20 décembre 2013

Commemorationnite ?

 

- Commemorationnite ? Pierre Assouline, L'histoire 395

En 2010, pour Didier Méhu, les festivités organisées à Cluny autour du 11e centenaire de la fondation n'ont pas tenu compte des travaux historiques et n'ont pas servi la recherche.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Didier_Méhu
L’historien médiéviste face à la demande sociale
http://www.academia.edu/3051765/_Lhistorien_medieviste_face_a_la_demande_sociale_

« On ne saurait trop le répéter : la commémoration est un combustible pour la mémoire, pas pour l'Histoire. Toute à ses mises en scène, elle s'emploie davantage à panser le passé qu'à le penser » écrit Assouline. A côté, la colloquite, dénoncée naguère par Jacques Le Goff, apparaît comme une affection bénigne. Quand les historiens vont-ils cesser de prêter main forte à une entreprise dont ils dénoncent les effets pervers ?

« Trop de commémoration ne risque-t-il pas de tuer la commémoration ? »

Pourquoi l'agenda des médias pèse-t-il tant sur le travail des historiens ?
Pourquoi la guerre occupe-t-elle tant d'espace dans les recherches en histoire ?

2 rappels :

- Le Café,
le mensuel, Histoire

141 - A la Une : préparer le centenaire de la Grande Guerre
143 - A la Une : la RMN et la Grande Guerre
144 - A la Une : le centenaire de la Grande Guerre (suite)
146 - 1998 -2013 : le web et l’enseignement de l’histoire entre deux commémorations
http://www.cafepedagogique.net/lemensuel/lenseignant/schumaines/histoire/Pages/141_Sommaire.aspx

- 14-18, la folie éditoriale du centenaire, Les Echos, 06.12.2013
Les libraires indépendants face à la déferlante 14-18, engagée dès 2013, longtemps avant le centenaire du déclenchement de la guerre. http://m.lesechos.fr/tech-medias/14-18-la-folie-editoriale-du-centenaire-0203138087910.htm

 

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23 avril 2012

La France des commémorations

 

Rémi Dalisson (U de Rouen), Et la France dans tout cela ? La Fabrique de l'histoire, 20.04.2012
en mp3, au début de l'émission
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10076-20.04.2012-ITEMA_20361988-0.mp3


extrait :

11 cérémonies nationales honorent des guerres.
Aucun conflit du XXe, victoire ou défaite, n'est oublié dans ces commémorations.

« En écoutant les autorités et les grandes plumes officielles discourir et commémorer,
voire surjouer aux faits de guerre,
l'historien des commémorations ne peut s'empêcher de penser à Barrès,
dans Scènes et doctrine du nationalisme 1905 :
« avec une chaire d'histoire et un cimetière, on a l'essentiel de la patrie ».

si l'enseignement de l'histoire tend à disparaître du système éducatif,
mais aussi de la formation ou de la non-formation des enseignants
depuis la désespérante masterisation,
que reste-t-il pour faire sens et bâtir une nation, un langage commun ?

Rien ou si peu

Il reste les cimetières, et cette obsession du sacrifice guerrier, de la grande figure
comme si la terre gorgée du sang des ancêtres et des morts à venir
suffisait dessiner les contours d'un pays refermé sur son histoire et ses
mythes purement nationaux et militaires;
comme si le sang et la mort étaient les seuls viatiques d'une identité
exclusivement tournée vers le passé, le rituel et ses certitudes ...

... dans cette nostalgie identitaire qui fleure bon le XIXe,
et à laquelle la commémoration de guerre est réduite,
c'est la mémoire fantasmée qui prend le pas sur l'histoire ou sur les histoires
c'est la France qui se replie,
au risque de se couper du reste du monde et de ses évolutions,
en agitant les peurs identitaires dont on sait les conséquences
qu'elles eurent dans le passé et qu'elles ont encore de nos jours ».


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