11 mai 2015

Education : Faux débats et vraies passions

 

- Thomas Legrand - Education : Faux débats et vraies passions - L'édito politique, F-Inter
http://www.franceinter.fr/emission-ledito-politique-education-faux-debats-et-vraies-passions

« l’éducation est un thème aisément « instrumentalisable ». Surtout contre un gouvernement déjà impopulaire »
« Ceux qui débattent passionnément de l’éducation ont tendance à y projeter, non pas des enjeux pédagogiques, mais les névroses de la société : La fin de l’autorité, la monté des individualismes, la perte du sens civique ou du gout l’effort. Comme l’école est au début, on a tendance à la prendre pour la source. La source des problèmes ! Alors qu’elle en est plutôt que le réceptacle ».


- Programmes : Une consultation dans le désordre - Le Café 11.05.2014
http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2015/05/11

« C'est dans cette situation que s'ouvre, le 11 mai, la consultation sur les programmes. Les enseignants sont invités à se prononcer sur les programmes proposés légalement par le CSP. Mais ceux-ci sont déjà dépassés par les déclarations politiques du président et du gouvernement. Et des commissions parallèles sont déjà en train de les réécrire ».


- Najat Vallaud-Belkacem : "Cette réforme du collège doit s'appliquer à la rentrée 2016" - JDD 10.05.2015
http://www.lejdd.fr/Politique/Najat-Vallaud-Belkacem-Le-probleme-c-est-la-passivite-des-eleves-au-college-731592

Que doivent apprendre, selon vous, les collégiens en histoire?
« D'abord, et c'est prévu, il faut revenir à la chronologie pour permettre aux élèves d'acquérir des repères temporels solides. Ensuite, il faut y mettre ce qui fonde l'identité de la France : les Lumières, la Révolution française, la construction de la République, la Résistance… Les collégiens doivent apprendre les périodes de grandeur comme les périodes plus sombres de notre histoire. Car il est nécessaire de connaître son passé pour pouvoir se projeter dans l'avenir. L'enseignement laïc du fait religieux doit aussi être renforcé : les débuts du judaïsme, du christianisme sous l'Empire romain, la place de l'Église au Moyen Âge, la naissance de l'islam… »

« ... comme l'enseignement de l'histoire doit être rassembleur, je vais réunir prochainement, avec le Conseil supérieur des programmes, des historiens de renom, comme Pierre Nora, Jean-Pierre Azéma et bien d'autres, pour que le travail en cours bénéficie de leur regard et de leur expertise ».


- Pierre Nora sur les nouveaux programmes d’histoire : « L'image d'une France fatiguée » JDD 10.05.2015
http://www.lejdd.fr/Societe/Education/L-historien-Pierre-Nora-sur-les-nouveaux-programmes-d-histoire

A quoi sert l'histoire?
Elle doit être à la fois utile et plaisante. Utile parce qu'elle permet de nous définir à la lumière de ce que nous ne sommes plus. Plaisante parce qu'elle doit être incarnée, aussi vivante que possible.

« Que proposez-vous?
Je proposerais une orientation claire : expliquer ce que la France a apporté à l'Europe et au monde et, inversement, ce qu'elle a reçu de l'Europe et du monde. Le cadre chronologique pourrait reprendre les identités françaises successives : féodale, royale, monarchique, révolutionnaire, nationale, républicaine, et aujourd'hui démocratique. On mettrait l'accent sur ce que notre pays a apporté de singulier au reste du monde : par exemple les cathédrales, l'élan chrétien, ensuite et surtout le modèle de l'État-nation, l'absolutisme monarchique dans ce qu'il a de glorieux – Versailles, le Roi-Soleil… – et de niveleur pour les minorités nationales, les Lumières, la langue française qui a régné sur l'Europe du XVIIIe siècle, les droits de l'homme, l'expérience révolutionnaire dans ce qu'elle a de positif et de négatif, une littérature extraordinaire, l'expérience coloniale avec ce qu'elle a pu également apporter au monde, y compris des armes pour s'affranchir… »


- Michel Lussault, président du CSP
sur Twitter le 10 mai 2015 : http://twitter.com/MichelLussault

« Non le #CSP ne déléguera pas la fabrication des programmes d'HG à une commission mais organisera un forum et rencontrera des historiens et des géographes .. »
« Le #CSP ne se départit pas de sa mission : réviser les versions martyrs des prog à partir de la consultation DGESCO et de nos rencontres ».
« Et nous le faisons parce que le #CSP a été créé par la loi Refondation de l'Ecole : seul le conseil est légitime à proposer des programmes ».
http://twitter.com/MichelLussault/status/597339724248969216


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28 mars 2015

Concertation Ecole numérique

 

Concertation Numérique pour l’Education
http://ecolenumerique.education.gouv.fr/

- Le forum :
http://www.forum.ecolenumerique.education.gouv.fr/
La synthèse des contributions est toujours attendue.

rappel : le point de vue de J-F. Cerisier (Poitiers)
http://clioweb.canalblog.com/tag/cerisier


- Une synthèse des réponses au questionnaire officiel vient d’arriver en ligne
http://ecolenumerique.education.gouv.fr/concertation/fin-de-la-premiere-etape/reponses-questionnaire
- élèves et étudiants
- enseignants et professionnels de l’éducation
- familles et partenaires de l’école

Peu de surprises pour un questionnaire peu apprécié.
demande d'un accès simplifié et sécurisé à l’internet, des ressources diversifiées et de qualité

- Retours des rencontres dans les académies :
http://ecolenumerique.education.gouv.fr/concertation/academies/#content


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04 mars 2015

JF Cerisier et l'Ecole numérique


 
Concertation Numérique pour l'Education

Numérique éducatif : faut-il désespérer des politiques publiques ?
Lire l'excellente analyse de Jean-François Cerisier (Labo TECHNE, U. Poitiers)
http://www.forum.ecolenumerique.education.gouv.fr/debat/33/avis/971
extraits :
. Enseigner avec le numérique est une impérieuse nécessité sociale. La pédagogie avec le numérique est à inventer.
. L’attention aux usages réels et pertinents est un meilleur indicateur d’efficacité que le temps passé devant un écran.

