21 septembre 2011

Grading the Digital School

 

Grading the Digital School : Technology in Schools Faces Questions on Value
Matt Richtel, New York Times - September 4, 2011
http://www.nytimes.com/2011/09/04/technology/technology-in-schools-faces-questions-on-value.html
cité par Pierre Mounier - http://twitter.com/#!/piotrr70
http://www.nytimes.com/pages/education/


Un article récent du New York Times permet de revisiter
ce que Serge Pouts-Lajus a qualifié naguère de « question impossible » :
comment prouver l’intérêt pédagogique des usages de l’ordinateur en classe ?

http://clioweb.free.fr/peda/impossible-spl.htm


En 2005, dans le district de Kyrene (Arizona) les autorités ont convaincu les électeurs de soutenir un plan ambitieux d’équipement des écoles : « classrooms are decked out with laptops, big interactive screens and software that drills students on every basic subject ». Le plan septennal n’est pas encore achevé, mais les responsables ont décidé d’anticiper et de consulter à nouveau les habitants sur l’opportunité de poursuivre cet effort.

Matt Richtel a mené une enquête approfondie et interrogé de nombreux acteurs. Il mentionne des exemples d’applications en classe : écriture d’un blog accompagnant l’étude d’une pièce de Shakespeare, analyse des 14 points de Wilson, leçon sur la Guerre de Sécession, et pour les plus jeunes pratique du calcul mental ou de la lecture sur TNI. L’article s’intéresse à l’évaluation des usages, au choc des argumentaires, à la communication mise en oeuvre.

Pour tenter de mesurer les acquis des élèves, une approche simpliste consiste à faire appel aux tests standardisés. Or à Kyrene, les résultats récents sont médiocres : « since 2005, scores in reading and math have stagnated in Kyrene, even as statewide scores have risen ».
Les tenants du numérique les relativisent : dans ce district, les résultats aux tests étaient déjà élevés en 2005. Ils préfèrent questionner l’opportunité et la nature des tests : « l’obsession évaluative » est un aspect de la gestion néo-libérale de l’école ; les critères retenus portent sur l’école du siècle dernier, ils ignorent les compétences nouvelles : « We cannot keep educating kids for the efficiencies of 1914 (when the multiple choice test was invented) » écrit Cathy Davidson (Duke University) sur son blog.
Une étude menée dans l’état du Maine suggère que des progrès en écriture et en maths ont suivi un effort d’équipement ; mails elle ne permet pas de distinguer ce qui tient aux machines de ce qui revient aux professeurs et à la pédagogie. D’autres études menées sur des territoires plus restreints existent mais elles peuvent alimenter des lectures opposées, et les conclusions ne sont pas généralisables.

Faute d’étude sérieuse permettant de trancher avec certitude, le débat se résume souvent au choc des opinions chez les différents acteurs, avec deux positions antagonistes : certains exaltent la coopération, d’autres font de la compétition (« la concurrence ») le dogme unique.

Pour les technophiles, le choix de la modernité est essentiel : il est impensable de former les élèves d’aujourd’hui avec les méthodes d’hier, mais il faut tenter d’anticiper les évolutions prévisibles.
Selon eux, le recours aux technologies éducatives peut aider à développer la curiosité, le goût du travail en équipe, le sens de l’autonomie, le regard critique sur les médias. Pour les plus engagés, le numérique peut changer radicalement le rôle de l’enseignant : « teachers should go from being “a sage on the stage to a guide on the side ».
Pour une génération née au milieu des écrans, de la TV ou des jeux vidéo, une enseignante estime que « computers play an important role in helping students get their ideas down more easily, edit their work so they can see instant improvement, and share it with the class ».
« We are not responsible as educators unless we are teaching not just with technology but through it, about it, because of it. We need to make kids understand its power, its potential, its dangers, its use. That isn't just an investment worth making but one that it would be irresponsible to avoid » poursuit Cathy Davidson.

