24 janvier 2017

Arte 2017 : Libération des camps

 

auschwitz2-herod

Auschwitz 1945, une photo mise en scène par les Soviétiques
et replacée en contexte par les historiens - source site web Hérodote

2015 - expo MdS - Filmer la guerre : les Soviétiques face à la Shoah (1941-1946)
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article418

27.01.1945 : Les soviétiques à Auschwitz
http://clioweb.canalblog.com/archives/2015/01/25/31421794.html
http://www.hgsavinagiac.com/2015/02/la-liberation-d-auschwitz-vue-par-le-cinema-des-armees-sovietiques.html

 

24 janvier 2017 - Arte-TV soirée "Libération des camps"
(Libération ou découverte + ouverture ?
camps nazis ou centres de mise à mort industrielle?)

0h50 Beate et Serge Klarsfeld : le combat d’une vie, Wolfgang Schoen, Frank Gutermuth 2016
21h45 Sauvés par des Justes, Christian Frey, Susanne Wittek 2016
22h40 Sauver Auschwitz, Jonathan Hayoun 2015
23h40 Images de la libération des camps, Andre Singer, 2014
http://www.arte.tv/guide/fr/050111-000-A/images-de-la-liberation-des-camps

0h55 Moshe, victime et meurtrier
1h50 Sophie Scholl, téléfilm série Ces femmes qui int fait l'histoire, 2013
+ Un numéro sur ma peau, Uriel Sinai, Dana Doron 2012

.
« À l’occasion de la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste,
ARTE consacre une soirée documentaire à la libération des camps de la mort
et aux acteurs de la lutte contre la barbarie nazie ».
http://tinyurl.com/arte-24janvier2017

La communication d'Arte peut prêter à confusion :
Libération des camps de la mort ?
Les historiens ont montré que l'ouverture des centres de mise à mort
n'a pas vraiment été vécue comme une libération :
2012 - A peine 2000 des 7500 survivants du camp devaient vivre plus de quelques jours.
http://d-d.natanson.pagesperso-orange.fr/liberation_auschwitz.htm

Les soviétiques ont surtout trouvé des cadavres,
et les déportés survivants ont été emmenés vers l'ouest dans des marches de la mort.
Beaucoup n'ont pas survécu à cette nouvelle forme prise par la barbarie nazie.
La libération des autres camps s'est faite surtout en avril et en mai 1945.


La mémoire de la déportation est prise en compte chaque année lors de deux journées :

- Le 27 janvier pour la mémoire de l'Holocauste,
2002 Conseil de l'Europe : 27 janvier Journée européenne de la mémoire de l'Holocauste
                                                                 et de la prévention des crimes contre l'humanité
.

2005 : AG ONU 27 janvier : Journée internationale de commémoration en mémoire des victimes de l'Holocauste
2007 BOEN  : Journée de la mémoire des génocides et de la prévention des crimes contre l’humanité.
http://www.cndp.fr/crdp-reims/memoire/commemorations/27_janvier.htm

- Le dernier dimanche d'avril pour le souvenir des déportés
Journée du souvenir des victimes de la déportation
http://www.education.gouv.fr/cid55548/journee-du-souvenir-des-victimes-de-la-deportation.html

.
27 janvier : Journée de la mémoire de l’Holocauste et de la prévention des crimes contre l’humanité
un parcours proposé par le Cercle d’étude
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article206

Primo Levi, Si c'est un homme
« dans la haine nazie, il n’y a rien de rationnel... Nous ne pouvons pas la comprendre; mais nous pouvons et nous devons comprendre d’où elle est issue, et nous tenir sur nos gardes. Si la comprendre est impossible, la connaître est nécessaire, parce que ce qui est arrivé peut recommencer, les consciences peuvent à nouveau être déviées et obscurcies : les nôtres aussi ».
http://clioweb.free.fr/dossiers/39-45/primolevi.htm

Primo Levi, écrivain et témoin
http://www.cercleshoah.org/spip.php?page=recherche&recherche=primo+levi


.
Au moins 3 de ces documentaires ou téléfilms peuvent être vus ou revus grâce à Internet
,
sans veiller jusqu'à 2 heures du matin.

- Images de la libération des camps
Chronique d’un film inachevé, André Singer 2014
http://www.arte.tv/guide/fr/050111-000-A/images-de-la-liberation-des-camps

- Sauver Auschwitz ?
Documentaire de Jonathan Hayoun (France, 2015, 52mn)
http://www.youtube.com/watch?v=Wq8x8BigEH8
16 avril 1967 Józef Cyrankiewicz
7 juin 1979, voyage de Jean-Paul II

- Sophie Scholl (1921-1943)
Téléfilm de Christian Twente et Michael Löseke
ARTE HD 2013, 50 mn, actrice : Liv Lisa Fries
http://www.youtube.com/watch?v=ME0RV04zVZk

dans le film Sophie Scholl - Les derniers jours (Die letzten Tage), le film de Marc Rothemund
Julia Jentsch interprète le personnage de Sophie Scholl
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article215


.
 

ohrdruf-12041945

Libération du commando d'Ohrdruf (camp de Buchenwald),12 avril 1945
Eisenhower et les soldats américains devant les corps des déportés assassinés par les nazis
http://www.ushmm.org/wlc/en/media_ph.php?ModuleId=0&MediaId=5031


 « L’horreur n’est pas gigantesque.
Il n’y avait à Gandersheim (un autre commando dépendant de Buchenwald) ni chambre à gaz, ni crématoire.
Nous sommes tous, au contraire, ici pour mourir.
C’est l’objectif que les SS ont choisi pour nous.
Ils ne nous ont ni fusillés ni pendus
mais chacun, rationnellement privé de nourriture, doit devenir le mort prévu, dans un temps variable
».

