16 avril 2013

La chronique internet 422

 

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Le Mans, photo Benoit Marembert, Survol de France, 09.06.2006 (détail)
source : http://www.survoldefrance.fr/affichage2.php?img=5708



La chronique internet 422 à paraître dans la revue Historiens & Géographes est accessible au format pdf en ligne
http://aphgcaen.free.fr/chronique/422/aphg422.pdf
version HD :
http://aphgcaen.free.fr/chronique/422/aphg422-hd.pdf

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au sommaire,
Culture de l'information et numérique
Technologies éducatives en HG
Guerres mondiales
Sites académiques
Open Access, open edition
Humanités digitales et droit de citation
(dans la conclusion, lire DAVDSI, droit d'auteur et aux droits voisins dans la société de l'information - et non dadvasi)


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08 avril 2013

Le rabbin, le plagiat et le nègre

 

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- Le grand rabbin Gilles Bernheim reconnaît avoir commis un plagiat, Nicolas Weill, Le Monde 03.04.2013,
repris par NW dans l’émission Les retours du dimanche (07.04.2013)
http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/04/03/le-grand-rabbin-gilles-bernheim-reconnait-avoir-commis-un-plagiat_3152658_3246.html
http://www.franceculture.fr/emission-les-retours-du-dimanche-10-11

- Plagiat : la très fragile défense du grand rabbin Gilles Bernheim.
Une tragi-comédie racontée en quatre actes par  Pascal Riché, Rue 89, 01.04.2013
http://www.rue89.com/rue89-culture/2013/04/01/plagiat-tres-fragile-defense-grand-rabbin-gilles-bernheim-241052


« Dans un communiqué envoyé depuis Jérusalem, le grand rabbin de France, Gilles Bernheim, a reconnu, mercredi 2 avril, avoir, dans ses Quarante méditations juives (Stock, 2011), plagié plusieurs passages de Questions au judaïsme, un ouvrage d’entretiens entre Jean-François Lyotard et l'universitaire californienne Elisabeth Weber (entretien de 1991, ouvrage paru en 1996 chez Desclée de Brouwer).
http://www.grandrabbindefrance.com/communiqué


Dans un premier temps, pour réagir aux attaques qui se multipliaient sur la Toile, le grand rabbin Gilles Bernheim avait cherché de fausses parades (par exemple en accusant Lyotard de l’avoir plagié).

Jean-Noël Darde (Paris VIII), spécialiste du plagiat, démolit méthodiquement la défense de Gilles Bernheim sur son blog, Archéologie du « copier-coller ».
http://archeologie-copier-coller.com/?p=10012

Devant l'afflux des révélations, Gilles Bernheim … a changé de discours : il a reconnu le plagiat.
« Je me suis appuyé, par manque de temps, sur un étudiant …à qui j'ai confié des travaux de recherche et de rédaction… ma charge de travail et mes obligations ne me permettaient pas de porter toute l'attention nécessaire à la rédaction d'un livre. Ce fut une terrible erreur. Ma confiance a été trahie…J'ai été trompé. Pour autant, je suis responsable ». Il a demandé à l’éditeur de retirer l’ouvrage de la vente.


2 leçons tirées par Nicolas Weill sur son blog Désordres philosophiques :
http://laphilosophie.blog.lemonde.fr/2013/04/05/reflexions-sur-le-plagiat-de-gilles-bernheim/

- à l’heure d’internet, un lecteur peut mordre (et lire sérieusement un ouvrage).
NW cite Peter Sloterdijk, Plagiat universitaire : le pacte de non-lecture, Le Monde 28.01.2012 (avec adresse périmée)
« La culture de la citation est la dernière ligne sur laquelle l'université défend son identité… La culture avance sur ces petites pattes que sont les guillemets. Le guillemet, c'est la politesse du pirate ».
http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/01/28/le-pacte-de-non-lecture_1635887_3232.html
 
- « Avouer représente la meilleure des stratégies dans la société actuelle, car mécaniquement, le coupable peut espérer enclencher par son aveu le processus qui mène au pardon ».

