18 mai 2015

Collège2016 : les polémiques continuent

 

Les principaux points de discorde de la réforme du collège , Le Monde 18.05.2015
- L’autonomie accrue des établissements **
- L’interdisciplinarité
- Les programmes d’histoire *
- Latin (20 % des collégiens) et Grec (3 % selon le MEN)
- Classes bilangues
http://www.lemonde.fr/education/article/2015/05/18/les-principaux-points-de-discorde-de-la-reforme-du-college_4635271_1473685.html

* L'histoire scolaire au collège :

- La bataille très idéologique des historiens, Le Monde, 18.05.2015
« La nouveauté dans la virulente réactivation d’une polémique déjà ancienne, c’est bien le rapport à l’identité. Les partisans du « roman national » craignent une dilution de l’identité française dans la « repentance » postcoloniale. Les défenseurs d’une « histoire globale » [défendent une histoire plus ouverte sur les autres aires géographiques] ; ils redoutent que les programmes scolaires ne ravivent les crispations identitaires et nationales. De l’inégalité à l’identité, décidément, la bataille du collège est la chambre d’écho de toutes les fractures françaises ».
http://www.lemonde.fr/education/article/2015/05/18/reforme-du-college-la-bataille-tres-ideologique-des-historiens_4634996_1473685.html


- Giesbert cité par Lysiane Gagnon dans La Presse (Québec) :
« au train où vont les choses, il y aura bientôt des cours pour se faire pardonner d'être Français »
http://www.pressreader.com/canada/la-presse/20150516/281913066691283/TextView


- « L'Histoire n'est pas un catéchisme », Nicolas Offenstadt, La Dépêche, 18.05.2015
« Il faut séparer la réforme du collège et les programmes »
Si on veut transformer l’histoire scolaire en ministère de l’identité nationale, aucune réponse mesurée ne sera possible. Quant aux pages sombres (Vichy, les traites), « il est préférable que ces sujets soient mis en perspective et traités sans excès à l'école plutôt que de les laisser aux emballements médiatiques ».
http://www.ladepeche.fr/article/2015/05/18/2106858-l-histoire-n-est-pas-un-catechisme.html

- Histoire scolaire : halte aux mensonges et aux fantasmes - Le Monde 14.05.2015
« nous entendons rappeler que l’histoire n’est pas le véhicule d’une propagande inculquée, mais une discipline critique permettant de questionner le passé et d’agir librement au présent, en toute conscience. Dans ce sens nous appelons les responsables politiques à ne pas céder aux instrumentalisations médiatiques alimentant la culture de la peur, de la haine et du repli sur soi qui gangrènent actuellement la société française ».
http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/05/14/enseignement-de-l-histoire-au-college-halte-aux-mensonges-et-aux-fantasmes_4633649_3232.html


** structures du collège :

- Les langues scolaires en Europe - Ouest-France 13.05.2015
http://www.ouest-france.fr/europe-comment-sont-enseignees-les-langues-etrangeres-dans-lue-3395887

- Grève du 19 mai 2015
« Les 2 textes qui fondent le projet de réforme du collège ».
http://www.lille.snes.edu/spip.php?article2970

- Valls : pourquoi la réforme du collège doit se faire - Libération 17.05.2015
« je vois une forme, au mieux de schizophrénie intellectuelle, au pire de mauvaise foi, à faire le constat d’une école qui va de plus en plus mal et, dans un même mouvement, se dresser contre toutes les tentatives qui visent à la ­réformer ».
« L’histoire ne doit pas être l’enseignement d’une «culpabilité nationale», mais une source de cohésion, de fierté, et aussi de vigilance en tirant les enseignements lucides du passé ».
http://www.liberation.fr/politiques/2015/05/17/pourquoi-la-reforme-du-college-doit-se-faire_1311120


03.06.2015 : Forum organisé par le CSP
http://clioweb.canalblog.com/archives/2015/06/04/32165516.html
.http://clioweb.canalblog.com/archives/2015/06/04/32165516.html

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16 mai 2015

NVB et le collège : une com' ratée ?

