18 septembre 2015

A quoi peut servir la morale scolaire ?

 

- La morale, à l'Ecole et à l'Assemblée. Nicole Ferroni, France-inter 16.09

dans le texte officiel, la morale enseigne à
« s'affirmer dans un débat sans imposer son point de vue aux autres »
« coopérer en vue d'un intérêt commun »
« distinguer l'intérêt particulier de l'intérêt général »
http://www.education.gouv.fr/pid285/bulletin_officiel.html?cid_bo=90158

Ce texte ordonne « Aborder la laïcité comme liberté de penser et de croire ou de ne pas croire ».
Dans la loi de 1905, « La République assure la liberté de conscience ».
Pas la liberté de croire ou de ne pas croire
http://clioweb.free.fr/dossiers/1905/1905.htm


Pourquoi enseigner à des enfants ce que les députés ne pratiquent pas entre eux à l'Assemblée nationale ? poursuit N. Ferroni. Avec l’oeil sur la présidentielle 2017, le gouvernement met en place des choses concrètes, même quand elles sont bâclées
http://tinyurl.com/pxx9hbb
http://www.franceinter.fr/emission-le-billet-de-nicole-ferroni-lenseignement-moral-et-civique-lheure-qui-contrebalance-le-rest


- Est-il moral d’enseigner la morale à l’école ? L'Humanité 09.09.2015
Implications philosophiques d’une mesure gouvernementale - 4 tribunes contradictoires.
http://www.humanite.fr/est-il-moral-denseigner-la-morale-lecole-583460

Pour Pierre Kahn un des concepteurs, « c’est un programme assurément ambitieux, mais à la hauteur des enjeux actuels de la formation de l’homme et du citoyen ».  Pour Catherine Chabrun, « la morale ne s’enseigne pas, elle se vit »

Pour Ruwen Ogien, l’éducation civique répondait aux besoins.
« En 2012, Vincent Peillon a voulu imposer l’enseignement de la morale « laïque » à l’école républicaine comme remède à tous ses maux supposés : incivilités, rejet de l’autorité, échec scolaire, etc... [le ministre voulait ausser donner des heures supplémentaires à ses collègues profs de philo] Après son départ, cette idée avait sombré dans une sorte de coma... Elle a ressurgi après les tueries de janvier 2015 ».

Dans toutes les écoles de la République, une instruction civique est dispensée. Personne n’a jamais contesté l’utilité de ce programme. Pourquoi faudrait-il lui ajouter des cours de morale, une discipline dont il n’existe aucune définition qui fasse l’unanimité et dont on se demande, depuis Platon, si elle peut vraiment s’enseigner ? [en primaire, la leçon de morale a été discréditée et abandonnée au milieu des années 1960]

Personne n’a jamais contesté l’utilité de ce programme. Pourquoi faudrait-il le compléter par des cours de morale, une discipline dont il n’existe aucune définition qui fasse l’unanimité et dont on se demande, depuis Platon, si elle peut vraiment s’enseigner ?

L’éducation civique visait un ennemi extérieur contre lequel il fallait former de futurs soldats. Avec la morale, l’ennemi est intérieur. « Pour les conservateurs, le problème principal de notre société, c’est le soi-disant conflit de valeurs entre « civilisés » et « barbares » et non l’existence d’un système économique et social particulièrement injuste qui exclut des milliers de jeunes n’ayant pas la « chance » d’avoir la couleur, le nom ou la religion qu’il faut ». Le ministère peut-il, avec une  certaine forme de paranoïa, prendre le risque de consacrer l’hégémonie de ces idées conservatrices ?

Pour Bernadette Groison (SNES), le ministère a imposé un texte insuffisamment abouti. L’objectif est de rassurer les familles et l’opinion après les attentats de janvier dernier. « Le temps politique, une fois encore, a été privilégié au détriment du temps éducatif nécessaire pour stabiliser ces programmes ».
« Les conditions de mise en œuvre sont loin d’être réunies : où sont par exemple les formations et les ressources ? Comment évaluer l’esprit critique et la réflexion éthique personnelle ? »


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15 septembre 2012

Laïcité et morale, une question délicate



rappel : Vincent Peillon veut faire enseigner la morale laïque à l'Ecole. Le Journal du Dimanche 02.09.2012
http://www.lejdd.fr/Societe/Education/Actualite/Vincent-Peillon-veut-enseigner-la-morale-a-l-ecole-550018
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L'annonce soulève de nombreuses questions quant à la mise en oeuvre scolaire d'un choix ministériel, aussi bien sur le fond que sur la forme. Souci d'apparaître comme le Ferdinand Buisson de 2012 ? Espoir corporatiste de donner du boulot aux profs de philo dans toutes les classes, du CP à la terminale ?


