18 août 2014

Fontenelle : Poste stressante

 

stressante

Sébastien Fontenelle , Poste stressante - Une entreprise en souffrance - Le Seuil 2013
http://www.seuil.com/livre-9782021099249.htm
https://www.bakchich.info/author/s%C3%A9bastien%20fontenelle.rss
https://twitter.com/vivelefeu


5/11 de l'usager au client - Sébastien Fontenelle décrit le formatage des salariés : extirper la culture de service public, imposer le culte de la privatisation, changer l'usager en client, si possible rentable (si « les clients demandent un timbre, on leur propose un prêt-à-poster ») - Backchich.info, 31.07.2014
https://www.bakchich.info/soci%C3%A9t%C3%A9/2014/07/31/poste-stressante-5-11-de-l-usager-au-client-63563

1/11 : une nouvelle gouvernance - Backchich.info, 31.07.2014
https://www.bakchich.info/soci%C3%A9t%C3%A9/2014/07/31/poste-stressante-1-11-une-nouvelle-gouvernance-63559
2/11 : haro sur les PTT
https://www.bakchich.info/soci%C3%A9t%C3%A9/2014/07/31/poste-stressante-2-11-haro-sur-les-ptt-63560
3/11 : le retournement
https://www.bakchich.info/soci%C3%A9t%C3%A9/2014/07/31/poste-stressante-3-11-le-retournement-63561
4/11 : vers la précarité
https://www.bakchich.info/soci%C3%A9t%C3%A9/2014/07/31/poste-stressante-4-11-vers-la-precarite-63562
5/11 : de l'usager au client
https://www.bakchich.info/soci%C3%A9t%C3%A9/2014/07/31/poste-stressante-5-11-de-l-usager-au-client-63563
6/11 : l'Europe, l'Europe, l'Europe
https://www.bakchich.info/soci%C3%A9t%C3%A9/2014/07/31/poste-stressante-6-11-l-europe-l-europe-l-europe-63564
7/11 :
https://www.bakchich.info/soci%C3%A9t%C3%A9/2014/07/31/poste-stressante-7-11-alertes-63565
8/11 : souffrances
https://www.bakchich.info/soci%C3%A9t%C3%A9/2014/07/31/poste-stressante-8-11-souffrances-63566
http://actualite.portail.free.fr/societe/29-08-2014/poste-stressante-8-11-souffrances/

9/11 : suicides
https://www.bakchich.info/soci%C3%A9t%C3%A9/2014/07/31/poste-stressante-9-11-suicides-63567
10/11 :
https://www.bakchich.info/soci%C3%A9t%C3%A9/2014/07/31/poste-stressante-10-11-apres-le-grand-dialogue-63568
11/11 : le grand silence de l'Etat
https://www.bakchich.info/soci%C3%A9t%C3%A9/2014/07/31/poste-stressante-11-11-le-grand-silence-de-l-etat-63569
http://actualite.portail.free.fr/societe/08-09-2014/poste-stressante-11-11-le-grand-silence-de-l-etat/

audio : Sébastien Fontenelle
http://www.canalsud.net/?Poste-stressante-fdl-du-31-03-2014

« À La Poste aussi, les agents doivent penser en termes de marché », Le Monde diplomatique, octobre 2002
Partout, dans le groupe, le culte de la rentabilité produit les mêmes effets – qui ne touchent donc pas seulement les facteurs – et les mêmes décalages, car ses dirigeants n’ont de cesse, comme le soulignera le réalisateur Gilles Balbastre dans un long et passionnant article, « que de discipliner leurs agents pour extirper leur culture de service public » : ils les « conditionnent », par exemple, « pour leur faire transformer l’usager en client »
http://www.monde-diplomatique.fr/2002/10/BALBASTRE/9496

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19 juillet 2014

La néolibéralisation selon David Harvey

 

David Harvey, Brève histoire du néolibéralisme, Les prairies ordinaires 2014
 ( A Brief History of Neoliberalism - 2005 )

Dans Libération, Eric Loret vante l’essai virulent du géographe David Harvey contre le néo-libéralisme, « cette idéologie qui s’intéresse moins à la politique qu’à la police », pour « défendre la propriété privée et garantir, au besoin par la force, le bon fonctionnement des marchés ».
« Pour qu’on ne se suicide pas tout de suite après cette description radicale du monde où nous vivons et ses «caractéristiques chinoises», l’auteur a prévu un chapitre sur les «perspectives de liberté» autres. Et c’est pas gagné »
L’ennui, c’est que l’ouvrage a été écrit en 2005, après la réélection de GWbush, avant la crise de 2008.
La traduction aurait mérité une actualisation du chapitre sur les formes de lutte efficaces.
http://www.liberation.fr/culture/2014/07/16/le-monde-ne-suffit-pas_1064967

