07 mai 2015

Meirieu : Ecole et société

 

Sénat : Commission d'enquête sur le fonctionnement du service public de l'éducation, sur la perte de repères républicains que révèle la vie dans les établissements scolaires et sur les difficultés rencontrées par les enseignants dans l'exercice de leur profession
http://www.senat.fr/commission/enquete/fonctionnement_du_service_public_de_leducation.html
http://videos.senat.fr/video/commissions/commEDUC-p1.html


Audition de M. Philippe Meirieu, chercheur en pédagogie, professeur des universités émérite en sciences de l'éducation, 13.04.2013
http://www.senat.fr/compte-rendu-commissions/20150413/ce_education.html#toc4

«... vous avez publié plus d'une vingtaine d'ouvrages parmi lesquels je citerai - sans être exhaustive
- L'École et les parents : la grande explication... (2001),
Faire l'école, faire la classe (2004),
ou encore Lettre aux grandes personnes sur les enfants d'aujourd'hui (2009) »..


Philippe Meirieu voit « dix indicateurs pour illustrer le hiatus entre ce qui est demandé à l'École et ce qui est dominant dans notre société :

- L'École se veut un lieu de pensée, de réflexion et de temps long, alors que la société promeut l'immédiateté et la satisfaction sans délai de la pulsion.
- Elle est le lieu de la construction de l'attention alors que nos enfants vivent dans une société qui pratique la surenchère de la sidération ;
- Elle enseigne la justification raisonnée quand les effets spectaculaires font autorité ;
- L'École se veut le lieu de l'appropriation et du transfert alors que nos enfants vivent dans un monde où la répétition mimétique et la création de réflexes conditionnés font la loi à travers la publicité et toutes les formes de propagande ;
- L'École promeut le respect de la compétence quand beaucoup de médias font triompher la dérision ;
- Elle valorise la parole tenue alors que les élèves font l'expérience au quotidien de la désinvolture généralisée ;
- Elle se veut le lieu de la culture désintéressée alors que, partout, règne l'utilitarisme immédiat ;
- Elle enseigne la richesse et la prééminence de la langue écrite structurée quand l'onomatopée et la « période sans scansion ni fin » alternent au quotidien, dynamitant l'unité sémantique de la phrase ;
- L'école se veut le lieu de l'égalité des droits - et, en particulier, du droit de toutes et tous à accéder aux fondamentaux de la citoyenneté - alors que la société ne propose qu'une trompeuse égalité des chances ;
- Enfin, elle est le lieu de la construction possible du collectif dans une société minée par l'individualisme forcené.

Face à cela, il n'est pas étonnant que les enseignants se sentent acculés à des tâches qu'ils jugent impossibles, et pensent même parfois qu'on leur demande de « vider l'océan avec une petite cuillère » ! Ainsi, pour sortir de cette véritable schizophrénie, je développerai devant vous trois idées fortes à partir desquelles je ferai quelques propositions simples ».

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21 mars 2015

L'Ecole et la Nation

ecole-nation

 

L'école et la nation,
Benoît Falaize, Charles Heimberg et Olivier Loubes (dir.)
http://books.openedition.org/enseditions/2310


Faire la Nation par l’Ecole (et faire l’Ecole par la Nation)
Un séminaire en 2010, à Lyon, Barcelone et Paris.
Une volonté : échapper au piège du débat franco-français sur l’identité nationale

Un ouvrage accessible en OpenEdition


extraits de la table des matières

Jocelyn Létourneau, L’enseignement de l’histoire et l’avenir de la nation - Le cas du Québec

Avner Ben-Amos, L’histoire du conflit israélo-arabe dans les manuels d’histoire en Israël : entre le déni et l’acceptation

Annie Bruter, L’enseignement de l’histoire nationale à l’école primaire avant la IIIe République

Rémy Handourtzel, Vichy ou l'échec de l'école nationale (été 1940-été 1944)

Montserrat Oller i Freixa, Le curriculum de sciences sociales de la Catalogne et la construction identitaire

Corinne Bonafoux, L’enseignement de l’Europe au collège, imitation ou dépassement du roman national ?