+ extraits : la soupe -  le train à Dresde - la libération de Dachau le 29 avril 1945
Robert Antelme, L'espèce humaine
http://clioweb.free.fr/camps/antelme.htm



.
 Ajouter parmi les innombrables documentaires :
Requiem for 500 000 people, extraits
http://www.youtube.com/watch?v=fvgRSqGtdwc
A short documentary made in 1963 by soviet propagandist Jerzy Bossak and Waclaw Kazmierczak
featuring unique archival footage of the Jewish Ghetto of Warsaw.

From D-Day to Berlin, George Stevens
http://www.youtube.com/watch?v=UQgFC0i5t34
(il existe une version dvd en français)
34eme minute, la libération / la libération de déportés au camp de Dachau

et bien entendu Nuit et Brouillard d'Alain Resnais.
1 version en français (sous titres turcs ?) : http://www.izlesene.com/video/nuit-et-brouillard-1955-alain-resnais-nazi-kamplarinin-belgeseli/8480657

Jean Cayrol, transcription sur le dvd :
« Le crématoire est hors d’usage. Les ruses nazies sont démodées...
Qui de nous veille de cet étrange observatoire pour nous avertir de la venue des nouveaux bourreaux ?
Ont-ils vraiment un autre visage que le nôtre ? »

+ Sylvie Lindeperg, Nuit et Brouillard, un film dans l'histoire

http://clioweb.free.fr/camps/nuitetbrouillard.htm


 rappels
L'histoire de la déportation dans les camps nazis
http://clioweb.free.fr/camps/deportes.htm
Le Cercle d'étude de la déportation et de la Shoah - UDA
http://www.cercleshoah.org/

 

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24 octobre 2015

Netanyahou, Hitler et le mufti

 

- Les nouveaux nazis de Netanyahou, Elie Barnavi, i24news.tv 21.10.2015
http://i24news.tv/fr/opinions/89747-151021-netanyahou-fait-de-l-histoire

« Ainsi parla Benyamin Netanyahou, le Premier ministre de l’Etat juif, devant le 37e Congrès sioniste réuni en sa capitale, Jérusalem: « Hitler ne voulait pas exterminer les Juifs à l'époque, il voulait les expulser ». Hadj Amine al-Husseini est allé voir Hitler [en novembre 1941] et lui a dit: « Si vous les expulsez, ils viendront tous en Palestine ». Hitler lui a demandé : « Que dois-je en faire alors ? »  Et le mufti lui a répondu : « Brûlez-les ».

« ... cette fois, Netanyahou atteint des bas-fonds où même ses pires adversaires n’imaginaient pas qu’il pût plonger... il offre un cadeau inespéré aux négationnistes de tout poil : si lui le dit, c’est que c’est vrai, Hitler n’est pas si coupable que cela. Cette fois, il dédouane du même coup tout ce que l’Europe compte d’extrême-droites plus ou moins nostalgiques du fascisme, voire du nazisme »


- Netanyahu’s fairytale about Hitler and the mufti is the last thing we need, Tom Segev, The Guardian 21.10.2015
http://www.theguardian.com/commentisfree/2015/oct/21/netanyahu-faitytale-hitler-mufti-holocaust


- Pour Nétanyahou, « Hitler ne voulait pas exterminer les Juifs » - Libération 21.10.2015 - avec l'aide de NM -

« Plusieurs autres personnalités accusent le Premier ministre de «raconter n’importe quoi parce qu’il est aux abois» et «d’absoudre Hitler pour de basses raisons de politique politicienne». Quant à Tom Segev, l’un des historiens les plus sérieux de l’Etat hébreu, il qualifie les propos du Premier ministre d’«absurdes».
http://www.liberation.fr/planete/2015/10/21/pour-netanyahou-hitler-ne-voulait-pas-exterminer-les-juifs_1407762
http://www.liberation.fr/planete/2015/10/21/l-allemagne-insiste-sur-sa-responsabilite-dans-la-shoah-apres-des-propos-de-netanyahu_1407834


« Si certains Arabes, pour des raisons variées, ont soutenu le régime nazi, d’autres, et en plus grand nombre, ont pris parti pour les Alliés et se sont élevés contre l’antisémitisme ».
http://www.laviedesidees.fr/Hitler-les-Arabes-et-les-Juifs.html


- « Le Proche-Orient était tout à fait extérieur aux plans d’Adolf Hitler », Christian Ingrao, Le Monde 22.10.2015
http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2015/10/22/christian-ingrao-le-proche-orient-etait-tout-a-fait-exterieur-aux-plans-d-adolf-hitler_4794851_3218.html


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25 janvier 2015

27 janvier, Holocaust, lectures

 

primolevi

Primo Levi (1919-1987)

 

- Un choix volontairement restreint d'ouvrages sur Hitler, le nazisme et la destruction des juifs d'Europe :

Ian Kershaw, Hitler, tome 1 1889-1936, tome 2 : 1936-1945, Flammarion, 2000
Qu’est-ce que le nazisme ? Problèmes et perspectives d’interprétation, Gallimard, 1992, rééd. 1997.
L’opinion allemande sous le nazisme, reed 2010

Johann Chapoutot, Le nazisme, une idéologie en actes doc photo 8085, 2012
La loi du sang. Penser et agir en nazi, Gallimard, 2014
Le meurtre de Weimar, 2010

Victor Klemperer, LTI, La langue du IIIème Reich, Agora, 2003.
Journal
Tome 1. Mes Soldats de papier 1933-1941
Tome 2. Je veux témoigner jusqu’au bout, Seuil, 2000

Primo Levi, Si c'est un homme, 1947, 1958, 1976
Robert Antelme, L'espèce humaine, 1947, 1957, 1990
Charlotte Delbo, Auschwitz et après, éd. Minuit