. L’équipement massif en tablettes (avec ou sans environnement scolaire) est une solution périmée. Il faut mieux préférer le BYOD
(Bring Your Own Device), et prévoir les conditions techniques d’un usage scolaire en réseau de matériels hétérogènes.

. Pour l’Etat comme pour les collectivités, la question centrale, c’est la conduite du changement 

 

Faire entrer l’École dans l’ère du numérique ?
Par un achat massif de tablettes numériques ?
Par une politique systémique et ambitieuse ?

Jean-François Cerisier cite des expériences, en cours ou terminées : « Un collégien, un ordinateur portable » dans les Landes ,  « Ordina 13 » dans les Bouches-du-Rhône lancés dès 2009, « One Laptop Per Child » initié par le Media Lab du MIT en 2005, projet TED en Saône-et-Loire, Edutablettes 86 dans la Vienne, Living Cloud du LPII...

Selon lui, un équipement national massif en tablettes tactiles est une fausse bonne idée * . La tablette a des avantages, mais c’est avant tout un outil de consultation, « un piètre outil quand les apprentissages reposent justement en grande part sur l’activité productive des élèves ».


« L’enseignement du numérique est une impérieuse nécessité sociale ».

Le numérique bouleverse le rapport des jeunes au monde. L’Ecole doit changer radicalement pour « faire face à cette nouvelle donne culturelle et remplir son rôle sans rien abandonner de sa mission ». Il lui faut «  imaginer ce que pourrait être un enseignement efficace du numérique. Les questions sont nombreuses. Elles s’expriment en termes de contenus, de méthodes, de stratégie et de moyens. Elles ont déjà suscité beaucoup de travaux et d’autres sont en cours ». Les ressources sont aussi à inventer, sans chercher à plagier et « enrichir » l’actuel manuel papier.

JFC plaide en faveur du BYOD (Bring Your Own Device). Il rappelle que le « digital native », la maîtrise supposée innée de la technique par les adolescents, est un mythe. Mais les élèves sont de plus en plus équipés, de plus en plus habiles dans le maniement des outils numériques et de plus en plus nombreux à apporter leurs équipements au collège ou au lycée. Les stratégies publiques d’équipement ne peuvent ignorer cette situation avec ses implications techniques, pédagogiques et sociales : par exemple, garantir l’équité entre les élèves, assurer la connectivité de tous les équipements dans un environnement sécurisé...

La partie principale de l’iceberg n’est peut-être ni le recours au numérique pour des apprentissages tiers, ni l’apprentissage du numérique mais l’impact du numérique sur la forme scolaire et sur le rapport de l’élève à l’École », une Ecole à refonder de toute urgence.

L’Etat a un rôle central à jouer pour piloter ces mutations, avec une politique réaliste mais audacieuse et pérenne. Il doit mobiliser et soutenir les acteurs, impulser et financer des dynamiques de recherche-innovation. Pour ce saut qualitatif indispensable, la logique de marché ne suffit pas ; mais « l’institution scolaire doit devenir un bon client, c’est-à-dire un client qui sait exprimer clairement ses besoins..., un client qui sait évaluer l’efficacité et l’efficience des services et des biens qu’il acquiert afin de mieux piloter ses futurs investissements ».


Il termine par un éloge de la politique de la Région Poitou-Charentes (valable jusqu’au 1er janvier 2016 :-)
« Certains territoires ont bien compris que de telles stratégies étaient pertinentes à la fois pour contribuer à l’évolution et l’amélioration des services éducatifs dont ils ont la charge et pour créer de véritables filières eEducation avec de significatives retombées en termes de création de richesse et d’emplois. C’est d’ailleurs le cas de la Région Poitou-Charentes qui a inscrit la eEducation comme l’une de ses stratégies de spécialisation intelligente et qui travaille efficacement à l’animation de cette filière. Le laboratoire TECHNE est bien sûr pleinement associé à cette démarche ».

* sur l'usage scolaire des tablettes, trois points de vue d'utilisateurs :
. Numérique et Péd@gogie Spécial Tablettes
Denis Sestier et ses collègues, académie de Caen
http://histoire-geographie.discip.ac-caen.fr/spip.php?article274

. L’usage des tablettes en sortie sur le terrain
http://www.cndp.fr/agence-usages-tice/temoignages/l-usage-des-tablettes-en-sortie-sur-le-terrain-1252.htm

. Les tablettes, un vrai « plus » pour l’organisation d’un débat en classe
http://www.ludovia.com/2014/11/ce-les-tablettes-apportent-lorganisation-dun-debat-en-classe/

 


Une copie de la contribution de Jean-François Cerisier
Numérique éducatif : faut-il désespérer des politiques publiques ?
Jean-françois Cerisier #971, le 23/02/2015 - 18:35 http://www.forum.ecolenumerique.education.gouv.fr/debat/33/avis/971
(l'adresse ne répond plus le mardi 7 avril 2015)


Que retient-on de ces trente dernières années de notre histoire des technologies éducatives ? Posez-vous la question et complétez cette expérience introspective en interrogeant votre entourage ! Je l’ai fait. Les réponses varient bien sûr selon les âges et le positionnement socioprofessionnel de chacun. Pourtant, c’est presque toujours aux différents plans d’équipement que l’on se réfère et non aux transformations des pratiques pédagogiques ou à l’évolution des missions, objectifs et responsabilités que l’immanence des technologies numériques impose à l’École. Alors qu’un nième plan d’équipement est annoncé par le chef de l’Etat lui-même, on peut s’interroger sur son intérêt et espérer que la concertation nationale sur le numérique pour l’éducation qui prendra fin le 9 mars prochain donnera un deuxième souffle à la « stratégie pour faire entrer l’École dans l’ère du numérique ». Initiée par Vincent Peillon en 2012, elle misait sur une approche ambitieuse et systémique qui articule les différentes dimensions éducatives mais aussi les différents acteurs publics et privés concernés .