Anne-Marie Thiesse, Différences acceptables, souhaitables, intolérables

Korine Amacher, L’Empire russe dans les manuels d’histoire de la Russie

Catherine Coquery-Vidrovitch, La mentalité impériale

Lydia Ait Saadi Bouras, L’histoire nationale algérienne à travers ses manuels scolaires d’histoire

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03 mars 2015

Numérique et Education : encore 5 jours



num-conc

Concertation nationale sur le numérique pour l’éducation
http://www.forum.ecolenumerique.education.gouv.fr/


Encore 5 jours pour partager des idées, enrichir la réflexion et « éclairer plus largement les décisions et les choix politiques »


5 thèmes sont proposés. Le nombre de contributeurs est très inégal (188 pour le premier, 41 pour le dernier)

188 Le numérique, les apprentissages et la réussite de tous les élèves
188 Le numérique, renouvellement et diversification des pratiques pédagogiques et éducatives
 85  Le numérique et les compétences de demain
 63  Le numérique et la réduction des inégalités
 41  Le numérique, un facteur d’ouverture de l’école à son territoire et à son environnement
http://www.forum.ecolenumerique.education.gouv.fr/


Cette concertation mérite d'être questionnée
- sur le fond : les professeurs sont consultés lors des changements de programme. Les avis sont filtrés par la hiérarchie. En HG, si ces avis avaient été pris en compte en 2010, cela aurait éviter bien des désagréments.
Aucune distinction n'est faite entre les niveaux ni entre les enseignements, généraux ou techniques. Les enjeux seraient-ils les mêmes en primaire et dans un lycée, général ou professionnel ?

- sur la forme :
La forme retenue pour cette concertation est-elle la plus adaptée ? N'incite-t-elle pas à l'empilement des points de vue ? Aucune table des matières ne permet d'avoir une vue rapide des angles choisis par les contributeurs. D'autres formes n'auraient-elles pas été plus propices à une discussion collective et constructive ?


Une synthèse est promise.
Les contributions aux deux premiers thèmes illustrent un virage actuel : la parole des internautes s’efface de plus en plus derrière celle des structures et des institutions qui ont une plus grande force de communication. Les points de vue semblent dépendre beaucoup du statut de celui qui écrit. Près de deux cents contributeurs, ce n’est pas négligeable. Mais si ce chiffre est rapporté au nombre des enseignants, que dire de la représentativité de cet échantillon ?

Parmi ces contributeurs, quelques syndicats et associations sont très visibles
. L’UNSA occupe beaucoup d'espace avec des extraits de ses 10 propositions (Partir des besoins, former les cadres..)
. « Numérique à l’école : ce qu'en dit le SNUipp-FSU » (l’Etat prescrit, mais qui doit payer ? Faciliter l’accès aux enseignants - un observatoire de l'équipement et des pratiques)
. Pour l’association Pagestec : les profs de techno sont les mieux placés.
(« Continuer à promouvoir la formation aux usages des TIC dans les autres disciplines,
afin de compléter, consolider les enseignements dispensés en cours de Technologie »)

. Les CEMEA vantent la primauté du projet et abordent les intentions pédagogiques
. Quelques vendeurs proposent leur solution clé en mains (Cybelibris)
Les antis savent se servir  d’internet pour crier qu'il faut débrancher l’Ecole.
Parmi ces contributeurs semblent manquer les didacticiens, les documentalistes, les éditeurs de manuels, etc.

Les militants sont présents :
Frédéric Pierron : « des logiciels libres, des ressources libres pour des hommes libres »
http://www.forum.ecolenumerique.education.gouv.fr/debat/33/avis/310


Les médias préfèrent dénigrer le travail de nos devanciers ; aujourd'hui, ils utilisent le numérique pour stigmatiser l'Ecole.
Quant au ministère de l'Education nationale, s'il avait l'habitude de tirer des bilans sérieux des politiques mises en place et la volonté d’en tirer des leçons, cela se saurait.


