la République »
in 
La République à la conquête des paysans, les paysans à la conquête du suffrage universel
Philippe Vigier, Politix 1991
https://www.persee.fr/docAsPDF/polix_0295-2319_1991_num_4_15_1461.pdf


Gambetta, discours d’Auxerre, 1er juin 1874

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6112251b/f2.image.texteImage

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6112251b.texteImage

texte brut : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6112251b/texteBrut

Vigier : Pour Ténot, et Gambetta adopte son point de vue, les « Montagnards » de la seconde phase de la Seconde République ont eu raison de vouloir promouvoir une « République des paysans ». Mais ils ont eu tort d'en vouloir faire une « République des petits », en lutte contre « les gros ». Car ils ont ainsi permis au bonapartisme d'agiter « le spectre rouge » de la jacquerie

Il s'agit de rappeler sans cesse aux habitants des campagnes le fait que la République "nouvelle manière", rurale, provinciale et socialement conservatrice (on a gommé du programme républicain toute attaque contre les "gros"…) défend mieux leurs intérêts et leurs aspirations qu’un bonapartisme renaissant...


« Napoléon III sera en apparence un homme de la paysannerie, en réalité celui de l'aristocratie financière »
Vigier cite Rubel (M.), Karl Marx devant le bonapartisme, Paris, Mouton, 1960.
En fait, M. Rubel fait référence aux passages de K. Marx dans Les luttes de classes en France, 1848-1850 (Paris, Editions sociales, 1984) :
Louis-Napoléon Bonaparte, « hiéroglyphe indéchiffrable pour la nation des gens civilisés » 
symbolise parfaitement « la classe qui représente la barbarie au sein de la civilisation »


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Gambetta, les couches nouvelles

 

- Fonder la République sur les « nouvelles couches sociales » (Gambetta) :
description du monde social et préférences institutionnelles dans la France des années 1870
« Discours prononcé le 26 septembre 1872 à Grenoble »
Chloé Gaboriaux , Histoire@Politique 25 - 2015/1

Notables et République en France de 1870 à nos jours
https://www.histoire-politique.fr/index.php?numero=25


Discours d'Auxerre, 1er juin 1874
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k94027t/f509.item page 135-164

Discours et plaidoyers politiques de M. Gambetta.
IV. 3e partie (10 juin 1873-31 décembre 1875) / publ. par M. Joseph Reinach, 11 volumes, Paris : G. Charpentier, 1880-1885

I. 1re partie (14 novembre 1868-4 septembre 1870) ;
II. 2e partie (19 septembre 1871-24 juillet 1872) ;
III. 2e partie (suite), (19 septembre 1872-16 mai 1873) ;
IV. 3e partie (10 juin 1873-31 décembre 1875) ;
V. 4e partie (18 janvier 1876-12 juillet 1876) ;
VI. 4e partie (suite), 1er août 1876-4 mai 1877) ;
VII. 5e partie (16 mai 1877-14 décembre 1877) ;
VIII. 6e partie (7 janvier 1878-8 janvier 1879) ;
IX. 7e partie (6 février 1879-28 octobre 1881) ;
X. 8e partie (9 novembre 1881-26 janvier 1882) ;
XI. 9e partie (10 mai 1882-18 juillet 1882)

 

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17 mai 2020

La crise du 16 mai 1877

 

LeonGambetta

Léon Gambetta (1838-1882)


La crise du 16 mai 1877
https://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_du_16_mai_1877

En 1873, le maréchal de Mac-Mahon est élu chef de l'état après la démission de Thiers.
Il nomme un gouvernement d’Ordre moral dirigé par le duc de Broglie
pour préparer le retour de la monarchie (mais le comte de Chambord fait échouer ce projet).

Mac-Mahon ne peut s’opposer au vote des lois constitutionnelles de 1875
et à l’élection d’une majorité républicaine à l’assemblée.

4 mai 1877 : Gambetta « Le cléricalisme, voilà l'ennemi »

Le 16 mai 1877, Mac-Mahon dissout cette assemblée,
et nomme à nouveau le duc de Broglie à la tête d’un gouvernement de choc monarchiste et clérical.

La campagne est passionnée.

« Quand la France aura fait entendre sa voix souveraine,
croyez-le bien, Messieurs, il faudra se soumettre ou se démettre »,
Léon Gambetta, discours de Lille 15 août 1877
http://droitpolitique.com/publications/publication/44/discours-de-gambetta-a-lille-15-aout-1877

Le 14 octobre 1887, les républicains gardent la majorité.
Le duc de Broglie démissionne le 20 novembre.
Mac-Mahon admet sa défaite.
Le Sénat devient républicain en janvier 1879.
Mac-Mahon démissionne le 30 janvier. Il est remplacé par Jules Grévy.

