01 mars 2017

27.02.1933 : l'incendie du Reichstag

 

Reichstagsbrand

http://fr.wikipedia.org/wiki/Incendie_du_Reichstag


A Berlin, le Reichstag est incendié dans la nuit du 27 au 28 février 1933.
Les conditions de cet acte criminel sont débattues : acte du seul van der Lubbe ?
pleine responsabilité des nazis ? « Les hommes de Goering le laissèrent allumer un petit incendie
tandis qu’eux-mêmes inondaient les sous-sols d’essence » (Pierre Milza)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Incendie_du_Reichstag



Le 30 janvier 1933, Hindenburg nomme Hitler au poste de chancelier.
Le soir, les SA triomphent bruyamment dans les rues de Berlin.
Le 1er février, Hindenburg signe le décret de dissolution du Reichstag. Les élections sont prévues le 5 mars.
Le 4 février, un décret « sur la protection du peuple allemand » donne des pouvoirs étendus à Hitler.


Une intense campagne de propagande, soutenue par un apport de fonds considérable venant des industriels, est orchestrée par Joseph Goebbels. Le 10 février, devant une foule acquise, Hitler prononce un discours au palais des sports de Berlin.

La campagne électorale se déroule dans un climat de terreur.
Goering, ministre de l’intérieur en Prusse, embauche 50 000 membres de la SA, de la SS et du Stahlhelm comme auxiliaires de police.
Hitler interdit la parution de journaux qui critiquent son gouvernement. Les rassemblements publics sont interdits.  Les membres de la SA perturbent les réunions de leurs adversaires politiques et utilisent la violence contre tous les opposants au nazisme.

L’incendie du Reichstag sert de prétexte à une chasse aux communistes (KPD).
Les articles 114, 115, 117, 118, 123, 124 et 153 de la Constitution sont suspendus.
Une législation d'exception suspend toutes les libertés individuelles et confirme le règne de l’arbitraire : l’opposition est réduite au silence.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Incendie_du_Reichstag


Aux élections du 5 mars, les nazis et leurs alliés obtiennent 44 % des voix et un peu plus de la moitié des députés.
La gauche a recueilli 30 % des suffrages et 5 millions d’Allemands ont voté pour le KPD.
Les modérés (Zentrum et démocrates) maintiennent leurs positions avec 18 % des sièges.

L’annulation de l’élection des 80 députés communistes, le ralliement du Zentrum permettent à Hitler
d’obtenir la loi du 23 mars sur « la protection du Peuple et du Reich » (440 votes pour, 90 contre).
« Le suicide du Parlement » permet à Hitler d'établir sa dictature.
Il interdit tous les autres syndicats (2 mai) et tous les autres partis politiques (14 juillet).
Ses adversaires sont arrêtés et détenus dans des camps de concentration
(celui de Dachau ouvre dès la fin du mois de mars 1933).
Beaucoup d'Allemands fuient le pays, vers les démocraties en Europe ou aux USA.
source Bouillon & Sohn, Bordas 1982  + Istra première 1982


rappel : La conquête du pouvoir par Hitler et les nazis
http://clioweb.canalblog.com/archives/2017/05/05/35249857.html


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22 septembre 2015

La Tunisie, une révolution internet ?

 

« La Tunisie, une révolution internet ? par Nabila Abbas , La vie des idées, 22.09.2015
http://www.laviedesidees.fr/La-Tunisie-une-revolution-internet.html


Même si le terme de révolution internet pour décrire la révolution tunisienne ne peut rendre la complexité des causes et du processus révolutionnaire, la toile a offert un cadre unique de contestation et d’expression de nouvelles voix dans le débat politique.

L’expression « printemps arabe » utilisée par les médias et par des universitaires est une désignation largement contestée par les acteurs.
Le terme « Révolution Internet » a un double défaut : il accorde trop de place aux utopies technophiles de la « démocratie 2.0 » ; il minore la réalité sociale et la dimension violente et populaire de [ce mouvement]. La mobilisation sociale était bien réelle : le soulèvement des travailleurs dans le bassin minier a été important, mais des médias sous contrôle ont participé à un black-out total pendant six mois.

