28 mai 2015

L'esprit de résistance

 

pantheon-dna

Pierre Brossolette, la Liberté
Germaine Tillion, l'Egalité
Geneviève de Gaulle, la Fraternité
Jean Zay, la Laïcité


 pantheon2015-pr26

source : http://unes.spqr.fr/?date=20150526

 

pantheon2015-pr27


source : http://unes.spqr.fr/?date=20150527

 

- Le texte du discours de François Hollande au Panthéon, 27 mai 2015
http://www.elysee.fr/declarations/article/ceremonie-d-hommage-solennel-de-la-nation-a-pierre-brossolette-genevieve-de-gaulle-anthonioz-germaine-tillion-et-jean-zay-pantheon-3/

« Ils sont quatre, deux hommes, deux femmes.
Quatre destins, quatre chemins, quatre histoires qui donnent chair et visage à la République en en rappelant les valeurs »
... « Deux femmes, deux hommes, quatre engagements ».
... « Une vie de principes, de vertus, de dévouement ne vaut pas à elle seule d’entrer dans ce haut lieu de la République, le Panthéon, et d’être érigé en exemple. Il faut y ajouter une trace, un legs, une œuvre ».
... « L’indifférence, voilà l’ennemi contemporain... Face à l’indifférence, chaque génération a un devoir de vigilance, de résistance. Et chaque individu a le choix d’agir ».
... « La République, c’est un mouvement, c’est une construction, c’est une passion, une passion généreuse, une passion rationnelle, une passion rassembleuse, avec toujours, toujours le refus de la fatalité ».


- François Hollande célèbre la Résistance au Panthéon -
Le Monde 27.05.2015
http://www.lemonde.fr/politique/article/2015/05/27

Pour construire son propos, le chef de l’Etat a sollicité nombre de contributeurs. Les historiens Jean-Pierre Azéma et Vincent Duclert ont notamment apporté des éléments biographiques. Sa directrice adjointe de cabinet, Constance Rivière, et sa plume, Pierre-Yves Bocquet, ont préparé la trame. Ont aussi été consultés l’inévitable Jack Lang, ancien ministre de la culture de François Mitterrand, qui avait dressé en décembre 1989, à l’occasion de la panthéonisation de Monge, de Condorcet et de l’abbé Grégoire, un hommage en vers. Mais fidèle à ses habitudes, c’est bien M. Hollande en personne qui a conçu et rédigé ce discours, qu’il a prévu de peaufiner encore, mercredi en début d’après-midi, dans son bureau.

Comme à l’accoutumée, en pareille circonstance mémorielle, le chef de l’Etat a souhaité conférer à son propos une portée politique. Brossolette, De Gaulle-Anthonioz, Tillion, Zay : dans cet ordre, il devait retracer les parcours, divers, des quatre panthéonisés, mais aussi souligner leur « audace », leur « bravoure » et leur « sacrifice » communs, leur combat partagé contre « l’inacceptable », pour « les nobles valeurs de l’engagement et du courage » et « l’esprit de résistance ». Métaphore d’un « rassemblement » national fondé sur des « projets communs », nonobstant des différences d’origines, de parcours ou d’opinions. Et, aussi, message « adressé à la jeunesse ». « Le président ajoute quelque chose au récit de la continuité républicaine, avec des valeurs qui nous portent et qui nous dépassent. Il dit combien les panthéonisés sont un symbole de ce qu’est la France et un exemple pour aujourd’hui. De la même manière que dans les commémorations, il essaie de donner la signification de l’événement par rapport au moment présent », dit une collaboratrice.


- Extraits du discours de Hollande - Libération

«Jean Zay, c’est la République. La république parlementaire dont il est l’un des plus talentueux représentants, mais aussi la république sociale, la république émancipatrice, la république laïque. Assassiner Jean Zay c’était pour ses meurtriers profaner la république.»

« Germaine Tillion aura vécu cent ans. Et durant cette longue existence, elle n’aura laissé aucun répit à la fatalité. Elle est la voix du savoir et de la connaissance. […] A Ravensbrück, Tillion écrit une opérette pour que le rire de ses camarades déportées réponde au rictus lâche de leurs bourreaux. Son courage il est politique, elle n'était membre d’aucun parti, sauf celui de la chair souffrance de l’humanité ».
http://www.liberation.fr/societe/2015/05/27/pantheon


- Germaine Tillion, la résistante engagée contre la torture - Le Monde
http://www.lemonde.fr/politique/article/2015/05/27/germain-tillion

 

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23 janvier 2013

Obama, investiture 2013

 

obama-2013

source : The White House - photo by Sonya N. Hebert)
http://www.whitehouse.gov/photos-and-video/photogallery/inauguration

 

Obama, discours d'investiture, 21 janvier 2013 : Inaugural Address 2013.01.21

Transcription sur le site de la Maison Blanche :
http://www.whitehouse.gov/the-press-office/2013/01/21/inaugural-address-president-barack-obama

commentaires sur le site du New York Times


extraits :
« It is now our generation’s task to carry on what those pioneers began.

For our journey is not complete until our wives, our mothers, and daughters can earn a living equal to their efforts.

Our journey is not complete until our gay brothers and sisters are treated like anyone else under the law – for if we are truly created equal, then surely the love we commit to one another must be equal as well.

Our journey is not complete until no citizen is forced to wait for hours to exercise the right to vote.

Our journey is not complete until we find a better way to welcome the striving, hopeful immigrants who still see America as a land of opportunity; until bright young students and engineers are enlisted in our workforce rather than expelled from our country.

Our journey is not complete until all our children, from the streets of Detroit to the hills of Appalachia to the quiet lanes of Newtown, know that they are cared for, and cherished, and always safe from harm ».


Corinne Lesnes, Le Monde

La Libre Belgique

L'investiture de 2009 - Wikipedia - Wikisource


Abraham Lincoln, Second Inaugural Address - March 4, 1865
http://www.nationalcenter.org/LincolnSecondInaugural.html


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15 mai 2012

Je ne déciderai pas de tout



François Hollande : "Je ne déciderai pas de tout, pour tout et partout" -

discours d'investiture - 15 mai 2012 - transcription sur le site du Nouvel Obs

«  Mesdames et Messieurs les présidents, Mesdames et Messieurs,

En ce jour où je suis investi de la plus haute charge de l'Etat, j'adresse aux Français un message de confiance. Nous sommes un grand pays qui, dans son histoire, a toujours su affronter les épreuves et relever les défis qui se présentaient à lui. A chaque fois, il y est parvenu en restant lui-même ; toujours dans l'élévation et l'ouverture, jamais dans l'abaissement et le repli.