Le droit de dissolution ne sera plus utilisé sous la IIIe République devenue un régime parlementaire.


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19 octobre 2012

Une République de paysans ?

 

Vigier Philippe. La République à la conquête des paysans, les paysans à la conquête du suffrage universel.
In: Politix. Vol. 4, N°15. Troisième trimestre 1991. pp. 7-12.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/polix_0295-2319_1991_num_4_15_1461

extrait :

« DANS CE RAPPORT introductif au colloque "Les agriculteurs aux urnes" qui se veut pluridisciplinaire, il m'a été demandé de présenter le point de vue de l'historien actuel : dans quelle mesure nos recherches récentes nous permettent-elles de mieux connaître le vote paysan -  dans la mesure même où il existe et où l'on parvient à le mesurer dans son infinie diversité - au siècle dernier  ? »

« ... les observateurs étrangers aient été de longue date frappés par cette prédominance durable d'une France rurale et paysanne : une France vivant "à l'heure de son clocher", comme l'écrivait en 1955 l'observateur suisse Herbert Liithy tandis que, quelques années plus tôt, en 1949, l'historien anglais Cobban, qui enseignait l'histoire de la France contemporaine à Oxford, affirmait péremptoirement (nous sommes ici au coeur de notre sujet !) : "En dernière analyse, au fond, la France est une République de paysans ».

« selon Cobban, le roc immuable est cette démocratie de petits et moyens propriétaires, d'exploitants agricoles qui, depuis qu'ils ont obtenu la maîtrise de la terre (c'est-à-dire essentiellement depuis la première Révolution) ne songent qu'à conserver ce qu'ils ont, en s'opposant à toute transformation profonde des structures sociales et politiques. Il y a, bien sûr, des bémols à apporter (et nous avons été plusieurs à le faire) à cette vision beaucoup trop systématique du conservatisme d'un paysan satisfait.
Notre collègue britannique n'en a pas moins eu le mérite, à mes yeux, de souligner le fait que les paysans ont joué dans la vie politique et sociale de notre pays un rôle infiniment plus grand que les farmers et les "hommes de la terre" en général dans l'histoire de l'Angleterre et des Etats-Unis à l'époque "contemporaine" (au sens français du terme)».

Quel a été le rôle de la Révolution, de la IIe République, de l'Empire, de la IIIe République dans la pénétration de la politique dans les campagnes ?

Pour Philippe Vigier, le discours d'Auxerre 1er juin 1874 est l'expression la plus complète de la volonté de Gambetta de rallier les maximum de paysans à la République.
http://echo.auxerre.free.fr/dossier_telechargement/discours/discours_gambetta.pdf
Gallica : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6112251b

 

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13 juin 2011

Une journée de la laïcité ?

De profundis laïcité
d'après Guy Konopnicki, Marianne, 11/06/2011 :

Les sénateurs voudraient fêter Sainte Laïcité le 9 décembre, entre la Toussaint et Noël... Un dimanche ? Un samedi ? un vendredi ? A défaut du lundi de Pentecôte que Raffarin avait voulu dé-chômer en faisant travailler plus pour zéro euro. Pourquoi une seule journée ? Pour imiter la journée des femmes ?

Dans cette hypothèse, la laïcité la seule des valeurs de la Constitution à être gratifiée d'une journée nationale, non fériée, en dehors de la liberté (la vraie, pas celle des thatchériens) le 14 juillet (cf les FetNat).

GK rappelle que dans bien des écoles, la seule évocation des discours de Jules Ferry 
soulèverait des protestations. Elle dérangerait sans doute aussi certains sénateurs.
http://clioweb.free.fr/presse/1temp/marianne/kono-laicite.jpg


Qu'est-ce que la laïcité ?
http://clioweb.free.fr/debats/laicite.htm

1850 - Victor Hugo contre le parti clérical et contre la loi Falloux
1869 - 1877 - Léon Gambetta, Le programme de Belleville - Le cléricalisme, voilà l'ennemi
1883 - Jules Ferry... Lettre aux instituteurs

1905, la séparation : http://clioweb.free.fr/dossiers/1905/1905.htm

 

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31 mars 2011

La laïcité face aux cléricaux

La religion n’est pas un service public, Henri Pena-Ruiz, Libération 29/03/2011

« Apparemment notre république serait trop pauvre pour faire vivre des grands services publics communs à tous, croyants, agnostiques et athées. Asphyxie organisée de l’école publique, démantèlement des hôpitaux de proximité, privatisations en tous genres, etc. L’ultra-libéralisme fait son œuvre. La solidarité redistributive n’est plus à l’ordre du jour. En revanche la république serait assez riche pour financer des lieux de culte, qui ne concernent pourtant que les croyants pratiquants, une petite minorité. M. Sarkozy prône le supplément d’âme d’un monde sans âme. La terre vous paraît bien injuste voire invivable ? Réfugiez-vous donc dans le ciel ! Le protecteur des nantis ose dire sans ambages : « La république a besoin de croyants » (discours au palais du Latran).

