16 juin 2017

Marc Bloch 16 juin 1944


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L'historien et résistant Marc Bloch a été assassiné par les Allemands le 16 juin 1944
à Saint-Didier-de-Formans (Ain), en même temps que 29 autres résistants.
Sa femme décède le 2 juillet à Lyon.


Marc Bloch 1886-1944. De l'histoire au martyre.
Lucien Febvre, Annales d'histoire sociale. 1945
http://www.persee.fr/doc/ahess_1243-258x_1945_num_8_1_3143

« ...il n'y a pas deux Marc Вloch - celui qui s'est effondré le 16 juin 1944, à l'heure où le soir tombait sur le Val de Saône, sous les balles de ces quatre tueurs de la Gestapo, deux en civil, deux en uniforme, qui mitraillaient par derrière, quatre à quatre les patriotes - et l'autre : l'autre qui enseignait, en Sorbonne, à ses disciples, l'Histoire, cette Histoire, maîtresse de haute culture, de large curiosité humaine - de fraternité de doctrine et, par dessus tout, de hautaine probité d'esprit ?
Un seul Marc Bloch .. »

 

stdidier-formans

Le monument aux résistants fusillés à Roussille, Saint-Didier-de-Formans (Ain)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-Didier-de-Formans
http://maitron-fusilles-40-44.univ-paris1.fr/spip.php?article179387

L'autre vie de Marc Bloch, documentaire Olivier Pasquet, France 3 2001
http://www.youtube.com/watch?v=tKDLg_O1nTA

 


Le site web de l'association Marc Bloch ne semble plus accessible.
Plusieurs versions ont été archivées par l'incontournable Internet Archive.
http://web.archive.org/web/20160604053850/http://www.marcbloch.fr/


Marc Bloch et les représentations de l'historien

10/04/2013 Ivan A / Lindsay F
Marc Bloch, historien et résistant, ressemble à un homme de son temps.  
Mais sa pensée, elle, brille d’une lueur qui éclaire encore notre temps présent.
Q
uel portrait iconique promouvoir aujourd'hui ?
http://tetes.hypotheses.org/224


Plusieurs ouvrages ont été numérisés par JM Tremblay pour les Classiques des sciences sociales
dont L'Etrange défaite + Apologie pour l'histoire ou métier d'historien
http://classiques.uqac.ca/classiques/bloch_marc/bloch_marc.html



Marc Bloch (1886-1944), Ecrire l’histoire, enjeux et défis
Un colloque de 2012 à Rouen et au Val-de-Reuil
Les actes sont en cours de publication.

Le programme :
http://grhis.univ-rouen.fr/grhis/?event=hommage-marc-bloch-2
dont
« Écrire l’histoire d’un historien : Marc Bloch, enjeux et défis » (F.-O. Touati, université de Tours)
« Marc Bloch et ses archives » (B. Müller, Genève)
« Marc Bloch et l’enseignement de l’histoire » (A. Burguière, EHESS)
« Marc Bloch et la réalité » (Olivier Dumoulin, Caen)
« Marc Bloch et le paysage » (S. Leturcq, Tours)
« Paysannerie et seigneurie au Moyen Âge » (G. Brunel, AN)
« Les rois thaumaturges » (Ph. Lardin Rouen)

intervenants et sujets abordés :
http://felix.lettres.pagesperso-orange.fr/cmb/cmbpresent.html

extrait de la biblio :
Carole Fink, Marc Bloch. Une vie au service de l'histoire, PU Lyon 1997
Marc Bloch : a Life in History
CR Adriaan Verhulst, Revue belge de philologie et d'histoire 1992
http://www.persee.fr/doc/rbph_0035-0818_1992_num_70_2_5746_t1_0564_0000_2
Olivier Dumoulin, Marc Bloch, Sciences Po, 2000.
CR Christian Delacroix RHMC 2000
http://www.cairn.info/revue-d-histoire-moderne-et-contemporaine-2000-4-page-855.htm
F-O Touati, Marc Bloch et l'Angleterre, Boutique de l'Histoire éditions, 2007


Les Caractères originaux de l'histoire rurale française, réédition 1989
Les Lundis  27.02.1989, rediffusé Nuits France-Culture 19.04.2017
avec Duby, Le Roy Ladurie, Toubert, Pitte
http://www.franceculture.fr/emissions/les-nuits-de-france-culture/les-lundis
Plusieurs émissions sont annoncées fin juillet sur F-Culture.