Tel est le mandat que j'ai reçu du peuple français le 6 mai : redresser la France dans la justice, ouvrir une voie nouvelle en Europe, contribuer à la paix dans le monde comme à la préservation de la planète.

Je mesure aujourd'hui même le poids des contraintes auxquelles notre pays fait face : une dette massive, une croissance faible, un chômage élevé, une compétitivité dégradée et une Europe qui peine à sortir de la crise. Mais je l'affirme ici : il n'y a pas de fatalité, dès lors qu'une volonté commune nous anime, qu'une direction claire est fixée, et que nous mobilisons pleinement les forces et les atouts de la France.

Ils sont considérables : la productivité de nos travailleurs, l'excellence de nos chercheurs, le dynamisme de nos entrepreneurs, le travail de nos agriculteurs, la qualité de notre service public, le rayonnement de notre culture et notre langue. Sans oublier la vitalité de notre démographie et la patience de notre jeunesse.

La première condition de la confiance retrouvée, c'est l'unité de la Nation. Nos différences ne doivent pas devenir des divisions, nos diversités des discordes. Le pays a besoin d'apaisement, de réconciliation, de rassemblement. C'est le rôle du président de la République d'y contribuer : faire vivre ensemble tous les Français sans distinction d'origine, de parcours, de lieu, de résidence, autour des mêmes valeurs, celles de la République, tel est mon impérieux devoir.

Quel que soit notre âge, quelles que soient nos convictions, où que nous vivions dans l'Hexagone ou dans les Outre-mers, dans nos villes, dans nos quartiers, dans nos territoires ruraux, nous sommes la France. Une France non pas dressée contre une autre, mais une France réunie dans une même communauté de destin. Et je réaffirmerai en toute circonstance nos principes intangibles de laïcité, comme je lutterai contre le racisme, contre l'antisémitisme et contre toutes les discriminations.

La confiance, c'est l'exemplarité. Président de la République, j'assumerai pleinement les responsabilités exceptionnelles de cette haute mission. Je fixerai les priorités mais je ne déciderai pas de tout, pour tout et partout.

Conformément à la Constitution, le gouvernement déterminera et conduira la politique de la Nation. Le Parlement sera respecté dans ses droits. La justice disposera de toutes les garanties de son indépendance. Le pouvoir au sommet de l'Etat sera exercé avec dignité mais simplicité, avec une grande ambition pour notre pays et une scrupuleuse sobriété dans notre comportement.

L'Etat sera impartial, parce qu'il est la propriété de tous les Français et qu'il n'appartient donc pas à ceux qui en ont reçu, pour un temps limité, la charge. Les règles des nominations des responsables publics seront encadrées. Et la loyauté, la compétence et le service de l'intérêt général seront les seuls critères pour déterminer mes choix pour les grands serviteurs de l'Etat.

La France a la chance de disposer d'une fonction publique de grande qualité. Je veux lui dire ma reconnaissance et l'attente que je place en elle et en chacun de ses agents.

La confiance, elle est dans la démocratie elle-même. Je crois à la démocratie locale, et j'entends la revivifier par un nouvel acte de décentralisation susceptible de donner des libertés nouvelles pour le développement de nos territoires.

Je crois en la démocratie sociale et de nouveaux espaces de négociations seront ouverts aux partenaires sociaux que je respecterai : aussi bien les représentants de syndicats de salariés, que les organisations professionnelles. Je crois à la démocratie citoyenne, celle des associations et des engagements civiques qu'elle mobilise. Les bénévoles seront soutenus pour leur dévouement pour la République.

La confiance, elle repose sur la justice. Dans les choix. Dans la conception même de la création de richesse. Il est temps de remettre la production avant la spéculation, l'investissement d'avenir avant la satisfaction du présent, l'emploi durable avant le profit immédiat. Il est temps d'engager la transition énergétique et écologique. Il est temps d'ouvrir une nouvelle frontière pour le développement technologique et pour l'innovation.

Mais la justice, elle est aussi dans la répartition de l'effort indispensable. Il ne peut pas y avoir des sacrifices pour les uns, toujours plus nombreux, et des privilèges pour les autres, sans cesse moins nombreux. Ce sera le sens des réformes que le gouvernement conduira, avec le souci de récompenser le travail, le mérite, l'initiative, et de décourager la rente et les rémunérations exorbitantes. La justice, ce sera le seul critère sur lequel chaque décision publique sera prise, au nom de la République.

Enfin la confiance, c'est à la jeunesse que la République doit l'accorder. Je lui rendrai la place qui doit être la sienne. C'est le fondement de mon engagement pour l'école de la République, car sa mission est vitale pour la cohésion de notre pays, pour la réussite de notre économie et pour la promotion de chacun. C'est la volonté qui m'anime pour rénover la formation professionnelle, pour accompagner les jeunes vers l'emploi et lutter contre toutes les précarités. Ce sera aussi la belle idée du service civique que j'entends relancer.
 

Mesdames, Messieurs, en ce jour, bien des peuples - et d'abord en Europe - nous attendent et nous regardent. Pour surmonter la crise qui la frappe, l'Europe a besoin de projets, elle a besoin de solidarité, elle a besoin de croissance. A nos partenaires, je proposerai un nouveau pacte qui alliera la réduction nécessaire des dettes publiques avec l'indispensable stimulation de l'économie.

Et je leur dirai la nécessité pour notre continent de protéger, dans un monde si instable, non seulement ses valeurs mais ses intérêts au nom du principe de réciprocité de nos échanges commerciaux.

La France est une Nation engagée dans le monde. Par son histoire, par sa culture, par ses valeurs d'humanisme, d'universalité, de liberté, elle y occupe une place singulière dans le monde. La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen a fait le tour du monde. Nous devons en être, et moi le premier, les dépositaires. Et nous situer aux côtés de toutes les forces démocratiques du monde qui se recommandent de ces principes.

La France respectera tous les peuples, elle sera partout fidèle à la vocation qui est la sienne : défendre la liberté des peuples, l'honneur des opprimés et la dignité des femmes.

En cet instant, et j'en mesure la solennité, où je suis chargé de présider la destinée de notre pays et de le représenter dans le monde, en cet instant je salue mes prédécesseurs. Tous ceux qui avant moi ont eu la responsabilité de conduire la République.