La religion réduite à une compensation, et reconnue d’utilité publique ? Napoléon, que ne hantait pas une foi très vive, avait expérimenté la recette avec son concordat, qui aujourd’hui encore en Alsace-Moselle fait financer par tous les citoyens, croyants ou non, le culte de certains. Les mauvais coups contre la laïcité n’ont cessé. Voici venir le coup de grâce ...: la destruction de la loi de 1905 … Ne sacrifions pas l’universel sur l’autel du particulier. Préservons la laïcité ».

Lire Henri Pena-Ruiz, Qu’est-ce que la laïcité ? Gallimard, Folio 09/2003
http://clioweb.free.fr/debats/laicite.htm


« Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance » - N Sarkozy - Rome 20 décembre 2007

Une telle caricature et un tel mépris des éducateurs, que les conseillers les plus réacs ont directement copiée-collée des discours de combat de la droite catholique en guerre contre la Seconde République en 1849-1851, donnent-ils vraiment légitimité à parler de laïcité en 2011 ?


- Les religieux s'unissent pour dire non au débat voulu par NS et l'UMP. Le Parisien 29/03/2011
Curieux médias ! En choisissant de titrer hier sur les chefs religieux, ils ont illustré une dérive durable :
- Ils semblent croire que l'agitation de marionnettes dans une pré-campagne lancée trop hâtivement va leur faire vendre du papier, ou du moins éviter d'affronter les vrais enjeux politiques et sociaux.

Ils vendent l'image d'un pays sous la coupe de six « grandes » religions ! Ce faisant, ils prêtent aux religieux une légitimité bien supérieure à la réalité des pratiques dans un pays où  les citoyens ont pris depuis une génération leur distance avec les institutions, y compris religieuses. cf Danielle Hervieu-Léger - Le Mans 2002

Curieuse société ! Ceux qui parlent le plus fort de laïcité sont souvent les héritiers de ceux qui l'ont combattue avec le plus d'acharnement et de constance ... (cf le parti dit « de l'ordre » en 1850, l'ordre dit « moral » en 1873 - cf le sacré coeur...)

Beaucoup semblent occulter la différence entre liberté de conscience et liberté de croyance. Pour les plus réacs, un rationaliste républicain est forcément un NON-croyant. Caricaturer en « laïcard » ou « laïciste » un homme aux fortes convictions humanistes, cela dispense de débattre avec lui et de l'inviter dans les médias ...


Quelques textes à relire, dans un long combat pour la liberté de pensée :

- Voltaire, Traité sur la tolérance à l’occasion de la mort de Jean Calas (1763),
 http://www.etudes-litteraires.com/voltaire-tolerance.php

- Victor Hugo, dans son réquisitoire contre la loi Falloux (1850) :
http://clioweb.free.fr/textes/hugo1850.htm

« Ah ! nous vous connaissons ! nous connaissons le parti clérical. C'est un vieux parti qui a des états de services. (On rit.) C'est lui qui monte la garde à la porte de l'orthodoxie. (On rit.) C'est lui qui a trouvé pour la vérité ces deux étais merveilleux, l'ignorance et l'erreur. C'est lui qui fait défense à la science et au génie d'aller au-delà du missel et qui veut cloîtrer la pensée dans le dogme. Tous les pas qu'a faits l'intelligence de l'Europe, elle les a faits malgré lui. Son histoire est écrite dans l'histoire du progrès humain, mais elle est écrite au verso. (Sensation.) Il s'est opposé à tout. (On rit.) »

- Léon Gambetta  " Le cléricalisme, voilà l'ennemi "  Chambre des députés, 4 mai 1877

- Jules Ferry, Lettre aux instituteurs (1883)  : « Ce que vous allez communiquer à l'enfant, ce n'est pas votre propre sagesse, c'est la sagesse du genre humain »  http://clioweb.free.fr/textes/ferry1883.htm

- La loi de 1905 :
« Art 1 - La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public.
Art. 2. - La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte... »

http://clioweb.free.fr/dossiers/1905/1905.htm

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