01 octobre 2016

Palestine : colons et colonies

 

- Les Colons, documentaire en deux parties de Shimon Dotan - Arte 27.09.2016
   
   A voir ou à revoir sur Arte+7
http://www.arte.tv/guide/fr/053996-001-A/les-colons-1-2
http://www.arte.tv/guide/fr/053996-002-A/les-colons-2-2

(Le Monde 26.09.2016  + Télérama)
Le film raconte en détail les étapes de l’installation depuis 1967 de 400 000 Israéliens en Cisjordanie (la Judée-Samarie des sionistes), au milieu de 2,7 millions de Palestiniens. Une lecture extrémiste de la religion alimente un nationalisme qui ne recule devant aucune provocation.

« À bien des égards, la stratégie des colons et celle de l’Etat d’Israël se rejoignent : couper les communications entre les villages palestiniens, encercler les villes, voire s’installer en leur cœur pour y assurer une présence militaire. Le réseau de routes, de ponts et de tunnels – sans compter les murs – tracés pour protéger les colons de tout contact avec la population palestinienne est un carcan destiné à étouffer la Cisjordanie et à la découper en autant de petites enclaves ».

oslo-areas

cf dans le documentaire, la carte des 3 types d’espaces lors des accords d’Oslo,

hebron-bousac

ou l’archipel de Palestine, la carte de Julien Bousac.
http://clioweb.canalblog.com/archives/2011/07/03/21528936.html


« Aujourd’hui, les colonies ne sont pas seulement une menace pour la paix mais aussi pour Israël lui-même »

 

- Avec Shimon Pérès, un Etat hébreu à bras ouverts...
... et à la recherche de plus d’espace (cartes 1949-1967, 1967-1995, depuis 1995) - Libé des géographes, 28.09.20166
http://www.liberation.fr/planete/2016/09/28/israel-a-la-recherche-de-toujours-plus-d-espace_1513845

Béatrice Giblin : « Les colons sont tous persuadés de leur mission divine, ils appliquent sans états d’âme la stratégie des avant-postes mise en œuvre dès le tout début du sionisme : une installation très limitée en terre hostile, au cœur de la Cisjordanie, puis son renforcement par l’installation, toujours illégale, de quelques familles et enfin, avec le temps et le poids des partis religieux qui ne fait que se renforcer, la reconnaissance plus ou moins officielle de la colonie par l’Etat israélien. Le choix des lieux est non seulement fait en référence à la Bible mais aussi pour mailler la Cisjordanie de points d’ancrage juifs installés sur le haut d’une colline afin de dominer l’espace (à la différence des villages palestiniens qui sont sur les versants) et en prendre le contrôle peu à peu en s’appropriant par la force les terres agricoles des paysans palestiniens.

Par ses aménagements routiers (autoroutes, tunnels et autres ponts, réservés aux seuls Israéliens), l’Etat réussit à donner l’illusion de la continuité du territoire national, ce qui permet aux colons de se croire en Israël, donc de ne pas se penser comme colons et encore moins de se voir comme des occupants illégaux - ce qu’ils sont au regard du droit international...
Cette géostratégie profite des divisions politiques entre Palestiniens. Pour pouvoir résister, il faudrait davantage d’investissements de la diaspora palestinienne et une pensée de l’espace. La colonisation israélienne a donc encore de l’avenir »



- Comment les colonies ont déterritorialisé la Cisjordanie
- Libé des géographes, 28.09.20166
(en schéma la fragmentation des territoires et la concurrence entre villages palestiniens et colonies juives
+ la colonie, une rupture dans le maillage palestinien
http://www.liberation.fr/planete/2016/09/28/comment-les-colonies-ont-deterritorialise-la-cisjordanie_1513858

Les colonies participent de la fragmentation méthodique du territoire palestinien, tout comme le mur construit depuis 2002
L’article esquisse une typologie des colonies.
Les colonies encerclent les villes palestiniennes : Ramallah est cerné par Beït-Horon, Dolev, Beit El, Psagot et Kokhav Yaakov. Naplouse est dans une cuvette. Les hauteurs sont occupées par des colonies.