« David Harvey ne fait pas de l’histoire des idées : il ne prétend pas faire l’archéologie de la « nouvelle raison du monde » ;
il n’aligne pas les notes de lecture et les typologies semi-savantes. Ce qui intéresse ce matérialiste, c’est le néolibéralisme
« réellement existant », celui qui, porté par des institutions et de solides coalitions d’intérêts, façonne le monde
dans lequel nous vivons » écrit François Denord dans une préface à lire en ligne.
http://www.lesprairiesordinaires.com/uploads/2/1/0/6/21065838/neoliberalisme.pdf

Selon lui, Harvey veut tordre le cou à plusieurs lieux communs :
- Le rejet de l’Etat ? « L’État néolibéral intervient continuellement pour créer un environnement institutionnel et un climat favorables au profit. Parallèlement, il étend le mécanisme concurrentiel à de nouveaux objets et à de nouveaux territoires ». Il réprime ceux qui contestent sa politique..
- Un néolibéralisme anglo-saxon ? Thatcher et Reagan n’ont pas emprunté le même chemin. En Chine, l’« économie socialiste de marché » apparaît au temps de Reagan et de Thatcher


- L'État néolibéral en théorie - L'État néolibéral en pratique - extraits en ligne
http://www.contretemps.eu/lectures/lire-extrait-br%C3%A8ve-histoire-n%C3%A9olib%C3%A9ralisme-david-harvey

Harvey souligne les contradictions et les zones d’ombre de cette idéologie, les divergences d’interprétation entre intégristes de la religion de la propriété privée.

Comment se construit le consentement à la brutalisation ?
« Le néolibéralisme n’est pas une pensée du bien commun. Et pourtant, c’est de cette conception de l’action publique que nous sommes aujourd’hui à la fois héritiers et prisonniers. Le néolibéralisme s’est transformé en institutions. Ces dernières ont produit des dispositifs d’intervention publique, construits sur la durée, qui façonnent des manières d’agir et de penser ».

« Moins qu’une philosophie politique (la pensée peut-être utopique de Hayek et ses disciplines), la néolibéralisation peut s’analyser comme la réalisation pragmatique d’un projet politique visant à restaurer le pouvoir des élites économiques ». « Les inégalités et leur accroissement continu ne constituent en rien un effet pervers. »

« Harvey ne minimise pas l’investissement intellectuel des théoriciens néo-libéraux. Mais leurs idées n’ont pris l’ascendant que parce que les forces sociales dominantes les ont faites leurs... »


La démocratie en suspicion.  « Les théoriciens néo-libéraux nourrissent une certaine défiance vis-à-vis de la démocratie. Libéralisme politique et démocratie ne se confondent pas, loin s’en faut ».
L’État néo-libéral a besoin pour survivre (et séduire les électeurs) d'un certain type de nationalisme (cf Thatcher et les Malouines, cf aussi le nationalisme exalté lors de compétitions sportives).

Harvey note « l'apparente convergence entre la néolibéralisation d'États autoritaires comme la Chine ou Singapour et l'autoritarisme croissant qui se manifeste dans des États néolibéraux comme les États-Unis et la Grande-Bretagne. Que l'on songe à la manière dont ont évolué, au États-Unis, les réponses apportées à l'instabilité intrinsèque de l'État néolibéral ».

Selon lui, « pour éviter les catastrophes, il faut donc rejeter les solutions proposées par les néos-cons aux contradictions du néolibéralisme ».

Paris, Capital of Modernity (2003) a été traduit en 2011.
Harvey vient de publier Seventeen Contradictions and the End of Capitalism (2014).
La vidéo d'une conférence faite en avril 2014 à la London School of Economics est à voir et écouter en ligne
http://tinyurl.com/lse-harvey2014

Les publications de David Harvey :
http://fr.wikipedia.org/wiki/David_Harvey  -  http://en.wikipedia.org/wiki/David_Harvey


DavidHarvey

source : http://en.wikipedia.org/wiki/David_Harvey


rappels : quelques articles de référence en liens sur le web :

- Comment vendre à la découpe le service public
De l’Etat-providence à l’Etat manager
par Laurent Bonelli et Willy Pelletier, Le Monde diplomatique, décembre 2009
http://clioweb.free.fr/debats/decoupe-public.htm

- « Géohistoire du « néolibéralisme », Arnaud Brennetot,Université de Rouen, Cybergeo  novembre 2013,
http://cybergeo.revues.org/26071
AB veut distinguer les valeurs du premier néolibéralisme (libre-échange) reçues comme une évidence
par les dirigeants actuels des positions des libéraux les plus ultras,
pour mieux combattre ces derniers.

