24 février 2016

En finir avec l'opposition égalité/équité


En finir avec l'opposition égalité/équité
Denis Colombi, une heure de peine, 18.05. 2015
http://uneheuredepeine.blogspot.fr/2015/05/en-finir-avec-lopposition-egaliteequite.html


extraits :
En 1995, dans le rapport La France de l'an 2000, Alain Minc préparait la candidature de Balladurd à la présidentielle. « Par un tour de passe passe théorique, il cherchait surtout à légitimer des inégalités économiques les plus grandes possibles, celles qui seraient produites par des mesures de "libéralisation" économique, en dévalorisant le "principe d'égalité" au profit du plus moderne, plus chic et pour tout dire plus américain tout nouveau tout beau "principe d'équité" ».

« Minc, dont on ne saurait faire la part entre la vraie malveillance et la pure incompétence, tordait à n'en plus finir la pensée de John Rawls. Celui-ci a formulé, en 1971, une théorie libérale de la justice, "libérale" renvoyant une fois de plus au sens américain. Il y avançait notamment l'idée que les inégalités sont justes si tant est qu'elles sont favorables aux plus défavorisés. C'est le cas sur notre meme par exemple : on distribue différemment les caisses afin que leur répartition soit plus favorables aux plus petits. Mais certains l'entendirent d'une autre oreille et y adjoignirent la "théorie du déversement" : les inégalités en faveur des riches sont justes parce que leur richesse va au final être favorable aux plus pauvres... Comme Rawls parle de la "justice comme équité", le mot était là, et il ne restait plus qu'à vouer aux oubliettes de l'histoire l'aspiration à la réduction des inégalités pour y substituer celle à des inégalités plus grandes ».

equite-dc
Liberal au sens américain, pas au sens de patronal comme en Europe
http://uneheuredepeine.blogspot.fr/2015/05/en-finir-avec-lopposition-egaliteequite.html

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05 février 2016

Clivage droite-gauche

 

- Gilles Finchelstein : « Quand le clivage gauche-droite s’efface, c’est l’identité qui s’impose »,  Le Monde 28.01.2016
http://www.lemonde.fr/politique/article/2016/01/28/gilles-finchelstein

Il devient en 2000 directeur général de la Fondation Jean-Jaurès
Il a publié en 2011 La Dictature de l'urgence
et en 2016 Piège d’identité. Réflexions (inquiètes) sur la gauche, la droite et la démocratie (Fayard
http://www.ps44sudestuaire.eu/wa_files/2016-1Finchelstein.pdf

extraits :

« Notre démocratie n’est pas seulement attaquée de l’extérieur, elle est également ébranlée de l’intérieur »

« La France, plus que d’autres, a vécu le clivage gauche-droite comme un absolu. A la fin des années 1970, cette opposition gauche-droite couvrait un champ infini et avait un tour radical : les divergences ne portaient pas sur des mesures mais sur des visions de la société. Trente ans plus tard, ce clivage n’est plus hégémonique – même si ce serait une erreur d’analyse que de penser qu’il a disparu. Il s’est relativisé au fil des alternances, des cohabitations et des ouvertures. Il a été percuté par la construction européenne, qui ne peut fonctionner qu’avec des compromis entre sociaux-démocrates et démocrates-chrétiens – et ce clivage sur l’Europe a traversé chaque camp. Enfin, l’économie mondialisée et numérisée a posé, et pose encore, un enjeu de compétitivité qui s’impose à chacun. Ce sentiment d’indifférenciation des politiques a légitimé des affiliations plus fluctuantes. J’ai été très frappé de ce que quatre millions d’électeurs passent de droite à gauche ou de gauche à droite pendant la dernière campagne présidentielle ! »

« La nation est née à gauche avec la Révolution française. Mais, au fur et à mesure que la gauche s’est emparée de la question ­sociale, la droite a essayé de préempter la question nationale... »

« Que sera la présidentielle de 2017 ? La question reste ouverte car deux sujets écrasent les autres dans l’opinion : l’économique et le social, à gauche, l’immigration et la sécurité, à droite – disons l’égalité et l’identité ».

