23 octobre 2014

GRCDI : La culture numérique

 

« La culture numérique : au-delà des discours, un objet d’enseignement ? »
Journée d’études du GRCDI, Rennes le 17.10.2014
http://culturedel.info/grcdi/?p=372
http://culturedel.info/grcdi/


De quelles compétences, de quels savoirs « numériques » auront besoin les futurs professionnels de la société en réseaux ?

La question de la/les « culture numérique » a été éclairée sous trois angles :
- La dimension épistémologique : quelle(s) définition(s), scientifiquement fondées, argumentées, peut-on donner de la culture numérique ? Que recouvre-t-elle vraiment ? Quels sont ses fondements épistémologiques ?
- Les enjeux de formation : quelles compétences ? quelle formation ?
- Les enjeux didactiques : la culture numérique est-elle porteuse de savoirs, de notions, de contenus enseignables spécifiques, et notamment distincts de ceux de l’informatique, des médias ou de l’information-documentation ?



Numérique ou Digital ? Eric Guichard :

eg-num-digital


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guichard-reflexivite


Les supports de présentations utilisés sont disponibles en ligne.
Eric Guichard :
http://culturedel.info/grcdi/wp-content/uploads/2014/10/JE-GRCDI-Support_E.Guichard-culture-numerique.beam_.pdf
Hervé Le Crosnier :
http://culturedel.info/grcdi/wp-content/uploads/2014/10/JE-GRCDI_Support_H.LeCrosnier.pdf


rappel : le colloque Cultures numériques, Education aux médias et à l'information, Lyon 2013 :
http://emiconf-2013.ens-lyon.fr/


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04 juillet 2013

Le numérique, un mot-valise

 

- Le numérique, adjectif substantivé. Alexandre Moatti (Le Débat 170)
http://ddata.over-blog.com/0/31/93/70//Blog-Bibnum.info/Le-numerique-adjectif-substantive-Moatti-Le-Debat170.pdf
- une synthèse d'Eric Bruillard (bulletin 21 de l'IFE, pages 5-7,
renommer le fichier si besoin en ajoutant l'extension pdf)
http://ife.ens-lyon.fr/ife/recherche/bulletins/bulletin-nb021

Ces deux textes aident à analyser le discours et les représentations des médias sur l'informatique et le numérique.

Selon Eric Bruillard, « on peut caractériser l’informatique autour de trois approches complémentaires et souvent hybridées :
- l'algorithmique et les traitements automatisés autour du cycle données / traitement / résultats ;
- l'interaction continue avec des machines, des artefacts sémiotiques, dans ce qu’Anne Nicolle nomme des processus à durée indéfinie ;
- la participation à des interactions sociales avec des agents humains et non humains via les réseaux (Bruillard, 2010).

Cette tripartition permet de souligner les éléments concourant à une culture informatique qu’il reste à construire : une « pensée » informatique, la maîtrise d’objets informatiques et la participation à des activités sociales dans un monde en réseau ».

Le numérique ? Les définitions courantes n’évitent pas la tautologie, mais pour les scientifiques, le numérique, c'est le traitement de l'information sous la forme d'une séquence de chiffres, avec tous les avantages associés. Le numérique permet de concevoir des applications qui rendent de grands services aux internautes, au moins quand les formats utilisés sont ouverts.

En France, les médias utilisent le numérique comme slogan pour désigner ce que tous les autres pays appellent digital (« Go Digital »). Ce mot-valise sert à ringardiser tous les autres. Ceux qui l'emploient donnent l'impression d'oublier la base matérielle préalable, comme s'ils voulaient occulter le rôle de la science et de la technique.

L'adjectif vampirise les concepts auxquels il est associé ( cf. culture « numérique »…). Le substantif a une forte valeur marketing (« Digital Economy » devient « Economie du Numérique ») : les adolescents sont considérés comme des clients potentiels et des digital natives qui peuvent se dispenser de tout apprentissage.
Le mot « numérique » met l'accent sur les seuls usages, dans une idéologie où tout est marchandise et où tout peut être quantifié : l'humain se résumerait alors à du nombre.
Eric Bruillard préfèrer utiliser le pluriel et parler des « cultures numériques ».

Pour lui, il est essentiel d'enseigner l'esprit critique, « une Arlésienne » qu'il définit par trois éléments : une disposition (plus qu'une compétence), une capacité d'action sur les machines et une construction sociale.

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26 mai 2013

Lyon 2013 : EMI Cultures numériques

 

« Cultures numériques, éducation aux médias et à l’information ».

A Lyon, en mai 2013, les participants à une conférence nationale ont débattu de la nature et des enjeux de l’information.

A l’Ecole, comment former à un usage raisonné des cultures numériques ?
En créant une nouvelle discipline, du CP à la terminale (L’informatique comme science ? L’éducation aux médias et à l’information, l’EMI de l’Unesco ?), ou en encourageant une démarche transversale ?