Parmi d’autres, les travaux de recherche conduits par les chercheurs du laboratoire TECHNE questionnent la pertinence des politiques publiques dans ce domaine. Les problématiques relatives à l’équipement systématique des élèves avec des matériels informatiques mobiles ne sont pas nouvelles. On se souvient bien sûr des projets « Un collégien, un ordinateur portable » dans les Landes et « Ordina 13 » dans les Bouches-du-Rhône lancés dès 2009. Plus tôt encore, il y avait eu les programmes internationaux « Magallanes » et, surtout, « One Laptop Per Child » initié par le Media Lab du MIT en 2005 et qui perdure aujourd’hui encore. Des chercheurs de TECHNE ont été impliqués dans tous ses projets. Aujourd’hui, nous travaillons dans le cadre du projet TED, en Saône-et-Loire, mais aussi du projet Edutablettes 86 dans la Vienne et nous venons de démarrer l’accompagnement scientifique du projet Living Cloud du Lycée Pilote Innovant International (LPII) en janvier. Les questions de recherche qui motivent notre participation à tous ces projets sont diverses mais, portent d’une façon ou d’une autre sur l’appropriation des matériels et des ressources par les élèves et les enseignants. En règle générale, nous ne cherchons pas à évaluer l’impact des programmes d’équipement sur les apprentissages des élèves mais à comprendre ce que les différents acteurs font des matériels et ressources disponibles, pourquoi ils le font et comment et en quoi la médiation opérée par les technologies numériques modifie les activités et leurs acteurs. Le numérique joue plusieurs rôles à l’Ecole et la réflexion gagne à les distinguer clairement. Le numérique représente un moyen d’apprentissage, un objet d’apprentissage mais aussi le contexte actuel de l’École.

Enseigner avec le numérique constitue une obligation de moyens
Le plus souvent, c’est la mobilisation du numérique pour des apprentissages tiers, c’est-à-dire dans toutes les disciplines et pour tous les thèmes qui est mise en avant. C’est bien sûr légitime et, de ce point de vue, l’École se trouve à l’évidence devant une situation d’obligation de moyens. Comment pourrait-elle ne pas recourir aux technologies numériques quand elles augmentent l’efficacité et parfois l’efficience des dispositifs d’apprentissage ? La question centrale est celle de l’activité des élèves, exprimées en termes d’ensembles de tâches à réaliser, scénarisés par les enseignants avec l’ensemble des ressources dont ces derniers disposent : équipements, services et documents numériques, bien sûr, mais aussi locaux, mobiliers, compétences professionnelles …

Pour l’essentiel, les pratiques pédagogiques avec le numérique restent à inventer alors que les orientations données aux enseignants par l’institution se précisent sans constituer pour autant un cadre d’action clair et rassurant. Si cette ingénierie pédagogique relève bien des compétences et responsabilités des enseignants, ceux-ci l’exercent dans un contexte très incertain et changeant. Les enseignants ont besoin de plus de formation et l’on attend beaucoup des ÉSPÉ à cet égard. Ils ont aussi besoin de plus d’accompagnement et d’une véritable dynamique collective pour développer ces nouvelles pratiques à l’articulation de la pédagogie de terrain, des attentes institutionnelles et des apports de la recherche. Il leur faut pouvoir agir au sein d’un cadre organisationnel exigeant mais bienveillant, favorable à la prise d’initiatives. Cela va de l’existence d’un projet d’établissement structuré et porté par l’équipe de direction jusqu’à l’accompagnement soutenu des corps d’inspection relayant une politique nationale et locale réaliste mais audacieuse, entreprenante mais suffisamment pérenne dans ses grandes orientations.

La fréquence d’utilisation n’est pas un indicateur d’efficacité permanent
Si l’efficacité de l’instrumentation numérique de certaines activités d’apprentissage institue la responsabilité de l’École à s’approprier ces technologies (au même titre que bien d’autres artefacts), elle n’en fait pas pour autant la réponse unique à tous les besoins d’apprentissage. De ce fait, la fréquence d’utilisation du numérique ne constitue pas un (bon) indicateur de son efficacité. Y recourir parcimonieusement pour des activités qui en exploitent réellement le potentiel est bien préférable à la fuite en avant du tout numérique. Il convient de se méfier du stéréotype qui pourrait s’installer et qui exigerait des enseignants qu’ils mobilisent fréquemment les technologies numériques pour être considérés comme de bons enseignants. On observe aujourd’hui beaucoup de pratiques pédagogiques où le numérique instrumente des activités préexistantes, sans que cette médiation instrumentale soit véritablement mise à profit pour en améliorer l’efficacité. Il faut probablement accepter l’idée qu’il s’agit d’une étape inéluctable compte tenu de ce que l’on sait des processus d’appropriation. Pour autant, il nous appartient de réduire ces phases d’appropriation qui sont très inconfortables pour les enseignants et potentiellement nuisibles aux apprentissages des élèves.