- Les mots ont un sens, août 2009
La novlangue néolibérale présentée sous la forme inhabituelle d'un plan de métro
http://clioweb.canalblog.com/archives/2009/08/20/14680326.html

- un texte ancien (1996) qui a bcp circulé :
Perry Anderson, Histoire et leçons du néo-libéralisme. La construction d'une voie unique, 1996
http://page2.ch/EdPage2/p2_neolib_anderson.html

Serge Audier, Néo-libéralisme(s) : une archéologie intellectuelle, Grasset, 2012
http://clioweb.canalblog.com/archives/2012/04/14/24003774.html

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12 octobre 2012

La bureaucratisation du monde




La bureaucratisation du monde à l'ère néo-libérale (La Découverte, 09.2012).
Béatrice Hibou, l'auteur, est l'invitée de Sylvain Bourmeau - La suite dans les idées, 06.10.2012
http://www.franceculture.fr/emission-la-suite-dans-les-idees
l'émission en mp3 :
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/16260-06.10.2012-ITEMA_20407638-0.mp3

La bureaucratisation envahit notre quotidien avec ses normes, ses règles et ses procédures..
L'entreprise aujourd'hui est une "machine" à créer des normes (Audit, Reporting, flexibilité, contrôle etc..)

L’invasion des pratiques bureaucratiques dans l'ensemble de la société,
et pas seulement dans l’administration se fait à la fois
- par le haut, du fait de la circulation des élites converties au New Public Management du secteur public aux grandes entreprises privées (cf la domination, l’école de Francfort)
- par le bas, du fait du consentement des acteurs, par obéissance résignée ou par intérêt.

Le néo-libéralisme ne parle pas du monde réel, mais invente sa propre fiction. Il euphémise les inégalités, les normes et les contrôles. Il impose sa vision du monde. Son vocabulaire (cf la « gouvernance » au lieu du « gouvernement ») est parfois analysé par ses adversaires comme une forme de dépolitisation et une avancée des modèles gestionnaires. C’est en réalité une politisation intense, une autre forme de la politique. Les mots choisis pour décrire les conflits pèsent pleinement sur les rapports de force au sein de la société.


dans la présentation de l'ouvrage par l'éditeur, reprise sur Liens-Socio :
« La bureaucratie néolibérale ne doit pas être comprise comme un appareil hiérarchisé propre à l'État, mais comme un ensemble de normes, de règles, de procédures et de formalités (issues du monde de l'entreprise) qui englobent l'ensemble de la société. Elle est un vecteur de discipline et de contrôle, et plus encore de production de l'indifférence sociale et politique ».
http://lectures.revues.org/9233

La table des matières : http://www.editionsladecouverte.fr/La_bureaucratisation


- Patrick Pelloux décrit les conséquences de la T2A (tarification à l'acte) sur les hôpitaux : les médecins passent une partie de leur temps à coder leur activité au lieu de soigner les patients. Les politiciens ont avancé la réduction des dépenses de santé comme faux prétexte. En réalité, le déficit continue à se creuser et la bureaucratie explose.
Au-delà de ce mode de gestion et de tarification, « La volonté néolibérale était de faire de l’hôpital une entreprise, ce qu’il n’est pas et ne sera jamais ». Charlie Hebdo, 10.10.2012

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16 février 2012

Agrégation de maths : démissions

 

- Agrégation externe de mathématiques : Démission d’un quart du jury

Trente mathématiciens, soit plus d’un quart du jury 2011, ont décidé qu’il n’était plus possible d’assister passivement à la destruction du système de formation et de recrutement. Ils ont pris la grave décision de démissionner et de rendre publiques les raisons de leur geste.

Le texte (copie ci-dessous) et la liste des démissionnaires :

http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article5351

http://sciences.blogs.liberation.fr/


- CAPES: la crise de recrutement s’aggrave

« Au total, pour le concours externe 2012 des CAPES disciplinaires, il y a 6314 admissibles pour 4847 postes ( soit une proportion admissibles/postes de 1,30 ) contre 7492 admissibles pour 4881 postes au concours externe 2011 des mêmes CAPES disciplinaires ( soit une proportion admissibles/postes de 1,53 ) ».

Simple conséquence de l'extension à bac +5 des études, ou volonté délibérée de torpiller les concours de recrutement et la fonction publique ?
http://blog.educpros.fr/claudelelievre/2012/02/14/capes-la-crise-de-recrutement-saggrave/

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« Le système éducatif français est en crise, la situation est grave.
La crise apparaît d'abord dans l'asphyxie des moyens. Les fermetures de classes se succèdent à un rythme accéléré dans les écoles primaires, les collèges et les lycées. Les universités n’arrivent pas à accueillir décemment les étudiants ; elles sont précipitées dans une course effrénée aux financements. Il y a une baisse alarmante des effectifs dans les études scientifiques ainsi que dans les filières professionnelles. Les mesures indignes prises récemment à l'encontre des étudiants étrangers aggravent encore la situation. Élèves, étudiants, parents, chefs d'entreprises, enseignants, tous perdent peu à peu confiance dans notre système de formation.