- Etes-vous de droite ou de gauche ?
http://www.politest.fr/
un choix de questions pour tenter de se situer sur l'échiquier politique.
Un ouvrage du même nom a suivi, 20 thèmes traités,
500 positions, des impôts à la mondialisation en passant par l'Europe ou l'éducation


- Au lycée Masséna, un dossier de SES sur les attitudes politiques et leurs facteurs
http://tinyurl.com/nice-2012-politiques
http://sesmassena.sharepoint.com/Documents/CHAP2-2012-politiques.pdf


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29 juillet 2015

Petrarque : La démocratie et les inégalités

 

Rencontres de Pétrarque 2015 :
20.07 : Les Klarsfeld
21.07 : Liberté - Comment concilier sécurité et libertés ?
22.07 : Égalité : Les inégalités mettent-elles en péril la démocratie ?
23.07 : Fraternité - Que faut-il sacrifier pour vivre ensemble ?
24.07 : Existe-t-il encore des valeurs universelles ?
http://www.franceculture.fr/emission-les-rencontres-de-petrarque-2


22.07.2015 : Egalité - Les inégalités mettent-elles en péril la démocratie ?
Claude Halmos, Alexis Spire, Jean-Marc Daniel, François-Xavier Bellamy


18eme minute :
Alexis Spire, la sociologie au niveau des guichets
AS s'intéresse moins aux discours officiels des élites administratives qu'aux pratiques quotidiennes de leurs subordonnés

A.Spire, Étrangers à la carte, 2005
http://barthes.ens.fr/clio/revues/AHI/livres/alspir.htm

Alexis Spire, Faibles et puissants face à l'impôt, Raisons d'agir, 2012
http://lectures.revues.org/10190
http://www.alternatives-economiques.fr/faibles-et-puissants-face-a-l-impot_fr_art_1183_62011.html


AS propose de reformuler la question :
Ne pas se demander si la démocratie est mise en cause par l'accroissement des inégalités,
mais pourquoi l'accroissement constant des inégalités ne remet pas en cause l'ordre social ?

Ces inégalités ne concernent pas seulement le revenu et le patrimoine.
Elles forment système, elles sont territoriales, elles touchent le capital culturel, les formes de résistance, etc...
Devant l'impôt, l'inégalité n'est pas seulement comptable. Les libéraux veulent faire croire à une fuite générale
devant l'impôt alors que tous n'ont pas le même rapport à la domination et le même accès aux formes d'évasion fiscale.

Pour AS, il faut politiser la question.
La droite fait tout pour discréditer l'égalité ; elle lui oppose l'égalité des chances, l'équité ; elle feint de confondre égalité et uniformité / nivellement.

Aujourd'hui, une partie de cette droite milite même en faveur de l'inégalité.
C'est le cas dans ce débat : FX Bellamy, prof de prépa, maire-adjoint de Versailles dresse un réquisitoire de l'Ecole au nom de l'égalité des chances, mais vante une inégalité dans l'offre scolaire.

La gauche a abandonné ce combat global pour l'égalité, elle se contente souvent d'enjeux ponctuels.
Du coup, les inégalités sont opaques, parcellisées, fragmentées.
Aucune structure ne les rattache à des enjeux structurels et à des actions collectives déterminées.
Il n'y a donc plus de combat victorieux sur ce terrain.

JMD commence en douceur. Mais l'idéologie arrive au galop, avec l'habituel refrain sur la détestation de Keynes, de l'Etat et des services publics.
52e : Pour le chantre de la privatisation intégrale, il faut briser le monopole de l'Education nationale et suivre le modèle de Cameron (free schools).

AS souligne l'hypocrisie des "libéraux" madelinistes : en France, ce sont des fonds publics qui assurent le fonctionnement de l'école privée catholique.
AS rappelle que l'Etat social reste un filet de sécurité efficace en cas de crise et qu'il peut servir de rempart contre les inégalités.


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20 juillet 2015

Ferry 1870 : de l'égalité d'Education

 

grelot-libpresse

La liberté de la presse, Le Grelot, n°48
http://expositions.bnf.fr/presse/grandmobile/pre_328.php
autres dessins d'Alfred le Petit sur Commons

 
- La liberté de la presse, Le Grelot, n°48
Alfred Le Petit, 10 mars 1872.
« Alfred le Petit dépeint un personnage assez proche de l’Anastasie de Gill, quoique visiblement dépassé par la vitalité d’une jeune presse indisciplinée, portant journaux en corolle et plume et encrier au chapeau. La censure se prénomme alors Victorine ».
« La presse. – Tu m'avais promis de me laisser marcher toute seule, na.
Victorine. – Je t'avais promis… je t'avais promis… oui je te l'avais promis,
mais si tu crois tout ce qu'on te promet ! »

