10 novembre 2016

Fred Turner : Le cercle démocratique

 

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Multimedia, global democracy & authoritarian individualism
conférence de Fred Turner le 8 nov 2016 à Sciences-Po Paris
http://livestream.com/sciencespo/events/6587564/videos/141346107
en tweets
http://toptwitter.com/fr/Fred-Turner


à l'occasion de la traduction de l'ouvrage
Le cercle démocratique Le design multimédia de la Seconde Guerre mondiale aux années psychédéliques
table des matières et intro en pdf, C&F éditions
http://cfeditions.com/cercleDemocratique/ressources/cercleDemocratique_specimen.pdf


Vers la 49e mn
:
A deeper irony in media history
the democratic surround of the 1940s (le cercle démocratique) avait pour but de contrer la tentation autoritaire, d'utiliser les médias au service de la démocratie
Facebook et Google tiennent aujourd'hui un discours équivalent.
« Soyez la personne que vous êtes et venez collaborer avec les autres » dit FB.

En fait, cela ne marche pas.
The trouble is the social media it didn't replace the earlier medias
Une nouvelle technologie ne remplace jamais la précedente, les technologies tendent à s'empiler.
Les medias sociaux interagissent avec les medias traditionnels. Une provocation de T. fait réagir sur Tweeter. Les réactions alimentent le contenu de FoxNews, dont les jugements à l'emporte pièce ont un écho sur Facebook. Une vision de droite s'installe, avec des techniques qui singent la proximité. Tout ceci génère des revenus publicitaires considérables.

Comment répondre ?
Par les médias sociaux ?
Par l'occupation des places ?
Avec le mouvent Occupy, nous avons les places et les coins de rue,
pendant ce temps, le Tea Party s'est organisé et peut espérer contrôler le Congrès.
Fred Turner plaide pour un combat politique concret, avec un engagement dans des structures qui peuvent soutenir l'évolution vers plus de démocratie.

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Rosa Parks 1956. First day of legal bus integration
Le combat individuel peut avoir sa place, à condition de réussir à faire bouger les lois
(le boycott des bus a duré 381 jours).

 

Un compte rendu de l'ouvrage The democratic Surround dans La vie des idées 23.06.2014
http://www.laviedesidees.fr/Des-medias-de-masse-au-multimedia.html

Quel rapport entre le Bauhaus, l’anthropologie culturelle, le MoMA, les premiers happenings et la musique psychédélique ? Artistes (László Moholy-Nagy, John Cage), intellectuels (Gregory Bateson, Margareth Mead), philanthropes (Abby Rockefeller), conseillers et responsables politiques ont mis leur talent au service d'une démocratie culturelle utilisant les médias au service de la démocratie afin de contrer les régimes autoritaires.
L’ouvrage inscrit un projet (politique ?) de civilisation dans la matérialité des dispositifs artistiques et médiatiques qui le servent (expositions, exhibitions, happenings)



The Democratic Surround: Multimedia and American Liberalism from World War II to the Psychedelic Sixties

« The Democratic Surround is a dazzling cultural history that demonstrates how American intellectuals, artists, and designers from the 1930s-1960s imagined new kinds of collective events—different from Fascism’s crowds—that were intended to promote a powerful experience of American democracy in action. Drawing parallels across a wide set of venues—from MoMA’s Road to Victory and Family of Man shows of the midcentury period to the 1959 National Exhibition in Moscow to the Happenings of the 1960s counterculture, Turner challenges us to think about the lines between information, entertainment, art, and propaganda ».
http://fredturner.stanford.edu/books/the-democratic-surround/

intro
http://culturedigitally.org/wp-content/uploads/2014/02/Intro_Turner_9780226817460_web.pdf

Fred Turner and Clay Shirky 01.02.2014
http://www.publicbooks.org/interviews/the-democratic-surround-a-conversation-between-fred-turner-and-clay-shirky

Media in the Democratic State, By Jathan Sadowski, LA review of books 12.03.2014
https://lareviewofbooks.org/article/media-democratic-state/

Mattew D Linton 16.04.2015
http://www.matthewdlinton.com/2015/04/16/the-revolution-that-wasnt-review-of-fred-turners-the-democratic-surround/

 

En 2006, Fred Turner a publié
From Counterculture to Cyberculture Stewart Brand, the Whole Earth Network and the Rise of Digital Utopianism
Aux sources de l'utopie numérique : De la contre-culture à la cyberculture, Stewart Brand, un homme d'influence
(traduction en 2012 C&F éditions
http://cfeditions.com/utopieNumerique/

 

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06 janvier 2015

De la contre-culture à la cyber-culture

 

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From Counterculture to Cyberculture - Stewart Brand, The Whole Earth Network, and the Rise of Digital Utopianism, Chicago 2006
Aux sources de l'utopie numérique - De la contre-culture à la cyberculture, Stewart Brand, un homme d'influence, Paris 2012

A partir de la biographie de Stewart Brand, un passeur (cf Whole Earth Catalog, WELL, Wired), Fred Turner tire en 2006 un tableau des relations complexes entre choix technologiques, stratégie politique et systèmes idéologiques.