 

OliviaG

 

Collège2016 : Mélange des enjeux, oubli des relais d'opinion, etc. les choix de NVB en matière de communication interrogent.
vendredi 15 mai, sur i-Télé, analyse d'Olivia Grégoire, une communicante (ex-Xavier Bertrand, ex-Saint-Gobain).
CQFD, vers la 9e minute, après 50 s de pub
http://www.itele.fr/magazines/cqfd-ce-quil-fallait-decrypter/reforme-du-college-une-bronca-justifiee-12-124051

en substance :
La communication, c'est avant tout de l'anticipation.
Il vaut mieux préparer son dossier pour ne pas avoir à rattraper des erreurs.

Pour la réforme en cours, les enjeux ont été mélangés : une réforme des structures en 2016, une refonte des programmes (avec consultation des enseignants en mai-juin 2015). Le message est brouillé par une définition insuffisante des paramètres.

Ensuite, si l'on peut comprendre la volonté de gérer simultanément les deux aspects,
2 ou 3 points interrogent sur la com' autour de cette réforme :
. un manque de pédagogie globale : une réforme, cela se met en scène, il faut donner à en voir la genèse, souligner le consensus obtenu, pour éviter qu'elle n'apparaisse comme une décision imposée de manière unilatérale,
. un oubli des relais d'opinion. Dans une com’ normale, ces relais servent soit à faire taire les critiques, soit à disposer de porte paroles. Les parlementaires socialistes auraient pu jouer ce rôle.

OG rappelle le précédent des ABC de l'égalité. En janvier 2014, l'opposition a fait fuiter le contenu des ABC. Cela lui permettait de caricaturer le projet pour mieux le démolir. La ministre a alors perdu la main. Elle avait déjà oublié ses relais au sein du PS.

Pour Ségolène Royal, il faut être vigilant et savoir entendre les grandes voix (P. Nora)

des sujets pas clairement circonscrits, des relais d'opinion non mobilisés,
un séquençage imprécis, une absence de stratégie intégrant des alliés,
en termes de com', la ministre est aujourd'hui sous tension.
Les sarkozystes l'attaquent violemment, comme les ennemis du MPT l'ont fait pour Christiane Taubira


Sur Europe 1, NVB réplique en s'en prenant à de « pseudo-intellectuels » qu’elle accuse de développer des contre-vérités. Elle évoque aussi le concert des immobiles.
Elle envoie le président du CSP au front (des textes provisoires, faits pour être « martyrisés »)
Tout ceci arrive bien tard.
N'aurait-elle pas pu, comme Renzi l'a fait, expliquer sa réforme devant une caméra (avec un tableau noir ?)

Alors, communication ratée ? Tactique assumée ?
Pour Olivia Grégoire, NVB n'est pas une novice en politique, elle est entourée d'équipes professionnelles.
Ces erreurs grossières ne seraient-elles pas une tactique et une stratégie délibérée de com' ?

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14 mai 2015

College2016 : un enjeu très politique

 

La bagarre actuelle fournira un excellent terrain d’étude pour les politistes.
Elle mélange réforme de structure et changement de programmes.
Elle laisse dans l'ombre un élément essentiel : que peut maîtriser (en histoire) un enfant de 8 ans ?


Elle prospère sur des clivages brutaux, hérités ou nouveaux.

- Le principal est politique, avec les divergences entre gauche et droite sur l’éducation, la volonté de revanche de Sarko, la compétition au sein de l’ump/pmu entre droite et extrême-droite. Les méthodes empruntent à la mobilisation contre le mariage homo et à la surenchère contre les ABCD de l'égalité (d'où Taubira et NVB comme cibles)

- Le choc entre deux visions antagonistes de l'école, entre nostalgiques et modernistes, prend tout son poids politique (cf l'affrontement sur les compétences). En primaire, la bataille a déjà été joué : programmes de 2002 (Joutard) ou de 2008 (Darcos ?)

- La lecture de l’histoire est aussi un terrain de castagne,
entre les tenants d'une histoire-bataille (Louis XIV, Napo)
et les héritiers des Annales (Louis XIV et 20 M de Français, le Molière d'Ariane Mnouchkine).


Dans cette affaire, la droite ne manque pas de mauvaise foi.
Entre 2007 et 2012, elle a ébranlé le lycée pour récupérer des postes.
Elle a vilipendé le collège unique, mais elle n'a touché ni aux rythmes, ni aux structures du collège.
Au pouvoir, aurait-elle mené une autre politique sur le latin ?
Elle sait que les électeurs ont la mémoire courte : seuls les militants se souviennent des dégâts de la chatelisation en SES et en HG.

