02 décembre 2018

Westerbork 1944

 

westerbork-19061944

Westerbork, convoi du 19 mai 1944 filmé par les nazis
in Nuit et Brouillard, le film d'Alain Resnais
http://clioweb.canalblog.com/archives/2014/03/06/29373720.html

 

La société de chemin de fer des Pays-Bas va indemniser les proches de juifs déportés
Le Monde 28.11.2018
http://lemde.fr/2PevYpQ


Depuis Westerbork, les nazis ont déporté plus de cent mille personnes.
93 convois transportèrent 55 000 juifs vers Birkenau, 34 000 juifs vers Sobibor, etc…
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article301


Dans Nuit et Brouillard Alain Resnais utilise les images d’un convoi partant de Westerbork en mai 1944,
faute d’avoir accès à des images d’archives françaises.

nuit-lindeperg

Nuit et Brouillard, un film dans l’histoire, Sylvie Lindeperg
http://clioweb.free.fr/camps/lindeperg.htm
http://clioweb.free.fr/camps/nuitetbrouillard.htm
http://clioweb.free.fr/dossiers/39-45/chronique-3945.pdf

 

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08 mai 2018

DNB - La déportation : Simone Veil

 



simoneveil-1944

Simone Veil, Une vie Stock 2007 - Une jeunesse au temps de la Shoah
- extraits en livre de poche 2010 (4 premiers chapitres) - DNB Pondichéry 2018

 


Simone Veil (1927-2017)
extrait de l'article Wikipedia 08.05.2018
http://fr.wikipedia.org/wiki/Simone_Veil

Arrestation et déportation à Auschwitz-Birkenau

En mars 1944, Simone Jacob, âgée de 16 ans et qui se fait appeler Simone Jacquier, réside chez son professeur de lettres classiques, Madame de Villeroy, enseignante au lycée Masséna. Le 30 mars 1944, alors qu'elle se rend avec un ami rejoindre les filles de sa classe pour fêter la fin des épreuves du baccalauréat (alors que sa famille lui avait interdit une telle initiative), elle est contrôlée dans la rue en plein centre-ville de Nice par deux Allemands en civil et arrêtée. Elle et son camarade sont emmenés à l'hôtel Excelsior, rue Durante, quartier général allemand, qui sert à cette époque de lieu de regroupement local des Juifs arrêtés avant leur déportation vers l'Allemagne. Les Allemands relâchent rapidement le garçon, à qui Simone Jacob a eu le temps de glisser l'adresse de Madame de Villeroy (boulevard Carabacel), pour la prévenir et tenter d'informer sa famille. Dans les heures qui suivent, le reste de sa famille, hébergée, malgré les risques encourus, par plusieurs couples de relations et d'amis niçois, est arrêté par la Gestapo.

Simone Jacob transite par le camp de Drancy. Le 13 avril 1944, soit deux semaines après leur arrestation, Simone, sa mère et sa sœur Madeleine sont envoyées de Drancy, dans le convoi no 71, où se trouvent également Anne-Lise Stern et Marceline Rosenberg, qui deviendra sa meilleure amie dans le camp11, à destination d'Auschwitz-Birkenau, un des camps d'extermination nazis, où elles arrivent le 15 avril au soir. Un prisonnier parlant français lui conseille de se dire âgée de plus de 18 ans, pour passer la sélection et éviter l'extermination. Elle reçoit le matricule 78651, qui lui est tatoué sur le bras. Le travail forcé consiste alors à « décharger des camions d'énormes pierres » et à « creuser des tranchées et aplanir le sol ».

Une ancienne prostituée devenue kapo lui sauve la vie en la mutant dans une annexe d'Auschwitz, lui disant : « Tu es trop belle pour mourir ». Elle accepte, à condition que sa mère et sa sœur la suivent.

Une des sœurs de Simone, Denise Jacob, entrée à 19 ans dans un réseau de la Résistance à Lyon, est arrêtée en 1944 et déportée à Ravensbrück, d'où elle reviendra. Son père et son frère Jean sont déportés en Lituanie par le convoi 7312. Simone Jacob ne les a jamais revus.


