20 avril 2017

F Lordon : Les fenêtres de l’histoire

 

phynance



Les fenêtres de l’histoire
Frédéric Lordon, blog La pompe à phynance 19 avril 2017
http://blog.mondediplo.net/-La-pompe-a-phynance-


extraits :
« En 1981, l’élection de Mitterrand venait fermer le cycle keynésien-fordien de l’État social :
commencement de la grande régression néolibérale. Quelles mobilisations pouvait-il y avoir
dans un tel contexte de recul et d’adversité idéologiques ?
36 ans plus tard, c’est le néolibéralisme lui-même qui arrive en bout de course,
et fait lever une contestation internationale ».


« L’histoire se montre parcimonieuse quand il s’agit d’ouvrir quelques fenêtres aux dominés.
Mais il lui arrive de le faire, même si c’est sur le seul mode de l’entrebâillement.
Sans doute les luttes sociales n’ont-elles pas à attendre que les fenêtres s’ouvrent toutes seules,
et il leur arrive de les forcer elles-mêmes — 1968, 1995…
Mais elles ne se portent pas plus mal quand quelqu’un vient leur tirer le loquet.
La moindre des choses c’est de ne pas dormir à ce moment-là
et, bien réveillé, de donner de l’épaule comme il faut, pour qu’enfin on respire ».


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30 mars 2017

MZF - Les luttes et les rêves

 

Déborah Cohen, « Les oubliés du roman national », La Vie des idées 24.03.2017.
http://www.laviedesidees.fr/Les-oublies-du-roman-national.html

à propos de l'ouvrage de
Michelle Zancarini-Fournel, Les luttes et les rêves.
Une histoire populaire de la France de 1685 à nos jours
, La Découverte, 2016


« L’histoire populaire instaure non seulement un autre rapport aux sources et aux acteurs du passé, mais elle exige une autre narrativité, plus vivante, attachée à transmettre les émotions des acteurs et la complexité de leurs motivations (cf. Howard Zinn, E. P. Thompson, E. Hobsbawm, Marcus Rediker). Elle propose un pas de côté par rapport à l’histoire officielle, une histoire qui occulte, transforme ou oublie...
Elle présente le rôle des dominés, mais aussi le jeu des dominants avec la loi.

- Une subjectivation des identités sociales et politiques. Cette histoire s’écrit d’abord à partir de figures individuelles... « on voit des êtres en action pour changer leur vie, ou cherchant des espaces de liberté au sein de l’oppression... »

- Comment luttent les hommes et les femmes ?
La lutte est celle des associations (pour le Droit au logement par exemple), des coordinations (d’infirmières ou de ruraux) et mouvements (de sans-papiers). La violence existe, mais elle apparaît comme un dernier recours...

« La lutte se nourrit aussi de la mémoire des luttes passées. Dans les émeutes des campagnes du Nord et de l’Ouest en 1816-1817, ce sont les principes révolutionnaires que l’on entend. En Algérie la poésie indigène a conservé le souvenir précis des « enfumades » de 1844-45. La mémoire des communards, celle des grèves de mineurs en 1948, celle de Charonne pour le PCF, continuent de se transmettre dans les familles ou les collectifs militants, malgré leur occultation par l’histoire française officielle ou, comme c’est le cas pour les luttes du Larzac, malgré la pétrification dans un écomusée. La grande fresque que livre aujourd’hui Michelle Zancarini-Fournel participe aussi de la préservation d’une mémoire vivante, susceptible d’armer les luttes à venir »


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