1 photo occupe 1 des 2 pages. Elle n'est pas localisée avec précision.
L'écriture aurait pu gagner en simplicité et en efficacité :
« par là même, Shimon Pérès contribue à ce qu'échappe lentement le processus d'implantations en Cisjordanie au contrôle du gouvernement israélien »


westbank2014

West Bank - Colonies israéliennes et accès contrôlés ou interdits - sept 2014 - Commons
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/fd/West_Bank_Access_Restrictions.pdf (17 Mo)
West Bank, la situation en dec 2012
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/2f/West_Bank_Dec_2012.jpg

En 2000, un Etat morcelé par des colonies, Ph Rekacewicz, Le Monde diplomatique
http://www.monde-diplomatique.fr/cartes/cisjordaniedpl2000

Palestine - Cisjordanie - West Bank
http://en.wikipedia.org/wiki/West_Bank


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02 septembre 2013

Une histoire partagée

 

singara-atlas
Pierre Singaravélou, Jean-François Klein, Marie-Albane de Suremain
Atlas des empires coloniaux (XIXe-XXe s.) , Paris, Autrement, 2012


Colons, colonisés, une histoire partagée - Libération Le Mag, 30.08.2013
http://www.liberation.fr/monde/2013/08/30/colons-colonises-une-histoire-partagee_928383

ITV - Des élites autochtones qui pactisent avec les colonisateurs, des peuples qui résistent… L'historien Pierre Singaravélou, spécialiste des empires coloniaux, signe un ouvrage collectif qui déjoue les clichés.
Explications cartes à l'appui.


extraits :
« Pour la première fois en France, une équipe de chercheurs français et étrangers décide d’écrire collectivement une histoire comparée des empires coloniaux, européens, japonais et américain, sous la direction de Pierre Singaravélou , déjà coauteur d’un Atlas des empires coloniaux. De nombreux clichés sont ainsi débusqués, ceux de l’historiographie traditionnelle mais aussi ceux des études post-coloniales qui s’inspirent des travaux de l’intellectuel américano-palestinien Edward Saïd et enfin ceux de l’historiographie conservatrice ou néoconservatrice, illustrée aujourd’hui par Niall Ferguson. Ici, l’histoire de la colonisation n’est pas abordée d’un point de vue moral et ne dresse aucun bilan, ni positif ni négatif »…

« La colonisation a été à l’origine d’une histoire commune, violente mais tissée de nombreux échanges, qui fait de nous ce que nous sommes. Colonisés et colonisateurs ont été transformés par cette expérience. Et il revient aujourd’hui aux historiens d’étudier ces interactions … En France, à quelques exceptions près, nous manquons cruellement de travaux empiriques pour mesurer l’impact de la colonisation sur la métropole elle-même, ses institutions, sa culture, et ses pratiques sociales »…

« En se concentrant sur les migrations «blanches» transatlantiques, les historiens ont longtemps éludé les grands flux migratoires asiatiques.
Environ 50 millions de Chinois et 30 millions d’Indiens ont quitté leur région d’origine pour travailler outre-mer, dans les colonies européennes. Si la majorité d’entre eux ont fini par rentrer chez eux, une partie est demeurée sur place et a contribué à refaçonner la démographie de certaines colonies comme Maurice et Singapour, dont la population devient respectivement majoritairement d’origine indienne et chinoise ». …

Q - La colonisation serait-elle à l’origine de la mondialisation ?
R - « Il est tentant de penser que les empires ont constitué l’un des principaux vecteurs de la mondialisation dès le milieu du XIXe siècle. C’est par exemple la thèse de l’historien Niall Ferguson, qui parle d’«anglobalisation» pour qualifier le rôle décisif de l’empire britannique dans l’avènement de la «modernité» aux quatre coins du monde avec la diffusion du libre-échange, des institutions politiques modernes, de la langue anglaise ou encore des sports dits «modernes».
L’expansion coloniale a, certes, induit une accélération et une intensification des interactions à l’échelle mondiale qui, pour la première fois dans l’histoire, ont concerné - simultanément mais avec une intensité variable - des populations des cinq continents. Mais contrairement à Niall Ferguson, on ne peut pas dire que la colonisation a entraîné un processus univoque d’occidentalisation des sociétés colonisées. Celles-ci se sont appropriées, ont adapté et réinventé des formes culturelles d’origine européenne : le développement des langues créoles et des syncrétismes religieux illustre parfaitement cette mondialisation impériale avant la Seconde Guerre mondiale ».

Libération a regroupé 4 cartes : le monde de Félix Eboué (1884-1944), celui de Gabriel-Louis Goulvant (1872-1932), Philip José Rizal (1861-1896), John Pope Hennessy. (1834-1891)
sur Félix Eboué : http://fr.wikipedia.org/wiki/Felix_Eboue
cartoon from Charles Alston, 1943 - http://en.wikipedia.org/wiki/Felix_Eboue

singaravelou
Pierre Singaravélou
http://irice.univ-paris1.fr/spip.php?article484

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