- Deux textes de Claude Lelièvre - blog Médiapart
30 juillet 2012 - Une morale «laïque» ?
http://blogs.mediapart.fr/blog/claude-lelievre/300712/une-morale-laique
03 septembre 2012  - Vers quel enseignement d'une morale laïque?
http://blogs.mediapart.fr/blog/claude-lelievre/030912/vers-quel-enseignement-dune-morale-laique


Plusieurs points de vue dans Le Monde Opinions : http://www.lemonde.fr/idees/

- La laïcité doit ouvrir à la liberté - Henri Pena-Ruiz - 14.09.2012
http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/09/14/la-laicite-doit-ouvrir-a-la-liberte_1760450_3232.html

(de HPR, lire plutôt "La question de la morale laïque est délicate" Public Sénat
http://www.publicsenat.fr/lcp/politique/henri-pena-ruiz-question-morale-d-licate-306181

- La laïcité doit ouvrir à la liberté - Henri Pena-Ruiz - Le Monde opinions - 14.09.2012
« Deux exigences indissociables se conjuguent dans l'école laïque : le souci de l'universalité et la promotion de l'autonomie de jugement. 'universalité, car une telle école est ouverte à tous, ne fait aucune différence entre les élèves ainsi invités au grand partage du savoir et de la réflexion. Nul ne doit y subir de prosélytisme religieux ou athée. Tel est le sens de la déontologie laïque, et du pari sur l'intelligence éveillée à elle-même qui fait la grandeur de l'enseignement public. Une telle conception n'a rien à voir avec la direction de conscience religieuse … Mieux, elle est l'honneur de la République laïque, car elle au moins ne recourt à aucun prosélytisme ».

- Morale laïque ou instruction civique - Nathalie Kosciusko- Morizet - Le Monde opinions - 14.09.2012
http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/09/14/morale-laique-ou-instruction-civique_1760448_3232.html

« Vincent Peillon, le ministre de l'éducation nationale, a annoncé une concertation sur la question de la création de cours de "morale laïque" à l'école au nom du "redressement intellectuel et moral" de la France. Malgré les bonnes intentions, cette proposition reste intellectuellement bancale et scolairement contestable ».
Elle soulève des questions : L'Etat doit-il se mêler de morale ? … Comment garantir l'indépendance du professeur ? … A qui confier ces cours ? Aux professeurs de philosophie sans aucun doute.
« Ne vaut-il pas mieux intégrer l'élaboration d'une morale laïque à un processus plus global de formation du citoyen, interdisciplinaire et intégrant tous les acteurs, en sciences humaines en tout cas, de notre école ? Sans compter que ce cours, quelle que soit sa forme finale, serait une formidable introduction à l'enseignement de la philosophie, morale certes, mais aussi politique… »

« Aider les jeunes à mettre du sens, à travers l'histoire, la philosophie, le droit ! N'est-ce pas là un plus beau projet que la dose homéopathique de moraline que nous propose Vincent Peillon ? »

- Redonnons à la morale laïque toute son actualité - Jean Baubérot - Le Monde opinions


Dans L'Express, La morale laïque, un voeu pieux ? Ch. Barbier
« S'il n'est pas le premier à proposer la restauration d'un cours de morale, les résultats sont très peu probants. En cause, un manque de moyens mais également la difficulté de sanctionner une telle matière. Jamais un élève n'a redoublé à cause de ses notes en éducation civique ».
http://www.lexpress.fr/actualite/societe/video-la-morale-laique-un-voeu-pieux_1156362.html


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09 septembre 2012

Une citoyenneté à refonder

 

- Allan Popelard, Une démocratie à reconstruire
Citoyenneté, un mot galvaudé, des espoirs intactsLe Monde diplomatique, 09.2012
http://www.monde-diplomatique.fr/2012/09/POPELARD/48146


Extraits :
« Le terme de citoyen est de ceux que la « sensure » - pour reprendre le néologisme imaginé par l’écrivain Bernard Noël - a désarmés. Au moment où frappait le chômage de masse, il a servi de mot-écran derrière lequel les conservateurs remisaient l’idée de république sociale. Dès lors, rien ne justifiait plus que la classe ouvrière porte l’intérêt général. Le mot de citoyen, arraché à son histoire révolutionnaire, fut lessivé dans le capitalisme : tout devint « citoyen », y compris les produits de consommation ».

« Désobéir quand la légalité n’est plus légitime ; conquérir l’appareil d’Etat ; réunir les conditions d’une assemblée constituante ; autoconstituer la communauté des citoyens comme le font, par exemple, les « indignés » : voilà quelques-unes des voies variées et non exclusives d’une souveraineté et d’une citoyenneté refondées. « Place au peuple », comme l’écrivait Jules Vallès ; car, sans implication directe, l’Europe démocratique n’existera pas ».



- La morale ? Jacques Julliard, éditorial dans Marianne 08.09.2012

« Laissez tomber la morale laïque de crainte d'être mal compris de tous les croyants.
Ne vous contentez pas de la séparation de l'Eglise et de l'Etat ; oeuvrez au contraire à la séparation de la métaphysique et de l'Etat ».

« Laissez l'enseignement et l'évaluation de valeurs (foutaise !), mais généralisez un apprentissage critique de l''image. Enseignez aux élèves à lire la TV, à en décrypter les montages les menteries et les mensonges ... ».