« Do we need technology to learn ? » A l’opposé, les réfractaires estiment que « the push for technology is to the benefit of one group : technology companies ». Ils craignent que la course permanente à la nouveauté ne soit épuisante et coûteuse à l’excès. Ils estiment que les machines perturbent l’attention, qu’elles sont davantage source de distraction que d’instruction. Selon eux, les technologies absorbent une énergie qui serait mieux appliquée à l’apprentissage des « fondamentaux ».
Les conséquences de la crise économique et la politique de la chasse aux impôts renforcent leur analyse. Dans plusieurs états, dont le Texas, le financement de l’éducation est mis en cause : les effectifs des classes gonflent, des enseignants sont licenciés et le salaire des autres est gelé. « We have Smart Boards in every classroom but not enough money to buy copy paper, pencils and hand sanitizer » constate une mère de famille.


La technologie sert la communication de deux groupes : les industriels et les politiques.
Les premiers sont attirés par un marché très lucratif : « I joke I should have an office here, I’m here so often » dit un vendeur de vidéoprojecteurs. Les industriels suscitent des effets de mode et exploitent l’obsolescence du matériel : ordinateur portable à un euro par jour, netbooks, tablettes numériques. Mais pour eux comme pour certains médias, la pédagogie se résume souvent à la seule dimension ludique (cf l’edutainment, le croisement de l’éducation et de l’industrie du divertissement).

Pour certains politiques, la technologie devrait servir à imposer « une transformation révolutionnaire de l’école ». Aux Etats-Unis, en 1997 un comité mis en place par Bill Clinton a incité les écoles à s’équiper d’urgence, sans attendre les résultats des premières expérimentations. En 2010, le National Education Technology Plan vante le numérique qui peut « enable, motivate and inspire all students ».
La technologie sert également de vitrine. C’était une des dimensions de l’opération « Un collégien, un ordinateur portable » dans les Landes. Ou de la promotion du Tout Numérique dans les Yvelines : une plaquette de mai 2008 vante l’exemple d’Elancourt (78), une commune dont le député-maire a, par la suite, été chargé d’une mission sur la modernisation de l’école par la technologie.
A Kyrene, dans un contexte démographique défavorable, l’équipement a permis d’attirer de nouveaux élèves et d’obtenir une dotation plus importante. L’expérience a attiré l’attention : en 2008, une centaine d’éducateurs venant de 17 états sont venus observer sur place les mutations opérées.
Quel choix feront les électeurs et contribuables du district de Kyrene ? Une société sans numérique et sans impôts ou un futur technologique maîtrisé dès l'Ecole ?

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- Stagnant Future, Stagnant Tests: Pointed Response to NY Times "Grading the Digital School"

Dans la version en français pour InternetActu le21/09/2011 Hubert Guillaud cite Cathy Davidson pour sa critique d'une école qui se mettrait à la remorque des tests standardisés et des QCM, comme au temps de la Ford T : « We cannot keep educating kids for the efficiencies of 1914 (when the multiple choice test was invented) ».
« We are not responsible as educators unless we are teaching not just with technology but through it, about it, because of it.   We need to make kids understand its power, its potential, its dangers, its use.  That isn't just an investment worth making but one that It would be irresponsible to avoid » répond Cathy Davidson (Duke U, Caroline du N)

La fondatrice de Hastag a publié :
The Future of Thinking:  Learning Institutions for a Digital Age
Now You See It:  How the Brain Science of Attention Will Transform the Way We Live, Work, and Learn


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A lire également sur le New York Times - Education ou Technology 

What Will School Look Like in 10 Years? 
5 points de vue :
Karen Cator, director of educational technology, United States Department of Education
Tom Vander Ark, managing partner, Learn Capital
Larry Cuban, emeritus professor, Stanford University School of Education
Eileen Lento, education strategist, Intel
David Silvernail, director, Center for Education Policy, Applied Research and Education
http://bits.blogs.nytimes.com/2011/09/03/what-will-school-look-like-in-10-years/

Teaching as a Second, or Even Third, Career
http://www.nytimes.com/pages/education/

Digg Introduces Genre-Specific Newsrooms


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19 septembre 2011

A quoi sert le secondaire ?