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26 mars 2013

#dhehess : Culture visuelle et citation

 

- De la diversité des humanités numériques, EHESS, 25/03/2013
Lors de la journée d'études sur les humanités numériques (digital humanities), les interventions ont été filmées par 3 caméras (une pour le conférencier, une pour la présentation éventuelle, une pour la salle). Le montage devrait arriver rapidement en ligne sur Canal-U
http://www.canal-u.tv/producteurs/ehess
http://culturevisuelle.org/icones/2643


- La journée a été tweetée #dhehess, et les petites phrases ont été regroupées par M-A Paveau via storify.
Ecrire la science en 138 caractères, un sujet pour une prochaine journée d'études, qui limiterait les questions et les réponses à ce format draconien. http://storify.com/mapav8/dhehess


- Pourquoi la recherche en culture visuelle a besoin du web
La présentation utilisée par Andre Gunthert est disponible en ligne :
http://fr.slideshare.net/Gunthert/pourquoi-la-recherche-en-culture-visuelle-a-besoin-du-web

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André Gunthert - photo Josquin Debaz

Pour André Gunthert, le droit actuel ne répond pas aux besoins des chercheurs en culture visuelle. Pour l'écrit, le droit de citation existe depuis la convention de Berne (1886). Il n'existe pas d'équivalent pour l'image. La loi, conçue pour les marchands, traite le chercheur comme un margoulin de la contrefaçon.

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André Gunthert, situation du chercheur, slideshare

A gauche, un article de Karinne Simonneau archivé sur le site Persée illustre l'impasse : toutes les images sont absentes, à la manière des journaux caviardés par la censure en temps de guerre (« illustration non autorisée à la diffusion »).
Une relecture politique de l'Enlèvement d'Europe du Titien : Philippe II et les Turcs. Revue de l'Art, 1999.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rvart_0035-1326_1999_num_125_1_348460

Pour voir le tableau du Titien : TIZIANO Vecellio (1490-1576), Rape of Europa, 1559-62
Oil on canvas, 185 x 205 cm, Isabella Stewart Gardner Museum, Boston - Web Gallery of Art
http://www.wga.hu/frames-e.html?/html/t/tiziano/08b/5rape_eu.html


Pour André Gunthert, l'évolution des pratiques scientifiques devrait inciter à modifier les règles en usage et faire évoluer le droit appliqué à l'édition de livres et de revues. Selon lui, le critère de la brieveté pouvait s'appliquer au texte, elle n'a pas de sens en matière de citation d'images ou de vidéo. La citation repose sur 3 éléments : le respect de la source, son identification, son usage motivé par la recherche.


Ce combat en rejoint au moins deux autres, liés à l'open access :
- Les débats autour de l'exception pédagogique et de l'exploitation des images et des vidéos en classe.
- La défense et affirmation du domaine public et des biens communs. La situation actuelle est en partie dûe à la privatisation rampante d'oeuvres appartenant au domaine public, au prétexe de financer sur fonds propres la numérisation (cf Copyright Madness, Place de la Toile avec Lionel Maurel /Calimaq).


- Une anecdote : dans l'éducation, les informaticiens oublient souvent de se mettre à la place des internautes. Hier, un autre déphasage était illustré par le pot de l'après-midi : il était servi dans une salle de cours où les tables étaient disposées en rectangle. La cafetière a été installée sur un petit côté. La solution simple, celle de déplacer momentanément quelques tables, a été ignorée. En fait, ce sont les participants qui ont été invités à faire le tour du rectangle quand l'affluence le permettait .....

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06 décembre 2009

Marc Bloch, le patriotisme de l'action

Marc Bloch, l'homme et l'historien, le site de l'association
http://www.marcbloch.fr/

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Déclaration de l’Association Marc Bloch

Marc Bloch a été l’exemple de l’intellectuel (du grand intellectuel)  qui a décidé, à un moment crucial de sa propre histoire et de  l’histoire de la France, de tout quitter, de tout sacrifier, pour les valeurs universelles qu’il défendait. Son patriotisme a été le  patriotisme de l’action, de la lutte, du refus de l’occupation de sa patrie par une puissance militaire expansionniste. Ce n’était pas le patriotisme du repli, ni celui de la xénophobie, ni celui de la défense d’une « identité » étriquée, ni celui du refus de l’autre. C’était le patriotisme de l’opposition au racisme, à la ségrégation et à l’arbitraire ; le patriotisme d’affirmation de la fraternité  entre les hommes, de la liberté de son peuple face à l’oppression et à la trahison, de l’égalité pour la construction d’une société nouvelle.