Numérique éducatif : faut-il désespérer des politiques publiques ?
Lire l'excellente analyse de Jean-François Cerisier
http://www.forum.ecolenumerique.education.gouv.fr/debat/33/avis/971

aussi
Michel Guillou : « Engager sans tarder le chantier de la modification radicale des programmes, de la maternelle à la terminale, de l’évaluation et des examens »
Yann Houry : « Renouveler et diversifier les pratiques pédagogiques, oui, mais progressivement »


L’attention aux facteurs externes, aux conditions de travail est légitime

- Comment utiliser de manière active des ordis dans une classe à 36 élèves ?
L’exemple des séries techniques serait à prendre en compte : les effectifs sont adaptés à l’équipement en machines, les programmes intègrent les usages attendus de l’informatique... Dans les séries générales, quand les effectifs le permettent, en géographie, pourquoi consacrer du temps à faire de la carto par ordi quand l’épreuve de bac demande un croquis ou un schéma réalisé à la main avec des crayons de couleur ?

- « Embaucher les AED TICE » - « un lieu avec des formateurs experts »
Comment faire marcher efficacement un réseau sans recruter et payer des professionnels ?
(L’éducation est un domaine où des techniciens passent parfois plus de temps à filtrer et compliquer les accès qu’à faciliter le travail des profs et des élèves. Une contribution demande une réflexion sur le temps perdu lors de ces accès).

- « Le téléphone portable dans la classe »
La question de l’évolution des matériels est posée. Quel rôle peuvent occuper les smartphones actuels, souvent plus efficaces que des PC vieillissants ?


Sur le fond, celui des usages scolaires du numérique au quotidien, il est bien sûr impossible d’échapper aux divergences profondes sur le choix des pédagogies possibles.
La concertation est globale. Elle n'incite pas à distinguer les usages selon les niveaux, primaire ou secondaire.
Il est aussi difficile d’aller au coeur de l’apprentissage : repérer et identifier ce qui marche et a déjà marché, de définir les conditions d’une généralisation.

Il faut espérer que les remontées des rencontres organisées dans les académies compléteront cet aperçu. Le numérique est à la mode. Sans besoin de tsunami ou de révolution, un usage maîtrisé des ordis devrait pouvoir faciliter le travail scolaire et améliorer la formation de la prochaine génération d’élèves.

Notes personnelles prises à la volée :
1 - Apprentissages : http://clioweb.canalblog.com/archives/2015/03/03/31638077.html

2 - Pratiques pédagogiques : http://clioweb.canalblog.com/archives/2015/03/03/31638049.html

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02 février 2015

SPL : Que peut le numérique pour l'Ecole ?

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Serge Pouts-Lajus, C’est le numérique qui a un problème avec l’école, pas l’inverse, Educavox, 01.02.2015
http://www.educavox.fr/alaune/c-est-le-numerique-qui-a-un-probleme-avec-l-ecole-pas-l-inverse

Le numérique ?
« La résistance qu’il rencontre s’explique, non pas par le conservatisme d’un milieu qui refuserait tout changement, mais par une offre qui ne répond simplement pas aux besoins qui lui sont présentés ».

« Pour penser la question de la contribution du numérique à l’éducation, la question gagnerait à être posée dans le bon sens : partir de l’organisation scolaire dans sa forme actuelle, c’est-à-dire partir des établissements, écoles, collèges, lycées, et chercher à y repérer des forces internes, des besoins susceptibles d’être satisfaits par des techniques informatiques.

Dès lors, le numérique ne se présente plus comme un phénomène inéluctable auquel il faut se soumettre mais comme une possibilité de servir des aspirations qui existent au sein des établissements, indépendamment du numérique.

La question n’est plus : que devons-nous faire, que devons-nous transformer de nous-mêmes et de notre organisation, pour tirer parti du numérique ? mais : que peut le numérique pour répondre aux aspirations de notre organisation ? »


rappel : 2001
Démontrer l'efficacité pédagogique de l'ordinateur, une question impossible ?
Evaluating ICT efficiency in schools : an impossible question ?
http://clioweb.free.fr/debats/impossible.htm

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10 juin 2014

Gauchet : le besoin de profs

 

« Internet oblige le prof à remettre de l’ordre dans du désordre »
entretien de V. Soulé avec Marcel Gauchet, Libération week-end 06.06.2014
http://www.liberation.fr/societe/2014/06/06/internet-oblige-le-prof-a-remettre-de-l-ordre-dans-du-desordre_1035384

Selon MG, les cours en ligne ne signent pas la mort de l’enseignant. A rebours d'un discours fréquent, il considère que la société aura plus que jamais besoin de médiation, d'école et de professeurs.