Un signe alarmant est la désaffection croissante des étudiants pour le métier de professeur. Amorcé au début des années 2000, le phénomène a connu en 2011 une accélération brutale, effet immédiat de l'entrée en vigueur de la réforme de la formation et du recrutement (connue sous le nom de « masterisation »). Par exemple, au CAPES externe de mathématiques, où il y avait 846 postes ouverts en 2010 et 950 en 2011, le nombre de candidats présents aux épreuves écrites est passé de 2695 en 2010 à 1285 en 2011 (-53%), le nombre d'admissibles de 1919 à 1047 (-46%), le nombre d'admis de 846 à 574. Ainsi, l'effondrement du nombre de candidats a été tel que le jury n'a pu pourvoir en 2011 que 60% des postes offerts. De tels chiffres se passent de commentaire.

Sans être encore aussi catastrophique, la situation de l'agrégation n'en est pas moins alarmante : le nombre de candidats présents à l'écrit a régulièrement baissé depuis 2006 (ils étaient 1853 en 2006 et 1124 en 2011), alors qu'en même temps le nombre de postes augmentait. Les effectifs des préparations au CAPES ou à l'agrégation restent cette année à un niveau très bas. Pourtant le besoin en professeurs est énorme. Les rectorats en sont à publier des petites annonces pour rechercher les professeurs de mathématiques qui leur manquent. On recrute ainsi dans l'urgence des personnels précaires, non qualifiés et sans formation professionnelle. Les zones « difficiles » sont les premières touchées, ce qui va à l’encontre de l'égalité des chances et compromet la vie des générations à venir.

Pour une très grande part, la crise de l’école provient des déséquilibres de la société et de l’économie, dans le monde comme en France, entraînant une perte de confiance et des difficultés d’adaptation. Ceci devrait être une raison de plus pour faire de l'école une priorité, un devoir pour la nation afin de mieux préparer l’avenir.

Pour améliorer l’école il faut reconnaître ses problèmes. Notre système éducatif a certainement ses faiblesses, qu’il faut corriger. Cependant il a aussi des forces considérables, qu'il faut absolument préserver. L'une d'elles, reconnue dans le monde entier, était sa capacité de formation et de recrutement des enseignants, garantissant de très solides bases scientifiques et humanistes. Or dans sa frénésie de réformes, le ministère de l’éducation nationale est en train de détruire sciemment cette capacité.

Nous ne pouvons pas rester passifs devant cette entreprise de démolition.

La masterisation a été imposée sans aucune concertation, contre l'avis quasi unanime de la communauté éducative (cf. le récent rapport Jolion). L'exigence du diplôme de master pour tous les concours d’enseignants a détourné un grand nombre de candidats potentiels. Beaucoup des meilleurs étudiants, pour lesquels la deuxième année de master est une ouverture naturelle vers la recherche, ont déserté les préparations à l'agrégation. D'un autre côté, des étudiants moins brillants ont reculé devant la difficulté supplémentaire que représentait le master. Le flux, modeste mais régulier, et bénéfique, de candidats venus d'autres secteurs d'activité professionnelle pour une reconversion a été stoppé net.

L'un des aspects les plus graves de la réforme en cours est l'attribution d'un service d'enseignement à temps plein aux lauréats, juste après le concours. Cette mesure n'a aucune autre justification que l'exigence d'économies budgétaires. Elle a d'ailleurs été désapprouvée par le Conseil d'État. La formation professionnelle est ainsi sacrifiée. Une réforme aurait dû avant tout motiver les étudiants et les mettre dans les meilleures conditions de préparation. C'est exactement le contraire qui s'est produit.

La masterisation a déjà changé le visage de l’agrégation, en diminuant fortement le nombre des candidats. Or ce concours est un des points les plus forts de notre système. Son intérêt principal est de garantir un recrutement de qualité indiscutable. Le stage qui suivait l’admission complétait la formation professionnelle. Les conditions nouvelles d’inscription ont changé la donne, là où il n’y avait aucune nécessité. Une conséquence de la suppression de l'année de formation professionnelle après le concours a été l’introduction de l’épreuve « agir en fonctionnaire de l'état et de façon éthique et responsable », censée tester la déontologie et les qualités humaines du candidat en un quart d’heure lors de l’oral, plutôt qu’au cours d'une année d'apprentissage sur le terrain. Le jury de l'agrégation de mathématiques, pratiquement unanime, avait lors de la session 2010 indiqué dans une motion rendue publique son opposition à l'instauration de cette nouvelle épreuve dans ces conditions. Plusieurs jurys d'autres disciplines en avaient fait autant. La moitié du jury de l’agrégation de philosophie avait même démissionné pour protester contre l’absurdité de l’épreuve « agir ». Le ministère n'a même pas daigné répondre à ces critiques. Au contraire, il s'est ingénié à dénaturer encore plus le concours en y introduisant des contraintes nouvelles (certification en informatique et en langues, à un niveau clairement irréaliste), toujours sans concertation et sans préparation.

À ces contraintes s'est ajoutée une complication supplémentaire : le ministère a imposé à tous les jurys un calendrier extrêmement serré qui, pour les concours à gros effectifs comme celui de mathématiques, a transformé la session d'oral 2011 en un marathon très difficile à gérer. Annoncé comme exceptionnel par le ministère, ce resserrement du calendrier a été accepté par notre jury, soucieux de préserver l'agrégation, de permettre aux candidats de faire valoir leur travail de préparation, et d'assurer aussi bien qu'il le pouvait le recrutement de professeurs pour pourvoir les 288 postes mis au concours en 2011.

