17 août 2014

14-18 : Les appelés, consentants ?

 

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« Les appelés, consentants ? Mais ils n'avaient pas le choix ! »

Le débat du 08.08.2014 organisé par Arrêt sur images est en accès gratuit (pdt 24 heures)
http://tinyurl.com/ogfc5hh
http://www.arretsurimages.net/emissions/2014-08-08/Les-appeles-consentants

3 invités
Nicolas Mariot,
Emmanuel Saint-Fuscien
Patrick Mougenet
d'autres ont décliné l'invitation.

Pour ESF, l'expérience du front, la « transgression partagée de l'expérience de la violence extrême », a forgé une forte identité se superposant aux identités de classe »

Pour NM, la différenciation sociale est essentielle. Il propose d’en voir l’impact devant la mort et la blessure, devant les rôles guerriers
Et de donner davantage de place à la logique temporelle, entre assauts et temps passé à l’arrière, entre 14-18 et ce qui précède.


qq pages web sur la controverse / l'affrontement...
http://clioweb.canalblog.com/archives/2014/08/11/30390338.html

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12 août 2014

14-18 : consentement et violence

 
Philippe Olivera, « Histoire des violences et violence (sociale) de l’histoire.
À propos de la “nouvelle histoire” de la Grande Guerre »
in François Buton, André Loez, Nicolas Mariot & Philippe Olivera (coord.), « L’ordinaire de la guerre », Agone, n°53, mars 2014
http://terrainsdeluttes.ouvaton.org/?p=3888

Le centenaire (1914 ? 1914-1918 ?) met en avant un consensus supposé.
Pourtant, les controverses n'ont pas manqué dans l'historiographie de la Grande Guerre : cf. Frantz Fischer et le rôle de l'Allemagne de Guillaume II (1961). Après 2000, la guerre de tranchées entre les tenants d'une histoire culturelle dominante (Péronne) et les défenseurs d'une histoire sociale (CRID 14-18) a été intense.
Les auteurs de Retrouver la guerre (Péronne) dénoncent le « pacifisme rampant » des historiens précédents.
Selon eux, « des millions d’individus ont manifesté une acceptation massive de la violence ; ils ont « voulu et continué la guerre », avec une ferveur résolue, sinon enthousiaste ». Tout s'expliquerait alors par une supposée « culture de guerre » faite « de haine de l’ennemi, de pulsions de violences, de sentiment patriotique et de souffle millénariste ».

Pour PhO, « la nouvelle histoire de la GG est une histoire sans complexe de dominants pour les dominants, dont l’essentiel du propos est de nier la domination sociale en confisquant la parole des dominés… » (cf la lecture des mutineries de 1917).
  « En attribuant à tous et à chacun l’origine et la responsabilité de la violence, la thèse de la brutalisation, version cheap de la banalité du mal, accable les combattants ordinaires et dédouane les dirigeants, déjà épargnés de leur implication dans le déclenchement du conflit par toute une littérature apologétique qui en fait des somnambules pris dans des engrenages » …
« Derrière la cause brandie de l’autonomie scientifique face aux pacifismes... point n’est besoin de chercher loin les gros sabots du discours décomplexé qui traverse aussi bien le champ des sciences sociales que celui du champ politique ».

rappels :
1914-1918 : Guerre de tranchées entre historiens, Jean Birnbaum, Le Monde, 10.03.2006
http://clioweb.free.fr/dossiers/14-18/tranchees.htm

1914-1918 : Retrouver la controverse
François Buton, André Loez, Nicolas Mariot & Philippe Olivera , La vie des idées, 10.02.2008
« Les violences extrêmes qu’on observe pendant la Grande Guerre s’expliquent-elles par la culture de guerre, la brutalisation des sociétés, le consentement des soldats, la contrainte ? Tout en livrant un plaidoyer pour une science ouverte qui relierait professionnels, amateurs et enseignants, une équipe d’historiens et de politistes montre que les choix historiographiques engagent, au-delà des logiques universitaires, une réflexion sur l’individu, les catégories sociales, l’État et la manière de faire de l’histoire ».
http://www.laviedesidees.fr/1914-1918-retrouver-la-controverse.html
http://www.laviedesidees.fr/_Mariot-Nicolas_.html

dossier Historiographies de la Grande Guerre, Non-Fiction
dont Au-delà de la « contrainte » ou du « consentement »
Les hiérarchies sociales au front
débat entre Emmanuel Saint-Fuscien et Nicolas Mariot :
histoire culturelle (la « transgression partagée de l'expérience de la violence extrême ») ou histoire sociale ?
http://www.nonfiction.fr/article-7124-dossier__historiographies_de_la_grande_guerre.htm