Marche jusqu'à Bergen-Belsen et libération

En juillet 1944, avec sa mère et sa sœur, Simone Jacob est transférée à Bobrek, à cinq kilomètres de Birkenau. Peu avant la libération du camp d'Auschwitz le 27 janvier 1945, les Allemands emmènent leurs prisonniers dans la marche de la mort jusqu'au camp de Bergen-Belsen où elle travaille à la cuisine. Sa mère meurt du typhus en mars 1945. Sa sœur Madeleine, atteinte également, est sauvée de justesse grâce à l'arrivée des Alliés.

Bergen-Belsen est libéré par les troupes britanniques le 15 avril 1945. Simone, Madeleine et Denise sont les seules survivantes de la famille, puisque leur père, leur mère et leur frère ne sont pas revenus des camps.
Après son retour en France, elle se tient prête à parler, mais a l'impression que presque personne ne veut entendre ce qu'elle a à dire...


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29 avril 2018

Montchamp 2018 : journée des déportés

 

DIMANCHE 29 AVRIL 2018
Message pour LA JOURNÉE NATIONALE DU SOUVENIR DES VICTIMES ET HEROS DE LA DEPORTATION

La journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation permet chaque année de remettre en mémoire ce que fut la déportation avec son cortège infernal de trains partis de France entre 1940 et 1944.
Ces trains ont conduit vers les camps de concentration ou d’extermination de l’Allemagne nazie des populations de tous âges et de toutes conditions, victimes de la répression et des persécutions pratiquées par l’occupant nazi avec le concours du régime de collaboration en France.

La journée nationale a aussi pour but de rendre hommage aux victimes et de rappeler l’engagement de celles et ceux qui ont choisi de poursuivre dans la Résistance la lutte contre l’ennemi et son idéologie.

Nous pensons avec beaucoup d’émotion à ces disparus, femmes et hommes qui ne sont pas revenus de la tragédie qui a frappé tant de combattants et auxquels nous devons une part de notre liberté. Leur combat pour le respect de la dignité humaine est particulièrement chargé de sens en cette année du 70ème anniversaire de l’adoption de la déclaration universelle des Droits de l’Homme.

Le travail de mémoire n’est jamais achevé [ou plutôt le travail d'histoire et de mémoire n'est jamais achevé ?]. L’acharnement des déportés à transmettre a valeur d’exemple et s’explique par la force d’un engagement qui ne tolère ni l’érosion de l’âge ni les difficultés de la vie. Ce sacrifice, ils veulent le donner en partage aux générations suivantes afin de les inciter à rejeter toute manifestation de haine, inspirée de considérations ethniques, religieuses, culturelles ou nationalistes.

Le message d’aujourd’hui se veut un appel à œuvrer pour un monde de paix dont l’Europe doit demeurer le symbole.

Ce message a été rédigé conjointement par :
La Fondation pour la Mémoire de la Déportation (FMD)
L’Union Nationale des Associations de Déportés, Internés et Familles de disparus – Fédération Nationale des Déportés et Internés de la Résistance (UNADIF–FNDIR)
La Fédération Nationale des Déportés et Internés, Résistants et Patriotes (FNDIRP)
Avec le concours des Associations de mémoire des camps et de la déportation

 

- Loi no 54-415 du 14 avril 1954 consacrant le dernier dimanche d’avril au souvenir des victimes de la déportation et morts dans les camps de concentration du IIIe Reich au cours de la guerre 1939-1945
http://www.afmd.asso.fr/IMG/pdf/loi_JNSD.pdf


 

- Photos de la cérémonie 2018 à Montchamp (14)

en hommage aux patriotes fusillés ou déportés par les nazis lors de la 2 GM

 

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rappel : La cérémonie à Montchamp les années précédentes
http://clioweb.canalblog.com/tag/montchamp