 

- Non, les profs ne peuvent pas tout - Marianne, 17/09/2011

L’urgence pour le public : la maîtrise du français et la discipline
L’urgence pour les profs : la maîtrise du français et les effectifs par classe.
C’est un sondage Ipsos réalisé par internet du 21 au 27 juillet qui le dit.

- Ecole : retour aux fondamentaux
extrait de l'éditorial de Jacques Julliard dans Marianne n° 752, 17/09/2011

« J’en viens à la question de l’enseignement secondaire. Au risque cette fois d’être incompris de vous, cher échantillon, je me dois de déclarer ici ma conviction profonde : sous sa forme actuelle, l’enseignement secondaire - je pense surtout au deuxième cycle - ne sert à rien. Ou à pas grand-chose. Pas plus que la prostate ou l’Académie française. Il est la survivance d’un monde ancien, qui n’a pas trouvé, je le déplore, sa place dans le monde nouveau. Il avait été conçu à l’origine pour donner une  culture générale élitiste aux enfants de la bourgeoisie. Il n’a pas résisté à la concurrence de la télévision, d’Internet, de la démocratisation du livre. Ce sont des sources non scolaires que les adolescents d’aujourd’hui tirent l’essentiel de leur savoir et de leur culture. Si l’on interroge un échantillon d’élèves sur leur programme de l’année précédentes on sera surpris du résultat.  Il n’en reste à peu près rien. L’enseignement secondaire est un moteur à rendement si faible qu’on préfère ne pas le mesurer. S’il ne jouait pas, a l’égard des adolescents, qui sont aux yeux de beaucoup la nouvelle classe dangereuse de la société, le rôle de parking et de sas de décompression, on l’aurait déjà supprimé. S’il n’existait pas, on ne l’inventerait plus. En dépit du dévouement des enseignants - cela n’est pas une formule, mais une réalité - cet enseignement fantôme est couronné par un examen fantôme, le baccalauréat.

Je n’ai ni la place ni le loisir de m’étendre sur ce que pourrait être une école centrée sur ses deux missions essentielles : l’apprentissage des langages, l’approfondissement scientifique, technique et professionnel des savoirs. J’y reviendrai, c’est sûr. Et la culture ? C’est comme la tolérance, il y a des maisons pour ça. Celle de la rue de Valois n’est pas un ministère de la Culture, mais un secrétariat d’Etat aux Beaux-Arts. Une chose est sûre : la culture ne saurait être désormais un simple produit dérivé de l’enseignement secondaire et des institutions des Beaux-Arts. Il faut la réinventer de fond en comble, dans toute sa dimension anthropologique, car elle est le seul barrage qui puisse tenir face à la barbarie moderne ». 

[ dans cette condamnation brutale et sans nuance, aucune mention de la démolition en cours (la suppression de la formation professionnelle en alternance a pris pour prétexte les critiques répétées contre les IUFM) ].  


- La prolétarisation des enseignants, au-delà du salaire - 
Guy Dreux et Francis Vergne (FSU) - Libération 16/09/2011

La concurrence, le «new public management», l’utilitarisme dans la définition des programmes scolaires ... ces machines font émerger un travail de plus en plus sous contrôle. Longtemps restés des artisans, reconnus par leur statut, les enseignants deviennent des prolétaires, c’est-à-dire des travailleurs exerçant un métier dont l’intelligence et le sens passent du côté ... de l’Etat-entreprise (corporate state)...