Charles de Gaulle, qui a mis son prestige au service de la grandeur et de la souveraineté de la France. Georges Pompidou, qui fit de l'impératif industriel un enjeu national. Valery Giscard d'Estaing qui relança la modernisation de la société française. François Mitterrand, pour lequel j'ai une pensée toute particulière aujourd'hui même, qui fit tant pour faire avancer les libertés et le progrès social. Jacques Chirac qui marqua son attachement aux valeurs de la République. Nicolas Sarkozy, à qui j'adresse mes voeux pour la nouvelle vie qui s'ouvre devant lui.

Mesdames, Messieurs, je veux servir une grande cause : le rassemblement, le redressement, le dépassement, et l'espoir d'en être le fil conducteur. Vive la République, et vive la France ! »
source : Le Nouvel Obs

- L'Ecole comme lieu de la véritable égalité.
Hommage aux lois préparées par Jules Ferry
Le texte du discours sur le site de l'Elysée.


- L'hommage à Marie Curie - http://www.dailymotion.com/francois-hollande-rend-hommage-a-marie-curie


- Le discours de l'Hôtel de Ville - Le texte du discours sur le site de l'Elysée


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06 mars 2012

Prendre la campagne aux mots ?

 

Faut-il prendre la campagne aux mots ?
Du grain à moudre, 22.02.2012
Barbara Cassin, Patrick Weil, Dominique Reynié.
l'émission au format mp3 :
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10175-22.02.2012-ITEMA_20346747-0.mp3


- Frédéric Pommier : Mots en toc et formules en tic, petites maladies du parler d'aujourd'hui
http://www.lesinrocks.com/medias/numerique-article/t/52931/date/2010-11-03

« Si vous êtes de droite, dites que vous voulez briser les tabous, que vous savez n'être pas politiquement correct, que vous voulez changer de logiciel. Prônez un retour aux fondamentaux, ça ne veut strictement rien dire, mais ça marche.
Si vous êtes de gauche, glissez l'adjectif citoyen (pas civique) dans toutes vos phrases,  rassurez sur la crédibilité de votre projet, préconisez une nouvelle gouvernance, proposez de réenchanter la société »

- Quelques mots commentés dans l'émission :
La France sans les Français ?
Le peuple
référendum et plébiscite
La vérité (protester qu'on va bientôt dire la vérité, qu'il faudrait la dire ...)
ou les convictions ?
un syllogisme faux : « Quand on aime la France, on dit la vérité aux Français ; l'Autre ment, donc il n'aime pas la (ma ?) France »

- Parmi les manques cités : l'égalité, le contrat, le jugement, la citoyenneté
Y ajouter ce qui a déjà servi en 2007, mais qui a été balayé par la pratique de 5 ans de sarko-berlusconisme : « Ensemble, tout est possible », « Travailler plus pour gagner...» ...


- Les éléments de langage ont tout envahi, jusqu'à la caricature.
Leur succès tient à l'obsession du contrôle, en partie face à l'omniprésence des micros ; mais il traduit plus encore le triomphe de la politique comme support de carrière lucrative (avec ou sans convictions), une annexe du marketing, de la communication (le nouveau nom de la propagande).
Les journalistes aux ordres savent en faire leur pain quotidien, mais les électeurs sont de moins en moins dupes : ils connaissent la distance entre le storytelling et la réalité, ils ne croient plus guère aux promesses qu'osent encore faire certains candidats.

 

menteurs

Editions Plon : http://www.plon.fr/ficheLivre.php?livre=9782259217231


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16 février 2012

L'Ecole selon François Hollande

 

Le discours de François Hollande sur l’Education
Orléans - jeudi 9 février 2012




Mesdames, Messieurs, chers amis,

Je suis venu ici à Orléans pour vous parler de la France, de ce qui la rassemble, et donc de l’Ecole, fondement de notre République.

J’ai mis la jeunesse au premier rang de mes engagements dans cette campagne présidentielle.

Parce que c’est l’atout de la France. Nous sommes le pays le plus jeune d’Europe. Notre jeunesse n’est pas une charge, un danger ou un risque. C’est une chance, un levier, une opportunité.

Parce que c’est la condition de notre redressement. La compétitivité, ce n’est pas seulement une comparaison entre des coûts, c’est la capacité technologique, c’est l’investissement humain, c’est le savoir-faire, c’est le niveau de formation d’une Nation. Notre jeunesse nous fournit les meilleures armes dans la mondialisation.

 Parce que c’est l’enjeu de notre cohésion nationale, notre jeunesse est diverse. Par ses origines, ses conditions, ses territoires. Elle porte des aspirations communes. Mais il est de notre devoir de l’unir autour des mêmes valeurs, celles de la République, de la laïcité, du civisme, de l’engagement.

C’est aussi la responsabilité de l’Ecole.

La campagne présidentielle est un moment majeur de notre vie démocratique. Elle est l’occasion pour les Français de désigner un chef de l’Etat pour les représenter, et conduire pendant cinq ans le destin de notre pays. C’est aussi le choix d’un projet. C’est-à-dire des orientations qui vont être autant d’engagements à respecter dans un contexte éminemment difficile. Une crise financière, économique, budgétaire et sociale. J’ai proposé le redressement dans la Justice. Mais cette élection est aussi une conception de la société française et même de la République.

Je veux vous livrer la mienne.

Nous sommes un grand pays, avec une longue histoire et qui ne se résout pas à n’être qu’une Nation parmi d’autres. Non par arrogance, mais par fidélité à notre message universel. Nous ne nous vivons pas comme une exception mais comme une construction qui peut s’inspirer de ce qui se fait ailleurs mais qui n’a pas vocation à l’alignement et encore moins à la soumission de la Finance, aux marchés ou à des disciplines sans perspective qui n’a pas besoin qu’on lui impose un modèle, même estimable.

Je sais que les doutes se sont installés sur la place de la France , son destin, son avenir. Comment en serait-il autrement quand le chômage est au plus haut, la croissance au plus bas, quand le déficit commercial atteint un niveau record et quand la Cour des Comptes annonce que la dette publique va atteindre près de 90% du PIB en 2012, contre 60% en 2002. Elle doit donc reprendre confiance en elle. Elle n’y parviendra que si au plus haut sommet de l’Etat, on lui parle de ses atouts, de ses forces, de ses capacités, et si on mobilise tous ses acteurs publics (Etat, collectivités locales), privés (entrepreneurs, salariés, chercheurs), dans un pacte productif qui n’appelle pas des bricolages fiscaux de dernière heure mais une stratégie cohérente autour de la transition technologique, numérique, énergétique, écologique.