« Contrairement à ce que l’on dit souvent, l’école est une institution qui a un facteur de changement en son sein : les élèves. Le mythe de l’école à l’abri de la société, fonctionnant comme un temple ou une caserne, est une pure fiction. Cela n’a jamais été. Les enseignants, qui ne sont pas des brutes insensibles, s’adaptent aux élèves et aux influences de la société qu’ils incarnent ».

« Pour les bons enseignants, le numérique m’apparaît comme un excellent moyen de stimuler l’esprit de curiosité et d’opposition »

« L’école ne fait plus rêver, elle a perdu la magie qu’elle avait dans une société constituée largement d’illettrés. Mais elle possède une utilité supplémentaire : dans ce bain d’informations gigantesque, elle est le lieu où l’on peut trouver le code, où toutes les questions peuvent être posées et l’on vous donne le cadre pour organiser tout cela.
Elle assume une fonction unique dans la société ».


L’entretien conviendra aussi bien aux tenants de la modernité qu’aux chantres de la tradition.
Il y aurait beaucoup à dire sur la vision de l’école : « l'institution de confiance qui fournit des réponses à des questions... » (mais qui préfère « les questions préprogrammées »).


Gauchet poursuit visiblement la promotion d'un ouvrage à 3 voix (avec Marie-Claude Blais et Dominique Ottavi)
http://www.franceculture.fr/emission-la-grande-table-2eme-partie-transmettre-apprendre-et-maintenant-2014-02-20
http://www.marcelgauchet.fr/blog/

Skhole a publié une recension et organisé une table ronde
http://skhole.fr/recension-de-transmettre-apprendre-blais-gauchet-ottavi
« la crise actuelle de l’institution scolaire s’expliquerait par le fait que si l’univers de la transmission est « mort et bien mort », l’univers de l’apprendre qui lui a succédé, malgré ses intentions et son triomphe, n’est pas parvenu jusqu’ici à fonder une nouvelle école motivante, efficace et juste »...
« Apprendre, c’est devoir entrer dans un système de significations cohérent qu’il faudrait idéalement pouvoir s’approprier d’un coup – parce qu’il est cohérent, précisément, et que c’est sa dimension d’ensemble qui lui procure sa portée. Ainsi toute entrée de ce genre se solde-t-elle chez les impétrants par le sentiment (de découragement) » ...
« Il est besoin de passeurs qui font le pont avec cette autre rive qui semble inaccessible. Il faut pouvoir compter sur des complices qui vous apportent à la fois la sécurité due à leur contrôle du point d’arrivée et la compréhension du chemin à parcourir. »

En 2012, MG avait fait une conférence pour la St Barthélémy
http://www.marcelgauchet.fr/blog/?p=1910

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26 avril 2014

Jules Ferry. La liberté et la tradition



Chez Gallimard, Mona Ozouf vient de consacrer un essai de 128 pages à Jules Ferry. La liberté et la tradition
http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/L-Esprit-de-la-cite/Jules-Ferry

L'écouter sur F-Culture, l'année 2013 vue par les historiens.
http://clioweb.canalblog.com/tag/monaozouf

et chez Busnel (LGL, France 5), vers la 24e minute.
http://www.france5.fr/emissions/la-grande-librairie


Elle met en contexte la politique coloniale de Jules Ferry
(effacer l'humiliaton de 1870, contourner Bismarck) et cite son rapport critique sur les colons algériens.

Elle souligne aussi son rôle dans la scolarisation des filles, avec des écoles distinctes, mais avec la conviction de l'égalité de la raison chez les femmes et les hommes, et le même programme de lettres, sciences, histoire, civisme (mais la couture plutôt que la menuiserie).

L'occasion de rappeler l'enquête des années 1960 : Nous les maîtres d'école, (archives Julliard, 1967)
les 20 000 lettres envoyées, les 4000 réponses.
Et une réalité persistante : "la République paie mal ses hussards noirs".


Lorsque la TV publique s'occupe de l'histoire qui se fait en ce moment, elle invite longuement Max Gallo. :-)
La TV ne semble ne pas avoir rompu avec le sarkozysme ; Busnel ne peut éviter une question sur l'identité nationale, et un des auteurs parler du "martyr" de Louis XVI !!


Un commentaire peut prêter à confusion, à propos de tout ce qu'on peut faire en 6 ans.
Ferry a été Président du Conseil et ministre, pas chef de l'Etat pendant la durée d'un quinquennat.