L'ouvrage a été traduit en 2012 par C&F éditions, 6 ans après la parution aux USA.
L'éditeur a mis en ligne le début du livre, dont la préface de Dominique Cardon
http://cfeditions.com/Turner/ressources/Turner_Specimen.pdf


Vidéo d'une conférence à l'EHESS en décembre 2014 :
http://www.canal-u.tv/video/ehess/vf_aux_sources_de_l_utopie_numerique_de_la_contre_culture_a_la_cyberculture.17472

Une lecture par Monique Dagnaud, La France, nouvel Eden des déçus de la Silicon Valley, Le Temps 13.03.2015
http://www.letemps.ch


Le séminaire DH a consacré une séance à l'ouvrage le 02.10.2013,
après une émission Place de la Toile en 2012.
http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile-de-la-contre-culture-a-la-cyberculture-2012-12-15
annonce : http://philologia.hypotheses.org/1256
La thèse de Fred Turner est forte : loin d’être neutre, la technologie serait en l’occurrence le véhicule d’une idéologie cohérente, à la fois libertaire et anti-autoritaire, libérale et « entrepreneuriale »
compte rendu http://philologia.hypotheses.org/1371

La sortie d'un ouvrage sur la propagande au service de la démocratie a incité l'auteur à venir à Paris.
Il est intervenu à deux reprises à l'EHESS :
le 18.12.2014 sur Stewart Brand et la contre-culture
le 16.12.2014 sur un ouvrage plus récent
The democratic surround : Multimedia and American Liberalism from World War II to the Psychedelic Sixties

Ce déplacement a suscité un regain d'intérêt dans les médias.
L'auteur a été invité par Sylvain Bourmeau (La suite dans les idées, 27.12.2014) :
un détail : le livre reste le meilleur moyen d'accéder à France-Culture.
http://www.franceculture.fr/emission-la-suite-dans-les-idees-2014-12-2


La contre-culture dans la Californie des années 1960 est à la source de la cyberculture.
Une branche sociale du mouvement hippie combat la politique de Nixon et la guerre du Vietnam.
Une branche artiste a l'aversion de l'Etat et des structures politiques ; elle veut transformer l'individu pour changer la société : communalisme (communautés hippies), éloge de la créativité individuelle, horizontalité, activité passant avant le statut (d'où l'anonymat sur internet) et appui sur les débuts de l'informatique (la souris d'Engelbart, le Whole Earth Catalog, les forums).

« En se débarrassant des instruments de la critique de la domination au profit de la recherche de l’authenticité, la gauche contre-culturelle a fait le lit des politiques de dérégulation » et de flexibilité voulues par les patrons du nouveau capitalisme digital.
Les nouvelles multinationales US bâtissent leur fortune sur l'exploitation commerciale des usages de l'internet et une connexion massive. Ce qui ne les empêche pas, dans leurs discours de promotion, de revendiquer des principes d’ouverture, de partage et d’autonomie portés par les pionniers (cf. Google).
Liberté d'expression, neutralité du réseau, circulation des savoirs, biens communs, la vigilance des internautes reste essentielle face aux tentatives de normalisation par les Etats et les multinationales US.

D. Cardon souligne d'autres sources dans l'essor de la cyberculture et du numérique :
- des expressions plus radicales de l’autonomie, comme le hacking, le cyberpunk et les mondes pirates
- des systèmes d’autorégulation méritocratiques se sont constitués au sein des collectifs techniques définissant les protocoles de communication de l’internet comme l’IETF et le W3C
- la production collective de biens communs immatériels qui s’est inventée dans le monde du logiciel libre et prolongée avec Wikipédia.