- Jules Ferry, « De l’égalité d’Education ».
Extrait de la conférence donnée à la salle Molière, 10 avril 1870
à lire en ligne sur Wikisource
http://fr.wikisource.org/wiki/De_l'égalité_d'Education


Ce sont deux des sujets abordés l'an passé par le numéro spécial
de la revue Parlement[s] Revue d'histoire politique, n° 22 (2014-3)
dans le cadre de la préparation de la question de contemporaine aux concours (Capes Agrégation)
« Citoyenneté, république, démocratie en France de 1789 à 1899 »
http://tinyurl.com/parlt22
Table des matières : http://histoire19.hypotheses.org/1262

L’iconographie utilisée est disponible gratuitement en ligne
(et parfois déjà présente sur le web grâce à Gallica ou aux internautes)
http://www.parlements.org/histoire_politique_en_images/n22_citoyennete_republique_democratie_1789_1999.htm

sur le web, une biblio estivale à Lyon 3 (P. Bourmaud, O. Chatelan, P. Chopelin, P. Delisle, G. Legoullon)

Cette revue illustre une nouvelle fois un usage toujours aussi surprenant du numérique :
La revue imprimée est vendue 30 euros le numéro.
Tarifée à la découpe en numérique, elle coûterait 80 euros (20 articles à 4 euros l'un)
Pas de longue traîne (beaucoup d’acheteurs à petits prix)
mais soit un abonnement global vendu à des universités qui manquent de moyens
et soit pour les autres lecteurs, un péage contestable mais très lucratif.
Le numérique attire toutes les lamentations, mais il sert de vache à lait.


Extraits de l'introduction, accessible en ligne :

« Ce numéro embrasse les grandes problématiques de la question : la construction d’un modèle politique aux échelles nationale et internationale, la difficulté de la France à trouver un régime idéal et à sortir du cycle des révolutions et des crises sociales, politiques et identitaires, le rôle et la place des oppositions depuis celles qui acceptent les institutions et le modèle de société jusqu’à celles qui les rejettent et qui aspirent à les mettre à bas, la politisation des Français, l’impact des mutations sociales et culturelles sur les réflexions et sur les pratiques politiques (industrialisation, exode rural, progrès de l’instruction, développement des média…), la construction plus ou moins réussie et complète d’une démocratie en acte et son encadrement (spirituel, institutionnel, électoral…), les contours de la citoyenneté (les pauvres, les femmes, les populations colonisées, les étrangers…), l’articulation du national et du local, les interactions sociales, le rôle individuel et collectif des acteurs et des actrices dans ces débats et dans ces pratiques ».

« Les textes courts et signifiants sont capitaux au CAPES et notre numéro en comprend de nombreux (extraits d’essais politiques, textes officiels, discours, articles de presse, chansons…). Les images occupent aussi une place centrale dans cette épreuve et ce numéro spécial en offre une palette large et diversifiée (tableaux, statues, affiches, caricatures, assiettes historiées…). On trouvera même ici des statistiques dans un siècle qui commence à dénombrer et à recenser dans le cadre de l’affirmation de l’État ».

parlt22-c



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07 mai 2015

Meirieu : Ecole et société

 

Sénat : Commission d'enquête sur le fonctionnement du service public de l'éducation, sur la perte de repères républicains que révèle la vie dans les établissements scolaires et sur les difficultés rencontrées par les enseignants dans l'exercice de leur profession
http://www.senat.fr/commission/enquete/fonctionnement_du_service_public_de_leducation.html
http://videos.senat.fr/video/commissions/commEDUC-p1.html


Audition de M. Philippe Meirieu, chercheur en pédagogie, professeur des universités émérite en sciences de l'éducation, 13.04.2013
http://www.senat.fr/compte-rendu-commissions/20150413/ce_education.html#toc4

«... vous avez publié plus d'une vingtaine d'ouvrages parmi lesquels je citerai - sans être exhaustive
- L'École et les parents : la grande explication... (2001),
Faire l'école, faire la classe (2004),
ou encore Lettre aux grandes personnes sur les enfants d'aujourd'hui (2009) »..