Mais les membres du jury ont en même temps voulu renvoyer à leur tutelle un message d'alerte exprimant leur inquiétude quant à la détérioration du concours et plus généralement des conditions de formation et de recrutement des professeurs. Cette démarche n'était pas destinée à être rendue publique, mais un nouveau diktat ministériel concernant la session 2012 a mis le feu aux poudres : le calendrier, loin de redevenir normal, allait être encore plus resserré ; le jury disposait de moins de temps alors que vingt postes de plus étaient à pourvoir. La seule façon d'organiser le concours en respectant les délais imposés et sans porter atteinte à l'équité des épreuves pour tous les candidats serait de diminuer le nombre d'admissibles : prendre une telle décision pour des raisons purement administratives est pour nous inacceptable.

Une lettre circonstanciée, signée par une grande majorité des membres du jury 2011, fut adressée au ministre, détaillant nos inquiétudes sur le fond, et lui demandant surtout de revoir les dates d’oral (nous suggérions par exemple de moduler celles-ci suivant les effectifs de chaque concours). Le mécontentement était tel que les signataires faisaient part de leur intention de ne pas siéger en 2012 s'ils n'obtenaient pas de réponse. Il y eut certes une réponse, mais indirecte et accablante : adressée au président du jury, elle le chargeait en quelque sorte de calmer ses troupes, maintenait les contraintes absurdes du calendrier et ne disait pas un mot des questions de fond. Aussi, trente d'entre nous, soit plus d'un quart du jury 2011, ont décidé qu'il n'était plus possible d'assister passivement à la destruction de notre système de formation et de recrutement. Ils ont pris la grave décision de démissionner et de rendre publiques les raisons de leur geste. Le mépris avec lequel la DGRH et le ministère ont traité leur personnel à cette occasion va bien avec le fond et la forme des réformes récentes. C’est contre tout cela que les démissionnaires protestent aujourd’hui.
La protestation de membres d'un jury d'agrégation peut apparaître comme dérisoire au regard de la crise que traverse la société, en particulier du chômage qui frappe 25% des jeunes. À ceux qui voient dans notre démarche une réaction élitiste, émanant de quelques privilégiés, nous disons que la formation de la jeunesse est la question clé aujourd’hui, et que nous refusons la destruction en cours des outils de cette formation. Quelle chance a-t-on d’entrevoir la sortie de la crise si on renonce à donner une formation de qualité aux futurs citoyens ?

Or les conséquences des réformes actuelles sont déjà visibles : on enverra dans les classes de jeunes professeurs moins motivés, moins bien formés scientifiquement, sans ou presque sans formation pédagogique ni professionnelle. Un gâchis patent, pour ces professeurs autant que pour leurs élèves. Le système d'éducation français a longtemps été un modèle. Il est urgent qu'il le redevienne. Nos universités devraient attirer des étudiants du monde entier. C'est particulièrement vrai en mathématiques, où l'école française est une des meilleures du monde. Mais ne nous y trompons pas, l'élite ne peut pas reposer sur du vide. Nosmédailles Fields ne sont pas une rente éternelle. La dégradation générale aura inévitablement des répercussions sur l'ensemble du tissu scientifique, et en particulier sur notre recherche de pointe. Il est urgent de redonner au métier d'enseignant l'éclat qu'il a perdu. N'attendons pas qu'il soit trop tard. En défendant un outil de formation et de recrutement efficace, c'est à l'avenir de tous les jeunes que nous pensons ».

http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article5351

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19 septembre 2011

A quoi sert le secondaire ?

 

- Non, les profs ne peuvent pas tout - Marianne, 17/09/2011

L’urgence pour le public : la maîtrise du français et la discipline
L’urgence pour les profs : la maîtrise du français et les effectifs par classe.
C’est un sondage Ipsos réalisé par internet du 21 au 27 juillet qui le dit.

- Ecole : retour aux fondamentaux
extrait de l'éditorial de Jacques Julliard dans Marianne n° 752, 17/09/2011