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15 septembre 2011

Les mots ont un sens

 

Le débat sur l'Ecole est faussé par le poids excessif pris par une communication experte dans le brouillage des enjeux. Sur son blog, Claude Lelièvre, un acteur engagé, propose des éléments pour décoder ces discours.
http://blogs.mediapart.fr/blog/claude-lelievre/060911/des-expressions-detournees


Quelques exemples :

- Compétences. De quoi parle-t-on ? d'une logique du travail intellectuel ou de la dérive technocratique des livrets de compétences ?

- L'autonomie. Que concerne-t-elle ? les établissements ? les équipes pédagogiques ? les seuls chefs d'établissement ?

- La personnalisation. S'agit-il de figer les différences ou de les prendre en compte pour les surmonter ?

- La révolution (toujours silencieuse) pour saper les bases du service public
ou la refondation , en repartant des fondements et en les mettant à hauteur de notre temps et de notre société ?


Les autres articles du blog :
http://blogs.mediapart.fr/blog/claude-lelievre/

 

 

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07 septembre 2011

L'école à bout de souffle

 

L’école est à bout de souffle : les raisons d’une crise inédite - Lucie Delaporte, Médiapart, 2 septembre 2011
copie : http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article4923

… des classes surchargées, un métier dévalorisé qui ne s'apprend que sur le tas, des remplacements plus aléatoires que jamais (dogme d'un fonctionnaire sur deux non remplacé), depuis 4 ans les choix politiques ont donné une inflexion nouvelle à une crise ancienne de l'école

L'application d'un libéralisme méthodique, par la mise en concurrence généralisée du système, a modifié profondément l'école : assouplissement de la carte scolaire, internats d'excellence ou établissements ECLAIR (ex-ZEP) … L'ensemble dessine une école qui, sous couvert d'élitisme républicain, assume comme jamais sa mécanique inégalitaire.

Pour compenser les dégâts de cette nouvelle école capitaliste, la logique sécuritaire est mise en avant : portiques de sécurité, vidéosurveillance, présence policière... L'enseignement passe après la lutte contre la violence dans des collèges bunker, coupés de leur quartier, souvent zone de relégation sociale.

Leçon de morale, punitions par des travaux d'intérêt général, les annonces ministérielles se suivent. « Pathétique déconnexion avec le terrain ou cynisme de celui qui sait que ces fumigènes font toujours leur petit effet sur la machine médiatique (et sur les futurs électeurs) ? »

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Et un devoir de géographie ?

 

Shoah et programmes Chatel (suite).

La présence de la 2 GM et de la Shoah dans les programmes et les manuels de lycée a beaucoup agité les médias ces derniers temps. Par contre, qui se soucie encore du sort de la géographie scolaire, également victime collatérale de la suppression de l'HG en Term S ?
La mondialisation ? 
A partir de cette année, les lycéens de S dans leur majorité quitteront le lycée sans avoir étudié le monde et la mondialisation. Ils seront peut-être incollables sur les chantiers de l'espace local, sur la France ou sur l'Europe. Mais ils ne connaîtront  les USA, le Japon, la Chine ou l'Afrique qu'à travers ce que les médias voudront bien en dire. 
La géographie du monde et de la mondialisation, sans doute un point de détail pour de futurs citoyens et de futurs dirigeants ??

Quel groupe de pression va se lever et exiger un devoir de géographie, au hasard, pour une géographie du Proche-Orient ?? ]
http://clioweb.canalblog.com/tag/lanzmann

 

- « Une autre politique de l'éducation est possible »
écrit dans Libération Matthieu Orphelin, VP de la région Pays-de-la-Loire

« Il faut remplacer la logique de compétition qui prévaut actuellement par une vision coopérative et partagée de la réussite. Il s’agit également de ré-interroger le sens de ce que l’on apprend et notamment de s’organiser pour former des citoyens capables de construire du bien commun ».