FredTurner-2013

Les publications de Fred Turner :
http://fredturner.stanford.edu/


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19 décembre 2014

Internet et les mouvements sociaux

 

materiaux79

Internet et mouvements sociaux : nouvelles pratiques militantes, nouvelles sources pour l’histoire.
Matériaux pour l'histoire de notre temps - BDIC, Juillet-Septembre 2005 - N°79 12.00 €


- A propos de l'ouvrage de Fred Turner, Aux sources de l'utopie numérique, 2012
http://www.slate.fr/story/95899/fred-turner-technologies

« L'historien Fred Turner retrace la filiation entre les idéaux communautaires des années 60 et la vision d'un Internet comme espace de salut pour l'individu et le collectif. Selon lui, le pouvoir de fascination des réseaux nourrit l'idéologie de l'économie numérique, mais tant que la politique et le social seront laissés de côté, aucun ordinateur ne changera le monde ».

extraits de l'article de Slate :
« De son propre aveu amoureux des hippies lorsqu'il entame son travail, Turner a finalement montré à quel point leur rêve s'était transformé pour finir par rallier les idées économiques les plus individualistes, les moins progressistes socialement, leur donnant dans les années 90 le vernis de coolitude New age qui leur manquait pour gagner les esprits ».

Après l’échec du communalisme et des communautés (750 00 personnes), « la désillusion sera à la mesure des espoirs pour une génération entière alors orpheline de son rêve de changement social radical. Elle tentera de raviver la flamme sur les réseaux dématérialisés, pour reproduire une expérience de vie communautaire débarrassée cette fois pour de bon, pensait-elle, des origines des individus, des conflits de pouvoir et de la politique dont elle se méfiait tellement. L'anonymat et la coupure entre réel et virtuel laissant espérer que ce qui avait échoué dans les montagnes ou les déserts américains réussirait en ligne... »

Au milieu des années 1980, le modèle californien vante le travailleur nomade, libre et rebelle, la possibilité de s’accomplir, d’être créatif tout en travaillant. Un modèle qui convient très bien à la nouvelle économie, une version fin de siècle du capitalisme.
Mais l’auteur insiste : l’idée qu’on puisse s’émanciper par la technologie seule en laissant de côté l'organisation politique et les problèmes sociaux, relève du fantasme: « Cela revient à transformer les ordinateurs en outils de psychothérapie.»



- L'occasion d'un retour sur un dossier de 2005, dans un numéro très dense de Matériaux pour l’histoire de notre temps n° 79 :
L’internet militant - Chronique internet 394, Historiens & Géographes, mai 2006
http://clioweb.free.fr/chronique/aphg394.pdf

Quelles stratégies de collecte, de conservation et de mise à disposition développer pour préserver et valoriser le patrimoine numérique, pour limiter et maitriser l’ampleur des pertes irrémédiables ?

Les méthodes appliquées au papier restent largement applicables (cf DAF Les archives électroniques, Manuel pratique, DF 2002).
L’ensemble des bibiothèques et des fonds d’archives sont amenés à explorer des pistes nouvelles, en tenant compte des contraintes techniques et financières. La réflexion menée au sein du Codhos (collectif des centres de documentation en histoire ouvrière et sociale) prolonge les travaux du colloque « archives du présent » organisé par la Fondation Feltrinelli à Milan en 2004. De nombreux exemples étrangers sont présentés dans ce numéro : Fonds Occasio à Amsterdam, bibliothèque Tamiment de la New York University, Archives sociales de Zürich…
   Plusieurs articles s’intéressent à l’amont,
à la fois celui des mutations des conditions de travail dans les entreprises (Michel Pigenet « Centres d’appel, premières explorations d’un nouveau territoire du salariat ») et celui de l’ impact des TIC sur les pratiques militantes (Fabien Granjon « L’internet militant »). Plusieurs entretiens ont été conduit avec les acteurs, aussi bien responsables de syndicats ou de partis politiques, mais que militants  des « nouveaux mouvements sociaux (grèves de 1995, Forums sociaux, Attac et les altermondialistes…)

« Au départ, les structures militantes traditionnelles étaient vraiment embarrassées par la dimension « horizontale » d’Internet qui contredisait leur culture pyramidale et hiérarchisée ». Pour des raisons évidentes d’efficacité (la communication asynchrone fait gagner du temps et de l’argent) mais aussi sous la pression des militants les plus jeunes, ces structures ont été obligées d’adopter ces nouveaux supports. Elles y ont transféré leurs modes de fonctionnement, l’usage du web comme vitrine leur permettant de « continuer à fonctionner de manière verticale et verrouillée, à organiser les choses par le haut ».

Internet apporte une réelle efficacité aux nouvelles formes de militantisme, appuyées sur des structures horizontales, mobiles et a-hiérachiques, qui se développent parfois en réseaux transnationaux. Au sein de ces mouvements, des militants bénévoles jouent le rôle de passeurs : ils utilisent leur capital culturel important, leur maîtrise de l’écrit, leur expertise professionnelle au service de causes multiples et d’engagements parfois temporaires.

