23 février 2014

Internet dans toutes les classes

 

Internet dans toutes les classes
Xavier de la Porte,Les Matins, FC, 20.02.2014
http://www.franceculture.fr/emission-ce-qui-nous-arrive-sur-la-toile-internet-dans-toutes-les-classes-2014-02-20

« Je voudrais me livrer ce matin à exercice difficile : défendre la présence d’ordinateurs connectés à Internet dans les salles de classe. Défendre le fait que les élèves et étudiants puissent venir en cours avec leur ordinateur et naviguer sur Internet pendant que l’enseignant parle ».

« … il me semble que le principal obstacle à la présence de l’ordinateur en classe n’est pas d’ordre cognitif, mais le fait qu’il est un concurrent terrible pour l’enseignant ... Un concurrent terrible parce que, si on n'en fait pas un partenaire, il matérialisera impitoyablement les défaillances inévitables d'un cours ».

Parmi les commentaires des auditeurs internautes :
- « l'écran, parce qu'il fait écran, n'a rien à faire en classe ».
- « il faut d'abord ouvrir la classe ..  Le professeur est compétent, même, et peut-être surtout, dans la gestion de l'incertitude, la production de signification, la mise en relation des savoirs »


L'enjeu n'est pas nouveau, l'angle de l'attention est un des angles possibles d'analyse, mais si l'on veut échapper au clivage simpliste entre technophiles et technophobes, il faut éviter une approche globalisante, il faut distinguer entre les niveaux scolaires, entre le scolaire et la sociabilité des ados, entre le travail et le loisir, entre l'ordinateur et le téléphone portable, etc...

Pour de nombreux étudiants et lycéens, l'ordi est un outil utilisé au quotidien, notamment dans les disciplines scientifiques, techniques, dans la communication...
La pédagogie est aussi différente dans un amphi, dans une salle de cours à 36, dans un TD à 18.

La logique de l'attention fait comme si le seul acteur en classe, ce serait le prof.
Si le cours magistral était la seule offre, alors l'incitation serait forte de fermer les lycées, de laisser les lycéens chez eux et de diffuser la bonne parole depuis la rue de Grenelle.
(Cette solution faciliterait la tâche - et les profits - de l'industrie du divertissement. La TV est tellement à la remorque des publicitaires (et du zapping généralisé) qu'elle en oublie de prendre en considération ses invités : elle peut filmer un specialiste pendant une heure, mais ne garder au montage que quelques phrases souvent isolées de leur contexte).

Si l'ordi est utilisé pour ce qu'il est, un auxiliaire du travail intellectuel, alors il ne fait nullement écran.
Au contraire.
Il a toute sa place dans la formation, y compris dans les humanités.
(un détail : les effectifs ont un rôle essentiel si l'on veut un encadrement efficace).

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19 mars 2013

Le numérique à l'Ecole, suite

 

Quel sens donner au numérique à l'école ? du grain à moudre, 12.03.2013
Après une succession de plans ayant eu pour principal objet l’équipement des établissements, voici enfin venu le temps de s’interroger sur la finalité du numérique à l’école. A condition de se poser les bonnes questions. Dans un univers technologique en perpétuel mouvement, l’institution scolaire peut-elle faire autrement que de chercher à rattraper son retard pour être en phase avec l’époque ?
http://www.franceculture.fr/emission-du-grain-a-moudre
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10175-12.03.2013-ITEMA_20391483-0.mp3

Le numérique et l'école, le sujet a déjà été abordé dans l'émission du grain à moudre le 26.11.2013
http://clioweb.canalblog.com/archives/2012/11/27/25683278.html


Sur les adolescents face aux technologies et aux médias, écouter Dannah Boyd dans Place de la Toile.16.03.2013
http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile



Du grain à moudre, extrait vers la 13e minute :
Bernard Stiegler - L'ensemble du savoir en train de muter, il faut une recherche de haut niveau, qui ait très vite un impact direct sur le terrain, une recherche-action

Q - Quadrature du cercle : Comment, sur le temps long, refléchir et questionner le numérique au niveau de l'université, et sur le temps court, adapter la pédagogie et l'enseignement à une technologie qui bouge sans arrêt ?

Réponse de Pierre Moeglin (Paris 13) - du point de vue de la recherche, je dirige moi-même des thèses, comme Bernard Stiegler d'ailleurs, la réponse est assez simple : il faut distinguer l'écume des jours et repérer la logique des grandes mutations.