L’enseignement du numérique est une impérieuse nécessité sociale
Apprendre avec le numérique n’est finalement que la partie émergée de l’iceberg, celle que l’on appréhende le mieux mais aussi celle qui masque d’autres dimensions de la plus grande importance. L’École porte aussi la responsabilité de la formation des jeunes au numérique. Différents travaux montrent depuis une dizaine d’années combien le prêt-à-penser qui leur attribue de grandes compétences numériques est faux. Le mythe du digital native, par lequel Marc Prensky a très judicieusement attiré l’attention du plus grand nombre sur l’ampleur des transformations opérées par la disponibilité permanente des technologies numérique a vécu. Les adolescents développent des compétences numériques dont certaines ébahissent parfois (légitimement) leurs aînés. Ils le font essentiellement par l’expérience, seuls ou dans l’interaction avec leurs pairs. Pour autant, ce contexte ne leur permet pas de construire toutes les compétences requises aujourd’hui pour devenir des citoyens autonomes et responsables, termes centraux du projet et des promesses de l’École républicaine. Des activités d’apprentissage explicites sont indispensables. Comment se résoudre à ce que seuls les jeunes ayant la chance de grandir dans un environnement familial particulièrt favorable puissent espérer accéder à cette émancipation citoyenne ?
Le principe de nécessité posé, reste à imaginer ce que pourrait être un enseignement efficace du numérique. Les questions sont nombreuses. Elles s’expriment en termes de contenus (quel socle de connaissances et de compétences numériques), de méthodes (quelle didactique ? code / pas code … ), de stratégie et de moyens (qui le fait et quand, quelle évaluation et quelle prise en compte dans les cursus … ). Elles ont déjà suscité beaucoup de travaux et d’autres sont en cours. L’équation à résoudre est simple. Peut-on renoncer à enseigner le numérique dès aujourd’hui au motif que les différentes recherches et expérimentations de terrain n’ont pas encore permis de s’accorder sur la conduite à tenir. À ce compte, je pense que l’École n’aurait jamais dû décider l’enseignement de la lecture … Il faut se lancer !

Il faut refonder l’Ecole sans attendre pour l’adapter aux évolutions sociétales
Finalement, la partie principale de l’iceberg n’est peut-être ni le recours au numérique pour des apprentissages tiers, ni l’apprentissage du numérique mais l’impact du numérique sur la forme scolaire et ces corollaires que sont les contrat didactique et pédagogique qui organisent le rapport de l’élève à l’École. L’immanence du numérique, particulièrement vraie pour les plus jeunes de plus en plus équipés de matériels personnels, mobiles, puissants et connectés, bouleverse leur rapport au monde et singulièrement à l’institution scolaire. Ces transformations portent sur les principales dimensions qui définissent l’École : leur rapport à l’information et aux savoirs, au temps et à l’espace, à autrui, aux normes sociales et aussi et peut-être surtout à la possibilité d’agir, seul ou collaborativement. L’Ecole, comme toutes les autres institutions (à commencer par la famille) est mise sous pression et l’on ne saurait imaginer qu’elle puisse résister sans une adaptation assez radicale qui lui permette de faire face à cette nouvelle donne culturelle pour remplir son rôle sans rien abandonner de sa mission. Si l’on prend en considération les autres évolutions sociétales d’ampleur auxquelles l’Ecole doit faire face, et en particulier à l’augmentation des inégalités sociales, c’est à une véritable refondation de l’Ecole qu’il est nécessaire de procéder. L’Etat s’y est engagé dans le discours par la loi du 8 juillet 2013 pour la refondation de l’Ecole. Le chantier semble piétiner

L’équipement massif en tablettes est une solution périmée
La question de l’équipement ne saurait se réduire à celle de l’actualité commerciale des fabricants, intégrateurs ou distributeurs de matériels. Le deuxième marché que constitue l’éducation pour les tablettes a déjà généré des projets de grande ampleur. Pour autant, nos travaux montrent que les programmes d’équipement systématique des élèves et de leurs enseignants avec des tablettes tactiles, que celles-ci soient livrées avec un environnement scolaire complet (SQOOL, Bic Education … ) ou non (Edutablettes 86, Living Cloud … ), représentent une option pédagogique très spécifique dont l’intérêt est très limité.

La qualité des tablettes et des environnements (applications, services et ressources) qu’elles embarquent éventuellement n’est pas en cause. Les tablettes présentent des caractéristiques très intéressantes qui ne sont pas toujours exploitées : démarrage très rapide, encombrement et masse très faibles, interface tactile, mobilité, connectivité, équipement natif avec micro, caméras, gyroscope, GPS …  ). D’autres sont une gêne, voire un obstacle pour certaines activités. Il est difficile de tracer une figure géographique avec un doigt, de produire un texte avec un clavier virtuel … Bref, la tablette est un assez bon équipement de consultation de documents mais n’est qu’un piètre outil de production quand les apprentissages reposent justement en grande part sur l’activité productive des élèves. De ce point de vue, un plan d’équipement systématique des élèves et des enseignants serait un contresens pédagogique. S’il fallait généraliser un équipement individuel, on gagnerait à envisager des matériels plus polyvalents comme des portables éventuellement dotés d’une dalle tactile ou d’une interface leap motion.
Le BYOD vient renouveler fondamentalement le débat sur l’équipement des élèves
L’équipement des élèves ne pose pas seulement la question du choix des bons matériels, tablettes ou autres, mais celle de l’opportunité de les équiper alors que les élèves sont de plus en plus nombreux à s’équiper eux-mêmes. Cette situation n’est pas nouvelle. L’École a déjà dû faire face à ce type de question à partir de la fin des années 70 avec l’arrivée des calculatrices. Doit-on équiper les élèves systématiquement lorsqu’ils le sont déjà tous ou qu’ils le seront presque tous sous peu ? Doit-on leur proposer un deuxième équipement ? Si l’on observe les données d’équipement, telles qu’elles sont publiées régulièrement, notamment par le CREDOC, on constate que l’équipement des adolescents s’accroît rapidement et que l’âge moyen du premier équipement personnel diminue. Les lycéens et le collégiens sont nombreux à apporter leurs équipements à l’École. C’est le BYOD (Bring Your Own Device).
Les stratégies publiques d’équipement ne peuvent ignorer cette situation avec ses implications techniques, pédagogiques et sociales. Il semble essentiel de prendre en compte ces équipements personnels autant qu’il est possible de le faire et de les compléter par des équipements plus spécialisés, notamment pour faciliter les interactions entre les élèves et les activités collaboratives, tout en ayant le souci de mettre des matériels à la disposition des élèves qui ne sont pas équipés à titre personnel. Cette approche qui s’impose à l’Ecole sans qu’elle l’ait choisi, n’est pas une solution de facilité. Mettre en œuvre le BYOD pose à la fois des questions techniques pour assurer la connectivité de tous les équipements dans un environnement sécurisé, des questions de responsabilité portant à la fois sur l’intégrité des matériels et sur la nature des usages réalisés depuis l’enceinte de l’établissement, des questions sociales pour garantir l’équité entre les élèves et des questions pédagogiques. Prendre en compte un  parc d’appareils disparates suppose non seulement une ingénierie technique complexe et nouvelle mais aussi une transformation de l’attitude des enseignants quant à la conduite des activités qu’ils organisent. Il leur faudra apprendre à travailler avec des groupes classes où tous les élèves seront équipés de façon différente. Il faudra sans doute aussi imaginer l’équipement de quelques salles et/ou classes mobiles afin de pouvoir organiser les activités qui requièrent un matériel particulier configuré de façon spécifique (EXAO, laboratoires de langue … ).