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01 décembre 2017

Le nazisme, une société de camps

 
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KL - A History of the Nazi Concentration Camps
Nikolaus Wachsmann - Farrar, Straus and Giroux 2015
http://us.macmillan.com/excerpt?isbn=9780374535926


The New York Times, 12.07.2015
http://www.nytimes.com/2015/07/12/books/review/kl-a-history-of-the-nazi-concentration-camps-by-nikolaus-wachsmann.html
The Guardian 12.07.2016
http://www.theguardian.com/books/2016/jul/12/kl-a-history-of-the-nazi-concentration-camps-nikolaus-wachsmann-review
The New Yorker 06.04.2015
http://www.newyorker.com/magazine/2015/04/06/the-system-books-kirsch

Laqueur, London Review of Books 24.09.2015
http://www.lrb.co.uk/v37/n18/thomas-laqueur/devoted-to-terror

Three things made the nazi camp system possible.
First, unlike prisons, the camps were increasingly able to operate outside the legal system.
Second, the concentration camps were an economic resource, a reservoir of slave labour.
Third, the KL and radical anti-Semitism came to be useful to each other.

In 1942 ‘the Holocaust transformed the concentration camp system. Two great Nazi crimes began to share a common history.
But what we often think of as the almost fatalistically inevitable confluence of Jewish extermination and the concentration camps turns out instead to be strangely contingent.

Peter Gengler, UNC Chapel Hill  25.05.2017
http://traces.unc.edu/blog/review-of-wachsmann-kl-a-history-of-the-nazi-concentration-camp
Marcus Fielding
http://www.rusinsw.org.au/Papers/2017BRUP03.pdf


KL - Une histoire des camps de concentration nazis, Nikolaus Wachsmann, Gallimard 2017
« Le camp de concentration (KL) est constitutif du nazisme. Il en est le miroir le plus fidèle.
Dès les premières heures du régime, il sert d'abord à éliminer les opposants politiques dans des bâtiments réquisitionnés en pleine ville, puis très vite est érigé hors des zones urbaines selon une architecture particulière. De concentration des prisonniers sans droits, il élargit ses fonctions selon les besoins de l'État : instrument de la terreur idéologique, il devient la machine de l'épuration sociale (malades mentaux, asociaux, homosexuels), le centre d'une économie du travail par le mortel esclavage de la main-d'œuvre (les prisonniers russes et les Slaves au premier chef), un univers de convois ferrovaires et de rampes de sélection, d'expérimentations médicales selon les pathologies des différentes catégories de déportés, l'épicentre enfin du génocide des populations juives et tziganes en provenance de tous les pays occupés. D'emblée, le camp fut le règne de la violence absolue, sitôt que la garde en fut confiée à la SS des camps dont les rangs s'ouvrirent aux militants de base sans autre formation idéologique que les sanglantes batailles de rues.
Le camp ne répond pas seulement aux évolutions du régime nazi, il est un univers en soi avec ses propres règles, mélange de bureaucratisme tatillon et d'arbitraire déchaîné, sur lequel entend régner Himmler.
Un univers dont les Allemands ne pouvaient ignorer l'existence ».
Nikolaus Wachsmann est professeur d'histoire contemporaine à Birkbeck College (université de Londres)
http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/NRF-Essais/KL

27 camps principaux et plus de 1 100 camps satellites
des camps meurtriers, moins de la moitié des déportés survivent
http://www.scienceshumaines.com/kl-une-histoire-des-camps-de-concentration-nazis_fr_38805.html

Un système conçu par les nazis pour dominer par la terreur l'Allemagne et l'Europe conquise.
« Le système, qui relevait de l’inspection des camps (IKL) dirigée par Theodro Eicke,
passe au printemps 1942 sous le contrôle de la branche économique de la SS (le WVHA) d’Oswald Pohl.
Après Dachau, c’est Sachsenhausen qui occupe une place centrale, avant que celle-ci ne soit tenue par Auschwitz... »
http://www.lemonde.fr/livres/article/2017/11/30/histoire-du-nazisme-l-archipel-du-kl_5222456_3260.html