Raul Hilberg, La Destruction des Juifs d'Europe, Fayard, Paris, 1988, et édition augmentée, 3 vol., 2006.
(portrait en 1996 : http://www.liberation.fr/portrait/1996/12/05/raul-hilberg
CR Annales 1988 : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ahess_0395-2649_1988

Saül Friedländer, L’Antisémitisme nazi : histoire d’une psychose collective, Seuil, 1971.
L’Allemagne nazie et les Juifs. Les Années de persécution, tome 1, Seuil, Paris, 1997.
Les années d’extermination.1939-1945, t.2, Seuil, 2008
Hermann Langbein, Hommes et femmes à Auschwitz, Fayard, 1975, rééd. 1998
Peter Longerich, Nous ne savions pas, les Allemands et la Solution finale 1933-1945, HO 2008.
Christopher R. Browning, Des hommes ordinaires. Le 101e bataillon de réserve de la police allemande et la solution finale en Pologne
http://clio.revues.org/537
Christian Ingrao, Croire et détruire. Les intellectuels dans la machine de guerre SS, Fayard, 2010.
Rudolf Hoess, Le commandant d’Auschwitz parle, Petite collection Maspero, 1979, rééd. La Découverte, 2004
Peter Longerich, Himmler, Éditions Héloïse d’Ormesson, 2010
Edouard Husson, Heydrich et la Solution finale, Perrin, 2008.

Annette Wieviorka (dir.),  Les procès de Nuremberg et de Tokyo, Complexe, 1996.

Annette Wieviorka, L'ère du témoin, Hachette, Paris, 2002.

Valérie Igounet, Histoire du négationnisme en France, Le Seuil, 2000
http://fr.wikipedia.org/wiki/Valérie_Igounet
Anne Wieviorka, Auschwitz, 60 ans après, Laffont, Paris, 2005

une somme pas traduite :
Wolfgang Benz/ Barbara Distel, Der Ort des Terrors. Geschichte der nationalsozialistischen Konzentrationslager, 9 volumes, C.H.Beck, 2005-2010,
(1 : Die Organisation des Terrors, 2 : Frühe Lager, Dachau, Emslandlager, 3 : Sachsenhausen, Buchenwald, 4 : Flossenbürg, Mauthausen, Ravensbrück, 5 : Hinzert, Auschwitz, Neuengamme, 6 : Natzweiler, Groß-Rosen, Stutthof, 7 : Wewelsburg, Majdanek, Arbeitsdorf, Herzogenbusch (Vught), Bergen-Belsen, Mittelbau-Dora, 8 : Riga. Warschau. Kaunas. Vaivara. Plaszów. Klooga. Chelmo. Belzec. Treblinka. Sobibor, 9 : Arbeitserziehungslager, Ghettos, Jugendschutzlager, Polizeihaftlager, Sonderlager, Zigeunerlager, Zwangsarbeitslager)

L'histoire, numéro 185 (février 1995), L'histoire n° 294 (janvier 2005), L'histoire collection n° 3

Maurice Kriegel, Trois mémoires de la Shoah : Etats-Unis, Israël, France, Le Débat 117, nov-déc 2001
(à propos du livre de Peter Novick, « L’Holocauste dans la vie américaine » ),
http://clioweb.free.fr/dossiers/39-45/3memoires.htm


- Des bibliographies davantage développées :

. Cercle d'étude de la déportation et de la shoah
CR Livres, films, à lire, à voir, écouter
Lectures de livres de témoins
http://www.cercleshoah.org/spip.php?page=plan

. Mémorial
http://liberation-camps.memorialdelashoah.org/ressources/bibliographie.html
La destruction des juifs d'Europe, la situation de la France de Vichy
http://www.memorialdelashoah.org/index.php/fr/pedagogie-formation/outils-pedagogiques/bibliographie

. Holocaust, biblios en anglais
- USHMM http://www.ushmm.org/research/research-in-collections/search-the-collections/bibliography
- Wikipedia : http://en.wikipedia.org/wiki/The_Holocaust#Bibliography
- Deborah Margolis, MSU : http://libguides.lib.msu.edu/holocaust

.

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24 janvier 2015

27 janvier, mémoire de l'Holocauste

 

Pour le 27 janvier,
« Journée européenne de la mémoire de l'Holocauste et de la prévention des crimes contre l'humanité » 12.2002
« Journée internationale de commémoration en mémoire des victimes de l’Holocauste, jour de la libération du camp d'extermination nazi d'Auschwitz » ONU, 1.11.2005
« Journée de la mémoire des génocides et de la prévention des crimes contre l’humanité » BO 04.01.2007

Quelques pistes en TV et radio :

Un collègue du CNDP a listé les projections de documentaires à la TV en janvier 2015
http://www.cndp.fr/cnrd/evenement/5906

« Jusqu'au dernier : la destruction des juifs d'Europe », les 8 épisodes du documentaire de Karel et Finger sont diffusés sur France 2.
Arte est très présent, par ex : le 27 à 0h30 : Un numéro sur ma peau, doc. d'U. Sinai et D. Doron (2012),
1 seul doc sur TF1 : Retour à la vie, 70 ans après la libération des camps, reportage de L. Rees (2015),
Rien semble-t-il sur M6 et les autres chaînes publicitaires de la TNT, trop obsédées par le vide de l’instantané.

Le travail de mémoire n’a pas attendu 2015.
La création de cette journée date de 2002
http://www.cndp.fr/crdp-reims/memoire/commemorations/27_janvier.htm

Parmi les supports et documentaires réalisés pour 2005 :
cf Hollywood et la Shoah, de Daniel Anker
Les survivants de Patrick Rotman


- Le web est un excellent support d'archivage, à condition de s'en donner les moyens, et de ne pas jouer à bouger sans cesse le nom des rubriques et des fichiers..