Les ressources numériques restent encore à inventer  
Les ressources et services numériques actuellement disponibles restent finalement assez insatisfaisants. L’exemple du manuel scolaire est emblématique. Il reste pourtant une ressource centrale plébiscitée par les enseignants pour l’organisation des activités d’apprentissage et par les élèves et leur parents à la recherche de documents structurants. Pour autant, les manuels numériques actuels ne conviennent pas. Il ne suffit manifestement pas, même si c’est important, de découper un manuel en « granules », voire de l’enrichir avec des enregistrements sonores, des vidéos, des animations ou même des QCM et autres tâches du même ordre pour disposer de ressources pleinement exploitables dans ce nouveau contexte technopédagogique. On lit tous les jours ou presque dans la presse, les attentes des éditeurs qui ont raison de souligner qu’ils agissent dans le cadre d’un marché en cours de maturation et donc très incertain. Pour autant, un saut qualitatif est indispensable et la logique de marché a fait la preuve qu’elle n’était pas suffisante pour y parvenir. L’institution scolaire doit devenir un bon client, c’est-à-dire un client qui sait exprimer clairement ses besoins avant de faire confiance aux capacités d’innovation des entreprises, un client qui sait évaluer l’efficacité et l’efficience des services et des biens qu’il acquiert afin de mieux piloter ses futurs investissements. Autrement dit, il ne suffit pas de contribuer au financement des projets éditoriaux des entreprises du domaine. Il est indispensable de contribuer, financièrement mais pas seulement, à l’élaboration de dynamiques de recherche-innovation qui associent les usagers, les entreprises, les services et grands établissements de l’Etat, les collectivités territoriales et les laboratoires de recherche.

L’intelligence territoriale doit prolonger l’action structurante de l’État
Finalement, c’est la question de la conduite du changement ou, pour le dire autrement, des conditions de l’innovation qui est soulevée. Les observations sont concordantes, l’appropriation efficace des technologies numériques par les acteurs de l’Ecole suppose :
- de la confiance pour libérer les initiatives ;
- de l’exigence pour la qualité de ces initiatives ;
- un pilotage politique fort ;
- une mobilisation coordonnées de tous les acteurs ;
- une démarche systémique qui articule les problématiques pédagogiques et éducatives avec les questions de filières eEducation, de création de richesse et d’emplois.
Certains territoires ont bien compris que de telles stratégies étaient pertinentes à la fois pour contribuer à l’évolution et l’amélioration des services éducatifs dont ils ont la charge et pour créer de véritables filières eEducation avec de significatives retombées en termes de création de richesse et d’emplois. C’est d’ailleurs le cas de la Région Poitou-Charentes qui a inscrit la eEducation comme l’une de ses stratégies de spécialisation intelligente et qui travaille efficacement à l’animation de cette filière. Le laboratoire TECHNE est bien sûr pleinement associé à cette démarche.  

C’est ainsi et ainsi seulement que nous pourrons dépasser les échecs et les désillusions que nous connaissons depuis 30 ans. Rien ne condamne le numérique éducatif à la malédiction des Danaïdes et la promesse de la corne d’abondance continue de nous faire rêver.

Jean-françois Cerisier #971

 


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03 mars 2015

Numérique : apprentissages

 

Concertation Numérique et Education
Le numérique, les apprentissages et la réussite de tous les élèves
http://www.forum.ecolenumerique.education.gouv.fr/debat/le-num%C3%A9rique-les-apprentissages

 