« Parce que préparer l’avenir ne peut pas se limiter à contenir la dette budgétaire. Parce que la dette éducative, comme la dette écologique, est aussi dangereuse. N’ayons pas peur de réinvestir enfin dans l’éducation. A court terme, nous pouvons nous le permettre ; à long terme, ce sera payant ».
http://www.liberation.fr/societe/01012357895-un-milliard-pour-l-education

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- Dans Le Canard,

Dans le Var, un lecteur du Canard se rend au service des cartes grises.
Un ticket lui annonce : temps d'attente estimé à 536 minutes...
Plutôt que de poireauter près de 9 h, il rentre chez lui, et se connecte à internet. 
Là une entreprise privée lui promet la carte grise en 24 h.
Un détail : l'opération privatisée a un coût : 29, 90 euros.
Vous avez dit service public ou service mercantile ?

page 5 : 

embarras

à lire les titres du Figaro, entre juin et septembre, tout ou presque a embarrassé le PS, le titre du 27/07 clonant celui du 07/07.
Emabarras, malaise, Le Canard suggère quelques synonymes pour eviter des répétitions trop voyantes ...

 

 
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06 septembre 2011

Education : bilan globalement négatif

 

Dans l'Oise, un internat d'excellence cher à M. Chatel
En passant son après-midi de rentrée scolaire, lundi 5 septembre, sur une ancienne base militaire transformée en internat d'excellence, le ministre de l'éducation, Luc Chatel, ne risquait pas les manifestations de parents mécontents de voir leur école perdre une classe. Il a croisé 156 jeunes de 13 à 19 ans méritants, bichonnés et très encadrés.
Coût : 200 millions d'euros y seront consacrés dans le cadre du grand emprunt.
Surcoût moyen de 1 000 à 2000 euros annuels par enfant par rapport à un internat classique.
http://lemonde-educ.blog.lemonde.fr/2011/09/05/luc-chatel-visite-un-internat-qui-a-les-moyens/

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Cinq ans d'école Sarkozy - Le Monde Education
http://www.lemonde.fr/education/

Les intentions affichées :
« Sur l'ensemble des points de cette lettre de mission, vous nous proposerez des indicateurs de résultats. Nous souhaitons que figurent parmi ceux-ci la réduction de l'échec scolaire et de l'illettrisme, l'amélioration de notre classement dans l'évaluation internationale des systèmes éducatifs, la réduction des inégalités scolaires, l'augmentation de la mixité sociale au sein des établissements, la scolarisation des enfants handicapés, la montée en puissance du dispositif d'évaluation, la suppression des ghettos scolaires et la mise en place des internats de réussite éducative, la revalorisation de la condition enseignante, la formation continue, et l'attractivité du métier d'enseignant ».


Le résultat, côté élèves ?
En fin de collège, selon les évaluations du ministère, le score moyen des élèves baisse de manière significative entre 2003 et 2009. La proportion des élèves les plus faibles augmente de 15 % à 17,9 % ; celle des élèves les plus performants diminue de 10 % à 7,1 %.

Le résultat, côté profs ? 
Officiellement, la formation continue a été repensée. En fait, seule 113 demandes de DIF (droit individuel à la formation) ont été acceptées. Pour 800 000 enseignants... [autre tromperie : le DIF, il s'agit moins de formation professionnelle que de reconversion vers un autre métier]

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Education : le maigre bilan du quinquennat de Nicolas Sarkozy

« ...le chef de l'Etat a un vrai projet. Pas encore très lisible, parce que ses deux ministres successifs, Xavier Darcos et Luc Chatel, ont avancé les pions un à un sans dévoiler l'architecture globale. Celle qui se dessinera vite, dès 2012, si l'actuel chef de l'Etat est réélu pour un second mandat (cf le programme CLAIR) ».
http://www.lemonde.fr/societe/2011/09/05/education-le-maigre-bilan

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Bilan scolaire globalement négatif
- Pierre Merlé - Le Monde 05/09/2011
http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/09/05/bilan-scolaire-globalement-negatif_1567852_3232.html

Pierre Merlé dresse un bilan (du quinquennat de 10 ans) dans trois domaines essentiels : l'assouplissement de la carte scolaire, la formation des maîtres, la lutte contre l'échec scolaire. En fait, création de ghettos et recul de la mixité sociale, la (dé)formation des maîtres et casse du métier, renforcement de la marginalisation sociale.

