12 mai 2013

L'école, une volière de pigeons ?

 

L'école, une volière de pigeons ? L'Humanité des débats. 10.05.2013
http://www.humanite.fr/societe/lecole-une-voliere-de-pigeons-541141

« L’annonce du président de la République d’inclure l’entrepreneuriat dans l’enseignement du collège au lycée soulève fronde et stupeur au sein de l’éducation nationale ». Comment conjuguer des valeurs de solidarité et de justice vantées dans la morale selon V. Peillon avec la compétition et la course au profit ?

(extraits)
L’Humanité a organisé une table ronde avec
- Christian Poyau, président de la fondation Croissance responsable et PDG de Micropole
« Les mesures annoncées vont dans le bon sens … » : « favoriser une meilleure compréhension mutuelle … » « favoriser cette envie d’entreprendre dès l’école »

- Frédérique Rolet, secrétaire générale du Snes-FSU.
Chatel avait fait le même type d’anonnce.
Ne mythifions pas l'entreprise
La source du chômage, ce n’est pas l’ignorance de ce qu’est l’entreprise, c'est le manque cruel d’emplois [stables et durables] …

- Bertrand Geay, sociologue et professeur en sciences de l’éducation,
[Vouloir] « promouvoir «l’esprit de l’entreprise» est un aveu terrible… L’urgence, pour un gouvernement de gauche, ce serait surtout de redonner à l’école son efficacité et son crédit, en particulier pour les classes populaires, et ce serait d’arrêter de désespérer le Billancourt enseignant. Une réflexion sur les savoirs, sur leur accessibilité, sur les conditions de leur transmission et sur leur signification sociale pourrait largement contribuer à engager une politique qui redonnerait un cap progressiste à l’école. Il serait temps de s’y mettre ».


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21 novembre 2011

Le musée selon Borja-Villel

 

sofia-guernica

source : http://www.madridemotion.com/es/disfrutar-del-mejor-arte-en-el-museo-reina-sofia/


L'Espagnol qui bouscule les musées
Manuel Borja-Villel, directeur du Reina Sofia de Madrid, dénonce ces établissements gérés comme des entreprises. Il a inventé, pour sa collection permanente, une présentation novatrice et iconoclaste
Le Monde - Culture et idées, 19/11/2011

Extraits :

En quoi cette impasse des musées est-elle liée à la crise ?
« La collection est au cœur des musées. Depuis des décennies, ils se battent pour obtenir les meilleures œuvres. Ils sont jugés, classés à l'aune de la rareté. Le problème, c'est que ce sont les collectionneurs privés qui possèdent l'argent et les œuvres. Si un musée veut un Warhol ou un Giacometti, il lui faut des dizaines de millions d'euros, qu'il n'a pas. S'il reste fondé sur la rareté et sur la propriété, le monde des musées va être pris dans une économie de l'excès ».

« Depuis la fin des années 1970, on a vu l'essor d'un modèle qui me semble dépassé : créer un bâtiment qui est une oeuvre en soi, en faire un lieu de spectacles au service du tourisme. Le musée est devenu un centre commercial, dans lequel les visiteurs-consommateurs ne viennent pas apprendre, mais reconnaître des noms. On voit ce que ce modèle a fait naître : un art contemporain lié à l'économie et à la finance. Les artistes plébiscités par ce système, Damien Hirst ou Jeff Koons, sont des animateurs de spectacles. On n'est pas loin de l'impasse économique actuelle qui révèle en fait une crise de la démocratie ».


Pour répondre à la crise, les musées font appel au mécénat, augmentent le prix d'entrée... Ce sont les solutions ?

« Ils ouvrent aussi des filiales à l'étranger, louent des oeuvres à des musées riches aux Etats-Unis ou au Japon, vendent des expositions clés en main, voire leur marque, louent des espaces à des entreprises, veulent un bâtiment toujours plus grand pour accueillir toujours plus de visiteurs. Ce modèle fondé sur l'expansion est dangereux. Il vise à ce que les établissements se cannibalisent entre eux. Il est anti-écologique. Il finit par considérer (?). C'est déjà le cas quand on lui demande de faire des entrées sans chercher à savoir ce que nos enfants ont appris à la sortie. Ou quand il est contraint de monter des expositions paresseuses et spectaculaires. Le musée finit par oublier sa mission première qui vient du modèle révolutionnaire français : être le lieu de la démocratie et de l'éducation. Je crois que ce modèle ancien est condamné à la défaite, car le musée, à l'avenir, sera plus pauvre dans un monde plus grand ».