« J’en viens à la question de l’enseignement secondaire. Au risque cette fois d’être incompris de vous, cher échantillon, je me dois de déclarer ici ma conviction profonde : sous sa forme actuelle, l’enseignement secondaire - je pense surtout au deuxième cycle - ne sert à rien. Ou à pas grand-chose. Pas plus que la prostate ou l’Académie française. Il est la survivance d’un monde ancien, qui n’a pas trouvé, je le déplore, sa place dans le monde nouveau. Il avait été conçu à l’origine pour donner une  culture générale élitiste aux enfants de la bourgeoisie. Il n’a pas résisté à la concurrence de la télévision, d’Internet, de la démocratisation du livre. Ce sont des sources non scolaires que les adolescents d’aujourd’hui tirent l’essentiel de leur savoir et de leur culture. Si l’on interroge un échantillon d’élèves sur leur programme de l’année précédentes on sera surpris du résultat.  Il n’en reste à peu près rien. L’enseignement secondaire est un moteur à rendement si faible qu’on préfère ne pas le mesurer. S’il ne jouait pas, a l’égard des adolescents, qui sont aux yeux de beaucoup la nouvelle classe dangereuse de la société, le rôle de parking et de sas de décompression, on l’aurait déjà supprimé. S’il n’existait pas, on ne l’inventerait plus. En dépit du dévouement des enseignants - cela n’est pas une formule, mais une réalité - cet enseignement fantôme est couronné par un examen fantôme, le baccalauréat.

Je n’ai ni la place ni le loisir de m’étendre sur ce que pourrait être une école centrée sur ses deux missions essentielles : l’apprentissage des langages, l’approfondissement scientifique, technique et professionnel des savoirs. J’y reviendrai, c’est sûr. Et la culture ? C’est comme la tolérance, il y a des maisons pour ça. Celle de la rue de Valois n’est pas un ministère de la Culture, mais un secrétariat d’Etat aux Beaux-Arts. Une chose est sûre : la culture ne saurait être désormais un simple produit dérivé de l’enseignement secondaire et des institutions des Beaux-Arts. Il faut la réinventer de fond en comble, dans toute sa dimension anthropologique, car elle est le seul barrage qui puisse tenir face à la barbarie moderne ». 

[ dans cette condamnation brutale et sans nuance, aucune mention de la démolition en cours (la suppression de la formation professionnelle en alternance a pris pour prétexte les critiques répétées contre les IUFM) ].  


- La prolétarisation des enseignants, au-delà du salaire - 
Guy Dreux et Francis Vergne (FSU) - Libération 16/09/2011

La concurrence, le «new public management», l’utilitarisme dans la définition des programmes scolaires ... ces machines font émerger un travail de plus en plus sous contrôle. Longtemps restés des artisans, reconnus par leur statut, les enseignants deviennent des prolétaires, c’est-à-dire des travailleurs exerçant un métier dont l’intelligence et le sens passent du côté ... de l’Etat-entreprise (corporate state)...


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23 juillet 2011

LMD : Les machines ne sont pas neutres

Machines hostiles - Le Monde diplomatique - juillet 2011
http://www.monde-diplomatique.fr/2011/07/LAFARGUE/20788

Les machines ne sont pas neutres
Jean-No Lafargue, Le dernier blog, 29.06.2011, avec commentaires
http://hyperbate.fr/dernier/?p=16831


Dans la dernière page du Monde diplomatique de juillet, Jean-Noël Lafargue
(Paris VIII) prend pour cible les machines programmées pour dominer, la technologie quand elle est utilisée pour créer une contrainte qui n'existerait pas sans la machine.
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Il part de l'exemple du métro et des portillons broient les épaules des usagers trop lents. "Imaginons un instant que ces portillons soient remplacés par des vigiles chargés de frapper les clients qui ne circulent pas à la bonne vitesse. Le scandale serait immédiat".

Les services d'assistance en ligne fournissent un autre cas.
Ils sont installés dans des pays à bas salaires ; les salariés doivent suivre un scénario programmé. 
Pas question pour eux de prendre l'initiative, ou d'acquérir des compétences monnayables.
"Dans ces services, tout semble fait non pour régler des problèmes concrets, 
mais pour empêcher que les conséquences de ces problèmes n'atteignent les responsables qui en sont à l'origine."


JNL évoque également les photos des papiers d'identité, d'où la vie et le sourire a disparu pour complaire aux limitations des logiciels de biométrie, conçus par les industriels qui s'enrichissent avec.

L'informatique personnelle a rendu caducs certains métiers (cf la retouche photo) ;
elle prolétarise l'artisan dont le savoir-faire est transféré au logiciel et à son éditeur.

Comment reprendre en main notre destin numérique ?
JN Lafargue cite le hacking, le logiciel libre et le bricolage. Les débats qui entourent ces questions sont bien plus politiques que technologiques.

voir également Le dernier blog à propos des conditions de rédaction de l'article : Les machines ne sont pas neutres
http://hyperbate.fr/dernier/?p=16831 

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L'article sera peut-être en ligne en août.
20 août : L'article est en ligne :
http://www.monde-diplomatique.fr/2011/07/LAFARGUE/20788


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hostiles_md

source : http://hyperbate.fr/dernier/?p=16831

20 juillet 2011

Victoires des Acteurs publics

La LCP a diffusé dimanche 10 juillet la cérémonie dite des Victoires des Acteurs publics (sic)
http://tinyurl.com/victoires-ap
http://http2.infocast.yacast.net/player/player.php?idsequence=103829

http://www.acteurspublics.com/victoires-2011 
 

Les mots sont souvent faits pour endormir et duper : les ressources humaines n'ont souvent d'humaines que le nom, les services dits publics sont parfois gérés avec les mêmes brutalité règles que certaines entreprises privées : tout doit être rentable à très court terme, y compris en précarisant ou en licenciant les salariés, le plus souvent au mépris de la vie sociale et des discours répétés sur le durable et soutenable.