Bronislaw Geremek, « Marc Bloch, historien et résistant »
conférences Marc Bloch 1986
http://cmb.ehess.fr/49
extraits :
Geremek propose « une réflexion rapide sur le message contenu dans l’œuvre de Marc Bloch et sur son actualité, en prenant appui sur trois ouvrages » :
Les caractères originaux de l’histoire rurale française,
La société féodale,
Les rois thaumaturges.

« Par dessus tout, on sera sensible à l’effort pour atteindre toujours, derrière ses manifestations matérielles, l’élément social par excellence. J’entends : l’élément mental. »
« Marc Bloch ne considérait pas l’histoire sociale comme un domaine à part, mais partageait avec Lucien Febvre la conviction que l’histoire « est sociale tout entière, par définition ».

« La vie de Marc Bloch se présente aussi comme un message sur la place de l’historien dans la cité. Elle ne va pas de soi. L’historien en sait trop sur le jeu politique, sur l’écart entre les programmes et les réalisations, entre le voulu et le possible, pour ne pas éprouver une certaine gêne à s’engager. Il n’en sait que trop, aussi, sur les abus de l’utilisation de l’histoire à des fins douteuses pour ne pas vouloir que sa discipline se tienne à l’écart du forum. Marc Bloch, qui dilexit veritatem, pensait que la poursuite de la vérité doit prédisposer à la défendre et à la servir dans la vie, que l’histoire et l’historien doivent être au service du vrai et du juste, de la liberté et de la fraternité des hommes. Je ne crois pas être infidèle à sa pensée en disant que, après tout, on peut mourir pour Dantzig. Je crois ce message important : il est fondé sur l’unité de la vie et de l’œuvre d’un grand historien »

Les (autres) conférences Marc Bloch
http://www.ehess.fr/fr/conférences-marc-bloch
http://cmb.ehess.fr/

2017 - Luc Boltanski, EHESS,  « Pragmatique de la valeur et structures de la marchandise ».
http://www.sorbonne.fr/luc-boltanski-sorbonne-conference-marc-bloch/

2016 - Nancy Fraser - Sur les contradictions sociales du capitalisme contemporain :
De la famille, du féminisme, et de leurs relations avec le néo-libéralisme

2015 - Andrew Abbott - L’avenir des sciences sociales - [Texte intégral] - [Vidéo]
2014 - Simon Schaffer - Les cérémonies de la mesure : repenser l’histoire mondiale des sciences -
2013 - Hans Magnus Enzensberger - L’Histoire et les histoires Ou comment écrire les histoires et l’Histoire



marcbloch-amb
http://web.archive.org/web/20160604053850/http://www.marcbloch.fr/



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12 décembre 2015

Marc Bloch et les réactionnaires

 

 

« Le candidat Nicolas Sarkozy s’y était essayé, Jean-Marie Le Pen également s’était approprié les propos de Marc Bloch. Voici que Marion Maréchal-Le Pen à son tour puise dans le même seau pour faire frémir le sentiment patriotique de ses propos chauvins et islamophobes : « Qui n’a pas vibré au sacre de Reims et à la fête de la Fédération n’est pas vraiment Français !» (Le Figaro, 2 décembre 2015)

« ... Assurément la pensée de M. Bloch n’est pas réductible à un repli identitaire, elle n’est pas soluble dans la pensée nationaliste et islamophobe du Front national. Elle en est même l’antidote ! »
http://ihtp.hypotheses.org/1430


Voir la page 103 dans cette version mise en ligne.
Marc Bloch, L’étrange défaite. Témoignage écrit en 1940
Société des Éditions Franc-Tireur, Paris, 1946
http://classiques.uqac.ca/classiques/bloch_marc/etrange_defaite/etrange_defaite.html


2009, 2012, 2015 les réactionnaires ont tenté de récupérer l'héritage de Marc Bloch :
Voir : http://clioweb.canalblog.com/tag/marcbloch


marcbloch

Marc Bloch (1886-1944)
L'historien, le résistant est tombé sous les balles nazies le 16 juin 1944.