A gauche, il me semble que Peillon, qui avait en main toutes les cartes en 2012, a une très lourde responsabilité dans la situation actuelle. Le ministre prof de philo a joué la refondation, la morale pour tous (les profs de philo). Il a laissé en place les programmes Chatel en lycée.
Son camp risque de payer cher cette erreur de timing : une réforme du collège aurait peut-être eu sa chance dans la foulée de la présidentielle ; une telle réforme est mal en point à 2 ans de la prochaine présidentielle, dans un contexte d’impopularité durable de Hollande et d’implantation du FN.


Les maladresses du CSP sont aussi en cause.
Avec la coupure entre classe de 6e et de 5e (cycle 3 -cycle 4), la 5e commence par l’histoire (obligatoire) de l’islam. C’est une vieille habitude. Mais les polémistes ont eu vite fait d'y voir une nouveauté et d'y chercher le signe d’une prétendue islamisation.

Enfin, les médias jouent un rôle trouble.
Le cœur de leur commerce actuel, ce sont les catastrophes à l'échelle de la planète + l’insécurité (+ la téléréalité bien mal nommée + les commémorations - que l'on peut techniquement anticiper).
Pour eux, à l’école Tout doit être Ludique *. L'histoire scolaire devrait ressembler à l'histoire de France-TV : des archives truquées (Apo14-18), le passé de l'humanité réduit aux coucheries de Charlotte-Rosalie.

Ces médias qui se vendent comme le coeur de la démocratie confondent souvent débat et spectacle de l’agitation (cf la différence entre Michel Polac et Dechavanne). Aujourd'hui, pour agiter, il suffit d'inviter Finkelkraut sur France 2, Fumaroli chez Arte, Bonod sur BFM-TV, Casali sur Public-Sénat...


* cf. Chronique internet 430 :
http://clioweb.free.fr/chronique/aphg430c.pdf
« Dans un web dominé par le commerce en ligne et le bruit des conversations en continu, c’est un débat impossible. Les discours vantent la « nouveauté » et la rupture, les usages suggèrent des évolutions progressives. Au café du commerce, les opinions sont tranchées et définitives. Les médias leur font écho ; ils utilisent l'ordinateur pour caricaturer l'éducation. A les écouter, en classe, tout devrait être aussi speedé qu’une publicité pour un produit inutile, aussi profond qu’une séance de télé-réalité, aussi avisé qu’une suite de micro-trottoirs et aussi ludique que l’inventaire journalier des catastrophes sur la planète ».

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11 mai 2015

Education : Faux débats et vraies passions

 

- Thomas Legrand - Education : Faux débats et vraies passions - L'édito politique, F-Inter
http://www.franceinter.fr/emission-ledito-politique-education-faux-debats-et-vraies-passions

« l’éducation est un thème aisément « instrumentalisable ». Surtout contre un gouvernement déjà impopulaire »
« Ceux qui débattent passionnément de l’éducation ont tendance à y projeter, non pas des enjeux pédagogiques, mais les névroses de la société : La fin de l’autorité, la monté des individualismes, la perte du sens civique ou du gout l’effort. Comme l’école est au début, on a tendance à la prendre pour la source. La source des problèmes ! Alors qu’elle en est plutôt que le réceptacle ».


- Programmes : Une consultation dans le désordre - Le Café 11.05.2014
http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2015/05/11

« C'est dans cette situation que s'ouvre, le 11 mai, la consultation sur les programmes. Les enseignants sont invités à se prononcer sur les programmes proposés légalement par le CSP. Mais ceux-ci sont déjà dépassés par les déclarations politiques du président et du gouvernement. Et des commissions parallèles sont déjà en train de les réécrire ».


- Najat Vallaud-Belkacem : "Cette réforme du collège doit s'appliquer à la rentrée 2016" - JDD 10.05.2015
http://www.lejdd.fr/Politique/Najat-Vallaud-Belkacem-Le-probleme-c-est-la-passivite-des-eleves-au-college-731592

Que doivent apprendre, selon vous, les collégiens en histoire?
« D'abord, et c'est prévu, il faut revenir à la chronologie pour permettre aux élèves d'acquérir des repères temporels solides. Ensuite, il faut y mettre ce qui fonde l'identité de la France : les Lumières, la Révolution française, la construction de la République, la Résistance… Les collégiens doivent apprendre les périodes de grandeur comme les périodes plus sombres de notre histoire. Car il est nécessaire de connaître son passé pour pouvoir se projeter dans l'avenir. L'enseignement laïc du fait religieux doit aussi être renforcé : les débuts du judaïsme, du christianisme sous l'Empire romain, la place de l'Église au Moyen Âge, la naissance de l'islam… »

« ... comme l'enseignement de l'histoire doit être rassembleur, je vais réunir prochainement, avec le Conseil supérieur des programmes, des historiens de renom, comme Pierre Nora, Jean-Pierre Azéma et bien d'autres, pour que le travail en cours bénéficie de leur regard et de leur expertise ».