- Le nazisme, une société de camps
"Wir haben nicht einmal alle Nazi-Lager erfasst" Zeit Online 04.03.2013
42.500 Orte des Naziterrors – waren Tausende davon bisher unentdeckt?
Nein, sagt Historiker Geoffrey Megargee im Interview. Nur habe niemand das Puzzle zusammengefügt.
http://www.zeit.de/wissen/geschichte/2013-03/interview-holocaust-studie


- Der Ort des Terrors. Geschichte der nationalsozialistischen Konzentrationslager, 9 volumes,
Wolfgang Benz / Barbara Distel - C.H.Beck, 2005-2010,

1 : Die Organisation des Terrors,

2 : Frühe Lager, Dachau, Emslandlager,
3 : Sachsenhausen, Buchenwald,
4 : Flossenbürg, Mauthausen, Ravensbrück,
5 : Hinzert, Auschwitz, Neuengamme,
6 : Natzweiler, Groß-Rosen, Stutthof,
7 : Wewelsburg, Majdanek, Arbeitsdorf, Herzogenbusch (Vught [1] ), Bergen-Belsen, Mittelbau-Dora,
8 : Riga. Warschau. Kaunas. Vaivara. Plaszów. Klooga. Chelmo. Belzec. Treblinka. Sobibor,
9 : Arbeitserziehungslager, Ghettos, Jugendschutzlager, Polizeihaftlager, Sonderlager, Zigeunerlager, Zwangsarbeitslager)


Les différents types de camps, le lexique des camps
http://www.cercleshoah.org/spip.php?page=recherche&recherche=lager


Nazi concentration camps
715,000 détenus dans les camps en janvier 1945
http://en.wikipedia.org/wiki/Nazi_concentration_camps
http://fr.wikipedia.org/wiki/Camps_de_concentration_nazis
Liste des camps
http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_Nazi_concentration_camps
http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_camps_de_concentration_nazis


rappels :
Robert Antelme L'espèce humaine
http://clioweb.free.fr/camps/antelme.htm

«  Je rapporte ici ce que j’ai vécu.
L’horreur n’est pas gigantesque.
Il n’y avait à Gandersheim (un commando dépendant de Buchenwald) ni chambre à gaz, ni crématoire.. »

« Nous sommes tous, au contraire, ici pour mourir. C’est l’objectif que les SS ont choisi pour nous.
Ils ne nous ont ni fusillés ni pendus mais chacun, rationnellement privé de nourriture, doit devenir le mort prévu, dans un temps variable ».


- Nuit et Brouillard, un film dans l'histoire, Sylvie Lindeperg
http://clioweb.free.fr/camps/nuitetbrouillard.htm

« Le crématoire est hors d’usage. Les ruses nazies sont démodées...
Qui de nous veille de cet étrange observatoire pour nous avertir de la venue des nouveaux bourreaux ? » Jean Cayrol


- La déportation dans les camps nazis

http://clioweb.free.fr/camps/deportation1.htm
http://clioweb.free.fr/camps/deportes.htm


 

camps-belin1983

 Autres cartes des camps dont celle de Leçons des ténèbres (FNDIRP-UNADIF)
http://clioweb.free.fr/camps/cartescamps.htm



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20 juillet 2017

Quelle évolution du CNRD ?

 

- Concours national de la Résistance et de la Déportation
arrêté du 23-6-2016 - J.O. du 28-6-2016
http://www.education.gouv.fr/pid285/bulletin_officiel.html?cid_bo=103870


- La Refondation du CNRD (concours national de la Résistance et de la Déportation), Tristan Lecocq, IGEN

http://le-souvenir-francais.fr/la-lettre/la-refondation-du-concours-national-de-la-resistance-et-de-la-deportation/

Avant 2010, la 2 GM occupait trois chapitres dans un manuel de première :
la guerre mondiale, la France dans la 2 GM, la destruction des juifs par l'Allemagne nazie

Depuis Chatel, 1 seul chapitre met l'accent sur une guerre d'anéantissement.