Notes prises à la volée, faute de table des matières

982
Arnaud Mondorge Je travaille comme éducateur spécialisé - TICE: Ce n'est qu'un support...il n'est rien sans un accompagnement adapté des jeunes en grande difficulté face à l'apprentissage.
Pérenniser les postes d'informaticien, Un CDI, un vrai statut informatique et un vrai salaire.
Michel Guillou L’Internet à très haut débit, partout sur le territoire, sur chaque terminal de chaque classe, de la maternelle à l’Université, en rendant les acteurs responsables de leurs actes.
Frédéric Pierron #310 Former des citoyens et pas des consommateurs en choisissant bien les outils et les contenus
1. Pas de tablette, qui est un produit marketing dont nos enfants disposeront chez eux.
2. Des logiciels libres sur un système d'exploitation libre : un PC + Linux
3. La formation à l'informatique, au codage, au comment ça marche le plus rapidement possible
Frédéric Juppont Utiliser le numérique à bon escient
Boulle Imposer l'utilisation des formats ouverts
Association Pagestec
Yann Houry Ma conclusion ne porte pas sur la nécessité de bénéficier d'un vrai réseau ou d'un solide cloud, mais d'éduquer les élèves, de leur faire confiance, de regarder ce qu'ils font au lieu de tout couper, de séparer, de filtrer à tort et à travers...
différencier la pédagogie
Faire simple, efficace... et sans risque.
Pramil Défi proposé : Faire confiance aux enseignants sur le terrain
Apprentissage par le numérique ou formation aux informations numériques ? travail en binôme
#142 Le numérique est-il Charlie ?
Ne pas faire d'économie sur le dos des personnels
La sphère privée et la sphère du travail confondues
gtouze Faciliter les échanges entre enseignants et élèves plutôt qu'entre administration et parents
Créer (enfin !) un corps de professeur d'informatique dans l'enseignement secondaire
Je suis enseignant en DUT
Loeuw Des outils, c'est bien, un lieu pour travailler, c'est mieux !
Renforcer les liens entre enseignants, développeurs et chercheurs
S'assurer de la fonctionnalité de ce qui existe déjà + mettre à la même enseigne tous les établissements.
numérique à l’école : ce qu'en dit le SNUipp-FSU
L'entrée du numérique à l'école ne se décrète pas. Elle se prépare et s'accompagne.
pour une véritable étude des impacts du numérique sur les attitudes et les apprentissages.
Pour une utilisation responsable du numérique
De grâce, n'en faites pas des consommateurs.
 Module 1 : Initiation et/ou perfectionnement à l’informatique et à Internet (TIC).
 Module 2 : Spécialisation dans le domaine de l’éducation (TICE).
 Module 3 : Mise en pratique des acquis des modules 1 et 2.
polard Le numérique: URGENCE OU PAS?  l'on oublie qu'à 30 élèves on ne peut pas enseigner ?
#290 j'ai fondé en 2000 Cyberlibris.
bécourt Vers une simplification des échanges entre les différents services de l'education nationale.
la réussite de tous, oui mais !!!
Il faudrait donc enfin se mobiliser essentiellement sur ces fameux "élèves en difficultés" et effectivement utiliser avec eux ces nouveaux outils.
Devalpo Des élèves acteurs de leur formation Globe Reporters.
Christian Gautellier Président du collectif Enjeux e-médias :une éducation triple A, aux médias, à l’information et au numérique,
Ne re-inventons pas l'eau chaude
Penser à la qualité et l'efficacité pédagogique des ressources
En tant qu'éditeur de logiciels (outils et contenus),
introduire le numérique dans les examens nationaux : mission impossible?
Un « assistant numérique » pour les profs.
les problématiques à prendre en compte
un administrateur réseau par établissement
Oui au numérique mais n'oublions pas l'essentiel
Créer un lieu central de formation pour les professeurs des écoles et d'accueil des classes de maternelles et primaires et ses antennes régionales
Repenser la formation : le C2i2e
un outil
quels besoins dans le monde du travail ?
Cerisier : faut-il désespérer des politiques publiques ?
bertrand dijon Pour une pédagogie participative et sociale
Classe inversée, MOOC, flipped class, blinded learning…
Markovic L'important ce n'est pas la machine mais le contenu
la mode ? le mirage ?
desaulnes interdire le wifi dans les établissements scolaires : pour développer un numérique non pathogène.
Et si le numérique était la pire des solutions ?
de la conception à la réalisation d'un projet: un diagnostic = le réel et tous les paramètres et la participation nationale
PC 31 Je suis absolument CONTRE le numérique en primaire.
Tessé, Favoriser la constitution d'un écosystème de Ressources Éducatives Libres.
UNSA 10 Partir des besoins émanant des équipes pédagogiques
Il est temps de remettre de l'ordre dans cette grande institution
L’informatique…un outil ou un objet d’enseignement ? Vaste débat !

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27 février 2015

Les États généraux de l’Antiquité

 

Les États généraux de l’Antiquité : quels enjeux pour demain ?
APLAES et SOPHAU
En Sorbonne, Amphithéâtre Richelieu, le samedi 28 février 2015, de 10h à 18h
Entrée libre
http://www.aplaes.org/
http://sophau.univ-fcomte.fr/les-etats-generaux-de-l-antiquite/index.php/le-programme


10 h 00 : Accueil et introduction générale

10 h 30 – 12 h 00 : Première table ronde - L’Antiquité et l’éducation  

Augustin D’Humières, Professeur agrégé de lettres classiques au lycée Jean-Vilar de Meaux (Seine et Marne), fondateur et ancien président de l’association Mêtis
Bernard Legras, Professeur d’Histoire grecque, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, vice-président CFVU-Conseil Académique
Dario Mantovani, Professeur de Droit romain à l’Université de Pavie, directeur de la revue Athenaeum et du CEDANT (Centro di studi e di ricerche sui diritti antichi)
Monique Trédé, Professeur de Langue et littérature grecques à l’ENS (Paris), VP de l’association Sauvegarde des Enseignements Littéraires (SEL)

Modérateur : Maurice Sartre, Professeur émérite d’Histoire ancienne à l’Université de Tours


13 h 30 – 15 h 00 : Deuxième table ronde  -  L’Antiquité et la culture européenne

Barbara Cassin, Directrice de recherche au CNRS, dir. du centre Léon-Robin, présidente du Collège International de Philosophie. Philologue, helléniste, germaniste et philosophe
Nicolas Grimal, Professeur au Collège de France (chaire Civilisation pharaonique), dir. honoraire de l’Institut Français d’archéologie Orientale – Le Caire
Györgi Karsai,Professeur de Philologie classique à l’Université de Budapest
Alain Schnapp, Professeur d’Archéologie grecque à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, ancien dir. gl de l’Institut national d’histoire de l’art (INHA)
Michel Zink, Professeur au Collège de France (chaire des Littératures de la France médiévale), Secrétaire perpétuel de l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres

Modérateur : Jean-Noël Jeanneney, Ancien Président de la Bibliothèque Nationale de France