Les Français n’adhéreront à des efforts que s’ils sont justes. Ils ne peuvent accepter le creusement des inégalités, l’indécence des rémunérations, la précarisation des plus fragiles (8 millions de pauvres) quand l’injustice fiscale vient s’ajouter à l’arrogance de l’argent, j’entends certains qui menacent de leur propre exil si des sacrifices leur étaient demandés.

Voilà pourquoi j’ai proposé une réforme fiscale qui s’attache à mettre de l’équité, de la transparence et de la simplicité dans nos prélèvements qui épargnent les plus modestes et les classes moyennes, lesquelles ont été victimes du quinquennat qui s’achève.

Voilà pourquoi si des économies sont à faire, elles ne peuvent pas porter sur l’Ecole et sur la préparation de l’avenir.

 Le redressement dans la Justice, mais aussi l’Espérance dans la République.

La République, c’est bien plus que des Institutions, qu’il conviendra d’ailleurs de rénover pour donner plus de pouvoir au Parlement, plus de libertés aux collectivités locales, plus d’indépendance à la Justice, plus de droits aux partenaires sociaux. Car la République, ce n’est pas le pouvoir d’un seul décidant de tout sur tout. Le pouvoir d’un seul parti qui devient vite un clan.

La République ce sont des valeurs qui nous permettent de vivre ensemble, qui nous élèvent autour d’un projet au service de l’intérêt commun.

La République c’est un combat. Elle nous unit autant qu’elle nous sépare, chacun a sa sensibilité. Elle nous permet, par le mouvement qu’elle imprime, par les valeurs qu’elle porte, de faire avancer la France. Elle exige de traduire ses valeurs proclamées : Liberté, Egalité, Fraternité, dans la réalité de chaque jour. Nous en sommes loin. Education, emploi, logement, santé, sécurité.

Elle suppose une volonté de progrès, de développement, de croissance. D’où l’enjeu du sursaut. Comme à d’autres époques de notre Histoire.

La République est rassembleuse. Je ne distingue pas les Français selon leur sensibilité ou leur vote. Je veux unir plutôt que séparer, apaiser plutôt que brutaliser. Chaque fois que la gauche a su se mettre à la hauteur de la France, elle l’a fait avancer.

Je m’adresse à ces Français négligés, abandonnés, angoissés pour eux-mêmes et surtout pour leurs enfants, soucieux de l’avenir de notre pays. Je leur dis : « Retrouvons ensemble le chemin des valeurs de la République et de notre Histoire qui nous rend si fiers ».

Le quinquennat qui s’achève aura été celui de la discorde, de la division, du désordre. Stigmatisation des populations les plus fragiles, les chômeurs, les assistés, les étrangers. Polémique blessante sur l’identité nationale, discours choquant sur la nationalité, déclarations provocatrices sur la hiérarchie entre les civilisations, opposition entre les Français, entre le public et le privé, entre les générations, entre les catégories sociales.

Mise en cause des rouages essentiels de l’Etat que sont les magistrats, les hauts fonctionnaires, les enseignants.

Voilà pourquoi notre pays aspire à retrouver confiance, sérénité, apaisement. Surtout avec cette crise qui mine les mécanismes de solidarité, qui appelle à des efforts et qui exige une mobilisation collective.

J’entends un candidat qui ne l’est pas encore et un président qui ne le sera peut-être plus dans quelques mois, évoquer des referendum sur de nombreux sujet, dans l’hypothèse où il serait reconduit. Pourquoi n’y a t-il pas pensé plus tôt, sur le paquet fiscal, sur les retraites, et même sur la TVA ? J’imagine la réponse que lui aurait adressée le peuple français. Mais je vais vous dire le fond de ma pensée sur la meilleur façon de consulter les citoyens sur leur avenir. Nous sommes à la veille de deux scrutins majeurs, l’élection présidentielle d’abord, les législatives ensuite. Que chaque candidat présente son projet, donne ses intentions, précise ses engagements, donne sa vision. Et que les Français choisissent. Le prochain referendum c’est l’élection présidentielle. Veut-on continuer la politique menée depuis cinq ans ou veut-on en changer ? Veut-on poursuivre avec le candidat sortant, ou veut-on changer de président ? Veut-on prolonger le présent ou changer d’avenir ? Alors venez voter le 22 avril puis le 6 mai.

Je veux renouer avec la promesse républicaine. Et la première promesse de la République, c’est l’Ecole.

Je veux que la France retrouve les chemins de l’avenir avec confiance, avec puissance, avec tranquillité.

Je veux le redressement de la France. C’est ce que je vous propose. Ce redressement, il est bien entendu économique, budgétaire, industriel, mais il est aussi et surtout moral et intellectuel. Tout se tient.

La connaissance, le savoir, l’Ecole, ce ne sont pas seulement des dépenses, ce sont des investissements. En termes économiques, la France n’a pas les résultats éducatifs lui permettant de préparer son avenir. De même qu’il y a une corrélation étroite entre la qualification et l’emploi, il y a une corrélation étroite entre les performances scolaires et le niveau de croissance.

Les dernières années n’ont pas été bonnes. Les classements internationaux sont inquiétants. Derrière ces chiffres, il y a une réalité humaine, et je la connais. Des parents inquiets, des élèves parfois en souffrance et trop souvent en difficultés, des professeurs fatigués qui ont le sentiment de ne pas être soutenus par la République. Des classes surchargées, des enfants encore trop souvent laissés sans enseignant, des manuels scolaires pas imprimés à temps, le manque d’équipements sportifs de proximité...

Et, surtout, l’échec scolaire, inacceptable, une forme de scandale, un incroyable et inadmissible gâchis national : 150000 jeunes qui sortent chaque année sans qualification ni diplôme, des inégalités sociales parmi les plus fortes des pays industrialisés, et qui s’accroissent, des performances en lecture et en mathématiques qui régressent, près de 40% des élèves qui arrivent au collège avec une trop faible maîtrise de la langue écrite.

Il y a là une grave injustice et une plaie pour notre démocratie : comment imaginer que tant de jeunes sortent du système éducatif avec ce que l’on a appelé un sentiment de « vaincus » sans que cela n’entame notre cohésion sociale, notre civisme, notre pacte républicain ? De surcroît, en faisant des économies sur l’école, en l’affaiblissant, on a amputé notre potentiel de croissance à moyen terme.