La restriction des dépenses ? La rigueur imposée est à géométrie variable et résulte d'abord d'un choix politique : mener une politique fiscale au service des plus fortunés ET réduire les dépenses publiques, notamment en Education.

Selon Pierre Merlé, les choix éducatifs sont à l'opposé des politiques menées par les pays dont les systèmes éducatifs sont jugés les plus performants par l’OCDE ( réduction du nombre d’enseignants, démolition de leur formation au métier, déconstruction du collège unique…).
« Les objectifs affichés à satiété par le gouvernement - égalité des chances, mixité sociale, lutte contre l'illettrisme, aide aux élèves en difficulté scolaire, priorité à l'éducation... - relèvent de la corruption des mots. Celle-ci n'est pas seulement un mode ordinaire de gouvernement, elle est aussi un obstacle fondamental à la connaissance et au vote éclairé du citoyen ».



.PS : Shoah - Holocauste - Génocide - extermination - destruction ...
Chatel a écrit dans Le Monde. Lanzmann est rassuré.
http://clioweb.canalblog.com/archives/2011/08/31/21903451.html



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05 septembre 2011

Apprendre à penser

 

Comment réinventer l'école ? - Le Monde 02/09/2011 - source CR
http://www.lemonde.fr/idees/ensemble/2011/09/02/comment-reinventer-l-ecole_1566764_3232.html

Rentrée scolaire : Les nouveaux défis
http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/09/02/rentree-scolaire-les-nouveaux-defis_1566840_3232.html

Contre l'idéologie de la compétence, l'éducation doit apprendre à penser
http://www.lemonde.fr/idees/2011/09/02/apprendre-a-penser

Débat entre Philippe Meirieu et Marcel Gauchet, le 13 juillet 2011, dans le cadre du Festival d'Avignon.

 

«... Nombre d'enseignants ont l'impression que la société défait le soir, après la classe, ce qu'ils ont patiemment tenté d'élaborer dans la journée ».
« On demande à l'école de résoudre par des moyens pédagogiques des problèmes civilisationnels résultant du mouvement même de nos sociétés [et de choix politiques], et on s'étonne qu'elle n'y parvienne pas... »


Lire les analyses sur la famille, ses mutations, ses attentes face à l'école, sur le comportement d'enfants désirés...

Vision très critique des référentiels behavioristes : « De même qu'aucun métier ne se réduit à la somme des compétences nécessaires pour l'exercer, aucun savoir ne se réduit à la somme des compétences nécessaires pour le maîtriser ».

Pour PM, le débat politique oppose « ceux qui chargent l'école de transmettre une somme de savoirs techniques garantissant à terme l'employabilité du sujet dans l'entreprise, et ceux pour qui l'école a une vocation culturelle qui dépasse la somme des compétences techniques qu'elle permet d'acquérir ».


PM - « Ce jeu entre contraintes et ressources relève d'un travail pédagogique irréductible à l'accumulation de savoir-faire et à la pratique d'exercices mécaniques. Il renvoie à la capacité à inventer des situations génératrices de sens, qui articulent étroitement découverte et formalisation. Or, nous nous éloignons aujourd'hui à grands pas de cela avec des livrets de compétences qui juxtaposent des compétences aussi différentes que savoir faire preuve de créativité et savoir attacher une pièce jointe à un courriel ».
« Que peut bien signifier alors l'élève a 60 % des compétences requises ? La notion de compétence renvoie tantôt à des savoirs techniques reproductibles, tantôt à des capacités invérifiables dont personne ne cherche à savoir comment elles se forment. Ces référentiels atomisent la notion même de culture et font perdre de vue la formation à la capacité de penser ».