Le site de l'INA donne accès à de Grands entretiens (dont Jacques Altmann)
http://grands-entretiens.ina.fr/consulter/Shoah

Les 14 récits d'Auschwitz sont vendus en dvd.
Ida Grinspan, Raphaël Esrail, Roger Perelman peuvent être écoutés sur Internet...
https://www.youtube.com/watch?v=z3R3ZFGsBqE
https://www.youtube.com/watch?v=VoHufRKKvUo


- La radio est aussi un excellent support de diffusion des témoignages.
. La Fabrique de l'histoire consacre la semaine aux camps
(Fabrice Virgili et Michel Agier le lundi, le Struthof le mardi,
Quelle réparation ? le mercredi, regard soviétique sur la libération des camps le jeudi).

. La grande table, Lundi 26 avec Willima Karel et G. Bensoussan

. Sur les docks (17h)
1945-1946 en France : le retour des camps à travers des archives INA (L 26)
Auschwitz-Birkenau : conserver les camps de la mort ? (Dominique Prusak) (M 27)
Juifs dans la Résistance (Amal Buziarsist) (Me 28)
Des femmes et des bébés à Ravensbrück (Irène Omelianenko) (J 29)

France-Culture a beaucoup diffusé en 2005 (dont des docu de 1995) :
http://clioweb.free.fr/camps/2005-fculture-1.pdf

Les camps de la seconde guerre mondiale (La Fabrique)
Les derniers jours de la déportation, A voix nue
Les revenantes (Charlotte Delbo), Radio libre
Entretiens avec David Rousset, Mémorables
Robert Antelme L'espèce humaine émission spéciale
Nuit et Brouillard, enquête sur un film au-dessus de tout soupçon
(en 2007, Sylvie Lindeperg a publié Nuit et Brouillard, un film dans l’histoire
http://clioweb.free.fr/camps/lindeperg.htm


3 remarques :
- Les témoignages ne manquent pas.
Nicole Mullier en a fait l'inventaire sur le site web du Cercle d'étude.
http://www.cercleshoah.org/spip.php?rubrique28
Pour un prof, la difficulté, c'est dans une offre très abondante de faire un choix adapté au survol imposé par les programmes d’HG.

- L'accent est toujours mis sur les témoignages.
Les historiens ont aussi beaucoup travaillé.
Relire et faire relire ce qu'écrit Annette Wieviorka sur l'ère du témoin, l’écouter sur le rôle du prof d'histoire face au témoin.
http://clioweb.canalblog.com/archives/2010/04/07/17491914.html


- Le 27 janvier, c’est la mémoire de l’holocauste.
http://www.fondationshoah.org/
US Holocast Memorial Museum : http://www.ushmm.org/fr

Il existe également une Journée nationale du souvenir de la déportation (dernier dimanche d’avril)
http://www.cndp.fr/crdp-reims/memoire/informations/actualites/journee_souvenir.htm
et une Fondation pour la mémoire de la déportation
http://www.fmd.asso.fr

Lire ou relire
Primo Levi, dont Si c'est un homme - http://it.wikipedia.org/wiki/Primo_Levi - http://fr.wikipedia.org/wiki/Primo_Levi
[ Primo Levi a été arrêté pour faits de résistance le 13 décembre 1943, transféré en tant que juif dans le camp d’internement de Fossoli, près de Modène puis déporté à destination d’Auschwitz le 22 février 1944 … Il fait partie du premier convoi de 650 déportés ; quinze personnes seulement sont revenues. Il survit à la déportation au camp de Buna-Monowitz et rentre en Italie via l’URSS stalinienne. ]

et Robert Antelme L'espèce humaine, http://clioweb.free.fr/camps/antelme.htm
« Il n’y avait à Gandersheim (un Kommando dépendant de Buchenwald) ni chambre à gaz, ni crématoire..
« Nous sommes tous ici pour mourir. C’est l’objectif que les SS ont choisi pour nous.
« Le ressort de notre lutte n’aura été que la lente revendication forcenée,
et presque toujours elle-même solitaire, de rester, jusqu’au bout, des hommes »


rappel :
L'histoire de la déportation dans les camps nazis :
http://clioweb.free.fr/camps/deportation1.htm
..
http://clioweb.free.fr/camps/deportes.htm
.
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19 mai 2014

1940-45 : Les juifs et l'entraide

 

1940-1944 : la France occupée face aux persécutions
http://www.franceculture.fr/emission-repliques-1940-1944-la-france-occupee-face-aux-persecutions-2014-05-10

La violence de ton, la recherche du mot qui tue sont difficilement supportables, surtout venant d'historiens de métier.
Le débat enregistré le 28 juin 2013 à Cluny entre Robert Paxton et Jacques Sémelin est plus serein et sans doute plus intense.
La Fabrique de l'histoire, vendredi 12.07.2013
prise en vidéo : http://www.dailymotion.com/video/paxton-semelin2013


La question posée par Jacques Sémelin dans ce dernier ouvrage :
« Comment 75% des juifs en France ont échappé à la mort ? ».
Vers 1985, l’accent était mis sur les déportés assassinés par les nazis, avec la complicité active de Vichy.