 Je ne peux l’accepter.

Non l’échec scolaire n’est pas une fatalité ! Non, la performance des uns ne se nourrit pas forcément du recul des autres ! On veut trop souvent nous faire croire que pour que les uns réussissent les autres devraient trébucher ! Les raisons de l’ampleur de l’échec scolaire en France sont ailleurs, dans cette “machine à trier” qu’est devenue notre Ecole. Il faut désormais lancer la bataille culturelle sur la question, pour faire évoluer les mentalités.

Pour être vraiment une Ecole de l’excellence, alors l’école française doit être plus égalitaire.

Je ne suis pas de ceux qui pensent qu’avant, tout était parfait. Ce serait là un argument paresseux auquel je me refuse. Il ne s’agit pas pour moi d’entretenir une nostalgie, de cultiver l’illusion d’un âge d’or qui n’a jamais existé.

Je veux inventer du neuf. Je veux une refondation.

Ces cinq dernières années, la France a perdu beaucoup de temps et de force. Nous héritons d’une dette éducative au même titre que d’une dette financière, et de la même ampleur.

Chacun le sait : les premières années de la scolarité sont déterminantes. Lorsque des difficultés ne sont pas traitées dès les premiers apprentissages, il est très difficile de les corriger ensuite. Les élèves qui peinent à la fin du CP ou du CE1 éprouvent des difficultés tout au long de leur scolarité et leur insertion professionnelle sera la plus compromise.

Certes, la France dispose d’écoles maternelles qui nous sont enviées dans le monde entier. C’est une excellence française. Celle-ci a été attaquée. Le taux d’accueil des enfants de moins de trois ans est passé depuis 2000, de 35 à 13%. La formation initiale et continue, si nécessaire, et le respect dû aux maternelles, à leur personnel, à leur pédagogie, ont été aussi mis à mal.

Mais la France connaît un encadrement trop faible dans son enseignement primaire : 15% de moins en moyenne que les pays développés. Cette situation n’a pas été corrigée. Elle a même été aggravée.

S’ajoute à cela la suppression, en 2008, d’une demi-journée de classe en primaire, ce qui conduit à une année scolaire sans équivalent dans aucun autre pays, avec seulement 140 jours de classe par an. Mais des journées plus longues, auxquelles on a rajouté désormais des cours à la pause du déjeuner, en contradiction totale avec toutes les recommandations sur les rythmes d’apprentissage.

 C’est pourquoi j’ai décidé de faire de l’école maternelle et de l’enseignement primaire une priorité de mon action. Il faut commencer par le commencement. Il faut investir là où l’action éducative est la plus efficace.

Je remonterai le taux de scolarisation chez les enfants de moins de trois ans, en priorité dans les zones de grande difficulté scolaire.

 De manière à protéger l’école maternelle, qui ne doit plus jamais être une simple variable d’ajustement budgétaire, comme cela a malheureusement été le cas ces dernières années, je créerai une réelle obligation d’accueil pour le service public à partir de l’âge de trois ans et je la ferai respecter.

 L’encadrement scolaire doit être renforcé en particulier dans les écoles qui cumulent le plus de difficultés et aux moments-clés de la scolarité ; pour cela, je m’engage à ce que le principe dit “de plus d’enseignants que de classes” soit adopté et mis en oeuvre.

Je ferai en sorte que les enseignants des classes charnières et décisives pour les apprentissages fondamentaux soient les plus expérimentés.

Les rythmes scolaires devront être réformés pour donner aux élèves le temps d’apprendre, en allongeant le temps scolaire sur l’année et sur la semaine et en diminuant les surcharges journalières, sans diminuer le temps passé à l’école.

Les évaluations permanentes, qui aujourd’hui accablent les professeurs, les empêchent d’enseigner, angoissent les enfants et leurs parents, seront supprimées.

Je suis favorable à l’évaluation de l’Ecole, mais à une évaluation indépendante et incontestable ; c’est ce principe que je ferai adopté.

Les pédagogies doivent évoluer, le travail en équipes doit être encouragé, le recours aux exercices, à l’implication des élèves, le changement des modes d’évaluation, tout ce qui concourt à enseigner différemment, à favoriser l’épanouissement de chaque élève, à organiser la progression et la réussite de tous, tout cela sera développé. Je veux la coopération plutôt que la compétition. C’est ainsi que l’Ecole sera une Ecole de l’excellence.

Il existe désormais un socle commun de compétences et de connaissances, inscrit dans la loi. Nous ne reviendrons pas sur ce principe. Les programmes de l’école primaire et ceux du collège devront, en concertation avec les personnels, être revus afin d’être en cohérence avec ce nouveau socle qui devra lui-même être repensé.

Les systèmes éducatifs les plus performants sont ceux qui assurent une formation initiale et continue des professeurs de qualité. L’actuel gouvernement l’a presque entièrement détruite. Pour des raisons budgétaires, à l’évidence. Pour des raisons idéologiques aussi, n’en doutons pas. Mesurons la gravité de ce geste, et ce qu’il en coûte à la Nation. La Cour des Comptes vient d’en faire le procès.

 Je rétablirai donc une formation initiale et continue des professeurs digne de ce nom.

 Les universités conserveront la responsabilité de cette formation. Au sein de ces universités, les actuels IUFM se transformeront en Ecoles Supérieures du Professorat et de l’Education. Je souhaite que tous les professeurs, quels que soient leurs niveaux de recrutement, qu’ils se destinent à enseigner en maternelle ou à l’université, partagent un moment de formation commun dans ces nouvelles Ecoles Supérieures. C’est cela aussi, la République. Dans ces Ecoles, les enseignements théoriques et pratiques, mais aussi la recherche pédagogique, à laquelle nous donnerons de nouveaux moyens, seront réunis.

L’année de stages sera rétablie.

Pour remédier à la crise du recrutement, mais aussi pour redonner à l’Education nationale son rôle exemplaire de promotion sociale et républicaine, pour permettre aux étudiants de milieux modestes qui souhaitent devenir enseignants mais ne peuvent financer des études longue de le faire, une filière de prérecrutements sera mise en place. Dès la licence, les étudiants intéressés pourront se présenter à ces recrutements.

Le collège concentre, depuis longtemps, bien des difficultés. Mais il y a longtemps qu’il n’est pas, contrairement à ce que j’entends, un collège unique et uniforme où tous les élèves seraient passés à la toise.