1. Un concours adapté aux programmes, des procédures simplifiées, de nouveaux participants
« les thèmes annuels proposés seront adossés aux programmes d’enseignement, dans leur triple dimension académique, didactique et pédagogique »

2.Un concours mieux préparé, mieux harmonisé, mieux valorisé
« L’enseignement de la Résistance et de la Déportation comme objets d’histoire, en collège et dans les lycées, la réflexion sur les mémoires de la Résistance et de la Déportation comme objets d’histoire, le recul critique par rapport à un savoir en permanente évolution sont ainsi au cœur de la rénovation du CNRD »


- La revue Historiens & Géographes publie la tribune de Franck Schwab (APHG Lorraine)
http://www.aphg.fr/CNRD-vers-la-lobotomie

Dans un article mis en ligne le 30 mars 2017 sur le site du Souvenir français et intitulé « La refondation du CNRD », l’Inspecteur général Tristan Lecoq présente aux membres de cette honorable association ce que devrait être le nouveau Concours national de la Résistance et de la Déportation mis au point par les services de l’Education nationale. L’époque est aux refondations. Après avoir « refondé » l’école et peut-être avant de refonder la République - voire l’Europe - il fallait sans doute chercher à « refonder » le CNRD, même si, rappelons-le, celui-ci continue de se porter comme un charme puisqu’il est toujours, et de très loin, le premier concours scolaire du pays. Or, qui dit refondation du CNRD dit forcément redéfinition de ses objectifs. Les voici crûment formulés : « Le concours porte sur la résistance à l’occupant et à ses vassaux, sous toutes ses formes, extérieure et intérieure, militaire et politique, du 18 juin 1940 à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il porte sur la déportation et l’extermination des Juifs d’Europe par les nazis, ses étapes et ses espaces, ses processus et ses appareils, ainsi que la déportation d’autres minorités telles que les Tziganes. » Et c’est tout, fin des objectifs !

Le nouveau concours reste donc strictement centré sur la résistance des Français à l’occupant en faisant totalement l’impasse sur la dimension européenne du phénomène (pour la refondation de l’Europe, ce sera une autre fois...) alors qu’il aurait sûrement pu être judicieux de faire travailler les élèves sur la résistance allemande. Surtout, il limite désormais l’étude de la déportation au seul cas des personnes qui ont été déportées pour ce qu’elles étaient et qui appartenaient donc à ce que les historiens appellent aujourd’hui la « déportation de la persécution » : les Juifs et les Tsiganes, en premier lieu, mais aussi les membres de ces « autres minorités » que sont par exemple les homosexuels ou les Témoins de Jéhovah. A l’inverse, le futur concours va maintenant faire entièrement l’impasse sur l’« autre déportation », celle des personnes qui ont été déportées pour ce qu’elles faisaient et qui ont appartenu à ce que les historiens appellent la « déportation de répression ». Exit donc du concours le déporté résistant qui s’est battu pour la liberté et pour une certaine idée de l’Homme et de la société jusqu’à l’intérieur des camps de concentration. Plus rien désormais sur ces refondateurs de la République et sur leur expérience terrible du système concentrationnaire nazi. A l’heure où les programmes d’éducation morale et civique mettent l’accent sur la notion d’engagement, c’est tout à fait surprenant et c’est même, disons-le, quasiment scandaleux.

Nuit et Brouillard ; connais plus ; Charlotte Delbo et ses compagnes entrées à Auschwitz en chantant La Marseillaise : connais pas ; Robert Antelme : connais pas ; par voie de conséquence, Buchenwald, Dachau, Ravensbrück, Natzweiler, Mauthausen : connais plus. Et puisque parler des camps, c’est toujours parler d’Europe : Jorge Semprun, connais pas ; Boris Pahor : connais pas ; Ernst Wiechert : connais pas... Ce n’est plus de refondation dont il est question ici mais d’oblitération, voire même de lobotomisation de toute une partie de notre cerveau : celle où se trouve la mémoire de la déportation résistante que le concours a pourtant vocation à entretenir au même titre que la mémoire de la Shoah. Alors certes, en risquant volontairement leur vie pour le pays, les déportés résistants ont eu le mauvais goût d’avoir partie peut-être trop liée avec ce prétendu « roman national » tant décrié par certains « beaux esprits » de l’historiographie actuelle pour qui l’histoire de France n’est qu’une construction idéologique dépourvue de toute crédibilité (d’ailleurs, c’est bien connu, la France n’existe pas et personne n’a jamais eu envie de mourir pour elle). Mais faut-il que le concours « refondé » aille dans le même sens en reniant toute une partie de ce qui a fait jusqu’à aujourd’hui son identité ?