MG - « Dans le travail comme dans le reste de l'existence, c'est avec de la pensée que l'on peut progresser, à tous les niveaux. La fonction de l'école, c'est tout simplement d'apprendre à penser, d'introduire à ce bonheur qu'est la maîtrise par l'esprit des choses que l'on fait, quelles qu'elles soient. C'est, de très loin, la démarche la plus efficace. L'illusion du moment est de croire qu'on obtiendra de meilleurs résultats pratiques en abandonnant cette dimension humaniste ».
 

meirieu

Philippe Meirieu - http://meirieu.com/ 
http://blogue.sdp-cmontmorency.ep.profweb.qc.ca/?p=248
http://www.meirieu.com/nouveautesblocnotes.htm


gauchet

Marcel Gauchet - http://gauchet.blogspot.com/
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04 septembre 2011

L'école à la maison

 

Toujours beaucoup d’Ecole et de rentrée scolaire dans les médias : équipes de direction en photo dans la presse locale, titres ou légendes qui font surtout la pub du privé confessionnel (un collège privé va fournir des tablettes à ses élèves de 6e, un autre a déjà équipé chaque salle de TBI…).
Cette année, plusieurs articles vantent la déscolarisation, le homeschooling des Américains. 

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L’Ecole autrement,

Un hebdo conservateur normand fait sa Une sur Elisabeth P. qui « a choisi de monter sa propre école privée hors contrat ».
Le prétexte, fourni en titre : « L’ascenseur social par l’école ne fonctionne plus ».
A l'intérieur, l’hebdo consacre une demi-page à cette fille de normaliens, catholique pratiquante, à qui un inspecteur aurait reproché de faire trop de conjugaison en ZEP. Elle veut « revenir aux méthodes classiques ». Elle a créé l’association Ange-educ (sic).
(en dessous de l'article, par contraste, une brève titre : « un élève en moins, une classe qui ferme »…)


La rentrée, pour eux, c’est à la maison - OF
Ouest-France consacre une pleine page à deux exemples de déscolarisation, à proximité de Caen. Un des articles insiste sur la personnalisation et sur l'efficacité : « en une heure, à la maison, nous faisons ce qu’ils feraient en six ou huit heures en classe ». Les activités extra-scolaires serviraient à éviter la désocialisation. 


Etats-Unis. L’école est finie
Un nombre croissant de parents américains optent pour l’instruction à la maison. Un mouvement, qui surfe sur la dégradation du service public et touche toutes les classes sociales, écrit Lorraine Millot dans Libération 
http://www.liberation.fr/monde/01012357250-etats-unis-l-ecole-est-finie

Près de 2 millions de petits Américains feraient maintenant leurs classes à la maison, soit près de 4% des enfants en âge scolaire. Avec des résultats présentés comme exceptionnels dans l’article : plusieurs exemples d’entrepreneurs en herbe, un cas de « passionné de biologie qui à 16 ans travaille déjà sur des projets de recherche à l’université »… « A la maison, on a tout le temps de faire les choses au rythme de chacun ».

Sur l'évaluation de ce travail à domicile, « chacun des Etats américains a ses propres règles, plus ou moins laxistes... Certains laissent les parents pratiquement enseigner ce qu’ils veulent, sans contrôles. D’autres demandent à voir un portfolio de travaux réalisés par l’élève ».
A ses débuts, le homeschooling (éducation à domicile, par la famille) avait souvent des motifs religieux et idéologiques… Aujourd’hui, la défiance de certains parents à l’égard de l’école publique guiderait un choix dans lequel la mère sacrifie souvent sa carrière professionnelle.