Les juifs (dit « étrangers ») qui avaient fui l’antisémitisme de l’Europe orientale ou de l’Allemagne ont été les principales victimes. Mais JS souligne que « les juifs se sont d'abord sauvés par eux-mêmes » : ils ont beaucoup bougé, ils ont mis sur pied des politiques d’entraide.
L’attitude des Français est contradictoire. La délation a envoyé à la mort, mais elle ne touche pas seulement des juifs. La solidarité des petits gestes a aussi sauvé des juifs.
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article314
http://www.la-croix.com/Actualite/France/Jacques-Semelin-75-des-juifs-vivant-en-France-ont-echappe-a-la-deportation-_NP_-2013-03-21-923518
http://www.agoravox.tv/culture-loisirs/culture/article/debat-entre-robert-paxton-et-39983

3 citations :
Vers la 36e minute - Stanley Hoffman : « dans mes mémoires à moi, le souvenir du professeur âgé de 76 ans est toujours vibrant. Il m'enseigna l'histoire de France, il me donna de l'espoir dans les pires jours, il sécha mes pleurs quand mon meilleur ami fut déporté avec sa mère, il nous fabriqua de faux papiers à ma mère et à moi pour que nous puissions fuir Nice, une ville infestée par la Gestapo, où la complicité des amis et des voisins n'était plus une protection suffisante. Cet homme efface tous les mauvais moments, les humiliations et les terreurs. Sa douce épouse et lui n'étaient pas des héros de la Résistance, mais s'il existe un Français moyen, c'est cet homme-là qui représentait son peuple et pour cette raison, la France et les Français mériteront toujours notre hommage ; je ne cesserai jamais de les aimer ».

Vers la 31e minute : « Dans notre diocèse, des scènes d’épouvante ont eu lieu dans les camps de Noé et de Récébédou. Les Juifs sont des hommes, les Juives sont des femmes. Les étrangers sont des hommes, les étrangères sont des femmes. Tout n’est pas permis contre eux …
À lire dimanche prochain [23 août 1942], sans commentaire … »
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jules_Saliège

vers la 33e minute - AF : « mon père juif étranger apatride a été déporté de Paris, son frère est allé en zone libre, ses parents veulent le rejoindre, ils ont été dénoncés par un passeur. Ils ont été déportés depuis Bordeaux par un des convois Papon, je l'ai su en écoutant Me Zaoui au procès Papon »


Ces derniers mois, nous savons que les affrontements politiques ont quitté le terrain rationnel. A écouter cette émission, sur le terrain intellectuel, les clivages peuvent être aussi violents entre l’histoire dominante et les autres. La vigueur de la polémique semble avoir cheminé de la radio au forum Aggior.

Laissons les spécialistes se prononcer sur l’ouvrage de Jacques Sémelin et sur l’histoire des mémoires de la 2GM.
De mémoire de prof, Klarsfeld mettait vers 1985 l’accent sur les juifs déportés et massivement assassinés,
avec la complicité active de Vichy. Ce n’est que plus tard que le regard a intégré aussi ceux qui ont échappé à la destruction par les nazis.

Le discours de Chirac en 1995 a été porté aux nues pour
« La France, patrie des Lumières et des Droits de l'Homme, terre d'accueil et d'asile, la France, ce jour-là, accomplissait l'irréparable. Manquant à sa parole, elle livrait ses protégés à leurs bourreaux ».
L’accent a beaucoup moins été mis sur l’autre France, la « vraie » France des gaullistes …
« Mais il y a aussi la France, une certaine idée de la France, droite, généreuse, fidèle à ses traditions, à son génie. Cette France n'a jamais été à Vichy. Elle n'est plus, et depuis longtemps, à Paris. Elle est dans les sables libyens et partout où se battent des Français libres. Elle est à Londres … ».
Wikisource : http://tinyurl.com/chirac-1995-veldhiv
Henry Rousso y ajoute la place faite aux Justes en 2005.

« La France, nous le savons tous, n'est nullement un pays antisémite » dit Chirac.
Au temps de Sharon, le contraire a été affirmé : la France a condamné le capitaine Dreyfus. C'était faire le silence sur tous ceux qui ont combattu pour que son innocence soit reconnue en 1906. En 2006, lors d'un colloque, Epstein avait  présenté le parcours de dreyfusards devenus vichystes et collabos.
 

Deux observations
- Quand vers la 28e mn, Sémelin évoque trois facteurs (le christianisme, l’héritage républicain, l'esprit patriotique), que retient et commente l’animateur ? La seule dimension religieuse et le choc des confessions. Rien sur les deux autres aspects.

- Le réac en habit vert semble avoir des comptes à régler.
Il s'abrite derrière la citation de Bédarida : « vous n'avez pas vécu cette période, vous ne pouvez pas comprendre » !
A qui profite une telle négation du métier de l’historien ?
Que penser du travail des historiens de la Rome antique ?
Faut-il avoir été bourreau nazi ou victime des nazis pour avoir une légitimité à écrire une histoire de la barbarie nazie ou de ceux qui l'ont combattue en Europe ?

En 2006, au micro de l’INA, Wieviorka (Annette) aborde ce rapport de l’historien au témoin
(le témoin n'est-il pas aussi un acteur ?).
http://clioweb.canalblog.com/archives/2010/04/07/17491914.html

Jacques Sémelin, Persécutions et entraides dans la France occupée. Comment 75% des juifs en France ont échappé à la mort. Les Arènes - Le Seuil, 2013
Pierre Laborie, Le chagrin et le venin : la France sous l'Occupation, mémoire et idées reçues, Bayard, 2011
Henry Rousso, Eric Conan, Vichy, un passé qui ne passe pas - Gallimard, 1996
Henry Rousso, La dernière catastrophe : l'histoire, le présent, le contemporain, Gallimard, 2012

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17 février 2014

Déportation : la carte et la mémoire

 

Déportation : la carte et la mémoire - Le Monde 15.04.2014
Où habitaient les 11 458 enfants juifs envoyés de France vers les camps de la mort, entre 1942 et 1944 ? A partir des données accumulées par Serge Klarsfeld, Jean-Luc Pinol un historien et informaticien a dressé une carte interactive