 

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16 juin 2014

Marc Bloch, 16 juin 1944


bloch


L'historien et résistant Marc Bloch est mort sous les balles allemandes le 16 juin 1944 à Saint-Didier-de-Formans (Ain). Sa femme décède le 2 juillet à Lyon.

En 1940, il participe comme capitaine à la bataille de France.
Il analyse les causes de la débâcle de 1940 dans L'étrange défaite.
http://clioweb.free.fr/dossiers/39-45/defaite.htm
Du fait de la politique antisémite de Vichy, il est exclu de l'université.
Carcopino le rétablit dans ses fonctions, à Clermont puis à Montpellier.
Marc Bloch s'engage dans la Résistance et devient un des dirigeants du mouvement Franc-Tireur.
Il est arrêté par la Gestapo le 8 mars 1944, abattu par les Allemands en même temps que 29 autres résistants.


rappels :

Marc Bloch, l'historien et l'homme d'action
http://www.marcbloch.fr/

Classiques des Sciences Sociales : ouvrages de Marc Bloch
http://classiques.uqac.ca/classiques/bloch_marc/bloch_marc.html

Bronislaw Geremek Marc Bloch, historien et résistant, juin 1986 : http://cmb.ehess.fr/49

Conférences Marc-Bloch - http://cmb.ehess.fr/
2013 - Hans Magnus Enzensberger, L’Histoire et les histoires Ou comment écrire les histoires et l’Histoire
3 juin 2014 - Simon Schaffer (Cambridge), Les mesures et leurs rituels. Pour une histoire mondiale des sciences
http://www.canal-u.tv/video/ehess/36econference-marcbloch-simon_schaffer

schaffer
Simon Schaffer, 36e conférence Marc Bloch


Marc Bloch - http://clioweb.canalblog.com/tag/marcbloch



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16 novembre 2012

L’œuvre de Marc Bloch dévoyée

 

mb-febvre

Marc Bloch, Lucien Febvre
Correspondance publiée par Bertrand Muller, Fayard éditeur

 

- L’œuvre de Marc Bloch dévoyée - Libération 12.11.2012
http://www.liberation.fr/politiques/2012/11/12/l-oeuvre-de-marc-bloch-devoyee_859924

« A la lecture du Figaro Histoire numéro 4, mes cheveux se sont dressés sur la tête » écrit Suzette Bloch, la petite fille de l'historien. « Marc Bloch, le grand historien qui a payé de sa vie son engagement dans la résistance contre les nazis, est mis par Le Figaro sur le même plan que le maurassien pro-mussolinien et antisémite Jacques Bainville, membre de l’Action française, journal de l’ultradroite monarchiste ».

Des journalistes peu scrupuleux attribuent à l’historien et résistant, chassé de l'université au nom de la politique antémite du régime de Vichy,  une formule de Pétain dans le discours du 20 juin 1940 (« l’esprit de jouissance l’a emporté sur l’esprit de sacrifice »).

Suzette Bloch remet en contexte la phrase rapprochant le sacre de Reims et la fête de la Fédération :
« Surtout, quelles qu’aient pu être les fautes des chefs, il y avait dans cet élan des masses vers l’espoir d’un monde plus juste, une honnêteté touchante à laquelle on s’étonne qu’aucun cœur bien placé ait pu rester insensible. Mais, combien de patrons, parmi ceux que j’ai rencontrés, ai-je trouvé capables, par exemple, de saisir ce qu’une grève de solidarité, même peu raisonnable, a de noblesse : passe encore, disent-ils, si les grévistes défendaient leurs propres salaires ». **


Lors de la conférence d'Oliver Loubes sur Jean Zay, allusion à Augustin Fliche, l'ultra-conservateur de l'histoire de l'église, qui veut "purifier" sa Fac de Lettres de Montpellier après l'inauguration par Jean Zay :-). Carole Fink mentionne son peu d'empressement pour accueillir Marc Bloch en 1941.
http://clioweb.free.fr/dossiers/39-45/fink-bloch.jpg


