05 octobre 2014

Le centenaire et ses limites

 

- Le centenaire à l'école - B. Girard, blog Rue 89
Dans sa déclinaison scolaire, empêtrée dans des injonctions administratives insistantes, cette opération mémorielle à grand spectacle n’a guère à voir avec l’histoire.
http://blogs.rue89.nouvelobs.com/journal.histoire/2014/10/05/1914-1918-lecole-ce-nest-plus-de-lhistoire-233593


Bernard Girard commente un entretien du Monde avec Laurent Wirth et une cérémonie en souvenir de la bataille de la Marne.
http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/09/16/amener-les-eleves-a-retrouver-la-grande-guerre_4488388_3224.html

Laurent Wirth met l'accent sur les thèses de Péronne : retrouver la guerre (perdue ?), jouer sur l'émotion pour « se mettre dans la peau d'un soldat » (l'expérience combattante). Dans cette logique, les soldats ont souffert et beaucoup sont morts. Ils ont été brutalisés, mais ils ont librement consenti.
Une autre histoire s'intéresserait plutôt aux rapports sociaux et politiques, à la réalité de la domination, aux responsabilités des militaires et des politiques, en un mot aux pourquois autant qu'au comment.

Alors, le centenaire, une volonté de légitimer le chauvinisme et « tous les déréglements qui ont conduit au carnage » ?  Jouer « la mise en scène morbide d'un passé manipulé », ou enseigner l'histoire ?



14-libertaire

Le Monde libertaire, la revue de la Fédération anarchiste publie un hors série :
- avec un dossier Morts par la France
- un portfolio de Jacques Tardi : Putain de guerre.
http://www.monde-libertaire.fr/

 

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31 mars 2014

FC : Les passions font-elles l’histoire ?

 

- Colères, envies, jalousies – les passions font-elles l’histoire ?
Forum France Culture : "L'Année vue par... l’histoire" 1/5 - 31.03.2014
Table ronde animée par Emmanuel Laurentin
Avec Arlette Farge, Fabrice Wilhelm, Thomas Bouchet et Alain Croix
http://www.franceculture.fr/emission-la-fabrique-de-l-histoire-forum-france-culture

Ecouter Alain Croix sur les révoltes bretonnes
et Fabrice Wilhelm sur les conséquences de la gestion managériale actuelle.

- Foules d'Histoire - Le Monde idées et culture, 29.03.2014
En Egypte ou en Ukraine, les révoltes ont mis en évidence une " société civile " capable de renverser des gouvernements. Cela en fait-il pour autant une force géopolitique pérenne ?
http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/03/27/foules-d-histoire_4390954_3224.html

Dès lors que l’humanité sait sa disparition totale possible,
elle peut, selon Patrick Viveret, travailler au devenir de la famille humaine.

Aux yeux du philosophe, ce nouvel équilibre change la donne. " La science politique classique envisage l'organisation du “vivre ensemble” comme la gestion, sur des espaces limités, de rivalités économiques, idéologiques, sociales, religieuses entre groupes d'intérêt comme vis-à-vis de puissances extérieures. Mais, dès lors que l'humanité est contrainte de se penser à l'échelle de la planète, elle n'est plus menacée par des étrangers, mais par sa propre barbarie, son inhumanité. La sagesse platonicienne, christique ou bouddhique, celle qui combat la barbarie intérieure de chaque individu, passe alors du terrain de l'éthique individuelle à celui de la politique, pour former en quelque sorte une géopolitique de l'humanité. "

" La cause humaine, du bon usage de la fin d'un monde "
    de Patrick Viveret (Les liens qui libèrent, 2012).