Territoires et Trajectoires de la Déportation des Juifs de France
http://tetrade.huma-num.fr/
« Il s’agit de géolocaliser l’ensemble des données rassemblées par Serge Klarsfeld, président de l’Association des fils et filles des déportés juifs de France (FFDJF), qui a établi les états civils complets et les adresses, au moment de leur arrestation, de la quasi totalité des 76 000 déportés juifs de France. Chaque point sur la carte fournit l’identité d’une ou plusieurs victime(s) et le lieu de résidence lors de l’arrestation. Les données sont accessibles à différentes échelles: de la rue au quartier, du quartier à la ville, de la commune au département… Il est possible d’accéder à la carte en interrogeant un moteur de recherche à partir d’un nom ou d’une adresse précise (Ancien département de la Seine, Paris, Lyon, Marseille, Nice, Bordeaux et Grenoble) ou d'un nom de commune ».


dep-enfants

La déportation des enfants juifs (1942-1944)
JL Pinol, http://tetrade.huma-num.fr/Exposition/2014_CNAM/p1.php


rappel : Paris 1942-44 : Enfants juifs déportés
http://clioweb.canalblog.com/archives/2012/09/29/25212252.html

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02 février 2014

L'Ecole et la Shoah

 

L'école en fait-elle trop sur la Shoah ? Le Monde, 31.01.2014
http://www.lemonde.fr/education/article/2014/01/31/entre-histoire-et-morale-le-malaise-des-eleves-face-a-la-shoah_4357782_1473685.html

« On a fait de ce sujet d'histoire un objet prioritaire d'enseignement » estime Christophe Tarricone, agrégé et formateur au Mémorial de la Shoah. Il est mieux traité par exemple que les questions politiques comme la Ve République. « Outre les cours d'histoire, les élèves peuvent aussi aborder la Shoah sous l'angle mémoriel en classe de terminale ES et L, en français, et pourquoi pas en arts plastiques, en musique… Cela peut sans doute donner à certains un sentiment de déjà-vu ».

Pour Benoit Falaize, « L'histoire du génocide des juifs est abordée à trois moments de la scolarité - en troisième, en première et/ou en terminale depuis les années 1980, en CM2 depuis 2002 - et cela peut sans doute donner à certains l'impression d'une récurrence, mais c'est aussi le cas de l'enseignement de la Révolution, des deux guerres mondiales, des sujets symboliques de l'histoire nationale ».

« L'objet historique est omniprésent dans la société, explique l'historien Tal Bruttmann,il se trouve mémorialisé, médiatisé, politisé et in fine sacralisé. Et quoi de plus subversif, pour un jeune, que de s'attaquer à ce que les adultes considèrent comme sacré ? »

« Sur le terrain, tous en conviennent : le meilleur rempart contre les débordements reste la connaissance exacte des faits historiques. En somme, le bon cours ».

PS : En visite en Israël, jeudi 30 janvier, Vincent Peillon a déclaré vouloir « faire davantage » pour lutter contre l'antisémitisme.

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27 juillet 2012

La Rafle du Vel' d'Hiv'

 

- La Rafle du Vél’ d’Hiv’

Le discours prononcé par Raphaël Esrail, Président de l’Union des Déportés d’Auschwitz le 22 juillet 2012.
Texte mis en ligne par Nicole Mullier sur le site du Cercle d'étude de la déportation et de la Shoah. (source Nicole) http://www.cercleshoah.org/spip.php?article227


- d'autres articles à consulter sur le site du Cercle

- La brochure d'Adam Rayski, Il y a soixante ans la rafle du Vélodrome d’hiver : le peuple de Paris solidaire des Juifs, préface, Bertrand Delanoë, éd. Mairie de Paris, 2002, 79 p.
A télécharger :
http://itinerairesdecitoyennete.org/journees/27_jan/documents/veldiv_paris.pdf

- Une vidéo sur le site du Monde :
A l'occasion de la commémoration de la rafle du Vél' d'Hiv, dimanche 22 juillet, Le Monde.fr est allé à la rencontre de Samuel Adoner, dit Milo.
"Un survivant des camps : « Nous avons été pris, papa, maman et mes six frères et sœurs. Je suis rentré tout seul'.
En trois ans, il a survécu aux camps de Cosel (Pologne), Niederkirch, Blechhammer, Auschwitz-Birkenau et Buchenwald ». http://www.lemonde.fr/societe/video/2012/07/22/un-survivant


Une copie du texte : 
« Il y a 70 ans, l’Allemagne nazie, à la suite à la conférence de Wannsee, mettait en œuvre un programme méthodique d’élimination des Juifs d’Europe. En France, en cette seule terrible année 1942, près de 43 000 Juifs, en grande partie d’origine étrangère, furent déportés.


A Paris et dans sa région, la grande Rafle des 16 et 17 juillet, menée par la police française, concerna près de 13 000 Juifs ; parmi eux, 4 000 enfants, déportés et tous assassinés par le gaz, en août 1942, à Birkenau. On le sait, à ce programme d’assassinat, le gouvernement de Vichy apporta son aide zélée.

Déportés à Birkenau, nous avons été les témoins de ce crime de masse, perpétré par les nazis de 1942 à 1944. Aujourd’hui, notre douleur et notre colère demeurent aussi vives. Il est impossible d’imaginer que l’État Français n’ait pas eu connaissance, pendant tout le temps de cette guerre, du sort réservé aux Juifs pour qui Birkenau fut la fin du voyage. Ce lieu, s’il est resté longtemps un angle mort de notre conscience européenne, incarne aujourd’hui ce génocide en ses multiples dimensions.

Tout au long de ces dernières décennies, nos voix de rescapés se sont assemblées pour porter témoignage au monde de ce que fut Auschwitz-Birkenau. La mémoire fut un long chemin. Un immense effort a été consenti par les survivants pour dire aux autres hommes ce que fut la Shoah, témoignage qui a influencé la pensée occidentale tant sur les plans philosophique que politique.