- Lire également Liberté pour les manuels d’histoire - Libération Rebonds
... « dans un Etat démocratique, le pluralisme est le meilleur garant de l’indépendance et de la qualité des manuels ».
http://www.liberation.fr/societe/2012/11/12/liberte-pour-les-manuels-d-histoire_859927


- La vague brune, l’histoire et l’école - L’Humanité 02.11.2012
« de la loi du 23février 2005 enjoignant les professeurs à souligner les « aspects positifs de la colonisation » au projet de Maison de l’histoire de France, en passant par la lecture de la lettre de Guy Môquet, le débat sur l’identité nationale ou le soutien de la mairie de Paris au Métronome de Lorànt Deutsch, les signes d’une instrumentalisation nauséabonde de l’histoire se multiplient depuis quelques années »
http://www.humanite.fr/societe/la-vague-brune-l-histoire-et-l-ecole-507658
Sur le site Aggiornamento :
- Dossier Figaro Histoire
- Vague brune sur l'histoire de France


** - Le texte est cité dans Clioweb, 27.10.2009 : Marc Bloch, Reims et la Fête de la Fédération
http://clioweb.canalblog.com/archives/2009/10/27/15583910.html

En novembre 2009, avec Nicolas Offenstadt, Suzette et Yves Bloch ont publié dans Le Monde la tribune :
« M Sarkozy, laissez Marc Bloch tranquille ».


L'étrange défaite
, comme d'autres ouvrages de Marc Bloch, est disponible
en numérique sur le site web Les classiques des sciences sociales - autre entrée

Marc Bloch, historien et homme d'action.
Le site de l'association Marc Bloch : http://www.marcbloch.fr/


Dans Wikipedia, une biographie de l'historien,
la liste des publications de Marc Bloch,
un choix d'ouvrages sur Marc Bloch
(Carole Fink, Olivier Dumoulin, Massimo Mastrogregori, Ulrich Raulff, Peter Schöttler...).

 

mbloch

Étienne Bloch, Marc Bloch, 1886-1944, une biographie impossible
Culture & Patrimoine en Limousin.

Peter Schottler, Marc Bloch : Historiker und Widerstandskämpfer
(historien et combattant de la Résistance), 1999


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06 décembre 2009

Marc Bloch, le patriotisme de l'action

Marc Bloch, l'homme et l'historien, le site de l'association
http://www.marcbloch.fr/

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Déclaration de l’Association Marc Bloch

Marc Bloch a été l’exemple de l’intellectuel (du grand intellectuel)  qui a décidé, à un moment crucial de sa propre histoire et de  l’histoire de la France, de tout quitter, de tout sacrifier, pour les valeurs universelles qu’il défendait. Son patriotisme a été le  patriotisme de l’action, de la lutte, du refus de l’occupation de sa patrie par une puissance militaire expansionniste. Ce n’était pas le patriotisme du repli, ni celui de la xénophobie, ni celui de la défense d’une « identité » étriquée, ni celui du refus de l’autre. C’était le patriotisme de l’opposition au racisme, à la ségrégation et à l’arbitraire ; le patriotisme d’affirmation de la fraternité  entre les hommes, de la liberté de son peuple face à l’oppression et à la trahison, de l’égalité pour la construction d’une société nouvelle.

Son engagement était la prolongation naturelle des orientations qu’il avait suivies dans son métier, où il avait totalement ébranlé les  habitudes et les archaïsmes de la vieille histoire traditionnelle. La revue qu’il avait fondée avec Lucien Febvre et avec d’autres  compagnons de travail, les Annales, avait accompli, au cours des  années 1930, une véritable révolution épistémologique et avait donné  à l’histoire sa place centrale de discipline raisonnée et intégrale. L’histoire n’était plus confinée au passé, ni placée au rang des curiosités de l’antiquaire ou des nostalgiques des temps écoulés. Elle était devenue une discipline vivante, qui s’intéressait aussi au présent, qui cherchait à mieux comprendre le passé pour mieux connaître la vie actuelle, pour mieux aider les hommes dans  l’organisation de l’avenir.

Pour lui, l’enseignement de l’histoire, étendu à toutes les couches  de la société, faisait partie des orientations défendues dans les  différents projets qu’il a pu ébaucher et mettre en pratique, y  compris durant les moments les plus difficiles de la lutte contre  l’occupant, où prédominaient davantage les considérations de tactique  et de résistance. Il n’était nullement hostile à l’utilisation des  leçons du passé pour orienter la vie future. Mais pas n’importe  quelle vie et pas n’importe quelle utilisation.