Les difficultés, je l’ai dit, il faut les résoudre en amont : comment réussir le collège si 40% des élèves qui entrent en sixième sont déjà en difficulté ?

Ne rallumons pas de fausses oppositions qui ont fait tant de mal à l’Ecole, qui n’ont pas de justification, ni pratique ni théorique, qui trop souvent ne font que refléter le goût de la polémique et de la querelle.

 Il n’ y a pas d’un côté l’instruction, et de l’autre l’éducation ; il nous faut les deux, nous voulons les deux, parce que l’Ecole doit former tout à la fois un travailleur, un citoyen, un homme.

Il s’agit là d’un véritable choix de société.

Ce qui fait la force des systèmes éducatifs qui marchent le mieux, c’est l’importance et la durée du tronc commun. C’est pourquoi je refuse totalement les orientations précoces proposées par l’actuel gouvernement. Vouloir orienter les élèves dès la fin de la cinquième, c’est accentuer les défauts de notre système, c’est trier encore et plus tôt, c’est aggraver encore les inégalités, c’est abaisser le niveau général d’éducation, c’est faire le contraire de ce que font toutes les nations dont les écoles sont performantes et justes, c’est renoncer à la belle ambition que portait le collège unique, c’est revenir en arrière de près d’un demi-siècle. Bref, c’est entrer dans l’histoire à reculons.

Je m’y refuse.

Ce qu’il faut, ce que je veux, c’est l’inverse : permettre à chacun de construire ses choix positivement, lui donner la possibilité d’acquérir les moyens de sa culture, de sa citoyenneté, de sa liberté dans un collège qui réunit tous les enfants de la République, et faire de nos filières professionnelles des vraies filières d’excellence, avec des orientations positives et des débouchés assurés. Aujourd’hui ce n’est pas le cas.

C’est pourquoi je veux une réforme de l’orientation, qui puisse conduire à respecter le premier choix et à garantir le second, si nécessaire. Je veillerai à ce que les élèves de l’enseignement professionnel, ainsi que leurs enseignants trouvent le soutien et la reconnaissance d’une nation qui a besoin de développer ses capacités productives et qui a besoin d’eux. Du CAP au diplôme d’ingénieur, c’est bien une élite professionnelle que nous devons former avec énergie et enthousiasme.

Je veux que les lycées d’enseignement général, technologique, agricole et professionnel, se rapprochent et que les jeunesses se mêlent.

Je réserverai aux bacheliers des filières technologiques et professionnelles les formations du supérieur qui étaient prévues pour eux et qui aujourd’hui leur sont trop souvent fermées.

Jean Zay était ministre de l’Education, mais aussi des Beaux-Arts, car, et c’est bien ce que disaient les instructions de 1938, ce sont des travailleurs, des citoyens, des hommes complets qu’il convient de former dés l’enseignement primaire en leur donnant « (...)le goût de l’action et l’exaltante admiration des belles oeuvres ». Chaque élève doit y avoir accès, quel que soit son milieu social, le quartier ou la commune où il vit, quel que soit son degré et sa filière d’enseignement.

C’est ce que Jean ZAY nommait un « enseignement humaniste ». C’est bien dans cette tradition que nous devons inscrire notre action.

C’est pourquoi je lancerai un grand plan pour l’éducation artistique. Je le conçois comme fondé sur des partenariats entre tous les établissements scolaires et des institutions culturelles ou des artistes, comme dispensant un enseignement à l’histoire des arts intégrés aux programmes scolaire, avec un volet de formation des enseignants et des espaces dédiés à la pratique artistique dans les établissements scolaires.

C’est pourquoi je développerai la culture scientifique, qui ne doit pas être seulement un instrument de sélection mais une culture de l’expérience, de la recherche, de l’observation, de la créativité.

C’est pourquoi je favoriserai la pratique du sport et, pour cela, le développement d’équipements sportifs aujourd’hui en nombre très insuffisant.

C’est pourquoi je veux aussi un grand progrès et un grand effort pour les nouvelles technologies qui ne doit pas porter que sur les matériels mais sur leurs usages, leurs contenus, leurs ressources pédagogiques.

C’est pourquoi je demanderai aux collectivités locales, dont je rappelle le rôle précieux, que je conforterai, aux mouvements d’éducation populaire, dont les valeurs, la présence, l’engagement et les compétences sont indispensables, de s’engager à nos côtés dans cette oeuvre de refondation.

Artistes, savants, sportifs, toute la Nation doit participer à ce mouvement de redressement, de justice et d’espérance auquel je vous invite autour de notre jeunesse.

Enfin, je ne néglige pas le redressement moral.

Le savoir doit être valorisé. Personne ne doit être jugé indigne de lire “La Princesse de Clèves”.

Le mérite ne sera pas un héritage qui se transmet mais un effort qui sera encouragé et récompensé.

Le respect doit être exigé, de tous et partout. L’exemple doit être donné, surtout par ceux qui occupent les plus hautes fonctions.

L’Histoire ne doit pas être manipulée mais enseignée.
Je rétablirai l’enseignement de l’histoire en terminale scientifique.


L’autorité doit être restaurée. Une véritable autorité fondée sur les qualités morales et intellectuelles, reconnues, et sur l’exemplarité de celui qui la détient.

La sécurité doit être assurée. Malheureusement, et en dépit de trop de gesticulations, ce n’est pas le cas aujourd’hui. Tirant la leçon de toutes les études dont nous disposons, j’ai proposé d’augmenter la présence des adultes dans les établissements, de permettre le nécessaire travail en équipe et surtout la stabilité de ces équipes, et enfin la création d’un nouveau métier chargé de la sécurité et de la prévention. Je traiterai cette question sans jamais céder à la démagogie ou à la facilité, mais avec la plus implacable intransigeance face à la violence.

La morale doit être enseignée, la même morale pour tous. Parce que chacun doit mesurer qu’il a des droits mais aussi des devoirs ; et qu’il appartient à tout citoyen de savoir concilier sa liberté avec celle de tous les autres. Pour enseigner cette morale commune, je fais confiance aux enseignants que je ne crois pas en cette matière inférieure aux hommes de religion.

La laïcité doit être expliquée, revendiquée, réfléchie. Une laïcité qui n’a pas besoin d’épithète. Mais qui s’applique dans les lieux scolaires. Pour préserver la liberté de chacun et assurer la protection de tous.