Placer des gestionnaires à la tête des musées, est-ce la même logique ?
« Bien sûr. L'historien d'art est menacé en Espagne comme ailleurs. C'est un gros problème, qui dépasse le cadre du musée : des hôpitaux, par exemple, sont de moins en moins dirigés par des médecins. Comme si le savoir et les idées gênaient, pouvaient faire surgir des changements qui font peur. Il faut des historiens d'art à la tête des musées, des intellectuels ouverts à toutes les disciplines de l'esprit. Le responsable d'un musée doit rechercher de nouveaux dispositifs d'exposition, et non pas être écrasé par la gestion. Nous avons de plus en plus besoin d'une vision esthétique marquée avec une dimension éthique. Ces qualités sont rarement celles du gestionnaire ou de l'homme d'affaires ».

Comment en sortir ?
« Un musée, d'abord, ne doit plus se comporter en propriétaire d'oeuvres qu'il garde ou loue, mais au contraire favoriser les échanges, partager. Et puis sa politique ne peut plus être centrée sur des trésors, chercher l'oeuvre rare de plus. Enfin, pour moi, ce qui compte, c'est inventer à partir de la collection des narrations et des lectures qui vont stimuler le public. Inventer des récits partagés. Raconter plusieurs histoires de l'art et non l'histoire de l'art. Faire comprendre que cette histoire n'est pas figée et unique, mais chorale.

[…] Pour raconter des histoires de l'art, la photographie, le cinéma, la danse sont aussi importants que la peinture ou la sculpture. Il n'y a pas d'art majeur ou mineur. Il y a Picasso, Dali, Miro, mais aussi des photos anonymes... Le public ne veut plus seulement consommer mais agir. Chacun peut créer ses propres récits avec Internet. C'est la même chose pour notre accrochage, très fragmenté, rythmé, avec toutes sortes de supports ».


Autres extraits de cet article :
http://museesansmusee.wordpress.com/2011/11/20/un-modele-depasse/

Manuel Borja-Villel, directeur du Reina-Sofía, à Madrid, est en quête d’un nouveau modèle muséal.
Le Journal des Arts - n° 324 - 30 avril 2010
http://www.artclair.com/jda/archives/docs_article/75283/manuel-borja-villel-directeur-du-reina-sofia.php

 

reina-sofia

source : Musee nacional - Reina-Sofia - Madrid

 

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09 novembre 2011

Les entreprises et leur passé

 

Les entreprises face aux secrets du passé - Le Monde 07/11/2011
http://www.lemonde.fr/economie/2011/11/07/


Extraits :
« La volonté des entreprises de mener une politique de transparence sur les années sombres de l'Occupation ne va pas de soi ».
« En Allemagne, la famille Quandt **, richissime propriétaire de BMW, a publié les travaux d'un historien indépendant, Joachim Scholtyseck, qui écornait sérieusement l'image du fondateur de cet empire industriel... » un autre historien a précisé le rôle de Hugo Ferdinand Boss...
Mais le magazine Géo-Histoire s'est autocensuré récemment (cf Le Canard enchaîné 14/09/2011).

L'article souligne le rôle des historiens (Patrick Friedenson pour Renault), celui des associations, le sort des archives ...
« Le passé est parfois long à resurgir. Il a fallu attendre 1992 pour qu'un colloque sur la SNCF mette à mal l'image de grande résistante forgée par l'entreprise publique ».
« Le cas de L'Oréal est instructif. Les écrits antisémites d'une rare violence, signés par Eugène Schueller, son fondateur, sont connus de longue date, comme son soutien à la Cagoule, l'organisation d'extrême droite d'Eugène Deloncle. Seul l'historien Jacques Marseille a décortiqué les archives du géant des cosmétiques, pour son ouvrage sur le centenaire du groupe, paru en 2009 (L'Oréal 1909-2009, Perrin). Mais les archives des banques, celles de l'ancien département de la Seine ou de la BNF l'ont éclairé sur ces sujets sensibles, davantage que celles de L'Oréal ».
« … les portes entrebâillées sont promptes à se refermer : 
En Suisse, entre 1996 et 2001, les experts ont pu étudier les relations entre les entreprises suisses et l'économie nazie. Pendant cet âge d'or, 25 études ont pu être réalisées. Mais la CIE a été dissoute fin 2001 »


** Une fortune au-dessus de tout soupçon : La Dynastie Quandt
En novembre 2008, Arte a diffusé le documentaire d'Eric Friedler

Das Schweigen der Quandts. BMW im Zwielicht.
la version allemande sur Youtube (90 mn)
http://www.youtube.com/watch?v=AjA_En9x8II

The silence of the Quandt, une copie anglaise du docu en 7 parties
dans la seconde partie, vers 6 mn 50 : Madga quitte Gunther Quandt et se marie avec Goebbels.  « Lequel Goebbels ne refusera jamais aucune faveur à Günther, et surtout à son fils, Harald, qu’il adopte ».
http://www.youtube.com/watch?v=ieZTrfHSUsc
http://teleobs.nouvelobs.com/articles/bmw-la-fortune-nazie

 

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