Peut-être pouvons nous rappeler, pour finir, ce que disait en 2009 dans la revue Le Déporté (n° 562) un autre inspecteur général de l’Education nationale récemment disparu qui fut, entre 1993 et 2001, le dernier déporté résistant ayant présidé le jury du CNRD. A la question « quel regard portez-vous sur la société actuelle ? », Jean Gavard - puisque c’est de lui dont il s’agit - répondit : « Je pense que si tout continue ainsi, un jour nous irons dans le mur. J’ai peur que ce qui se passe en ce moment nous ramène vers des tendances totalitaires. Car si les difficultés augmentent encore, il y aura toujours un homme providentiel qui prétendra sauver tout le monde. En France, on a cette inclination-là ; rechercher l’homme providentiel. L’Histoire nous l’a appris : Napoléon III, le général Boulanger et même Pétain car, à ses débuts, il a été accepté. Le risque existe, c’est certain. C’est pourquoi je pense que mes amis déportés résistants et tous ceux qui acceptent de travailler à nos côtés ont un rôle important et majeur à jouer. » Mais non, mais non cher Jean, l’Education nationale ne le pense pas puisque la mémoire de votre déportation, comme celle du Père Jacques, que vous avez fréquenté à Mauthausen, ou la mémoire de la déportation de Germaine Tillion à Ravensbrück - pourtant très officiellement célébrée lors de la dernière panthéonisation - disparaissent du concours que vous avez présidé. Et ne nous répondez pas, je vous prie : « Nous n’avons sûrement pas fait tous ces sacrifices pour aboutir à cette société de consommation qui s’étale sous nos yeux. Nous rêvions d’une société infiniment plus fraternelle. » Il faut être de son temps, savoir évoluer, que diable ! Répétez après nous : « Je refonde, tu refondes, nous refondons... »

Franck Schwab,
Rédacteur au Patriote Résistant
Ancien lauréat départemental du CNRD avec ses classes.
Le Patriote Résistant
n° 919 - mai 2017. Tous droits réservés.


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03 juillet 2017

Michel de Boüard, historien de la déportation

 

« Michel de Boüard, un historien de la déportation entre certitudes et inquiétudes »,
Thomas Fontaine, Annales de Normandie, 2012/1
http://www.cairn.info/revue-annales-de-normandie-2012-1-page-41.htm

« Historien médiéviste, Michel de Boüard est un des rares universitaires résistants et déportés à avoir travaillé et publié sur ces sujets de la répression et de la déportation...  ce pionnier de l’histoire de la déportation  s’inquiète progressivement de la manière dont cette histoire s’écrit - ou plutôt ne s’écrirait pas - pour finir par rompre toutes ses filiations »


Un cadre historiographique original : les filiations multiples de l’historien
   Une expérience à relater : le témoin
   Une histoire scientifique : l’universitaire au sein de la CHOLF et du CH2GM
   Une histoire qui doit être enseignée : le pédagogue
   Une expérience commune : l’ancien déporté responsable associatif
Les travaux de Michel de Boüard en histoire de la Déportation
   Un pionnier
   Face au savoir déporté
Filiations en conflit
   1964, l’affaire Meerschaum : quand une filiation l’emporte sur l’autre
   1969, l’épineuse affaire Olga Wormser-Migot
   1974, l’échec de la Statistique du CH2GM et des historiens
   1980-1981, l’idée d’une thèse sur l’histoire du camp de Mauthausen : confirmations


Conclusion
« Le parcours de Michel de Boüard est donc intéressant à plusieurs titres.
D’abord parce qu’indéniablement, par ses travaux, il est un des pionniers de l’histoire de la répression et de la déportation.