Philippe Meirieu voit « dix indicateurs pour illustrer le hiatus entre ce qui est demandé à l'École et ce qui est dominant dans notre société :

- L'École se veut un lieu de pensée, de réflexion et de temps long, alors que la société promeut l'immédiateté et la satisfaction sans délai de la pulsion.
- Elle est le lieu de la construction de l'attention alors que nos enfants vivent dans une société qui pratique la surenchère de la sidération ;
- Elle enseigne la justification raisonnée quand les effets spectaculaires font autorité ;
- L'École se veut le lieu de l'appropriation et du transfert alors que nos enfants vivent dans un monde où la répétition mimétique et la création de réflexes conditionnés font la loi à travers la publicité et toutes les formes de propagande ;
- L'École promeut le respect de la compétence quand beaucoup de médias font triompher la dérision ;
- Elle valorise la parole tenue alors que les élèves font l'expérience au quotidien de la désinvolture généralisée ;
- Elle se veut le lieu de la culture désintéressée alors que, partout, règne l'utilitarisme immédiat ;
- Elle enseigne la richesse et la prééminence de la langue écrite structurée quand l'onomatopée et la « période sans scansion ni fin » alternent au quotidien, dynamitant l'unité sémantique de la phrase ;
- L'école se veut le lieu de l'égalité des droits - et, en particulier, du droit de toutes et tous à accéder aux fondamentaux de la citoyenneté - alors que la société ne propose qu'une trompeuse égalité des chances ;
- Enfin, elle est le lieu de la construction possible du collectif dans une société minée par l'individualisme forcené.

Face à cela, il n'est pas étonnant que les enseignants se sentent acculés à des tâches qu'ils jugent impossibles, et pensent même parfois qu'on leur demande de « vider l'océan avec une petite cuillère » ! Ainsi, pour sortir de cette véritable schizophrénie, je développerai devant vous trois idées fortes à partir desquelles je ferai quelques propositions simples ».

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13 juillet 2014

Rencontres de Pétrarque 2014

 
« De beaux lendemain ? Ensemble, repensons le progrès »
Rencontres de Pétrarque 2014
http://www.festivalradiofrancemontpellier.com/index.php/


Lundi 14 juillet - Leçon inaugurale
Thomas Piketty, auteur de l’ouvrage Le Capital au XXIème siècle

Mardi 15 juillet - La politique peut-elle se passer de l'idée de progrès ?
Cécile Duflot, Etienne Klein, Blandine Kriegel.

Mercredi 16 juillet
La révolution technologique nous promet-elle un monde meilleur ?
Jean-Michel Besnier, Christophe Bonneuil, Jérôme Clément, Agnès Guillot.

Jeudi 17 juillet
Déclin de l'Occident : d'où viendra le progrès ?
Jean-Joseph Boillot, Pascal Bruckner, Geneviève Fraisse, Thanh Nghiem.

Vendredi 18 juillet
Peut-on remettre l'économie au service du progrès ?
Elie Cohen, Jean-Marc Daniel, Gérard Dumenil, Axelle Lemaire.


Diffusion des tables rondes sur France Culture
du 21 au 25 juillet, de 21 heures à 22 heures.
http://www.franceculture.fr/emission-les-rencontres-de-petrarque-1

en mp3 : http://radiofrance-podcast.net/podcast09/rss_11919.xml

La démocratie jusqu'au bout : Le Monde a publié un entretien avec Thomas Piketty
http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/07/10/thomas-piketty-il-faut-miser-sur-la-democratie-jusqu-au-bout_4455216_3232.html

extraits :
« On dit que la France est pionnière pour l'égalité, mais en réalité... le mot républicain lui-même légitime les inégalités les plus extrêmes
La conclusion que j'en tire, ce n'est pas que le progrès est impossible, mais qu'il faut repenser les institutions de politique publique dans toute une série de domaines (fiscalité, transparence, éducation…). Pour que la République soit sociale, une vraie démocratisation de l'économie et l'accès au savoir s'impose. Il faut plus que la Révolution française et l'égalité formelle pour que le progrès se réalise ».

« On l'a oublié, mais pendant longtemps les Etats-Unis étaient plus égalitaires que la vieille Europe. Reagan a utilisé la peur d’une concurrence par les pays vaincus en 1945 pour prôner un retour à un capitalisme débridé »

« On n'écrit pas un livre pour les gens qui nous gouvernent : de toutes les manières, ils ne lisent pas de livres. On écrit des livres pour tous les gens qui en lisent, à commencer par les citoyens, les acteurs syndicaux, les militants politiques de toutes tendances ».