Mes chers amis,

Ce que je vous propose, c’est un nouveau contrat entre l’école et la Nation, un pacte éducatif.

Cela a un sens précis : l’Ecole est l’affaire de toute la Nation, parce qu’elle prépare la Nation de demain. Elle n’est pas une politique sectorielle, elle n’est pas un simple domaine d’action de l’Etat, elle n’est pas l’affaire des seuls professionnels.

 C’est pourquoi je veux qu’elle engage toute la Nation ; les professeurs bien entendu, les grands mouvements d’éducation populaire, les parents et les familles, les collectivités locales, les forces vives de la Nation.

Je veux la concertation, la concertation jusqu’au bout. Avec tout les personnels de l’école, avec les parents, avec les élèves aussi.

 Lorsque l’enseignant pénètre dans sa classe, il doit se souvenir que tout élève est éducable, que tout élève à son droit, et il doit, selon la magnifique formule d’Alain,« donner d’abord ».

Il n’y a pas ceux qui peuvent et ceux qui ne peuvent pas, il y a en chacun une puissance qu’il faut délivrer, une lumière qu’il faut allumer, un désir qu’il faut éveiller, un droit qu’il faut honorer, une dignité qu’il faut respecter.

La politique aussi est une pédagogie.

Je sais que tous les acteurs de l’Ecole mesurent aujourd’hui l’importance de ce que nous avons à faire, ensemble, pour notre patrie ; je sais aussi leurs préventions, leurs défiances, et comment pourrais-je ne pas les comprendre quand je vois toutes les attaques, parfois appelées réformes, qu’ils ont dû subir ? Je respecte tous les points de vue, toutes les expériences, et je propose à chacun d’entrer dans cette concertation sans exclusive et sans a priori.

 Mais de même que l’apprentissage consiste à abandonner son point de vue pour s’ouvrir à celui des autres, à voir les choses du plus grand nombre de point de vue possible, nous devons faire effort pour construire, à partir de là, une perspective commune.

 Notre seul guide doit être l’intérêt des élèves et l’intérêt de la Nation.

Viendra le moment, j’annonce une méthode : une large concertation puis une loi. J’ai fixé un calendrier. Négociations durant l’été, loi d’orientation et de programmation à l’automne. C’est le rythme que nous devrons tenir.

Je prendrai toutes mes responsabilités.

La belle tâche d’enseigner et d’éduquer notre jeunesse, nous la confions aux professeurs. C’est une tâche difficile et c’est une tâche importante.

Nous sommes et nous serons à leurs côtés. Et je demanderai aux Français de se tenir à leurs côtés.

Pour former des citoyens libres, il faut des professeurs libres, libérés de toutes les tutelles et de toutes les Eglises, des modes, de l’argent. Il faut, comme le disait déjà Jules FERRY, « que vous ayez autant de liberté que de responsabilité ».

Ce n’est pas là l’autonomie de la droite, celle des chefs d’établissement transformés en patrons, des écoles en entreprises, la concurrence s’installant entre professeurs, élèves, établissements.

Je leur donnerai aux enseignants la confiance qu’ils attendent avec la responsabilité qui est la leur. La confiance ne peut se restaurer en opposant les uns aux autres selon les niveaux en payant à la tâche.

 Elle ne peut revenir si, obsédé par le statut, on laisse ainsi entendre que les piètres résultats de notre système seraient liés à l’insuffisance d’engagement des professeurs. C’est inexact, et c’est injuste.

Quel avenir a un pays qui a tant maltraité ses professeurs qu’il se trouve incapable aujourd’hui d’en recruter suffisamment pour assurer ses besoins d’instruction et d’éducation ?

Refuser d’entrer dans la discussion du statut, ce n’est pas pour autant considérer que le métier ne doit pas évoluer, que ses missions ne doivent pas être discutées. Si nous voulons réformer les rythmes scolaires, si nous voulons permettre un meilleur travail en équipes, si nous voulons que les cycles, les transitions, l’orientation se passent mieux, si nous sommes prêts alors à reconstruire une formation des professeurs, initiale et continue digne de ce nom, alors pourquoi ne pas discuter aussi du métier d’enseignant pour le faire évoluer, le rendre plus attractif, plus heureux, plus efficace et qu’il puisse atteindre ses nouveaux objectifs ?

Je veux que cette discussion soit conduite franchement, dans la sincérité, le sérieux, la transparence, car elle est au coeur de la réussite que nous voulons construire ensemble. Notre capacité à améliorer les résultats de l’école, à vaincre l’échec scolaire, à corriger les effets de reproduction sociale, à améliorer nos performances dépendent d’abord des femmes et des hommes qui font vivre au jour le jour notre institution et de leurs pratiques.

Depuis longtemps, la France accumule sans cesse des réformes, bouleverse son école, mais la vision d’ensemble manque, et les progrès ne sont pas au rendez-vous. Les professeurs, les différents personnels sont fatigués de cette remise en cause permanente, de ces injonctions, de ces dispositifs, de cette accumulation d’obligations nouvelles sans grand dessein et qui finissent par donner l’impression de n’être là que pour habiller des renoncements et des manques.

C’est pourquoi j’ai fait le choix de la refondation. Les Français l’attendent. Ils y sont prêts. Je sais que les professeurs le sont aussi.

 On me dit : “Vous courez un risque”. Peut être, mais le risque pour la France, si nous ne faisons pas cette réforme, sera beaucoup plus grand. Peut-être, mais c’est un beau risque à courir.

J’ai annoncé que je rétablirai les postes supprimés ces cinq dernières années dans l’Education nationale : 60000 sur les 77000.

Cela a fait débat. Mais c’est la condition.

Comment rétablir une formation des enseignants, initiale et continue, comment mettre la priorité sur la lutte contre l’échec scolaire et en particulier dans les quartiers où se concentrent les plus grandes difficultés, sans rétablir les moyens nécessaires ?

 Il faudra relancer une politique d’éducation prioritaire sérieuse et dotée de moyens véritables : équipe pédagogique, temps de travail, affectation, déroulement de carrière et pérennité des équipes, coordination avec les autres institutions, formation continue spécifique....

Les réseaux d’aides aux enfants en difficulté ont été laminés. Je les rétablirai.

Les personnels nécessaires à l’accompagnement des élèves en situation de handicap n’ont pas été renouvelés. Des auxiliaires de vie scolaire seront nécessaires.