Au fil des ans, nous avons conçu le témoignage comme un devoir à la fois envers les morts et envers la communauté des vivants dans un souci d’éducation et de formation, particulièrement des enseignants et des élèves. Quelques-uns de mes camarades, je songe à Henry Bulawko, récemment disparu, furent les précurseurs de ce travail de mémoire. Dès leur retour des camps, ils s’engagèrent dans ce combat pour la mémoire de la Shoah. Ils sont à l’origine de l’instauration des principales commémorations : de Pithiviers, de Beaune la Rolande, de Drancy et de celle qui nous rassemble ici, en ce jour, instituée dès 1946.

Je tiens à mettre l’accent sur le fait que, pour les déportés juifs survivants, ce combat fut âpre et de longue haleine. Il ne faut pas oublier qu’après la guerre et ce, dans un souci de réconciliation des Français, l’épisode de la déportation et de l’extermination des Juifs de France demeura dans l’ombre.

A partir du début des années 1990, une nouvelle inflexion fut donnée au traitement de ce tragique épisode de notre histoire. En 1993, le président François Mitterrand institua une « Journée nationale commémorative des persécutions racistes et antisémites » commises par le « Gouvernement de l’Etat français ». C’est ensuite le président Jacques Chirac qui, en 1995, reconnut la responsabilité de la France, reconnaissance qui contribua à une manière d’apaisement de nos cœurs.

Depuis quelques années, les institutions citoyennes ont souvent été à l’avant-garde de la mise en valeur de la mémoire du génocide. C’est l’occasion pour moi de rendre ici hommage au travail considérable mené par la Mairie de Paris. Merci à vous Monsieur le Maire dont je salue l’engagement. Merci à vos équipes.

La fin de l’ère des témoins est proche. Pour nous, les survivants, mais aussi pour toutes les institutions qui ont contribué, elles aussi, à tracer ce chemin de mémoire, l’entreprise est cependant loin d’être arrivée à son terme.

La Rafle s’inscrit certes dans l’histoire nationale mais également dans le cadre européen. Anciens déportés, nous souhaiterions que la question du futur de Birkenau, ce lieu dont Vichy ne voulait surtout pas se préoccuper, fasse aujourd’hui l’objet d’une réflexion ouverte. Forts de cette conviction, nous avons alors envisagé que les milliers d’enregistrements de nos témoignages puissent continuer à relayer notre parole de survivants des camps de la mort. Nous proposons que ce patrimoine mémoriel exceptionnel soit offert en partage aux visiteurs de Birkenau. Il s’agit pour nous de rester présents à Birkenau, là où la mort attendait les Juifs d’Europe.

Certes, le lieu impose silence et recueillement à ses visiteurs, mais si l’on veut que leur méditation ne soit pas seulement peuplée de fantômes, la parole enregistrée des témoins, leurs voix, doivent être entendues et leurs visages vus, leurs textes connus, précisément là où ils subirent leur martyr.

Nous sommes réunis aujourd’hui pour évoquer le sort tragique de tous ces hommes, femmes et enfants qu’a scellé la trahison, par les autorités de tous rangs, des idéaux de la civilisation qu’elles ont d’ordinaire le devoir de faire respecter.

Nous sommes aussi réunis pour qu’à l’implacable cruauté ne succède jamais, si cela se peut, l’inexorable oubli ou la fatale banalisation. Notre combat, car il s’agit bien toujours d’un combat pour la mémoire, dépasse nos frontières. Il a besoin de l’aide des pouvoirs publics, de la France tout autant que de l’Europe, pour que demain, le chœur de nos voix, si singulières, puisse se faire entendre, bien au-delà du terme de nos existences ».

Raphaël Esrail, Président de l’Union des Déportés d’Auschwitz


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19 mai 2012

Holocauste ne se dit pas en russe

 

stalingrad-43-2

Stalingrad - soldats soviétiques à l'assaut, février 1943
source : wikimedia commons


Holocauste ne se dit pas en russe - Marie Jégo - Le Monde - Culture et idées, 17.05.2012
http://www.lemonde.fr/culture/article/2012/05/17/holocauste-ne-se-dit-pas-en-russe_1703190_3246.html


- L'Holocauste ? [ou la Shoah?]
Une colle pour papiers peints ...
Une plaque démontée à Rostov sur le Don

L'article épingle le silence de l'histoire et de l'histoire scolaire russe sur les 3 millions de juifs assassinés par les nazis.

Au-delà, c'est l'ensemble de l'histoire scolaire qui est mis en cause, pour l'accent mis sur la Grande Guerre patriotique. http://en.wikipedia.org/wiki/Eastern_Front_(World_War_II)
Wikimedia Commons - http://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Eastern_Front_(World_War_II)

C'est aussi une société qui montre les nazis sous le jour attirant de l'uniforme, de l'ordre et de la discipline.
« N'est-il pas paradoxal que les idées du national-socialisme aient une telle résonance dans le pays qui a payé le plus lourd tribut - 27 millions de morts - à la lutte contre le nazisme, entre 1941 et 1945 ? »

Les acteurs interrogés mettent en cause, au choix, le désintérêt de lycéens cyniques, la routine dans laquelle s'enferment de nombreux enseignants, les manuels : dans l'un d'eux, les camps d'extermination n'occupent que 2 paragraphes sur 384 pages.