« Je n'aurais jamais représenté l'inégalité comme je le fais sans la lecture de Balzac. Il y a là, dans la littérature, une puissance évocatrice qu'aucun chercheur en sciences sociales ne peut approcher ».

« il est possible de développer une vision optimiste et raisonnée du progrès. Pour cela, il faut miser sur la démocratie jusqu'au bout. Il faut s'habituer à vivre avec une croissance faible, et sortir des illusions héritées des " trente glorieuses ", où la croissance allait tout régler. La réflexion sur les formes concrètes de la démocratisation de l'économie et de la politique, sur la façon dont la démocratie peut reprendre le contrôle du capitalisme, cette réflexion ne fait que commencer. Il est urgent de développer des institutions réellement démocratiques, au niveau européen comme local, avec de nouveaux modes de participation collective aux décisions et de réappropriation de l'économie ».

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19 février 2014

Genre : cessons de reculer

 

12 000 signatures en faveur de l’égalité, du genre et de la liberté
Collectif Genre, Recherche, éducation : la bonne rencontre - Libération rebonds, 16.02.2014
http://www.liberation.fr/societe/2014/02/16/12-000-signatures-en-faveur-de-l-egalite-du-genre-et-de-la-liberte_980611

extraits :
« La rumeur court depuis plus d’un mois, les contre-vérités circulent, les prises de parole s’enchaînent, se reprennent, se contredisent, s’oublient. Certains récupèrent ces mouvements d’opinion, d’autres menacent, d’autres encore retrouvent avec nostalgie leurs livres d’enfance et les stéréotypes de leur jeunesse. On brocarde, sans les connaître, des ouvrages de la littérature enfantine, on lance des anathèmes, on ricane quand le mot «genre» est prononcé, on manipule à coup d’affirmations les plus choquantes et les moins fondées. Pendant ce temps, d’autres font pression sur les bibliothécaires, d’autres encore sur les professeurs des écoles, les enseignants des collèges et des lycées, les chercheurs, les parents d’élèves ».

« Le genre est une question et non une réponse. C’est un concept que les scientifiques du monde entier utilisent pour étudier les sociétés et analyser la manière dont elles fabriquent la distinction entre les hommes et les femmes et créent, dans les différents champs des pratiques humaines (travail, éducation, santé, sexualité, loisirs, soin aux autres, etc.), des hiérarchies, des inégalités, des injustices. En tant que telle, cette méthode d’investigation n’impose rien, elle ouvre de nouvelles perspectives d’analyse. Parce que le genre est un outil scientifique, sa remise en question, sous l’effet de certaines pressions, n’est pas admissible. Si demain les créationnistes descendent dans la rue, allez-vous proscrire l’usage du terme d’«évolution» dans les manuels scolaires et à l’université ? »

« Défendre cette égalité et ces libertés, Mesdames et Monsieur les ministres (Najat Vallaud-Belkacem, Geneviève Fioraso, Valérie Fourneyron et M. Vincent Peillon), c’est, dans un front commun entre vos quatre ministères, redonner leur sens aux mots, c’est refuser de laisser à certains le pouvoir de changer la langue ».

« Nous attendons de votre part non seulement une position ferme de soutien à la liberté de l’enseignement et de la recherche ainsi qu’un engagement réaffirmé dans la lutte contre les discriminations, mais nous attendons aussi des propositions et des avancées … et  une condamnation ferme de toutes les intimidations contre les enseignants et les chercheurs ».

Mesdames et Monsieur les ministres, aujourd’hui, nous attendons des actes.

L'adresse de la pétition : http://petitionpublique.fr/PeticaoVer.aspx?pi=P2014N45876

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31 janvier 2014

H-F : la parité nous met-elle à égalité ?