15 h 30 – 17 h 00 : Troisième table ronde - L’Antiquité et la recherche  

Jean-Paul Demoule, Professeur de protohistoire européenne à l’Université Paris-1 Panthéon-Sorbonne, ancien Président de l’INRAP, membre de l’IUF
Alexandre Farnoux, Professeur d’archéologie à l’Université de Paris-Sorbonne, Directeur de l’École française d’Athènes
Francis Joannès, Professeur d’Histoire ancienne à l’Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne
Catherine Virlouvet, Professeur d’Histoire romaine à l’université d’Aix Marseille, directrice de l’École française de Rome
Arnaud Zucker,Professeur de langue et littérature grecques à l’Université de Nice Sophia Antipolis, directeur de la revue électronique RURSUS

Modérateur : Emmanuel Laurentin, « journaliste d’histoire » à France Culture



17 h 00 – 17 h15 : Conclusions : Christophe Ono-dit-Biot, Directeur adjoint de la rédaction du Point

17h15 – 17h45 : « Poésie, musique, danse, théâtre » par la compagnie Démodocos
Direction : Philippe Brunet, Professeur de Langue et littérature grecques à l'Université de Rouen

Les débats seront filmés, les vidéos mises en ligne sur le site de la Sophau (d'après Jean-Christophe Couvenhes dans La Fabrique)

 

 

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02 février 2015

SPL : Que peut le numérique pour l'Ecole ?

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Serge Pouts-Lajus, C’est le numérique qui a un problème avec l’école, pas l’inverse, Educavox, 01.02.2015
http://www.educavox.fr/alaune/c-est-le-numerique-qui-a-un-probleme-avec-l-ecole-pas-l-inverse

Le numérique ?
« La résistance qu’il rencontre s’explique, non pas par le conservatisme d’un milieu qui refuserait tout changement, mais par une offre qui ne répond simplement pas aux besoins qui lui sont présentés ».

« Pour penser la question de la contribution du numérique à l’éducation, la question gagnerait à être posée dans le bon sens : partir de l’organisation scolaire dans sa forme actuelle, c’est-à-dire partir des établissements, écoles, collèges, lycées, et chercher à y repérer des forces internes, des besoins susceptibles d’être satisfaits par des techniques informatiques.

Dès lors, le numérique ne se présente plus comme un phénomène inéluctable auquel il faut se soumettre mais comme une possibilité de servir des aspirations qui existent au sein des établissements, indépendamment du numérique.

La question n’est plus : que devons-nous faire, que devons-nous transformer de nous-mêmes et de notre organisation, pour tirer parti du numérique ? mais : que peut le numérique pour répondre aux aspirations de notre organisation ? »


rappel : 2001
Démontrer l'efficacité pédagogique de l'ordinateur, une question impossible ?
Evaluating ICT efficiency in schools : an impossible question ?
http://clioweb.free.fr/debats/impossible.htm

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18 janvier 2015

Concertation Numérique et Education

 

- Concertation nationale sur le numérique pour l’éducation
entre 19 janvier et le 9 mars 2015

Besançon cite un questionnaire en ligne et un espace de forum
http://pedagogie-numerique.ac-besancon.fr/

A venir sans doute sur le site
http://eduscol.education.fr/consultations-2014-2015/

http://www.education.gouv.fr/pid29064/ecole-numerique.html/


Conseil national du numérique (CNNum) Jules Ferry 3.0
Bâtir une école créative et juste dans un monde numérique.
http://www.cnnumerique.fr/education/

http://contribuez.cnnumerique.fr/


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06 novembre 2014

Les humanités numériques à l’Ecole

 

Les humanités numériques à l’Ecole, Rue des écoles, 05.11.2014
http://www.franceculture.fr/emission-rue-des-ecoles-les-humanites-numeriques-a-l-ecole-2014-11-05

« Les technologies numériques modifient et interrogent les conditions de production et de transmission des savoirs ». Quelle peut être leur place à l’école ?

Avec
- Sophie Pène, Prof en sciences de l'Information  à l'Université Paris-Descartes. Elle a dirigé la rédaction du rapport Jules Ferry 3.0 publié par le Conseil National du Numérique
- Divina Frau-Meigs, sociologue des medias (Paris 3)
http://www.divina-frau-meigs.fr/
- Laurent Tessier, Chercheur au Centre Edouard Branly
- Hélène Paumier, professeur de Lettres et Ticem au Lycée Pilote Innovant de Poitiers (LP2I).

Chronique de Libie Cousteau sur la censure de Ghislain Dominé.


rappels :
- Le numérique, adjectif substantivé. Alexandre Moatti Le Débat 170
- Cultures numériques, éducation aux médias et à l’information, questions de recherche, Eric Bruillard, bulletin 21 de l'IFE
- « Cultures numériques, éducation aux médias et à l’information », un colloque à Lyon, en mai 2013
- « La culture numérique : au-delà des discours, un objet d’enseignement ? » Journée d’études du GRCDI, Rennes le 17.10.2014
http://clioweb.canalblog.com/tag/emiconf



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05 novembre 2014

La plan Hollande, un IPT bis ?

 

Bon anniversaire, monsieur numérique et madame informatique à l’école !
http://www.brunodevauchelle.com/blog/?p=1680

Bruno Devauchelle fait le parallèle entre le plan numérique annoncé par François Hollande et le plan Informatique pour tous de 1985, avec la répétition du « triptyque habituel : équipement (des tablettes pour tous d’ici 2020), ressources en manuels scolaires numériques, formation des enseignants ».
« Les entreprises qui font pression sur l’Etat, via des instances diverses, sont dans leur logique légitime. Le monde scolaire est aussi dans sa logique quand il défend sa forme traditionnelle…Les familles sont dans leur logique quand [au nom de l’avenir de leurs enfants elles s’endettent pour les équiper…] .