Notre association a déjà combattu (et a obtenu des victoires) contre  l’usage mercenaire et détourné de l’image et de l’exemple de Marc  Bloch. Elle a empêché entre autres l’utilisation et le trafic des références à Marc Bloch effectués par des groupes politiques de circonstance, dont le but évident et avoué était de parer leur nationalisme réactionnaire de belles formules et de se trouver un ancêtre reconnu. Aujourd’hui, elle ne peut rester non plus  indifférente devant l’usage des phrases et des citations de Marc  Bloch, totalement dépouillées de leur contexte, que font de nos jours  des autorités éminentes de l’Etat. Et ceci afin de défendre un repli  hexagonal étriqué, dans le meilleur des cas, ou d’alimenter une  campagne électorale, dans le pire des cas. Comme dans un passé  récent, notre association ne peut que condamner fermement et déplorer ces manœuvres lamentables, d’où quelles viennent et quelque soit leur objectif.

Car il y a aussi une contradiction évidente et néfaste dans le comportement actuel de nos hommes politiques. D’un côté, on recherche  des références politiciennes, à bon marché, auprès des historiens  renommés, et d’un autre côté, on supprime l’enseignement de l’histoire dans certaines classes terminales, pour commencer. On est  partant pour se servir de l’œuvre de nos historiens, en en vidant le sens premier, et en plaquant des phrases extraites, en prêt-à-porter,  tout en éliminant ou en réduisant, en même temps, la nécessaire formation historienne des futures générations dans les lycées. De ce  point de vue, et fidèle à sa vocation de défendre et de diffuser l’œuvre de Marc Bloch et de promouvoir la discipline historienne, notre association ne peut qu’exprimer sa nette solidarité avec les enseignants et leurs organisations dans leur opposition à une telle  politique.

Loin des amalgames, des raisonnements rapides et des interprétations pressées, l’Association Marc Bloch poursuit son travail, sur les  traces léguées par son fondateur, Etienne Bloch, afin de faire connaître l’œuvre de Marc Bloch, en particulier auprès des jeunes générations d’historiens, de faire lire Marc Bloch dans le texte et dans son contexte, et de faire vivre et de cultiver son exemple citoyen et les valeurs universelles pour lesquelles il a donné sa vie.

Paris, le 07/12/09
Yves Bloch, Instituteur
Président de l’Association Marc Bloch (aMB)
marcbloch1@gmail.com

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29 novembre 2009

Laissez Marc Bloch tranquille

Laissez Marc Bloch tranquille, M. Sarkozy,
Suzette Bloch et Nicolas Offenstadt

Mon grand-père, « je ne l'ai pas connu. Il a été fusillé. Le 16 juin 1944. Il est tombé sous les balles allemandes. Le soir, dans un champ. A Saint-Didier-de-Formans (Ain). Il était lui aussi dans la Résistance. Il s'appelait Marc Bloch. J'aurais pu poser la question à ma grand-mère. Mais je ne l'ai pas connue. Elle est morte le 2 juillet 1944. A Lyon. De douleur, de privations, sans nouvelles de son mari, de ses fils, Etienne, Louis et Daniel, tous engagés dans l'armée de l'ombre. Elle s'appelait Simone ».

« Marc Bloch n'aurait pas approuvé cette idéologie nationaliste malsaine. Je demande au président de laisser la pensée de mon grand-père à l'étude, à la critique, aux historiens, ainsi qu'à tous les lecteurs de ses œuvres ».
Le Monde Opinions 28/11/2009

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De quelle(s) histoire(s) de France parle-t-on ?
Suzanne Citron
«  Une réécriture de l'histoire scolaire à l'école et au collège serait impérative pour inscrire la nation dans l'aventure européenne et dans le devenir de l'humanité. Mais la question n'est jamais posée ».
Le Monde Opinions, 28/11/2009

Les 2 textes évoquent une citation abusive de Reims et de la Fête de la Fédération. « Lorsqu'on remet cette phrase dans son contexte, on comprend qu'elle sert avant tout à dénoncer l'étroitesse d'esprit du patronat des années 1930, incapable de saisir l'élan des luttes ouvrières, et en particulier de celles de 1936 ».