Je voudrais donner un exemple concret. On parle d'une grande encyclopédie qui s'appelle Wikipedia.
C'est une contradiction dans les termes. Au XVIIIe, l'Encyclopédie est pensée comme faisant cercle (cyclos), comme un univers fermé. Wikipedia, c'est l'inverse. C'est un univers en expansion permanente.

Q - Ne redéfinissez-vous pas l'opposition entre le livre papier et le livre numérique ?
R- L'encyclopédie papier, c'est un univers refermé sur lui-même et une vision du monde qui est encyclopédique.
Wikipedia, c'est un autre univers, c'est un univers en expansion

Q- voulez-vous dire qu'un univers en expansion ne peut pas être encyclopédique ?
R- En tous cas, il y a une contradiction dans les termes, en effet.  L'idée du cercle refermé sur lui-même n'existe plus dans Wikipédia. On est dans une autre logique, on est dans une logique de la celle de découverte permanente, de l'augmentation permanente, c'est un peu ça qui est en jeu.


Le numérique est vraiment un observatoire intéressant.
- L'émission en apprend sans doute davantage sur les représentations des invités, en fonction de leur statut actuel, que sur les enjeux du numérique appliqué à l'éducation. Que demande un universitaire ? la mise en place d'un programme de 500 thèses en recherche-action avant tout usage scolaire du numérique…
Les médias, face aux technologies, balancent sans cesse entre l’extase et l’effroi. Il semble toujours difficile de parler d'éducation à la radio ou à la TV sans tomber dans les clichés et les oppositions stériles (le Savoir contre les compétences, la machine contre l'humain ... ).

- Carr et Prensky.
A écouter un des invités, Prensky le père de l'expression « digital natives », « (ce n'est qu'un) journaliste, ce n'est pas un chercheur ». Il n'est donc pas sérieux… Pourquoi cette détestable habitude de mépriser le travail des autres, au nom d'un métier, d'une fonction ou d'un statut ?
Par contre, pour vilipender internet qui rendrait idiot (« plus encore idiot » titrait le magazine Books ), à qui font appel tous les médias français, les uns après les autres ? A Nicholas Carr ! Ne serait-il pas lui aussi un simple journaliste ??

- Médias ou réseaux sociaux. Avant le règne des communicants, les mots avaient un sens. Facebook nomme « ami » ce qui est souvent un simple contact sur le web. Pourquoi parler sans cesse de « réseaux sociaux » quand Facebook et d'autres, ce sont d'abord des « médias sociaux », des industriels dont l'ambition est de faire le maximum de profits grâce à la publicité ciblée.

Dans ces faux débats, les intervenants semblent négliger les pratiques développées depuis une génération, les questions élaborées par les pionniers au temps à l'accès à un internet rapide apparaissait comme un espace de liberté.

L'ordinateur a longtemps été considéré comme un moyen de traiter des données. Faute de conditions de travail adaptées, la communication a pris le dessus, au service d'une vision traditionnelle de la pédagogie (présentations, traitement de texte ...). Sera-t-il un jour possible de sortir l'informatique de ce retour en arrière, et de former à nouveau les élèves aux outils indispensables pour garder la maîtrise d'un monde soumis à la numérisation ?


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27 novembre 2012

La pédagogie face au numérique

 


« La pédagogie est-elle dématérialisable ? »
émission du Grain à moudre, 26.11.2012
http://www.franceculture.fr/emission-du-grain-a-moudre

« A l’étranger, des universités comme Stanford diffusent une partie de leurs cours gratuitement sur internet : succès immédiat  ».
« En France, grandes écoles et universités peinent à suivre ce mouvement. Pas uniquement par manque de moyens. La culture numérique se diffuse lentement au sein de la communauté éducative. Peut-être par prudence, pas forcément excessive : après tout, il ne suffit pas d’avoir de nouveaux outils pour changer la manière d’enseigner, encore faut-il leur donner un sens ».

invités :
Pierre Tapie, ESSEC
François Germinet, U Cergy-Pontoise
Emmanuel Davidenkoff, L’Étudiant,
Julien Gautier, philo, Skhole


Les invités ont fait la chasse à quelques formules toutes faites :
. La dématérialisation ? Elle est trompeuse : si vous lisez ce texte, c'est qu'un signal électrique est bien passé.
. L'éducation n'est pas encore une marchandise, même s'il faut être très riche pour espérer accéder aux grandes universités anglo-saxonnes.
. Ne pas confondre une diffusion de masse d'un savoir et leur appropriation par un élève ou un étudiant.