Pour lui, cette initiative étatique risque de connaître le sort des précédentes, faute de poser la question essentielle : quelle Ecole voulons-nous pour nos enfants ? Pourquoi ne prend-on pas le temps d’analyser les composantes des plans antérieurs ?
Aujourd'hui, smartphones et tablettes sont partout. L’Ecole est désarmée devant les usages sociaux qui les accompagnent. Comment changer l'organisation de l'Ecole pour qu'elle puisse tirer parti du numérique et faire évoluer ses méthodes de travail ?


Il est habituel de cogner contre les occasions manquées des années 1980. Le plan informatique pour tous a eu des défauts, mais il faut le remettre en contexte. Est-il possible de rappeler que les ordinateurs personnels étaient alors très chers - un clone IBM coûtait plus de 10 000 F - 1500 euros - mais peu évolués (Informatique pour tous, c'était les MO5 en terminaux de nanoréseaux, après les premiers Goupil et les léanord SilZ. Au temps des premiers Apple ou des premiers compatibles IBM).Ces ordis étaient loin d'avoir la puissance de calcul et d'affichage des smartphones actuels : impossible d’éditer des cartes de géo en haute définition sur des écrans non grahiques qui affichaient 40 colonnes (cf. le logiciel Cartax).
La formation s’occupait beaucoup à apprendre à programmer des tris en tous genres, sans réelle relation avec les contenus enseignés par les disciplines scolaires. http://clioweb.free.fr/clio/egotechnohistoire.htm

Mais longtemps avant l’invention du web 1.0, ces initiatives ont sensibilisé les enseignants aux évolutions prévisibles. Elles ont disposé à supporter les balbutiements de l’Internet, quand la connexion aléatoire et coûteuse se faisait à 56 ou 64 ko. Elles ont permis de questionner les pratiques du métier de prof. Elles ont parfois permis des changements de carrière.
Ce mouvement a été brutalement interrompu par la politique menée par Claude Allègre : obsédé par la logique « un prof devant une classe », il a détruit la formation continue, oubliant que la formation est un élément-clé de toute réforme réussie.

Dix ans plus tard, le ministre Chatel a supprimé l'HG en Terminale S. Dans les instructions officielles réécrites dans l'urgence, l’usage de l’ordinateur est devenue une injonction obligée. Pour de bonnes raisons (ne pas accroître le nombre des disciplines), tout nouvel enseignement doit se faire une place sans moyens. Le Ministère demande aussi aux lycéens de connaître des savoir-faire qu'il a négligé de leur faire enseigner.

Du coup, les obstacles majeurs demeurent : dans une classe à 36 lycéens, il est difficile d'échapper au cours magistral (dialogué). Dans les salles informatiques, les ordinateurs ont vieilli, et l’accès à un réseau est souvent un vrai parcours du combattant (essayez de vous connecter au wifi public et gratuit dans une université !).

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04 novembre 2014

LM : Le sexe des maths

 

Le sexe des maths, Le Monde Education, 30.10.2014
http://www.lemonde.fr/education/article/2014/10/30/le-sexe-des-maths_4515295_1473685.html


« En 2012, les filles représentaient 38 % des effectifs des terminales S spécialité mathématiques, 29,7 % des effectifs des classes préparatoires scientifiques aux grandes écoles, 28 % des élèves diplômés d’une école d’ingénieur, et 27 % des titulaires d’une licence professionnelle en sciences. Le déséquilibre est tel que, depuis 2000, la mixité des formations est l’un des chantiers prioritaires des conventions interministérielles sur l’égalité ».

Au XIXe F-J Gall ou Paul Broca attribuent ce type d’inégalité à une prédisposition biologique. Cette vision fait sourire, mais elle n’a pas disparu, notamment en Amérique du Nord. Pour la psychologue canadienne Doreen Kimura (S. Fraser U) dès la naissance les hommes et les femmes n’ont pas les mêmes schémas cognitifs.


Toutes les études récentes ont souligné l’importance du contexte social et culturel.

« Isabelle Regner et Pascal Huguet, enseignants-chercheurs en psychologie sociale de l’université d’Aix-Marseille, ont ainsi demandé à 454 élèves de 6e et de 5e de reproduire la figure de Rey-Osterrieth, qui mêle des triangles et des carrés de différentes couleurs. Quand cet exercice était présenté comme un exercice de dessin, les filles réussissaient mieux que les garçons. Lorsqu’il était présenté comme un test de géométrie, les garçons surpassaient les filles. Pour les chercheurs, ces expériences démontrent la puissance des stéréotypes sociaux : les filles ont tellement peur de confirmer les idées reçues sur leur faiblesse en maths que cette pensée les empêche de réussir ».

« les études montrent que même s’il n’y a pas de différences de performance entre les enfants, les professeurs croient que leurs élèves garçons sont plus forts en maths que leurs élèves filles. Sans en avoir conscience, ils encouragent donc plus fortement les garçons, qui, dans les matières scientifiques, y gagnent une grande confiance en eux. »

Il faut donc analyser le poids des représentations sociales, questionner les pratiques des enseignants, aider les enfants à dépasser les clichés.
Le chemin de l’égalité sera long.

Femmes et Maths
http://www.femmes-et-maths.fr/

Pourquoi les femmes sont nulles en maths ?
http://lavventura.blog.lemonde.fr/2014/07/22/pourquoi-les-femmes-sont-nulles-en-maths/

Les filles, osez les sciences ! Maryline Baumard, Le Monde 27.02.2014
Chronique - Économie de la connaissance
http://www.lemonde.fr/idees-chroniques/
http://www.lemonde.fr/economie/article/2014/03/03/les-filles-osez-les-sciences_4373701_3234.html

http://plus.maths.org
Plus is an internet magazine which aims to introduce readers to the beauty and the practical applications of mathematics.
Plus started life under the name of PASS Maths (Public Awareness and Schools Support for Maths) in 1997, when it was a project of the Interactive Courseware Research and Development Group, based jointly at the Universities of Cambridge and Keele.

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