- Pierre Nora sur les nouveaux programmes d’histoire : « L'image d'une France fatiguée » JDD 10.05.2015
http://www.lejdd.fr/Societe/Education/L-historien-Pierre-Nora-sur-les-nouveaux-programmes-d-histoire

A quoi sert l'histoire?
Elle doit être à la fois utile et plaisante. Utile parce qu'elle permet de nous définir à la lumière de ce que nous ne sommes plus. Plaisante parce qu'elle doit être incarnée, aussi vivante que possible.

« Que proposez-vous?
Je proposerais une orientation claire : expliquer ce que la France a apporté à l'Europe et au monde et, inversement, ce qu'elle a reçu de l'Europe et du monde. Le cadre chronologique pourrait reprendre les identités françaises successives : féodale, royale, monarchique, révolutionnaire, nationale, républicaine, et aujourd'hui démocratique. On mettrait l'accent sur ce que notre pays a apporté de singulier au reste du monde : par exemple les cathédrales, l'élan chrétien, ensuite et surtout le modèle de l'État-nation, l'absolutisme monarchique dans ce qu'il a de glorieux – Versailles, le Roi-Soleil… – et de niveleur pour les minorités nationales, les Lumières, la langue française qui a régné sur l'Europe du XVIIIe siècle, les droits de l'homme, l'expérience révolutionnaire dans ce qu'elle a de positif et de négatif, une littérature extraordinaire, l'expérience coloniale avec ce qu'elle a pu également apporter au monde, y compris des armes pour s'affranchir… »


- Michel Lussault, président du CSP
sur Twitter le 10 mai 2015 : http://twitter.com/MichelLussault

« Non le #CSP ne déléguera pas la fabrication des programmes d'HG à une commission mais organisera un forum et rencontrera des historiens et des géographes .. »
« Le #CSP ne se départit pas de sa mission : réviser les versions martyrs des prog à partir de la consultation DGESCO et de nos rencontres ».
« Et nous le faisons parce que le #CSP a été créé par la loi Refondation de l'Ecole : seul le conseil est légitime à proposer des programmes ».
http://twitter.com/MichelLussault/status/597339724248969216


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09 mai 2015

Public Sénat : collège et programmes

 

Hier matin, Bibliothèque Médicis abordait la question de la réforme du collège
et des projets de programmes.

à voir en différé :
http://replay.publicsenat.fr/vod/bibliotheque-medicis/174182


un débat civil à 4 (Chatel, Gueniffey, Martin et Elkabach)
contre 2 (Lussault, Blandin),
même si l'affrontement sur le fond glisse vers sur le registre moralisateur (lâcheté ?).
On peut être surpris de voir Chatel vanter le collège unique (une grande idée),
et éviter de tirer un bilan de son propre ministère.


La polémique actuelle est pleinement politique.
La droite s'était attaquée à la formation des profs et au lycée, pas au collège
La gauche paie sans doute le calendrier choisi par Peillon :
une réforme d'ampleur, elle n'attend pas la 3eme année d'une présidence si déconsidérée.

2 indices de ce fossé entre visions politiques :
Pour Elkabach (et Chatel), l'autonomie c'est celle du chef (d'établissement)
pas la marge de liberté reconnue aux équipes de profs.
Chatel conteste l'existence du CSP.
Pour lui, un programmes doit être décidé par le ministre (ou son cabinet ?).


Le débat a passé sous silence l'écart entre le programme comme construction intellectuelle
et sa mise en pratique dans les classes.

Mais le poids de la rédaction et de la mise en forme a été souligné :
publier un texte non stabilisé, c'est donner des armes à ses adversaires et
aux polémistes professionnels habitués des médias.
N'aurait-il pas fallu anticiper les points de blocage prévisibles ?