L'émission est donc à regarder avec la distance nécessaire, les images (visages, costumes, mimiques) étant à confronter aux les politiques suivies depuis 2002 et aux discours des cadres chargés d'appliquer la RGPP ... 

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Relire Comment vendre à la découpe le service public
De l’Etat-providence à l’Etat managerl'article excellent de Laurent Bonelli et Willy Pelletier publié par Le Monde diplomatique en décembre 2009.

A propos des employés, les vrais acteurs, Bonelli et Pelletier écrivent :
« Mais la modernisation » de l’Etat entre dans les faits, car elle s’immisce dans les actes les plus anodins des employés du secteur public. Parce qu’indépendamment des sacrifices, des souffrances, du déboussolement et des tensions, les salariés qui la subissent n’ont d’autre choix que d’y participer et de la mettre en œuvre à tout instant. En l’habitant à leur manière. En s’en accommodant. Mieux : ils trouvent d’eux-mêmes les meilleures façons de faire, afin que tiennent des situations intenables, malgré la surcharge de travail... ».
http://www.monde-diplomatique.fr/2009/12/BONELLI/18585
http://clioweb.canalblog.com/tag/decoupe

Un article récent du Monde (11/07/2011) complète le dossier :
Non au dogme sur le nombre de fonctionnaires
http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/07/11/

Non-remplacement de fonctionnaires : la théorie et la pratique
http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/07/11/

A noter, lors des Victoires, un prix spécial attribué au ministère de l'Intérieur ... primé pour le passage accéléré des frontières... (on ne dit pas dans quel sens ...). 
 . 

vap

source : http://http2.infocast.yacast.net/player/player.php?idsequence=103829

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14 avril 2011

L'Etat démantelé

Le 6 avril, le Grain à moudre a opposé 
Agnès Verdier-Molinié (Les fonctionnaires contre l'Etat)
et Willy Pelletier (L'Etat démantelé).
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10175-06.04.2011-ITEMA_20278159-0.mp3

Un débat très idéologique, où le représentant de la Fondation Copernic a subi les assauts répétés d'une passionaria de la privatisation intégrale. Pour ces intégristes, tout ce qui perturbe l'accumulation des profits et les salaires mirobolants de quelques-uns est à détruire. Pour eux, Il faudrait tout privatiser, sauf la police et l'armée (mais Bush en Irak ?). WP note que pour ces thatchériens, la protection sociale ne fait pas partie des fonctions normales d'un Etat moderne. Pour eux, l'Etat-policier ne peut servir qu'à protéger un ordre social profondément inégalitaire et injuste.

Dans ce credo qui fait passer l'intérêt de quelques-uns (grands patrons et actionnaires) avant l'existence du plus grand nombre, tout salaire (et tout salarié) modeste est le problème. Leur haine du secteur public est impressionnante, leur vocabulaire est parfaitement rôdé (on ne dit pas privatisation mais délégation (toujours au secteur privé,  jamais en faveur d'une structure sans but lucratif), tout ce qui n'est pas encore précarisé est présenté comme rigide, etc...). 

http://www.fondation-copernic.org/spip.php?article301

Comment vendre à la découpe le service public :
h
ttp://clioweb.free.fr/debats/decoupe-public.htm


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Les frères Koch (Wichita) financiers du Tea-Party

En 2010, ils ont dépensé 40 millions de dollars en soutien électoral. Leur chiffre d'affaires (100 Mds $) se répartit entre raffinage pétrolier, gaz, minéraux, papier, chimie et produits financiers. Leur firme est classée parmi les plus grands industriels américains pollueurs ; ils combattent bien entendu «« le mythe dangereux »» du réchauffement climatique et toute forme d'intervention de l'Etat dans l'économie !!

« Les Koch contournent les lois, manipulent la politique » (...) écrit Charles Lewis (CPI)  «  Ils sont la Standard Oil de notre temps ».
http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2011/04/12/


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11 mars 2011

L'Etat démantelé


« Ah, l’Auvergne, la fourme d’Ambert, les montagnes, le petit train découverte...
C’est beau.

C’est beau sauf que la maternité ferme.
Que l’école va fermer.
Qu’il n’y a plus de train pour les usagers.
Une lente agonie...
Pourquoi ? 
Parce qu’il est gros, parce qu’il est gras, parce qu’il est malade. 
Qui ?
L’Etat ! 
Il faut le faire maigrir, le muscler, qu’il ait les plus jolis mollets pour la compétition internationale ».