De la guerre comme affrontement historiographique, Blois 2013,
audio d'une table ronde entre Mariot, Loez, St-Fuscien, Mazurel.
http://clioweb.canalblog.com/tag/loez

André Loez, 14-18. Les refus de la guerre. Une histoire des mutins, 2010
CR par Antoine Prost
http://mouvement-social.univ-paris1.fr/document.php?id=1642

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19 janvier 2013

La guerre n'a pas eu lieu

 

- 2006 : Jean Birnbaum - 1914-1918, guerre de tranchées entre historiens - Le Monde
http://controv.free.fr/clioweb/tranchees.htm

- 2012 - Guerre et société 4/4 - La Fabrique du 17.01.2013 (à archiver et écouter en différé)
La querelle du consentement, partir à la guerre : contrainte ou enthousiasme ?
invités d'E Laurentin : Nicolas Offenstadt et Stéphane Audoin-Rouzeau.
http://www.franceculture.fr/emission-la-fabrique-de-l-histoire-guerre-et-societe-44-2013-01-17


Consentement ?
Contrainte ?
Crainte du conseil de guerre ou pression conformiste du groupe social ?
Ecole historique de Péronne ? Ecole du Midi ou du CRID 14-18 ?
Clivage droite-gauche ?
Les historiens, les écrivains et les cinéastes ?
Quelle place donner aux témoins très diserts ?
Histoire culturelle et histoire sociale ?
Appartenance sociale ou solidarité combattante ?

silence relatif sur la culture de guerre,
sur le poids de l'état-nation (patriotisme ou chauvinisme ?)
Plus de place pour les conflits sociaux en 1917 ou pour l'engagement en faveur de la paix avant 1914.

8e minute : Ce qui a cristallisé et caricaturé le débat, ce sont les extérieurs,
les médias qui ont besoin de clivages simples (simplistes ?)
et les fabricants de manuels qui n'ont pas tjs lus les ouvrages jusqu'au bout
et ne les ont pas forcément compris. :-)

[ La guerre n'a pas eu lieu (!)
Cette Fabrique de la fraternisation est impressionnante.
Elle ferait presque oublier la virulence des affrontements vers 2005, et une biblio de 2003 où les historiens du Midi sont mis volontairement en marge. Les candidats aux concours de 2005 se seraient-ils effrayés à tort ?]


quelques rappels, sur la brutalisation consentie, cependant, pour ceux qui n'ont pas la mémoire courte :

- 2008 : 1914-1918 : retrouver la controverse
par François Buton & André Loez & Nicolas Mariot & Philippe Olivera [10-12-2008]
http://www.laviedesidees.fr/1914-1918-retrouver-la-controverse.html

« En ce sens, cette perspective suggère encore de ne jamais détacher l’étude des croyances ou des représentations de celle des situations et des cadres dans lesquels les individus évoluent. Car la Première Guerre mondiale, comme toutes les grandes épreuves sociales (guerres, épidémies, Terreurs, crises économiques) est d’abord un événement évident qui s’impose à tous et à chacun, en réduisant très fortement les marges de choix. Comprendre celles-ci suppose de reconstruire plus qu’une culture, fût-elle partagée : un réseau complet et complexe de représentations, de mécanismes institutionnels et de relations sociales ».