Président du Conseil
Ferry 1 - 09.1880-11.1881 (environ 13 mois)
Ferry 2 - 02.1883-03.1885 (environ 25 mois)

Ministre de l'instruction publique et des beaux-arts
02.1879-11.1881 (environ 21 mois)
01.1882-07.1882 (environ 6 mois)
02.1883-11.1883 (environ 9 mois)

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17 avril 2014

Mona Ozouf sur l'Ecole

 

ozouf



Mona Ozouf sur l'Ecole - France Culture, l'année 2013 vue par les historiens - 04.04.2014
http://plus.franceculture.fr/par-mona-ozouf

Analysant la référence obligée à Jules Ferry et l'école primaire républicaine,
Mona Ozouf met en lumière la modernité de Jules Ferry.

Mona Ozouf rappelle que l'homme politique a cristallé toutes les haines :
Ferry Famine, Ferry Tonkin, le valet de Bismarck, et qu'il a échappé à une tentative d'attentat.

Elle précise que l'école laïque a été un élément de clivage entre gauche et droite,
et que l'extrême gauche a dénoncé une école renforçant les inégalités
et une institution qui ressemblait fort à d'autres mondes clos destinés au dressage des individus.

Elle pense que cette référence est largement une illusion :
la société d'aujourd'hui n'a plus rien à voir avec celle de 1880,
le rapport au savoir a radicalement changé.
Les bouleversements sont d'une telle ampleur qu'ils exigent
une capacité d'invention, pas un retour à un passé révolu.

Elle suggère de tirer une leçon de Jules Ferry le républicain opportuniste :
peut-être rêver moins d'absolu, viser moins l'idéal inaccessible
pour pouvoir mieux tirer parti des chances réelles de progrès.

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06 février 2014

LM : Rien ne va plus à l'Ecole

 


Le Monde publie une série de 5 articles sur l'Ecole

1/5 - Rien ne va plus à l'Ecole - Le Monde 03.02.2014
Ecole : une nécessaire prise de conscience
http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/02/03/une-necessaire-prise-de-conscience_4358944_3224.html

Les enfants de pauvres sont-ils condamnés à l'illettrisme ? Le Monde 03.02.2014
http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/02/03/les-enfants-de-pauvres-sont-ils-condamnes-a-l-illettrisme_4358954_3224.html

2/5 - Peut-on enseigner les mathématiques à tous ? Le Monde 04.02.2014
http://www.lemonde.fr/education/article/2014/02/04/peut-on-enseigner-les-mathematiques-a-tous_4359648_1473685.html

3/5 - Faut-il être malheureux à l'école pour bien apprendre ? - Le Monde 05.02.2014
http://www.lemonde.fr/education/article/2014/02/05/faut-il-etre-malheureux-a-l-ecole-pour-bien-apprendre_4360374_1473685.html

4/5 - Faut-il en finir avec le collège unique ? - Le Monde 06.02.2014
http://www.lemonde.fr/education/article/2014/02/06/faut-il-en-finir-avec-le-college-unique_4361069_1473685.html

5/5 - A-t-on les enseignants qu'il nous faut ? - Le Monde 07.02.2014
http://www.lemonde.fr/enseignement-superieur/article/2014/02/07/a-t-on-les-enseignants-qu-il-nous-faut_4361928_1473692.html

  « Arrêtons d'opposer plaisir et effort à l'école » -Entretien avec le ministre
http://www.lemonde.fr/education/article/2014/02/08/vincent-peillon-arretons-d-opposer-plaisir-et-effort-a-l-ecole_4362698_1473685.html

http://www.lemonde.fr/education/

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17 septembre 2013

SH 252 : Ecole et numérique

 

Ecole et numérique, de quoi parle-t-on ? André Tricot, IUFM Toulouse

dans un dossier Générations numériques - Sciences humaines 252, spécial, octobre 2013
http://www.scienceshumaines.com/

André Tricot replace les technologies dans l’histoire. Il interroge leur apport à l’apprentissage. Il évoque par exemple le succès de Cabri-géomètre et des exerciseurs : s’il a un tel succès, c’est qu’il est compatible avec différentes façons d’enseigner, dans différents contextes, à différentes classes. Il analyse aussi des échecs (logiciel d'apprentissage de l'écriture).