En somme, en Russie, les manuels sont mauvais, les lycéens cyniques, les profs médiocres, l'homme de la rue ignorant, la Toile regorge de sites racistes et l'édition ne fait pas son boulot. La presse n'échappe pas à cette débâcle (à Kransnoiarsk, un journaliste fait de Goebbels son auteur de référence). Sinon, il aurait été urgent de nommer une journaliste à la tête de l'Education. :-):-)

 

- Un rappel : En France, dans le programme pré-chatel en ES et L, un chapitre traite de l'histoire et des mémoires de la 2 GM.
Vers 1965, un manuel de Terminale consacrait 9 lignes à la destruction des juifs, et environ 6 pages aux Résistances au nazisme dans l'Europe occupée. Depuis une dizaine d'années, la 2 GM était traitée en 3 chapitres (3*25 pages), un sur la guerre mondiale, un sur la France, un sur la destruction des juifs.  Après la casse récemment opérée par Chatel, la 2 GM doit tenir dans un seul chapitre (25 pages)  consacré à la guerre d'anéantissement.

Combien de minutes reste-t-il pour étudier l'histoire de la Résistance et des résistants ?
Combien de minutes pour étudier le front russe et évoquer les 27 millions de morts ?
(au Mémorial de Caen, en juin 2011, une historienne russe s'interrogeait sur la place faite au front de l'Est dans les manuels).
Combien de minutes consacrer à la guerre du Pacifique ?

 

- Sur le site du Cercle, la Shoah par balles à l'Est.
Une bibliographie, un choix de vidéos et de sites web.
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article218


.......................................einsatz

........................................source : Vivre à Chalon 2008



Eastern Front, 1 august 19143 - 31 december 1944

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EasternFront4344

Le Front russe en 1943-1944 - source : wikimedia commons


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16 mai 2012

Mémoires, mémoires, mémoires ...

 

caen-pelouse

Château de Caen, 13 mai 2012, pelouse fleurie à proximité du café Mancel

 

Les mémoires et l'histoire, suite du feuilleton

Lors de la présentation par un élu (ump) d’une exposition sur la reconstruction, les mots mémoire et mémoires ont été utilisés à plusieurs reprises. Pas celui d’histoire. Une dérive révélatrice ?

Difficile aussi d'éviter des sujets où les identités passent parfois avant l'histoire, par exemple lors des passages de témoins du Salon du livre littéraire de Caen :
- une table ronde sur les harkis (avec Fatima Besnaci Lancou et 2 membres d’AJIR) *
Survivre et vivre, un café littéraire auquel participait Virginie Linhart.
- Le sanglot de l'homme noir a beaucoup évoqué le génocide du Rwanda.

- La route de l'esclavage. Le docu-fiction et le débat sont toujours en ligne sur France O.
Avec une forte insistance sur la résistance des esclaves.
http://www.pluzz.fr/speciale-abolition-de-l-esclavage-2012-05-12-20h30.html

Face à cette concurrence des catastrophes et des mémoires associées, l’histoire sociale a beaucoup de mal à se faire une place. Il existe quelques exceptions, dont celle de Martine Sonnet accueillie par France-Culture à propos de l’ouvrage Atelier 62, ed. Le temps qu'il fait - 2008. http://www.martinesonnet.fr/Site/Atelier_62.html


Pour compléter : 

* - Les Harkis, histoire, mémoire et transmission, 
sous la direction de Gilles Manceron, Benoît Falaize, Fatima Besnaci-Lancou, éd. de l’Atelier
http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article4056

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Le débat organisé par le Mémorial à propos des harkis
 

- Virginie Linhart, Fille et Petite fille de..
. Le Jour où mon père s’est tu
Virginie Linhart est la fille de Robert Linhart, normalien fondateur de la Gauche prolétarienne en 1968,

Après les camps, la vie, Cinétévé, 2009. http://lectures.revues.org/1034
. La vie après - Le Seuil - Ses grands parents, la Suisse et la déportation
« L'amour de mon grand-père pour la Suisse, où nous passions nos vacances, m'a toujours agacée. À ses yeux, c'était le pays le plus formidable au monde. Comme si le fait que la Suisse se soit tenue à l'écart de la Seconde Guerre mondiale lui permettait d'échapper à son histoire tragique de juif polonais. Nous, ce n'était pas une chape de plomb qui recouvrait notre passé mais un épais manteau blanc de neige immaculée : jamais mon grand-père ne parlait de ce qu'il avait vécu, jamais il n'aurait toléré que ma grand-mère le fasse.
Pour comprendre leur histoire, il m'a fallu aller à la rencontre d'autres juifs survivants, rescapés de l'enfer des camps d'extermination. À eux, j'ai osé poser les questions qui m'ont été si longtemps interdites : comment renouer avec le fil d'une existence interrompue dans une telle violence ? Comment se reconstruire quand tant des vôtres ont disparu ? Comment croire en l'avenir, à l'amour, en la descendance ? Comment vivre après ?
C'est en les regardant, en écoutant leur récit, en riant avec eux, même du pire, que j'ai enfin compris ce qui plaisait tant à mon grand-père en Suisse. »
http://www.seuil.com/livre-9782021026689.htm

vlinhart

Virginie Linhart, source : FIPA


- Le sanglot de l'homme blanc, avec Alain Mabanckou et Scholastique Mukasonga (Notre-Dame-du-Nil).

Un entretien à lire sur le site Evene

«
Je suis noir, et forcément ça se voit.
Du coup les Noirs que je croise à Paris m’appellent « mon frère ».
Le sommes nous vraiment ? Qu’ont en commun un Antillais, un Sénégalais, et un Noir né dans le Xème arrondissement, sinon la couleur à laquelle ils se plaignent d’être constamment réduits ? J’oublie évidemment la généalogie qu’ils se sont forgée, celle du malheur et de l’humiliation - traite négrière, colonisation, conditions de vie des immigrés...
Car par-delà la peau, ce qui les réunit, ce sont leurs sanglots ».


Le site web d'Alain Mabanckou


caen-sanglot

Alain Mabanckou, Scholastique Mukasonga et Rémi Mauger


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L'attraction exercée par la BD et les dessinateurs

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Caen 2012 - Le soleil, principal rival du livre

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