La médecine scolaire est laissée en jachère. Les postes ne sont pas pourvus, et la prévention ne peut faire son office.

Comment fera-t-on tout cela sans créer de postes ? Professeurs, personnels d’encadrement et de direction, médecins, psychologues, infirmières, auxiliaires de vie scolaire : nos enfants ont besoin d’eux.

Nous aurons besoin aussi de mieux organiser la transition entre nos lycées et notre enseignement supérieur. Trop d’élèves se retrouvent désorientés en entrant à l’Université et, finalement, abandonnent leurs études. Il n’est pas acceptable que nous ayons de moins en moins d’étudiants et un tel échec dans nos premiers cycles. J’accorderai une part de l’effort de la Nation à l’Université pour réussir cette transition.

Je suis prêt à tous les débats. Mais je refuserai toutes les hypocrisies.

La France a besoin de clarté, de raison et de justice. Elle a besoin de retrouver la volonté de progresser, de réussir.

En venant ici, à Orléans, honorer la mémoire de Jean ZAY, je ne suis pas venu seulement honorer une mémoire, même si elle le mérite ; je suis venu me ressourcer à une tradition, y puiser le sens et l’énergie de la tâche qui est la nôtre pour demain.

Je veux agir pour la France à cinq ans, à dix ans, à vingt ans. C’est le temps de la véritable action publique.

 Cette tâche je veux l’énoncer simplement, et je veux réunir l’ensemble des Français autour d’elle : c’est la promesse républicaine qu’il nous faut reprendre, c’est la priorité à la jeunesse, c’est la refondation de notre école et du pacte éducatif.

Je sais que tous les républicains de progrès peuvent se réunir autour de ce projet s’il est conduit avec rigueur, sincérité, obstination.

La France est un grand pays, qui a de grandes ressources ; elle peut surmonter la crise d’avenir qui la ronge et l’affaiblit. Il y faudra des efforts. Nous en ferons, ensemble.

Il y faudra de la constance. De la précision, de l’exigence, du respect aussi. Ils seront présents au rendez-vous. Pas besoin de bousculer les choses, pas besoin de déprécier les autres.

La France a besoin d’un vrai débat, et non de fausses querelles.

Je pense à ces déclarations brutales, prétendant briser les consensus en se présentant comme la voix du “bon sens”, et qui ne sont que des provocations semant la discorde et ternissant notre image nationale.

Et le courage, ce n’est pas l’injustice, alors qu’il n’est qu’agitation et virevolte.

Dans une tourmente financière qui déstabilise les Etats, devant une récession économique qui s’installe, face à une crise politique et morale, les manoeuvres visant à diviser, à opposer les Français les uns aux autres sont à la fois dérisoires et dangereuses.

Les Français ont besoin de rassemblement.

Le rassemblement, ce n’est pas l’union nationale ! Il y aura toujours des sensibilités, des histoires personnelles. Il y aura toujours des hiérarchies à établir dans les priorités d’une Nation. Il y aura toujours de grands choix à faire, quelle que soit la gravité de la situation, et des grands choix à faire en fonction de ses convictions, de la vision que l’on se fait de son pays et de son avenir. Il y aura toujours -et c’est tant mieux !- la gauche et la droite. Cela est nécessaire.

Le rassemblement, c’est le respect de ces différences, c’est l’écoute attentive de tous, c’est la volonté d’avancer ensemble, c’est l’affirmation tranquille de ses convictions, mais c’est d’abord la recherche obstinée de l’intérêt général, la reconnaissance de l’intérêt supérieur de la Nation.

Je veux, pour la France, l’unité, le rassemblement, la réconciliation, la concorde.

 Devant l’ampleur de la tâche à accomplir, face à la gravité des défis à relever ensemble, je ferai tout ce qui sera en mon pouvoir pour ne jamais attiser d’inutiles dissensions.

Je m’engage, devant et pour les Français à toujours agir avec volonté, à travailler avec méthode.

Oui, avec méthode.

Commencer par le commencement, c’est la bonne méthode, quand d’autres veulent commencer par la fin.

Or le commencement, c’est l’Ecole.

En faisant de l’Ecole une priorité de mon action, je veux redonner à notre pays une ambition et une espérance.

Le moment est venu.

Vive la République ! Vive la France !

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18 juillet 2011

Churchill 1941 : Never Give in


- Winston Churchill à l’école des sorciers - Libération - 16/07/2011
« En septembre 1941, en plein conflit contre l’Allemagne, le Premier ministre britannique se rend dans son ancienne école, à Harrow, pour y exhorter la jeunesse ».
http://www.liberation.fr/culture/01012349254-winston-churchill-a-l-ecole-des-sorciers

- N’abandonnez jamais, jamais…
http://www.liberation.fr/culture/01012349255-n-abandonnez-jamais-jamais


NEVER GIVE IN, NEVER, NEVER, NEVER
29th October, 1941
Harrow School speech
http://www.winstonchurchill.org/learn/speeches/speeches-of-winston-churchill

http://www.churchill-society-london.org.uk/SpchIndx.html

« ... from this period of ten months this is the lesson: never give in, never give in, never, never, never, never-in nothing, great or small, large or petty - never give in except to convictions of honour and good sense. Never yield to force; never yield to the apparently overwhelming might of the enemy ».
http://www.winstonchurchill.org/learn/speeches/speeches-of-winston-churchill/103-never-give-in


L'ennui avec cet article du Cahier d'été de Libération, c'est que la relecture semble avoir été très très superficielle.

Passons sur l'école des sorciers ... la tentation habituelle du titre raccoleur ... 

" L’été 1941 a été un tournant. La signature, le 14 août au large de Terre-Neuve, de la Charte de l’Atlantique avec le président américain, Théodore Roosevelt, le conforte, la victoire est possible ".
Théodore, décédé en 1919, ou Franklin Delanoe Roosevelt, le président des Etats-Unis ?

Churchill se rend à Harrow en septembre pour prononcer un discours le 21 octobre... !!!
Le 21 ou le 29 octobre 1941, la date indiquée par tous les sites web britanniques,
à l'exception de cette vidéo sur Youtube datée du 29 ... Novembre !!!
http://www.youtube.com/watch?v=r36wikH36JM

.
Les discours de Winston Churchill :
http://www.winstonchurchill.org/learn/speeches/speeches-of-winston-churchill

 .

churchill

Winston Churchill (1879-1965)
 http://en.wikipedia.org/wiki/Winston_Churchill

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