Il formule deux paradoxes :
1 - plus une technologie est riche, complexe, sophistiquée, plus le risque d’incompatibilité avec le travail d’apprentissage en classe est grand.
Pour lui, une technologie ne peut réussir que si elle est compatible avec les pratiques des élèves et avec les usages dans la classe (cf un logiciel d'apprentissage de l'écriture). Un support riche mais complexe est souvent moins efficace qu’une présentation plus statique (cf dans la compréhension du galop d’un cheval : le derby d'Epsom vu par Géricault en 1821,  les photos d'Eadweard Muybridge en 1878).
[ A l’opposé, l’échec des certains logiciels tient au simplicisme des activités proposées à un élève ]

HorseinMotion
Horse in motion, source : http://en.wikipedia.org/wiki/Muybridge


Second paradoxe - il y a davantage d’ordinateurs à la maison qu’à l’école, et ils servent bien davantage. Mais c’est l’école qui ambitionne de former les futurs citoyens aux arcanes de la culture de l’information.

L’école, c’est moins la consultation de ressources que la mise en questions, en vue de la construction d’un savoir (scolaire). La motivation est essentielle. Mais pour poser la bonne question, il faut avoir de solides connaissances dans le domaine. Le doute est l’apanage de la connaissance, pas de l’ignorance.


Le numérique, un effet de mode ? (extraits de la conclusion)
« Si la révolution numérique à l'école semble tellement lente ... c'est pour des raisons ... profondes et pédagogiques... Du cinéma aux jeux sérieux, en passant par la TV et les MO5 du plan Informatique pour tous, beaucoup de nouvelles technologies n’ont pas tenu leurs promesses éducatives. A chaque fois, on a cru pouvoir moderniser l’école [de l’extérieur]. Je crois qu’il est temps d’admettre que ce n’est pas la bonne méthode.

L’école a sans doute besoin d’être plus efficace et plus juste. Quand nous saurons comment faire cela, alors nous saurons en quoi les façons d’organiser l’école, d’enseigner et d’apprendre doivent être modifiées, alors seulement nous saurons ce qu’une technologie, ancienne ou nouvelle, pourra apporter. Dans l’attente, nous sommes condamnés à innover un peu par hasard, en essayant quelque chose dans l’espoir que cela marche et en nous préparant à être déçus.


Depuis une génération, nous avons appris beaucoup de choses. Nous avons appris que les conditions d'intégration des nouvelles technologies à l’école dépendaient de leur utilité, de leur simplicité et de leur compatibilité avec ce qui se passe da ns la classe. Nous avons appris que leur utilité résidait essentiellement dans leur effet positif sur la motivation, l’engagement, le plaisir des élèves, sur la richesse et la complexité des contenus que l'on peut aborder, sur l'interactivité et la possibilité de personnaliser l'apprentissage pour un élève singulier. Mais nous avons appris que ces plus-values en termes d’utilité s'obtenaient souvent au détriment de la simplicité. Nous avons dû admettre que les évaluations proposées par un ordinateur sont souvent rudimentaires mais qu'elles offrent la possibilité de mieux suivre l'activité d'un élève, d'augmenter le nombre d’évaluations et de favoriser l’auto-évaluation. Nous avons enfin à peu près compris les apports des différents types d’images ou de textes ainsi que de la simulation, à la compréhension. Nous avons compris l’intérêt de proposer des supports nouveaux qui parviennent parfois à détourner certains élèves de leurs difficultés scolaires … »


Les publications d'André Tricot
http://andre.tricot.pagesperso-orange.fr/

3 questions à... André Tricot - L’Ecole numérique juin 2011
( une revue numérique, mais l’accès sur le web n’est pas gratuit)
http://www.cndp.fr/ecolenumerique/tous-les-numeros/numero-8-juin-2011/sommaire/3-questions-a-andre-tricot.html


Boubée, N., & Tricot, A. (2010). Qu’est-ce que rechercher de l’information ? Lyon : Presses de l’ENSSIB
http://www.enssib.fr/presses/catalogue/qu-est-ce-que-rechercher-de-l-information