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27 avril 2015

Programmes : analyse du SNES

 

SNES - Projet de programme collège en histoire géographie
Premières analyses avant retour des consultations
vendredi 24 avril 2015
http://www.snes.edu/Projet-de-programme-college-en-histoire-geographie.html

Le projet qui doit être soumis à consultation ne révolutionne pas les contenus enseignés en histoire et en géographie. Il est visiblement le résultat d’arbitrages délicats, comme de coutume pour la discipline, mais il devrait ouvrir de nouvelles opportunités aux enseignants et leur permettre d’exercer leur liberté pédagogique tout en assurant un cadrage commun qui reste bien marqué, avec des repères annuels.
D’ores et déjà attaqués par certains comme un abandon de la mémoire nationale, il est nécessaire d’écouter ce qu’en pensent les professionnels qui devront le mettre en œuvre avec les élèves.


Des points positifs :
Le projet de programme du CSP reprend en grande partie les contenus du programme actuel, mais il devrait permettre aux enseignants de renouveler les approches, soit parce que les entrées sont nouvelles et bienvenues (en 5ème, « le monde en 1500 », en 3ème « les femmes au cœur de sociétés qui changent »), soit parce que le libellé est beaucoup plus succinct et donc moins prescriptif dans les démarches. La disparition des « études particulières » notamment, va donner plus de liberté pédagogique. Les intitulés invitent à une mise en œuvre libre par l’enseignant en concertation avec son équipe, le cas échéant. Nous avons toujours défendu que certaines questions soient laissées au choix, à partir du moment où un programme ne permet pas de tout traiter d’une période par exemple, et que les finalités en terme de connaissance disciplinaire soient bien les mêmes : à savoir la mise en réflexion historique ou géographique qu’une question permet d’aborder.

Dans le préambule du programme du cycle 4, une phrase essentielle indique la fin de la prétention à l’exhaustivité. Des repères annuels structurants (heureusement) et une trame chronologique sont maintenus. Le fil rouge des programmes serait davantage celui des décloisonnements, des contacts, des regards croisés, ce dont on peut se réjouir. Le fait religieux est également annoncé comme un axe fort de leur écriture. Il reste selon nous à trouver un juste équilibre afin que celui-ci ne devienne pas la seule clé de lecture de toute société du passé ou d’ailleurs.

Au cycle 3, le programme d’histoire est peu renouvelé, donc peu allégé. En géographie, il apparaît plus cohérent, mais une mise au choix de certaines questions (espaces ruraux ou faibles densités) permettrait d’en améliorer la faisabilité.

Au cycle 4, la partie « compétences » revoit de façon plus pertinente les ambitions intellectuelles de la discipline. Pour la maîtrise des repères du temps et de l’espace il ne s’agit plus seulement de mémoriser mais de saisir la complexité de ces repères et de les manipuler.
Le document reprend toute sa place, son statut est éclairci. Notamment pour ce qui concerne l’exercice d’analyse. « Raisonner, argumenter, exercer son esprit critique », « connaître les outils de l’historien et du géographe », sont des finalités réaffirmées clairement dans le tableau précédent la présentation du programme pour le cycle 4.


Des points qui appellent cependant des réserves :
Dès la 4ème, l’histoire politique l’emporte sur l’histoire sociale ou culturelle, ce qui est fort dommage, et le choix se réduit de plus en plus. Mais surtout le nombre de questions augmente, passant de 12 à 14, ce qui risque fort d’entraîner à nouveau un problème de survol au pas de charge des différents sujets, et l’inflation des questions rentre alors en contradiction avec les objectifs de compétence affichés en premier lieu. Il est clair que des logiques contradictoires sont présentes dans ce projet, il faudra tenter de les dépasser avant la version définitive si on ne veut pas laisser les enseignants trancher en leur donnant l’impression que, dans tous les cas, ils ne font pas ce qu’on leur demande.

Le programme de géographie est, en de nombreux points, un décalque de celui du lycée. A-t-on prévu de revoir entre temps ces derniers afin d’éviter la répétition à l’identique des mêmes questions, ce que dénoncent les collègues depuis plusieurs années ? En géographie, le choix est quasi inexistant, alors que la pression sur les contenus est certainement moins forte qu’en histoire. Par ailleurs, la géographie scolaire, nettement plus conceptuelle, se prête plus aisément à des approches au choix, rendues pertinentes par les diversités des opportunités

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