« Comment passer de l’innovation à la généralisation ? » interroge Jean-Louis Durpaire, IGEN.
« Il faut surtout éviter toute injonction à l’innovation : elle peut être paralysante et contre-productive » répond Divina Frau-Meigs.
http://emiconf-2013.ens-lyon.fr/tables-rondes/table-ronde-6/frau-meigs.pdf/view

Eric Bruillard rappelle l’importance de l’esprit critique, « une Arlésienne » qu’il définit par trois éléments :
une disposition (plus qu’une compétence), une capacité d’action sur les machines et une construction sociale.
http://emiconf-2013.ens-lyon.fr/videos/interviews/bruillard.m4v
http://ife.ens-lyon.fr/ife/recherche/bulletins/bulletin-nb021

La présentation des tables rondes et des ateliers est en ligne, les vidéos sont attendues.
Le Café pédagogique (24.05.2013) a publié un compte rendu de J-M. Le Baut.
http://www.cafepedagogique.net/lemensuel/lenseignant/documentation/Pages/2013/144_2.aspx

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02 avril 2013

Enjeux des cultures de l'information

 

L’éducation aux cultures de l’information, la recherche en éducation aux médias.

Plusieurs sources à exploiter, à partir du travail de Divina Frau-Meigs (Paris 3) et d'Eric Bruillard (ENS Cachan).

- DFM, L’ère cybériste : vers une sortie de crise ?  La synthèse du 9è congrès de la FADBEN (mars 2012) a été filmée et archivée par Canal-U. http://tinyurl.com/canal-u-fadben-2012
Version écrite de la synthèse : http://www.fadben.asso.fr/L-ere-cyberiste-vers-une-sortie-de.html
Le congrès portait sur « Objets documentaires numériques : nouvel enseignement ?»

DFM, Peut-on vraiment apprendre avec les TICE ? Comment ?
Journées de l'innovation, Innover pour refonder, 27-28 mars 2013
http://www.cndp.fr/innovation/conferences-et-tables-rondes/

DFM, La radicalité de la culture de l’information à l’ère cybériste
in Frau-Meigs, D, Bruillard, E et Dela­motte, (sous la dir), « L’éducation aux cultures de l’information » e-Dossiers de l’audiovisuel, INA, janvier 2012, http://tinyurl.com/ina-cult-information-2012

EB, L'organisation des connaissances dans le contexte du Web (FADBEN)
EB, Lire-écrire-computer : émanciper les humains, contrôler les machines (INA).
« Cultures numériques, éducation aux médias et à l’information », conférence à venir à Lyon, 21-22 mai 2013. http://emiconf-2013.ens-lyon.fr/

DFM, sur le blog Medias-matrices - Maîtriser les médias -  http://mediasmatrices.wordpress.com/
Hollyweb et l’écran-navette - 07.2012
Figures de l’usager à l’ère cybériste - 03.2011
Faire entrer l’école dans l’ère du numérique : une erreur de perspective - 02.2013
eEducation au numérique : qui doit s’en charger ? 02.2010



Trois pistes parmi les multiples enjeux abordés :

- Partir de constats sur le cadre socio-technique peut aider à éviter une déploration génératrice d'anxiété :
dans l'ère cybériste, pour le travail comme pour le loisir, les activités en ligne précèdent le hors ligne. La culture de l'écrit est submergée par la culture visuelle, une culture qu'elle a longtemps méprisée et marginalisée.
Les jeunes utilisent deux types d'écrans : ceux de la TV qui leur vendent en spectacle des récits produits par l'oligopole d'Hollyweb (Hollywood + les FMN du web) ; ceux des ordis qui leur permettent de commenter cette réalité virtuelle, ou d'actualiser leur image de soi.


- Quelles conséquences pour la pédagogie ?
L'école doit jouer son rôle de ralentisseur social, mais elle ne peut échapper aux mutations en cours : la transmission doit faire place à la co-construction. Cela implique de sortir du dialogue de sourds actuel : les adultes ne peuvent ignorer les pratiques développées dans la sphère privée par les jeunes internautes, ils ont intérêt à prendre en compte ces savoirs-faire associés à la socialisation du web.

DFM propose d'enrichir le MIL des anglo-saxons (media and information literacy) et de définir une culture de l'information où l'informatique computationnelle aurait sa place ; elle suggère une marche vers transliteracies.
. Mettre l'humain et la socialisation du web au poste de commande, éviter les dérives technicistes.
. Admettre l'existence de formes multiples d'intelligence, en dehors du texte (une erreur des cultural studies qui voulaient tout voir comme du texte).

Dans un monde globalisé et au sein de l’Europe néo-libérale, les médias sont vendus comme des services payants, destructeurs de l'intérêt public. La TV sans frontières est devenue « services médias audio-visuels », la directive laissant un os à ronger aux Etats : dans leur système scolaire, ils peuvent financer une « éducation aux médias ».
. Repenser les acquis de l'expérience, analyser les compétences à l'oeuvre, compléter le lire-écrire-compter par une version numérique qui pourrait ressembler à un questionner-regarder-publier-computer.


- Les enjeux politiques et l'engagement militant sont essentiels dans une économie globalisée.

Les fondateurs des multinationales mettent en avant des principes généreux, mais le passage de témoin aux gestionnaires se fait rarement au profit des internautes. Face aux multinationales, à ce jour, aucune structure n'existe pour défendre les intérêts des usagers, aucun espace n'est prévu pour leur permettre de contester les choix des patrons des FMN. Les mots servent à communiquer et à tromper : le réseau social est une addition d’individus pensés hors de toute structure sociale. L'horizon de ce système économique, c'est la consommation, l'individualisation (l'auto-entrepreneur) et la solitude. L'opposé d'une démocratie où les salariés ont conquis par les luttes sociales un certain nombre de garanties. L'engagement politique et civique a donc tout son rôle dans ce monde de services privatisés, où l'internaute consent trop souvent à une brutalisation imposée avec l’alibi de choix présentés abusivement comme techniques.


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