 

L’année 2013 vue par la philosophie (1/5) : Hommes/ femmes: la parité nous met-elle à égalité
Un débat de France-Culture avec Geneviève Fraisse, Blandine Kriegel, Hyacinthe Ravet 27.01.2014
A podcaster et écouter en différé
http://www.franceculture.fr/emission-les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance
. http://rf.proxycast.org/852410510937690112/10467-27.01.2014-ITEMA_20580394-0.mp3
 

La loi sur l’Égalité femmes et hommes en cours de débat est à la fois un pot-pourri et une synthèse. Elle met ensemble des éléments disparates, en relation avec l’évolution de notre société (cf la suppression de la détresse dans l’IVG)
http://femmes.gouv.fr/le-projet-de-loi-pour-legalite-femmes-hommes-a-lassemblee-nationale/
infographie : http://www.najat-vallaud-belkacem.com/2014/01/28/infographie

Le Figaro est contre : Égalité hommes-femmes : les excès d'une loi fourre-tout - 28.01.2014
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/01/28/01016-20140128ARTFIG00561-parite-les-exces-d-une-loi-fourre-tout.php


La parité, ce n’est pas un principe politique, mais un outil pour aider à percevoir les inégalités et à fabriquer de l’égalité. La parité a été rejetée en 1982. Le Conseil Constitutionnel craignait une dérive vers le particulier, vers le communautarisme. Les femmes ne constituent pas un groupe.

La parité a plutôt réussi sur le terrain politique, grâce à la très forte mobilisation des femmes, même s’il existe encore un écart entre le vote et l’élection, et des ratés dans les nominations.

Est-il possible d’étendre la parité au monde du travail et à la sphère privée ? Faut-il attendre l'évolution des mentalités, ou intervenir de manière volontariste ? Pour Blandine Kriegel, il ne faut pas légiférer : le monde de l’entreprise obéit à d’autres logiques que celles de la démocratie (à creuser :-)). Le changement vient plutôt de la négociation collective et des luttes sociales (mais Sarko des mesures ont été prises en faveur des femmes dans la fonction publique).
Selon elle, la vie privée doit aussi rester en dehors d'une loi sur l'égalité.

HR décrit la situation du monde de la musique. Les femmes sont très présentes dans les orchestres, les mœurs ont changé depuis une génération. Mais dans les (28) grands ensembles nationaux, il n’y a aucune femme chef d’orchestre (Susanna Mälkki dirigeait l’Ensemble Intercontemporain (2006-2012), Matthias Pintscher lui a succédé depuis septembre 2013). Pour elle, il faut mettre en avant toutes les actions (même modestes) pour faire reculer le machisme ordinaire
(cf vocabulaire des musiciens, le service après-vente supposé de la maternité)


« Manifeste des dix pour la parité » ( L’Express du 6 juin 1996)
http://www.lexpress.fr/actualite/politique/le-manifeste-des-dix_492498.html
Histoire et enjeux de la loi sur la parité
http://www.revue-projet.com/articles/2005-4-histoire-et-enjeux-de-la-loi-sur-la-parite/
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19 juin 2013

Le bac et le dentifrice

 

- Qui veut vraiment en finir avec le bac ?
Emmanuel Davidenkoff - L'Etudiant, 19.06.2013
http://www.letudiant.fr/educpros/opinions/qui-veut-vraiment-en-finir-avec-le-bac-la-chronique-d-Emmanuel-Davidenkoff.html

« Les détracteurs du bac peuvent s’époumoner : le gouvernement y regardera à deux fois avant de prendre le risque de mettre les jeunes dans la rue ».
« Transmise de génération de cabinet ministériel en génération de cabinet ministériel, depuis qu’elle a été popularisée par Christian Forestier, une formule suffit à doucher l’ardeur des plus hardis : « Les lycéens, c’est comme le dentifrice : ça sort vite et après essayez toujours de le remettre dans le tube… » ».

Pourquoi les lycéens voient-ils dans le bac « le symbole indépassable de l'égalité républicaine, alors qu'il est, en l'état, un des instruments de sélection les plus hypocrites qui soit » ?