- 2003 : La biblio officielle :
http://www.ihtp.cnrs.fr/pdf/biblio_guerre_rousso.pdf

- Brutalisation – Consentement – Culture de guerre ...
lire André Loez sur le site du CRID 14-18 :
http://www.crid1418.org/espace_scientifique/textes/conceptsgg_01.htm

- Antoine Prost, La Grande Guerre : Armées, Combats, Sociétés
(France, Allemagne, Royaume-Uni) - 2004
http://aphgcaen.free.fr/conferences/prost.htm

- Et plus récemment : 30 000 tués en Corse ?
Jerôme Cahuzac corse le bilan de la Grande Guerre – Libération désintox - 15 janvier 2013
http://www.liberation.fr/politiques/2013/01/15/cahuzac-corse

Yann Lagadec et Jean Yves Le Naour, deux historiens, ont calculé le nombre de décès par département de naissance à partir de la base Mémoire des hommes
. Le département qui a payé le plus lourd tribut est en réalité la Lozère : 6 239 natifs du département sont tombés, soit 5,08% de la population de 1911. Suivent la Mayenne (4,48%), la Vendée (4,37%) puis les Côtes-d’Armor (4,26%). La Corse est plus loin. Contrairement à l’idée reçue, véhiculée à son insu par Jerôme Cahuzac, elle est 45e sur 87 départements, avec 3,41%, à peine plus que la moyenne nationale (3,06%).

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16 novembre 2010

Conseils de guerre en 14-18

- Emmanuel Saint-Fuscien (EHESS) était l'invité d'Antoine Garapon dans le dernier Bien Commun
Il a soutenu une thèse sur Obéissance et autorité militaires en France de 1890 à 1918 dirigée par SAR

En 1914, la justice militaire dépend d'une loi très répressive datant de 1857. Elle est fortement réformée en avril 1916.

Il existe 2 structures
. Les conseils de guerre aux armées, avec instruction, un commissaire, un rapporteur, 5 juges - 140 000 décisions de justice (soit au moins 300 000 plaintes, à rapprocher du nombre des officiers, environ 195 000 au cours du conflit)
. Dès le début de la guerre, l'Etat-major met en place des conseils de guerre spéciaux, parfois désignés comme cour martiale, 3 juges, sans instruction préalable, sans recours de grâce obligatoire - ils ont concerné moins de 800 cas

2 exemples :
6e - Marcel Hubert va voir sa femme enceinte, en désobéissant aux ordres. Il est condamné à 3 mois avec sursis

10e - Louis Marie, couvreur d'Isigny est condamné à plusieurs reprises (20 ans la dernière fois)
Il bénéficie d'une amnistie en 1922.

Les mutilations volontaires ont été illustrées par le Long dimanche de fiancailles. Habituellement, le refus avait lieu à l'arrière, pas au front. Statistiquement, elles sont très rares : pour une division (environ 15 000 hommes), entre sept 14 et mars 19, ESF a repéré 16 cas sur 1329 décisions de justice (dont 5 acquittements).

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- Un tableau à confronter avec la justice mise en scène (à l'américaine, avec Kirk Douglas en officier et avocat de la défense)
dans Les Sentiers de la Gloire
Voir dans cet extrait en anglais avec sous-titres
( 9e mn : « this is a general court martial... don't take up the court's time with technicalities ».

paths_techn

La rumeur sur la censure sévit encore dans la version française de Wikipedia. Si vous avez le temps et l'envie de corriger...
« Contrary to a persistent urban legend, the film was not banned in France; however, the French government placed enormous pressure on United Artists, the European distributor for the film, through diplomatic channels, to refrain from releasing the film. As a result, the film was not submitted to French censors, and was not shown in France until 1975, when moral codes had changed »  http://en.wikipedia.org/wiki/Paths_of_Glory

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- Réhabilitations.
En reprenant mes notes de l'intervention d'André Bach, Réhabiliter les fusillés, lors de la journée sur La Grande Guerre aujourd'hui.14-18 dans le monde social, Sorbonne, 8 novembre 2008 :

André Bach a évoqué la Loi du 9 Mars 1932 qui a modifié la composition de la Cour Spéciale de Justice Militaire
Cela a conduit à la réhabilitation de 17 cas sur 27 examinés, dont celle de Théophile Maupas et les trois autres caporaux de Souain dont le dossier était déjà bouclé (par Blanche Maupas, avec l'aide de la Ligue des droits de l'homme).
http://clioweb.free.fr/dossiers/14-18/souain.htm

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- Shot at dawn, Côté britannique voir les liens de la page Wikipedia
et le compte rendu de l'ouvrage de Will Ellsworth-Jones,
We Will Not Fight : The Untold Story of World War One's Conscientious Objectors
dans The Guardian en 2008 - http://www.guardian.co.uk/books/2008/may/17/history
et la revue de presse sur la liste H-Francais 18/05/2008