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31 décembre 2010

Claude Nicolet (1930-2010)

Le Forum Capes annonce le décès de l'historien Claude Nicolet.

L'article de Wikipedia mentionne un entretien de 2003 avec Thierry Paquot pour la revue Urbanismes :

Extrait :

«  Comment devient-on historien de la Rome antique ?

Ce qui est certain, malgré l’énorme part de contingence et de hasard de toutes ces choses-là, c’est que depuis mes études secondaires j’ai toujours voulu être historien. L’histoire m’intéressait, à la maison je dévorais les livres d’histoire. Je suis entré à l’École normale supérieure sans problèmes, pas pour étudier la philosophie, la littérature ou la poésie mais pour faire de l’histoire. J’ai cependant hésité entre l’histoire de la Révolution française, qui m’a toujours passionné, encore maintenant, et
l’histoire romaine.

Alors pourquoi l’histoire romaine ?
Je suis marseillais et vous savez que les monuments romains abondent dans le sud de la France. En se promenant, on voit des arcs de triomphe, des ponts et des thermes, Saint-Rémy, Vaison-la-Romaine, etc. Tout cela crée un climat.
Je manquais les cours d’histoire pour participer aux fouilles   entreprises par le grand archéologue Fernand Benoît,  après la Libération, sur le Vieux-Port.

La découverte de chapiteaux grecs me captivait plus que les cours d’histoire de mes professeurs, où je n’apprenais pas grand chose puisque j’avais lu tous les manuels dès les premières semaines de la rentrée.  Voilà c’est tout bête, c’est la sélection par l’école publique, par l’élitisme républicain, peut-être j’étais bon élève ».

http://www.urbanisme.fr/issue/guest.php?code=328

- Claude Nicolet : vive la laïcité !
Clara Dupont-Monod, L'Histoire n° 282 - 12/2003
http://www.histoire.presse.fr/content/2_portraits/article?id=2004#titre

Il était membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres depuis 1986
http://www.aibl.fr/membres/academiciens-depuis-1663/article/nicolet-claude-rene
(adresse corrigée, info de la mission aibl le 8 mars 2012)

nicolet

source : revue Urbanisme

 

 

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26 novembre 2010

Profession : professeur d'histoire

La revue L'Histoire n° 359 publie un entretien avec Patrick Garcia

L'essor de l'enseignement de l'histoire a coïncidé avec le temps des certitudes nationales. Les mutations récentes (décolonisation, Europe, globalisation) ont plutôt eu un effet déstabilisateur.
« Les programmes continuent d'afficher des ambitions immenses, alors que le nombre d'heures réservées à H et à la G, dans le meilleur des cas, reste stable, et dans certaines filières est réduit à la portion congrue - voire à néant en terminale S »

« Le poids de la finalité civique en revanche s'est considérablement accru. De la mémoire de la Shoah à celle de la colonisation, on attend de l'histoire qu'elle contribue à démêler toutes les questions que soulève la société. D'où l'agacement de certains enseignants, qui ne savent plus très bien où donner de la tête, tiraillés entre le souci pédagogique (le document ou le récit magistral), la nécessaire adaptation aux évolutions de leur discipline, la demande sociale, les pressions des porteurs de mémoire et les injonctions du pouvoir politique ».
«  Sans parler, pour ceux qui entrent dans la carrière, de l'amputation presque complète de la formation professionnelle lors de la première année d'exercice. Et pourtant, la demande reste immense ».

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Avant 1914, il y a 150 agrégés dans le secondaire classique et environ 15 postes au concours chaque année. 129 thèses d'histoire et 7 de géo ont été soutenues en Sorbonne entre 1877 et 1906. En 1930, moins de 5 % des garçons de 10 à 17 ans fréquentent le secondaire. A comparer avec la massification après 1975.

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Des scientifiques sans histoire, Olivier Loubes

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En France, l'HG est un enseignement de culture générale jugé indispensable au futur citoyen...
« Bref, l'histoire n'est pas une matière littéraire, contrairement aux idées reçues, mais un outil démocratique... Ce n'est pas un enseignement de spécialité mais un creuset de références communes pour comprendre le monde et un apprentissage de méthodes critiques ».

« Dès lors, comment éviter que la décision de 2009 [suppression de l’HG obligatoire en Term S]  n'apparaisse comme le fruit d'un souci d'économie plutôt qu'un effort -tjs nécessaire - de réforme ? »

En 1882, l'histoire, c'est « particulièrement » celle de la France ; en 2009, le dernier chapitre, c'est la victoire de la démocratie libérale et de l'éco de marché...

Dans ce numéro de L'Histoire, un dossier sur la naissance du Parti Communiste au congrès de Tours (déc 1920), et un article de Dominique Bartélemy sur la naissance de la chevalerie vers 1100.

En ligne, de bonnes adresses, dont celle de la liste H-Français
http://www.histoire.presse.fr/content/annuaire-outils-professeurs/listweb

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