- En 2013, les critiques sont très vives sur les épreuves du bac en HG.
En première où les défauts des épreuves 2012 n'ont pas été corrigés.
En Term ES-L.
La chatelisation, la casse méthodique menée par le ministre précédent,
continue de produire ses effets désastreux.
Au point d'inquiéter sur le sort de l'HG.
https://groups.google.com/forum/?fromgroups#!forum/aggiornamento-histgeo

 

- HG au bac : les mauvais choix continuent, SNES, 19.06.2013

Le communiqué du SNES évoque le désarroi des profs d'HG, face à des programmes infaisables et des épreuves problématiques, deux éléments à revoir d'urgence. [13 mai après le 6 mai 2012]  


- Un point de vue de lycéen sur un blog du Monde
« Moi qui ai passé le bac aujourd’hui en terminale ES, je suis aussi étonnée des sujets qui sont tombés.
Je me demande vraiment ce qui est passé par la tête des personnes qui ont fait les sujets car interroger des élèves sur une étude de cas et non du cours qu’on pourrait qualifié de  » concret « , c’est traître ! ( Afrique du Sud ). De plus le sujet sur la mondialisation était tellement vaste qu’on ne sait pas par où commencer.
Je rajouterais que nous avons passé des heures à étudier ( et par la suite à apprendre ) des cartes et à les faire ( croquis schémas ) alors que le programme est déjà très très lourd et compliqué à terminer et nous ne sommes pas interrogés sur ça. Une étude critique de documents c’est ce qu’on nous demande en 3eme. A un moment il faut arrêter de prendre les élèves pour des idiots ».
http://baccalaureat.blog.lemonde.fr/2013/06/18/bac-2013


- Le point de vue de Céline Gianfermi sur la liste H-Français
http://tinyurl.com/hf-celine-g-term
http://tinyurl.com/hf-celine-g-1s
Céline utilise le blog - Réussir en Histoire et Géographie - au service des élèves
http://lewebpedagogique.com/reussirenhg/author/cmartinhg/

Cette année, à nouveau, lycéens et profs paient au prix fort, en différé, la chatelisation.

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15 mai 2012

L'Ecole, le lieu de la véritable égalité

 

holl-ferry1

source : http://www.elysee.fr/

 

- L'Ecole, comme lieu de la véritable égalité .
Hommage à l'oeuvre scolaire et aux lois préparées par Jules Ferry
Le texte du discours sur le site de l'Elysée


Dans l'histoire de la République, les grandes dates, les vraies étapes, les plus repères dans la marche du temps. Ce sont les lois.
Ici, en cet instant où commence un temps nouveau pour notre pays, je suis venu célébrer deux lois, que nous devons à l'obstination, à la volonté et au courage de Jules FERRY : la loi du 16 juin 1881 relative à la gratuité de l'enseignement primaire ; et la loi du 28 mars 1882 relative au caractère laïque et obligatoire de l'école.

Tout exemple connaît des limites, toute grandeur a ses faiblesses. Et tout homme est faillible. En saluant aujourd'hui la mémoire de Jules FERRY, je n'ignore rien de certains de ses égarements politiques. Sa défense de la colonisation fut une faute morale et politique. Elle doit, à ce titre, être condamnée. Et c'est le grand Clémenceau qui porta en son temps le réquisitoire le plus implacable au nom de la conscience universelle. C'est donc empreint de cette nécessaire lucidité que je suis venu saluer le législateur qui conçut l'école publique, le bâtisseur de cette grande maison commune, qu'est l'Ecole de la République. Nous devons tant à l'instruction publique. Et nous attendons encore tellement de l'école au moment où notre pays affronte de nouveaux défis.

C'est ce message de confiance à l'égard de l'Education nationale que je suis venu exprimer au moment où je prends mes fonctions de président de la République.

L'école comme émancipation. La connaissance, le goût d'apprendre, la jubilation de la découverte, le sens de la curiosité intellectuelle, sont des trésors auxquels l'Ecole a pour vocation de préparer toutes les jeunes consciences, tous les enfants de la Nation.

L'Ecole, comme lieu de la véritable égalité. Celle des chances, celle qui ne connaît comme seuls critères de distinction que le mérite, l'effort, le talent car la naissance, la fortune, le hasard établissent des hiérarchies que l'Ecole a pour mission, sinon d'abolir, du moins de corriger.

Cette égalité impose la justice entre les territoires : comment accepter qu'un enfant ait plus de chances de réussir s'il a grandi ici plutôt que là ? L'Ecole, c'est l'arme de la justice. Et la justice, c'est la mixité sociale. C'est à cette tâche noble entre toutes que l'Ecole se dévoue depuis plus d'un siècle.

Faire de l'Ecole un lieu d'intégration de tous les enfants de la République reste la plus belle de nos ambitions nationales.

Voilà pourquoi j'ai décidé que priorité sera accordée aux écoles des quartiers populaires et à celles de certaines zones rurales.