Son engagement était la prolongation naturelle des orientations qu’il avait suivies dans son métier, où il avait totalement ébranlé les  habitudes et les archaïsmes de la vieille histoire traditionnelle. La revue qu’il avait fondée avec Lucien Febvre et avec d’autres  compagnons de travail, les Annales, avait accompli, au cours des  années 1930, une véritable révolution épistémologique et avait donné  à l’histoire sa place centrale de discipline raisonnée et intégrale. L’histoire n’était plus confinée au passé, ni placée au rang des curiosités de l’antiquaire ou des nostalgiques des temps écoulés. Elle était devenue une discipline vivante, qui s’intéressait aussi au présent, qui cherchait à mieux comprendre le passé pour mieux connaître la vie actuelle, pour mieux aider les hommes dans  l’organisation de l’avenir.

Pour lui, l’enseignement de l’histoire, étendu à toutes les couches  de la société, faisait partie des orientations défendues dans les  différents projets qu’il a pu ébaucher et mettre en pratique, y  compris durant les moments les plus difficiles de la lutte contre  l’occupant, où prédominaient davantage les considérations de tactique  et de résistance. Il n’était nullement hostile à l’utilisation des  leçons du passé pour orienter la vie future. Mais pas n’importe  quelle vie et pas n’importe quelle utilisation.

Notre association a déjà combattu (et a obtenu des victoires) contre  l’usage mercenaire et détourné de l’image et de l’exemple de Marc  Bloch. Elle a empêché entre autres l’utilisation et le trafic des références à Marc Bloch effectués par des groupes politiques de circonstance, dont le but évident et avoué était de parer leur nationalisme réactionnaire de belles formules et de se trouver un ancêtre reconnu. Aujourd’hui, elle ne peut rester non plus  indifférente devant l’usage des phrases et des citations de Marc  Bloch, totalement dépouillées de leur contexte, que font de nos jours  des autorités éminentes de l’Etat. Et ceci afin de défendre un repli  hexagonal étriqué, dans le meilleur des cas, ou d’alimenter une  campagne électorale, dans le pire des cas. Comme dans un passé  récent, notre association ne peut que condamner fermement et déplorer ces manœuvres lamentables, d’où quelles viennent et quelque soit leur objectif.

Car il y a aussi une contradiction évidente et néfaste dans le comportement actuel de nos hommes politiques. D’un côté, on recherche  des références politiciennes, à bon marché, auprès des historiens  renommés, et d’un autre côté, on supprime l’enseignement de l’histoire dans certaines classes terminales, pour commencer. On est  partant pour se servir de l’œuvre de nos historiens, en en vidant le sens premier, et en plaquant des phrases extraites, en prêt-à-porter,  tout en éliminant ou en réduisant, en même temps, la nécessaire formation historienne des futures générations dans les lycées. De ce  point de vue, et fidèle à sa vocation de défendre et de diffuser l’œuvre de Marc Bloch et de promouvoir la discipline historienne, notre association ne peut qu’exprimer sa nette solidarité avec les enseignants et leurs organisations dans leur opposition à une telle  politique.

Loin des amalgames, des raisonnements rapides et des interprétations pressées, l’Association Marc Bloch poursuit son travail, sur les  traces léguées par son fondateur, Etienne Bloch, afin de faire connaître l’œuvre de Marc Bloch, en particulier auprès des jeunes générations d’historiens, de faire lire Marc Bloch dans le texte et dans son contexte, et de faire vivre et de cultiver son exemple citoyen et les valeurs universelles pour lesquelles il a donné sa vie.

Paris, le 07/12/09
Yves Bloch, Instituteur
Président de l’Association Marc Bloch (aMB)
marcbloch1@gmail.com

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