Ces invités n'échappent pas au point de vue de leur structure :
. cf l'Essec et le risque de copies de cours vendus en Chine,
. Cergy et la réponse par la certification des futurs profs,
. le prof de lycée face aux sonneries intempestives...

En fait, on retrouve le clivage habituel
entre ceux qui voudraient débrancher l'école
et ceux comme Intel qui voudraient tout technologiser.
Avec une réponse en forme de juste milieu ?

Un détail : le livre, un outil de diffusion massive ? Entre Gutenberg et le livre de poche, combien d’années se sont écoulées ? De quand date une alphabétisation de masse.  Sur le plan pédagogique, il faudrait aussi interroger l'utilisation concrète du livre par un collégien de 4e ou un lycéen de 2de.

Une conclusion intéressante : en dehors de ces positions tranchées, les technologies éducatives fournissent une impulsion décisive à une réflexion indispensable sur les conditions du travail intellectuel et sur les mutations du métier d'enseignant.

- Un dossier de l'IFE (ex-INRP) rappelle l'opposition entre le triomphe du numérique dans le public et la maigreur des usages pédagogiques.
http://ife.ens-lyon.fr/vst/DA-Veille/79-novembre-2012.pdf

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17 septembre 2012

Souvenons-nous du monde d'avant

 

Souvenons-nous du monde avant internet
André Gunthert - Totem - 15.09.2012
http://culturevisuelle.org/totem/1678


La conclusion d'AG :

« Pendant toute cette semaine, je me suis aperçu, médusé, de toutes les questions que j’avais pris l’habitude d’adresser à mon environnement, sachant que j’avais de grandes chances d’obtenir un résultat. La puissance documentaire d’internet a élargi le monde et augmenté notre vision dans des proportions inimaginables.
Plus que des réponses, le savoir infini du web nous a appris à ne plus jamais refuser de nous demander comment, qui et pourquoi. Plus encore que la connaissance, il nous a apporté un émerveillement, une vigilance et un questionnement inépuisables.

Alors chaque fois qu’un pédant vante la déconnexion avec les trémolos du retour aux sources, souvenons-nous de tout ce que nous aspirions à savoir, de tout ce que nous étions malheureux de ne pas comprendre, et de tout ce que nous n’osions même pas demander ».

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07 septembre 2012

Réponse aux ennemis d'Internet

 

Titiou Lecoq, Ma réponse aux «élites» qui détestent l'InternetSlate.fr
http://www.slate.fr/story/61313/internet-ennemis-reponse?

extraits :

« Non, le web n'est pas un monstre fasciste mangeant le cerveau des humains.
Non, nous n'évoluons pas dans le far-west de la jungle du chaos.
Non, cela n'a rien à voir avec Auschwitz. Et non, ce n'est pas l'immédiateté le problème ».

Titiou Lecoq dresse un Florilège des propos anti-web classés par «métiers»


Puis elle répond sur le fond à ces attaques :

« Mais alors, face à un tel nombre de personnalités s’insurgeant devant l’abomination du web, peut-on simplement répondre qu’ils racontent des conneries?
Oui.
Ils déversent des torrents d’inepties. Pour la simple raison qu’ils ne connaissent pas ce dont ils parlent. Ce qu’ils disent est faux.

Elle propose un décryptage des éléments récurrents de leurs discours.
1. Le monstre de l’Internet
2. La jungle
3. Le point Gowin
4. L'immédiateté

Elle conclut : « Ne minimisons pas le traumatisme que représente Internet pour ceux qui avaient l’habitude d’être écoutés,  regardés, à qui on servait la soupe à température sans que personne ne les remette jamais en question.

Internet a donné une voix à ceux qui n’avaient jusqu’alors que la possibilité de se taire. Cette brusque ouverture donne lieu à des exagérations qui sont sans doute proportionnelles au sentiment de frustration et d’exclusion des sphères de paroles traditionnelles.

Rappelons trois éléments:
1 - La démocratisation d’Internet est récente, ses usages ne sont pas figés, il y a une éducation au web qui se fait petit à petit.

2 - La majorité des internautes ne commente pas. Réduire Internet à ses trolls, c’est méconnaître tous les autres utilisateurs.

3 - L’humanité n’est pas faite que de gens intelligents, mais tant qu’ils respectent la loi, même les abrutis ont le droit de s’exprimer - par contre personne n’est obligé de les lire ».

Titiou Lecoq est journaliste indépendante et blogueuse
http://www.slate.fr/story/61313/internet-ennemis-reponse?


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