Apprentissages et enseignement. Médiadoc, numéro spécial « Apprendre l’info-doc : quelle médiation ? » 2011
http://andre.tricot.pagesperso-orange.fr/Tricot_Mediadoc.pdf

La recherche d’information comme dialogue. Les Cahiers du Numérique, 2012
http://andre.tricot.pagesperso-orange.fr/TricotComtat_2012.pdf

Coopération, connaissances et documents : vers une nouvelle donne pour les enseignants ?
http://www.ac-nancy-metz.fr/enseign/lettres/lyceepro/ppcp/Coopération4.htm


À quelles conditions les TICE peuvent-elles être utiles : quelques apports de la recherche ?
Extrait du Formation CoTIC - IUFM Aix-Marseille mars 2010 (présentation pdf d’une vidéo)
http://tice.aix-mrs.iufm.fr/cotic/IMG/article_PDF/article_a87.pdf‎
http://tice.espe.univ-amu.fr/spip/Quels-sont-les-apports-et-les

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13 septembre 2013

C dans l'air : l'école de Peillon

 

L'école de Peillon - C dans l'air France 5 - mercredi 11.09.2013
invités : C. Fleury, A Bidar (un des rédacteurs de la charte), V. Marty, D. Casali
Maryline Baumard (Le Monde Education), Gilles Boué (lycée Hélène Boucher) interviennent dans les reportages.

http://www.france5.fr/c-dans-l-air/politique-interieure/l-ecole-selon-peillon-39785
http://www.france5.fr/c-dans-l-air/archives
http://pluzz.francetv.fr/videos/c_dans_lair.html

La charte de la laïcité sert de prétexte pour distribuer qq poncifs de droite sur l'école, et faire peur en parlant des musulmans.
Aucune surprise pour ceux qui connaissent l'émission et l'animateur.
Si vous n'êtes pas d'accord avec lui, alors vous êtes un idéologue ou un lobbyiste.
Pour la patronne de de la peep, les parents sont progressistes (sic), pas les enseignants :-)

Le spécialiste autoproclamé de l'histoire scolaire répète le couplet (faux) à la mode en ce moment chez les marchands d'histoire : Peillon a allégé de Gaulle et l'histoire de l'Europe. Pour C dans l'air, il ajoute une déploration : Henri IV (l'inventeur de la laïcité (sic) a disparu au collège .. après Louis XIV, Louis XIII, Louis XII, Louis XI, Louis X ...
L'histoire, pour cet habitué des médias (étiqueté ""historien"") , ce ne sont que celle des grands hommes (surtout guerriers) et les dates. Il évoque aussi la chaine des générations (cf. un thème cher à Barrès ou à Chaunu).
Il fait bien entendu de la pub pour son bouquin, et fait un lapsus sur « une histoire sereine enseignée aussi bien à l'école libre qu'à l'école privée (sic) » (pour « aussi bien à l'école publique qu'à l'école catholique »).

28 à 35e minute
Le couplet des lamentations :
Pour Calvi, on n'enseigne plus les grands textes classiques ni les bases du savoir
Valérie Marty (PEEP) : la littérature jeunesse a tout submergé, nos enfants lisent peu, ils écrivent très mal.
Casili cogne contre Wikipedia : il estime que les articles malmènent beaucoup ses grands hommes chéris. Il parle même de désinformation, et évoque la contestation de Darwin ou l'histoire de la colonisation.

des amorces de réponse des deux philosophes :
Abdennour Bidar parle de contribution possible à Wikipedia, de nouveaux rapports au savoir et de besoins de formation adaptée.
Cynthia Fleury décrit pour les élèves connectés une autre façon d'apprendre, plus intuitive, latérale, rhizomique... une façon d'apprendre qui ne se satisfait plus d'une pédagogie fondée sur la répétition.


Quelques questions (supposées bien neutres :-) ) retenues par l'animateur qui semble nostalgique de l'avant 2012 :
Cette charte n'est-elle pas une atteinte à la liberté de conscience ?
La laïcité n'a-telle pas aussi ses intégristes ?
Pourquoi est-ce à des philosophes de réformer l'école ?
Pourquoi faut-il modifier les programmes à chaque changement de majorité ?
Ne pas voir que l'école est de gauche, n'est-ce pas nier la réalité ?


baumard

Maryline Baumard (Le Monde) - C dans l'air 11.09.2013

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