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28 novembre 2012

1914-1944-2014, la polémique



- Une guerre peut en cacher une autre - Libération 09.11.2012

Une « Mission interministérielle des anniversaires des deux guerres mondiales » vient d'être créée avec
la volonté de « rendre hommage aux hommes et aux femmes qui ont lutté pour la défense de la France »
(article 2 du décret du 3 octobre 2012).
Face au rapprochement du centenaire de 1914 et des 70 ans de 1944, le sénateur radical Christian Namy dénonce la confusion mémorielle, des historiens parlent de régression mémorielle.

« Nous n’avons aucune intention de mélanger les anniversaires, explique-t-on au cabinet du ministre (Khader Arif).
Le centenaire sera de loin l’événement central, en nombre de cérémonies, de colloques, de touristes étrangers,
« ceci pour rassurer les élus pour qui c’est un enjeu économique ».
Mais nous ne voulons pas que sous prétexte que le centenaire est un événement exceptionnel,
on passe les 70 ans de 1944 par pertes et profits.
Car c’est un anniversaire exceptionnel, le dernier où il y aura de grands témoins survivants ».
http://www.liberation.fr/societe/2012/11/09/une-guerre-peut-en-cacher-une-autre_859469


- Polémique sur les célébrations - Le Républicain Lorrain 02.11.2012
http://www.republicain-lorrain.fr/actualite/2012/11/02/polemique-sur-les-celebrations

2014 : la commémoration qui ne passe pas…
http://www.agglo-sarreguemines.fr/2012/11/121110_RL_Visite-president-UL_Region.pdf


- Lors de l'AG de l'APHG, Serge Barcellini a traité des enjeux politiques, mémorielles et économiques
qui accompagnent cette polémique.

En 1964, de Gaulle commémore le débarquement en Provence et le cinquantenaire de 1914.
Il ignore l'anniversaire du 6 juin.
Après 1974, VGE a tenté de faire passer au second plan la commémoration du  8 mai 1945.
En 1984, 1914 et 1944 ont été commémorés au même niveau.
En 1994 et 2004, l'accent est mis sur 1944.

NS avait surdimensionné le centenaire, avec un GIP qui n'était rattaché à aucun ministère, donc directement à l'Elysée.
Le centenaire prévoyait de tout concentrer sur une seule année, à la manière de 1789 pour la Révolution.
5 opérations étaient envisagées : une semaine (très médiatique) à Sarajevo en juin, un 14 juillet avec un clone du défilé de 1919 (et les géants de Nantes), un 31 juillet (Jaurès),  un 2 août, un 11 novembre avec la panthéonisation de Maurice Genevois.
Le GIP de la Mission du centenaire (Légifrance)

La solution ne convenait pas à tous les belligérants, les Britanniques préférant commémorer 1916.
Les Américains voudraient une célébration planétaire pour le D-Day.

Pour le centenaire, la mémoire des lieux succède à celle des hommes.
Avec un enjeu touristique et financier évident
(cf son rapport sur  La Meuse face au défi du centenaire :
Une simple commémoration attirerait entre 50 et 300 000 personnes.
Une politique active de la mémoire en attirerait entre 1 et 4 millions ... :-)
http://www.verdun-meuse.fr/images/files/LA_MEUSE_FACE_AU_DEFI_DU_CENTENAIRE.pdf


A propos de 1944, il reprend l'argument du cabinet : en 2014, le 70e anniversaire sera une occasion exceptionnelle pour donner la parole aux acteurs et aux témoins (il resterait environ 10 000 résistants en vie sur les 270 000  encartés). L'émotion et la mémoire prendront le pas sur l'histoire.

[Le raisonnement n'est-il pas davantage fondé pour le soixantième anniversaire ?
(en 2004 : un résistant ou un soldat de 20 ans en 1944 avait alors 80 ans)
cf l'accueil des vétérans en Normandie en 2004
http://clioweb.free.fr/dossiers/vire/vire.htm#vire1944-2004 ]


La création d'une Mission interministérielle serait un moyen politique de reprendre la main sur l'ensemble,
et pour le ministre, d'exister ajoute Libération citant ses opposants.

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