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Double commentaire :

- Dans les médias dominants, où relayer la com' ministérielle coûte moins cher que de salarier des journalistes d'enquête, l'école mise en spectacle a souvent peu à voir avec la réalité quotidienne. De plus, cette école publique sert de défouloir commode : on lui reproche l'accroissement des inégalités, en feignant d'ignorer que la question sociale tient avant tout à la précarisation croissante. Les enseignants y ont rarement bonne presse : leur pédagogie n'est jamais assez ludique, la personnalisation n'est jamais suffisante.

- La privatisation de l'instruction, le remplacement de l'école par la famille, c'est un choix politique porté par une minorité d'extrémistes très actifs. Dans un pays où enseigner ne semble plus considéré comme un métier à part entière (cf la démolition de la formation professionnelle en alternance depuis 2010), n'importe qui peut s'improviseur auto-entrepreneur. Pas sûr que cela soit le meilleur moyen pour répondre aux difficultés actuelles, pour socialiser une génération d'enfants et construire une société solidaire capable d'affronter les défis de demain.



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27 août 2011

Marchands de stage


- Traquer les marchands de stage ?
http://www.liberation.fr/societe/01012356059-nous-allons-traquer-les-marchands-de-stage

L'étude fantôme sur les stages du ministre Wauquiez
http://www.rue89.com/2011/08/26/letude-fantome-sur-les-stages-du-ministre-wauquiez-219360

dans Libération, une interview de celui qui se présente comme le pourfendeur de l’assistanat

Dans Rue 89, Hela Khamarou (Génération précaire) lui répond sur le fond et sur la forme :
« On est dans le flou le plus total. Une étude à laquelle personne n'a accès, sauf M. le ministre, et des sanctions virtuelles pour enfumer la jeunesse ». (LW fait référence à une étude qui aurait été menée en 2009-2010 auprès des universités, à l’exclusion des BTS, IUT et écoles privées)

« Non M. le ministre, ce n'est pas le Far West, c'est … désintérêt stupéfiant pour ceux qui sont l'avenir de ce pays ». « Le collectif Génération Précaire ne pense pas que les stages tuent l'emploi junior : ce sont les entreprises qui tuent l'emploi junior ! »


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26 août 2011

Wikipedia à l'Université

 

- Wikipedia Aims Higher

 HES2011-sageross
Photo Sage Ross - Commons

The Wikipedia in Higher Education Summit/Documentation
http://outreach.wikimedia.org/wiki/Wikipedia_in_Higher_Education_Summit
a eu lieu à Boston (Simmons College) et a réuni 120 participants les 8 et 9 juillet 2011.
3 articles en rendent compte, dont celui de Steve Kolowich : Wikipedia Aims Higher
http://outreach.wikimedia.org/wiki/Wikipedia_in_Higher_Education_Summit/Documentation

Voir également dans cette page wiki, les vidéos (avec le défaut habituel : filmer le conférencier ou son support ?)
et les supports de présentation.


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The future of Wikipedia in Education is now
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wp-global


During the 2010–11 academic year, the Wikimedia Foundation started an experimental pilot project (the Public Policy Initiative) to explore the challenges and opportunities of student-based Wikipedia-editing on a larger scale. More than 800 students from 22 U.S. universities contributed about 5,600 pages of high quality content to the English Wikipedia.
http://outreach.wikimedia.org/wiki/Public_Policy_Initiative

« We have built a strong knowledge base about running a class-based program as well as the tools needed to implement it (training handbooks, brochures on how to start editing, how-to videos, sample syllabi, etc.) » note Frank Schulenburg

Beginning in 2011 the Global Education Program will follow.
We are planning to have more than 10,000 students enrolled in our program by 2013... The Ambassador training will be put online. Tools that enable participants to share their materials and best practices more effectively will be developed.
Frank Schulenburg, Global Education Program Director
http://blog.wikimedia.org/2011/07/29/for-wikipedia-in-education-the-future-is-now/

 
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