Ensuite, parce que ce positionnement scientifique s’accompagne d’une réflexion profonde de l’intellectuel ancien déporté sur la manière d’envisager cette histoire, qu’il conçoit à bien des égards comme particulière. Or, cette pensée qui en appelle en même temps à toute la rigueur de la démarche historienne et à la « mémoire vivante des témoins » est de plus en plus inquiète et, d’optimiste en 1954, devient clairement pessimiste trente ans plus tard. Nous y lisons une des explications de sa prise de position lors de l’affaire Roques, épisode particulièrement médiatique cette fois, venant ponctuer une série plus longue et sans guère d’écho. Ce soutien jeta dans l’ombre l’ensemble de l’engagement et de la réflexion de Michel de Boüard sur le sujet, rarement cité.

Ce parcours éclaire enfin l’historiographie française de la déportation et le cadre original dans lequel les travaux ont été menés, l’ensemble demeurant largement méconnu. L’impossibilité de Michel de Boüard de considérer que des anciens déportés, même minoritaires, puissent générer des recherches historiques trouve un écho aujourd’hui dans une partie de l’historiographie évoquant le « triomphe » de la mémoire. Mais il n’est que partiel et paradoxal au regard de l’intellectuel ancien déporté qui ne cessa aussi d’en appeler à l’indispensable mémoire « vivante » et « sereine » des témoins ».


- La déportation entre l’histoire et le mythe, Michel de Boüard
En décembre 1988, Historiens & Géographes, 321 a publié le texte
d'une conférence faite en 1986 pour la Régionale de Caen.

Les procédures pénales aboutissant à la Déportation (transcription partielle)
+ pages numérisées
http://clioweb.free.fr/dossiers/39-45/debouard86.htm


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30 juin 2017

Denise Vernay (1924-2013)

 

veil-vernay-2007

Simone Veil et Denise Vernay
cérémonie en hommage à leur frère Jean, déporté par le convoi 73 - photo Libération 2007
vue en plan plus large : http://www.amejdam.com/index_fichiers/Page717.htm



Denise Vernay, sa soeur, résistante et déportée à Ravensbrück est décédée en 2013
http://fr.wikipedia.org/wiki/Denise_Vernay

Entretien avec Denise Vernay Historiens &Géographes 413 2011
http://www.fondationresistance.org/documents/cnrd/Doc00196.pdf


Denise Vernay et Anise Postel-Vinay dans La Fabrique de l'histoire 02.12.2012
http://www.franceculture.fr/emissions/la-fabrique-de-lhistoire/la-poste-ou-lhistoire-des-communications-14

Les mentions sur Twitter : http://twitter.com/search?q=Denise%20Vernay&src=typd

 

DeniseVernayc1944

Denise Vernay vers 1944 - source : wikipedia


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22 mars 2017

La déportation, les suites - vidéos FMD

 

9mars-fmd


Les aspects médico-sociaux des suites de la déportation (surtout de répression) dans les camps nazis
9 mars Journée d’étude à Caen
http://www.unicaen.fr/recherche/mrsh/memorial/4477

 

fmd-9mars-Andre

La journée d'étude du 9 mars a été enregistrée.
Les vidéos des interventions sont en ligne.
http://fmd-9mars-suites-ms

 

tr-deportes

des extraits des 2 tables rondes sont également disponibles en vidéo via La Forge numérique
http://www.unicaen.fr/recherche/mrsh/forge/4546

 

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09 mars 2017

La déportation, les suites

 

9mars-fmd

 

8 mars, Mémorial de Caen
projection du film Héritages de Daniel Cling en présence du réalisateur
http://www.filmsdocumentaires.com/auteurs/146-daniel-cling