Marc Bloch écrit dans L'étrange défaite ( extraits d'une version scannée par JM Tremblay) 
« Il est deux catégories de Français qui ne comprendront jamais l’histoire de France, ceux qui refusent de vibrer au souvenir du sacre de Reims ; ceux qui lisent sans émotion le récit de la fête de la Fédération. Peu importe l’orientation présente de leurs préférences. Leur imperméabilité aux plus beaux jaillissements de l’enthousiasme collectif suffit à les condamner ...»

« De plus en plus loin du peuple, dont elle renonçait à pénétrer, pour sympathiser avec eux, les authentiques mouvements d’âme, tour à tour refusant de le prendre au sérieux ou tremblant devant lui, la bourgeoisie, en même temps, s’écartait, sans le vouloir, de la France tout court ».
http://classiques.uqac.ca/classiques/bloch_marc/bloch_marc.html

 

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27 octobre 2009

Bloch, Reims et la fête de la Fédération

Marc Bloch, l’Étrange défaite, Folio histoire, Gallimard 1990,

Marc Bloch (1886-1944)
L’étrange défaite. Témoignage écrit en 1940
Société des Éditions Franc-Tireur, Paris, 1946
http://classiques.uqac.ca/classiques/bloch_marc/etrange_defaite/etrange_defaite.html

Classiques, page 103, version word :
« Parce que la bourgeoisie était ainsi anxieuse et mécontente, elle était aussi aigrie. Ce peuple dont elle sortait et avec lequel, en y regardant de plus près, elle se fût senti plus d’une affinité profonde, trop déshabituée, d’ailleurs, de tout effort d’analyse humaine pour chercher à le comprendre, elle préféra le condamner. On saurait difficilement exagérer l’émoi que, dans les rangs des classes aisées, même parmi les hommes, en apparence les plus libres d’esprit, provoqua, en 1936, l’avènement du Front populaire. Quiconque avait quatre sous crut sentir passer le vent du désastre et l’épouvante des ménagères dépassa, s’il était possible, celle de leurs époux. On accuse aujourd’hui la bourgeoisie juive d’avoir fomenté le mouvement. Pauvre Synagogue, à l’éternel bandeau. Elle trembla, j’en puis témoigner, plus encore que l’Église. Il en fut de même pour le Temple. « Je ne reconnais plus mes industriels protestants »  me disait un écrivain, né dans leur milieu. « Ils étaient naguère, entre tous, soucieux du bien-être de leurs ouvriers. Les voici, maintenant, les plus acharnés contre eux. » Une longue fente, séparant en deux blocs les groupes sociaux, se trouva, du jour au lendemain, tracée dans l’épaisseur de la société française ».

Folio, p. 197,198,199 (source SC)

« Certes je n’ai nulle envie d’entreprendre ici l’apologie des gouvernements du Front populaire (…) Mais l’attitude de la plus grande partie de la bourgeoisie française fut inexcusable. Elle bouda, stupidement, le bien comme le mal. (…)

"Surtout, quelles qu’aient pu être les fautes des chefs, il y avait dans cet élan des masses vers l’espoir d’un monde plus juste, une honnêteté touchante, à laquelle on s’étonne qu’aucun cœur bien placé ait pu rester insensible. Mais combien de patrons, parmi ceux que j’ai rencontrés, ai-je trouvé capables, par exemple de saisir ce qu’une grève de solidarité, même peu raisonnable, a de noblesse : « passe encore, disent-ils, si les grévistes  défendaient leurs propres salaires ». Il est deux catégories de Français qui ne comprendront jamais l’histoire de France, ceux qui refusent de vibrer au sacre de Reims ; ceux qui lisent sans émotion le récit de la fête de la Fédération. Peu importe l’orientation présente de leurs préférences. Leur imperméabilité aux plus beaux jaillissements de l’enthousiasme collectif suffit à les condamner. Dans le Front populaire, - le vrai, celui des foules non des politiciens - il revivait quelque chose de l’atmosphère du Champ de Mars au grand soleil du 14 juillet 1790.»

 

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