Le numérique a permis de contourner la censure, de rendre la parole aux habitants, de surmonter la peur de la répression et de vaincre le sentiment de leur impuissance. « Dans le cas tunisien, cette « parole interdite » se dégage, entre autres, dans la sphère numérique. Les forums, les comptes Facebook, Twitter, les sites d’information, le journalisme citoyen, les fils de commentaires, les vidéos et les photos partagées constituent un immense recueil de témoignages et de sources pour la science politique et pour d’autres disciplines qui se proposent d’étudier et de comprendre le processus révolutionnaire tunisien, son développement, ses différents acteurs et leurs imaginaires . Néanmoins, cette démarche ne peut se revendiquer exhaustive : traiter uniquement la sphère numérique serait réducteur. Il est évidemment nécessaire d’analyser les imaginaires, les paroles ainsi que les autres modes de contestation qui ne s’expriment ni sur la toile, ni publiquement, ni par écrit ».


rappel :
La dessinatrice Nadia Khiari (Willis from Tunis) participait hier au colloque Le dessin de presse dans tous ses états (CESE Paris).
Willis critique moins la religion en elle-même que son instrumentalisation par des politiciens.
Selon elle, pour contrer les démagogues, il faut en finir avec le politiquement correct,
dire les choses avec clarté et ne pas chercher à être trop polis.
http://clioweb.canalblog.com/tag/willis
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08 février 2014

Vichy, « Révolution nationale »

 

vichy-maisons

Affiche éditée par le centre de propagande de la Révolution nationale - Centre d'Avignon, 1942 - Mémorial de la Shoah/CDJC
Belin cite le Musée des 2 GM, BDIC - Pinson mentionne le Musée d’Histoire Contemporaine

- Analyse en 2007 de l'affiche de R. Vachet par Céline Giangermi (présentation en ppt)

Autre analyse en swf (classe de 3eme) :


- « Révolution nationale » ? Dans la propagande (et dans la com' ) les mots sont faits pour tromper.
Le régime de Vichy prétend faire oublier la défaite en menant une politique violemment anti-républicaine. La devise « Liberté, Egalité, Fraternité » est remplacée par « Travail, Famille, Patrie ». La dictature est habillée en « ordre nouveau » et applique d'emblée une politique d'exclusion.
http://1942.memorialdelashoah.org/histoire_shoah_en_france.htm


- En 2006, à Nantes, Bernard Albert a élaboré un riche dossier sur cette affiche de propagande surinvestie par les profs et les auteurs de manuels à partir des années 1980, souvent sans attention à son histoire et à la réalité de sa diffusion.
http://www.pedagogie.ac-nantes.fr/1178646779000/0/fiche___ressourcepedagogique/
http://www.pedagogie.ac-nantes.fr/47140093/0/fiche___pagelibre/&RH=1160766403250
L'affiche indexée par Google images  http://tinyurl.com/mwufexr


- « L'auteur, M. Vachet, n'est jamais mentionné, pas plus que le nom du commanditaire. Quant à la date, elle diffère selon les manuels ! Or personne ne la connaît, et on ne peut que la dater dans une fourchette allant de 1940 à 1942. En fait cette image (60 cm de hauteur), devenue de facto symbole de la propagande de Vichy, provient d'une initiative isolée, celle du centre de propagande pour la Révolution nationale d'Avignon. Il n'y avait alors pas encore d'organe centralisé. On ne possède aucun renseignement sur le nombre d'affiches émises alors que le bon à tirer pourrait renseigner sur le nombre d'exemplaires mis en circulation. On n'en sait pas davantage sur leur lieu de diffusion, ni sur l'impact qu'a pu à l'époque avoir cette affiche - nul doute qu'elle est plus connue de nos jours qu'alors, ce qui fournit un bel exemple de surinvestissement décalé ! » - Christian Delporte, M-C Gachet, colloque 2002
http://eduscol.education.fr/cid46004/les-images-dans-l-enseignementde-l-histoire.html


- « L’affiche n’existe aujourd’hui qu’en un seul exemplaire qui est déposé au Musée d’Histoire Contemporaine. Elle n’a pas été diffusée en 1940 car elle ne correspondait pas au message d’union autour du Maréchal que le régime voulait faire passer ; cette affiche qui stigmatise un certain nombre de français, de partis politiques, de valeurs n’est pas jugée « politiquement correcte …
Cette image est absente des manuels avant les années 90 (on ne la rencontre que dans un manuel de première en 1988), il convient donc de s’interroger sur la brutalité de ce succès et sur son invisibilité pendant des décennies.
[ Elle figure dans le manuel Belin de 1983 : Vichy était alors étudié en Terminale, pas en première ]
Cette affiche est l’oeuvre de R. Vachet, elle a été publiée à Avignon en 1940 [ ?]pour répondre à une commande du comité local pour la Révolution Nationale.
Elle sort de l’oubli en 1990 car elle va être exposée par le MHC et va figurer dans le catalogue de l’exposition, elle commence une seconde existence…au service de l’enseignement de l’histoire ».
Gérard Pinson, IUFM Caen, 2004 ? (fichier pdf archivé en 2006 par Internet Archive)
https://web.archive.org/web/20060815000000*/http://www.caen.iufm.fr/f_de_formateurs/archives_03_04/fichiers/pinson.pdf

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