9 mars Journée d’étude
Les aspects médico-sociaux des suites de la déportation (surtout de répression) dans les camps nazis

http://www.unicaen.fr/recherche/mrsh/memorial/4477
http://fondationmemoiredeportation.com/2017/02/15/invitation-journee-detude-organisee-par-la-fondation-pour-la-memoire-de-la-deportation/

Que sait-on du retour des déportés ? Comment s’est-il déroulé et comment a-t-il été organisé ?
Comment avait-il été prévu par les autorités ? Comment s’est-il passé dans la réalité ?
De quelles archives disposons-nous pour travailler et éclairer ces questions ?
Quels souvenirs les rapatriés gardent-ils de ces formalités ?
Comment ces personnes ont-elles pu se construire et vivre après une telle expérience ?
Comment ce traumatisme de la déportation a-t-il pu avoir des répercussions sur leurs descendants
et comment ces descendants ont-ils été influencés par la déportation de leur parent ?

La journée a été enregistrée.
les vidéos sont en ligne.
http://fondationmemoiredeportation.com/journee-detude-sur-les-aspects-medico-sociaux-des-suites-de-la-deportation-extraits-des-interventions/

 

Le retour : archives et témoignages
Modérateur Yves Lescure
   Les archives du retour Dominique Hiéblot
    Le rapatriement : de la théorie à la réalité, Vanina Brière
    Les pathologies recensées sur les fiches de retour Jean-Michel André
    Etude des fiches médicales, le cas particulier des femmes dans l’étude des fiches médicales de retour, Pierre-Emmanuel Dufayel

 

tr-deportes


Table ronde : Le retour vu par les acteurs et les témoins
    Animée par Gaël Eismann
         Serge Wolikow

    Marie-José Chombart de Lauwe, déportée, présidente de la FMD
    Bernard Duval, déporté
    Jacques Moalic, déporté
    Annette Chalut, déportée et médecin


Les séquelles du stress et leurs transmissions
   Modérateur Jean-Michel André
        Les séquelles psychiques pérennes de la déportation Michel Pierre, psychiatre
        Epigénétique et transmission du traumatisme à la descendance Isabelle Mansuy

 

tr-fils-filles

Table ronde : Les descendants parlent…
    Animée par François Rouquet (Professeur Université de Caen, CRHQ)
        Noëlle Chombart de Lauwe, fille de déportée rentrée
        Robert Créange, fils de déporté non rentré
        Jacqueline Houlgate, fille de déportée, rentré
        Pierre Lecomte, fils de déporté rentré
        Jean-Marie Lilienfeld, fils de déporté non rentré
        Maryvonne Moal, fille de déporté rentré


Conclusion par Serge Wolikow

 

rappels :
CNRD 2015 - La libération des camps nazis, le retour des déportés
et la découverte de l'univers concentrationnaire
dossier documentaire sur le site de la Fondation de la mémoire de la déportation
http://clioweb.canalblog.com/tag/cnrd2015

La Libération des camps et le retour des déportés
Cercle d'étude de la déportation et de la shoah
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article336

 

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Cercleshoah : Le retour des camps

 

- La Libération et la vie au retour - CNRD 2015
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article336
et les pages suivantes (lien en bas de page)

1 - La Libération et les retours
dont marches de la mort
le retour des enfants
chronologie des évacuations et libérations

2 - Les premiers moments à l’arrivée
Le Lutétia, l'attente des familles, se refaire une santé

3 - Raconter au retour

4 - Se réinsérer socialement

5 - Des décennies après, quels bilans
une santé fragile, angoisses récurrentes, parcours réussis, militantisme, témoigner


deux témoignages :
- Les camps et après : le retour d’une adolescente déportée ***
(avec une fiche pédagogique)
Témoignage de Jacqueline Brin, née Houly, Convoi 76 :
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article397

- Le retour des camps de Charles Baron **
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article319


- L’hôtel Lutetia, centre de rapatriement en 1945
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article401

- Le retour des enfants déportés
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article364

- La vie après :
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article487

- Se réinsérer socialement : extraits de témoignages :
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article341

 

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