Lieu de l'égalité, l'Ecole publique est aussi celui de la laïcité.

Elle est le cadre où s'acquiert la liberté de conscience, cette « liberté souveraine de l'esprit ; (...)cette idée qu'aucune puissance ou intérieure ou extérieure, aucun pouvoir et aucun dogme ne doit limiter le perpétuel effort et la perpétuelle recherche de la raison humaine ». comme la définissait Jean JAURES. La confiance dans les ressources de leur propre esprit, et les moyens de trouver ces facultés, de les exploiter, de les développer, de les exercer souverainement : voilà ce que l'Ecole doit apporter à tous ses enfants. Voilà ce que l'Etat doit permettre à l'Ecole d'être.

Par son œuvre de législateur, Jules FERRY a fait de l'école publique ce qu'elle est : un droit. Tous les enfants de France ont le droit d'étudier. Ils en ont même le devoir. Personne ne peut se voir refuser ce droit, nul ne peut s'exonérer de ce devoir. Mais l'Ecole est bien plus que cela. L'école est l'esprit de la République.

Je veux qu'elle retrouve tous les moyens d'être fidèle à sa vocation. Je veux lui rendre sa confiance en elle-même, sa foi dans ses propres capacités, sa volonté d'être conforme à son histoire et à son avenir.

L'Ecole a besoin de réformes. Elle attend aussi de la considération de la Nation et du soutien de l'Etat. Mais elle doit aussi être assurée de ses ressources. On ne peut enseigner correctement sans un encadrement suffisant de nos enfants. C'est la raison de mon engagement à recruter 60 000 personnels sur la durée de mon mandat.

Le 1er août 1879, comme ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts, Jules FERRY soulignait la nécessité d'une bonne formation de ceux qui sont appelés à dispenser l'enseignement : « Car savoir est une chose, enseigner ce qu'on sait est une chose bien plus difficile. On peut être un bachelier très éminent et cependant être un très mauvais maître d'école. Cette nécessité d'une préparation toute professionnelle est manifeste pour ces délicates fonctions ».

Comment a-t-on pu renier cette déclaration de bon sens ?

Voilà pourquoi je rétablirai la formation professionnelle des enseignants.

Pour honorer ses missions, je sais pouvoir compter sur le dévouement, le courage, des personnels de l'Education nationale. C'est vers eux que je me tourne, c'est à eux que j'adresse mes premiers mots en tant que président de la République.

Aux professeurs des écoles, aux enseignants du secondaire, aux universitaires, aux chercheurs, à tous les agents -- des plus modestes au plus prestigieux -- à tous ceux qui ont fait le choix de servir la connaissance et d'éveiller les consciences, je veux dire : vous êtes au service de la France.

Je sais la difficulté de votre tâche. J'en sais la grandeur. Les années qui viennent doivent être celles d'une nouvelle hiérarchie des valeurs, au sommet de laquelle la science, l'intelligence, la volonté d'apprendre et de transmettre seront les vertus les mieux reconnues et les plus respectées.

Tant de choses ont changé ! Les conditions du travail de l'enseignant. Les comportements des élèves ou l'irruption de la technologie numérique dans nos vies et dans nos classes. Mais une chose est pérenne : si le savoir n'est pas le monopole du maître, celui-ci garde la responsabilité d'en ordonner le sens.

Et l'Ecole garde toujours cette haute fonction que Jules FERRY lui conférait dans cette même Lettre aux Instituteurs : « (...)préparer à notre pays une génération de bons citoyens ».

Egalité, mixité, laïcité, instruction, apprentissage de la citoyenneté : Tels sont les principes contenus dans les lois dites Ferry. Ils sont vivants. Ils trouveront toute leur place dans la politique que je conduirai pour que la génération qui vient vive mieux que la nôtre et pour que la promesse républicaine soit scrupuleusement tenue.



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source : http://www.elysee.fr/


- rappel :
Lettre de Jules Ferry aux instituteurs - Paris, le 17 novembre 1883

CIRCULAIRE
Adressée par M. le Ministre de l'Instruction publique
Aux instituteurs,
concernant l'enseignement moral et civique

"ce que vous allez communiquer à l'enfant, ce n'est pas votre propre sagesse, c'est la sagesse du genre humain"
http://clioweb.free.fr/textes/ferry1883.htm

 

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