Là-bas si j'y suis, à télécharger en ogg ou en mp3
http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=2125

L’Etat démantelé. Enquête sur une révolution silencieuse, sous la direction de Laurent Bonelli & Willy Pelletier (La Découverte & Le Monde diplomatique - septembre 2010)

« ... si les réformes néolibérales de l’État s’effectuent parfois à grand renfort de publicité (privatisation de La Poste, restrictions des budgets de l’hôpital public ou de l’Éducation nationale), elles sont le plus souvent invisibles, et ne rencontrent que des protestations sectorielles, peu coordonnées, encore moins médiatisées. Elles passent par tel décret, telle directive, telle circulaire, voués à demeurer obscurs et confidentiels, dans certains cas élaborés par des cabinets d’audit privés… La plupart, et parmi les plus structurelles, passent inaperçues, sauf pour ceux qui en affrontent directement les conséquences…
Au terme de ce voyage dans la « réforme de l’État » et ses effets, c’est l’avenir des services publics, de nos services publics, qui est en jeu. C’est-à-dire celui d’un modèle de société ».
http://www.editionsladecouverte.fr/


dans le sommaire, à lire en ligne :

Les " mille " démantèlements de l'État - Compressions du périmètre de l'État - Caporalisations de l'action publique - 
La fin d'un modèle ? - Défendre la civilisation

I / Promoteurs et promotions de l'État modeste
II / Le nouveau management public
III / Réorganisations de l'État
IV / Paupérisation de l'État et privatisation : des usagers aux clients

dont 
19. Les privatisations de France Telecom, entretien avec Willy Pelletier
13. L'Éducation nationale dans la tourmente des réformes politiques, par Axel Trani
Quelles appréciations du système éducatif français ? - Dégraisser le mammouth - Revoir les contenus - Réformer la carte scolaire.
14. L'" efficacité " de l'École comme enjeu politique et pédagogique, par Sandrine Garcia
Le culte de l'efficacité : un trompe-l'œil - L'externalisation de la lutte contre l'échec scolaire et la médicalisation des troubles d'apprentissage - Des critiques ambiguës de l'action gouvernementale


En décembre 2009, Le Monde diplomatique avait publié « Comment vendre à la découpe le service public ».
http://clioweb.canalblog.com/tag/vendrealadecoupe

demantele
 
L’Etat démantelé. Enquête sur une révolution silencieuse
sous la direction de Laurent Bonelli & Willy Pelletier
La Découverte & Le Monde diplomatique - septembre 2010
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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14 janvier 2011

Qui veut la peau des Services Publics ?

cotta_sp

 

Qui veut la peau des Services Publics ?

Un ouvrage et une émission souvent mal nommée d'Isabelle Giordano (France Inter, jeudi 13 janvier 2011). A archiver et écouter en différé en mp3
ou
http://sites.radiofrance.fr/play_aod.php?BR=10765&BD=13012011
http://radiofrance-podcast.net/podcast09/rss_10207.xml
 

 

Selon l'animatrice, il faudrait se résigner à la dégradation actuelle et se soumettre à la privatisation généralisée :
- Il n'y a plus d'argent dans les caisses (un déficit de 1600 Mds),
- C'est la politique mise en place chez tous nos voisins
( lire dans la presse, l'appel au refus de laisser brader l'Hôtel de la Marine)
 

37 Jacques Cotta :
« Pourquoi faudrait-il considérer comme moderne et inéluctable, non pas des réformes mais des contre-réformes  qui consistent à s'emparer de ce qui est socialisé pour le confier à des intérêts privés ? Pourquoi toujours prendre l'argent dans la poche du plus grand nombre ? Ne pourrait-on pas prendre l'argent là où il est ?
Je ne résigne pas, je m'indigne...  »

« C'est un discours de vieux », lui rétorque Olivier Pastré qui caricature le propos en le réduisant à un discours sur le « Toujours Plus ».

La rhétorique de Pastré semble très révélatrice.
A une affirmation qui déplait, il prétend opposer « un fait »,
mais à « un fait » qui ne lui convient pas, il répond par une caricature
( « mettre un hôpital à tous les coins de rue ? je voudrais bien, mais c'est hélas impossible »
ou encore « Thatcher est allée trop loin...  heureusement aujourd'hui nous ne sommes pas aussi brutaux »

.
IG fait tout son possible pour laisser le dernier mot à Pastré, en espérant une formule choc, du genre « Comment faire Mieux avec beaucoup Moins », « Travailler plus pour gagner...»

En fait, c'est à J Cotta que ce dernier mot revient. Il propose de
. Prendre l'argent là où il est et arrêter de siphonner les fonds publics,
. En finir avec les directives européennes qui imposent de démembrer les services publics au nom d'une concurrence supposée libre et non faussée...
. Déclarer que le bien social est au dessus de tout, notamment au dessus de l'intérêt à court terme des actionnaires.

cotta
Jacques Cotta, source Marianne 2

.
-- Le coût du conseil en politique :

Ecouter  Pascal Clark sur France Inter
ou lire Pierre Haski sur Rue 89
http://clioweb.canalblog.com/


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