Un article traite d’une démarche originale : un investissement fort dans la technique, pour mettre des logiciels « libres », des outils d’hébergement au service d’autres associations militantes. Dans tous ces engagements, la conservation d’une mémoire des luttes n’est pas toujours la priorité essentielle.

« Des archives numériques dans historiens », s’interroge Philippe Rygiel qui déplore leur absence dans les structures qui décident de la structure à donner aux archives électroniques. Avec le risque de pertes irrémédiables, à la fois du fait d’un erreur de prévoyance sur les questions qui seront posées aux archives actuelles, et du fait de choix inadaptés, reposant sur une mauvaise anticipation de l’évolution technique.
Selon lui, les enjeux sont d’importance. Aujourd’hui, « malgré la célébration de l’histoire problème, les historiens sont encore souvent les explorateurs d’un fond principal d’archives. La possibilité prochaine d’accéder à de multiples banques de données structurées pourrait renouveler les matériaux offerts à l’historien et les manières d’y accéder. Sans compter avec le passage de la recherche individuelle au travail en équipe, avec le remplacement possible de l’article et du livre par des formes innovantes (dispositifs multimédia, système de gestion d’information, écriture logicielle collective…). Ces mutations majeures supposeraient une formation adaptée et évolutive ; or l’utilité de la formation des historiens à ces nouveaux outils est vivement contestée au sein des universités.


Matériaux pour l'histoire de notre temps, le sommaire :
http://www.bdic.fr/librairie/index.php3?id=89&q=mat%E9riaux%2079&action=aff_full&sid=95cfeb78ea940803bbbbc518c3e965ce
http://www.decitre.fr/revues/materiaux-pour-l-histoire-de-notre-temps-n-79-juillet-septembre-2005-internet-et-mouvements-sociaux-nouvelles-pratiques-militantes-nouvelles-sources-pour-l-histoire-5552901658040.html

Introduction, Françoise BLUM, Bruno GROPPO, Rossana VACCARO et Franck VEYRON ;

Des archives numériques sans historiens ? Un point de vue, Philippe RYGIEL ;
Les centres d’appel : premières explorations d’un nouveau territoire du salariat, Michel PIGENET ;
L’évolution des pratiques militantes à l’heure de l’Internet
 L’Internet militant, Entretien avec Fabien GRANJON ;
L’impact des nouvelles technologies de l’information et de la communication sur la communication syndicale. Le point de vue de Force Ouvrière, Eric PERES ;
L’exemple des activités en ligne du Syndicat national du Trésor–CGT. Entretien avec Arnaud LE ROI et Didier MARGUERY ;
Internet, Intranet : le Web confédéral de la CFDT, Entretien avec Philippe ANTOINE ;
Usages du Net et mémoire(s) électronique(s) : le point de vue confédéral de la CGT, Entretien avec Danièle GARNIER et Arnaud LE ROI ;
Un parti politique et le Net. L’exemple des Verts., Entretien avec Aldo BATTAGLIA ;
« Utiliser les ressources du Net au profit des forces progressistes ». Le R@S, Réseau Associatif et Syndical, Entretien avec François SAUTEREY ;
Samizdat.net, l’histoire d’un projet de médias alternatifs sur Internet., Entretien avec Aris Papatheorodou ;
Mémoire et ‘‘restitution’’ des Forums Sociaux, Nicolas HAERINGER ;
Archiver les débats des Forums sociaux. Extraits d’un entretien avec Laurent JESOVER] ;
Attac-Info. Ethnographie d’un média ‘‘alter’’ lors du FSM 2003, Fabien GRANJON ;

Collecte, sauvegarde et gestion des archives électroniques
Quelques remarques générales, Catherine DHERENT ;
L’Archivage de l’Internet à la Bibliothèque nationale de France, Catherine Lupovici ;
Archiver le Web. Le futur rôle de l’Institut National de l’Audiovisuel, Bruno Bachimont et Thomas Drugeon,
L’archivage des sites web d’organisations ouvrières et de mouvements de gauche. Etat des lieux à la bibliothèque Tamiment de la New York University. Michael NASH ;
Conserver les sites des partis politiques allemands à la Fondation Friedrich Ebert. Rudolf SCHMITZ ;
Le fonds Occasio de l’Institut international d’histoire sociale d'Amsterdam, Jenneke QUAST ;
Comment conserver les archives électroniques des hommes politiques ? Les ambitions du projet britannique PARADIGM, Janette MARTIN et Susan THOMAS ;
Numérisation et archivage électronique aux Archives Sociales Suisses de Zurich, Urs KÄLIN ;
Conserver la mémoire des mouvements sociaux contemporains en Flandres : le travail de l’Institut d’histoire sociale de Gand, Piet CREVE

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