16 octobre 2012

Telerama : P. Boucheron et l'histoire enseignée

 

L’enseignement de l'histoire aujourd’hui
Patrick Boucheron répond aux questions de Gilles Heuré (Télérama 3275 - 20.10.2012)
A venir en ligne sur http://www.telerama.fr/idees/

extraits :
« … le retour à la chronologie n'est pas l'alpha et l'omega de l'enseignement de l'histoire... la nostalgie du Petit Lavisse est toujours mauvaise conseillère ».

L'histoire du monde au XVe et le cours en classe ?
« Je ne veux pas imposer des pratiques universitaires au secondaire mais ne je ne veux pas non plus me désintéresser de la façon de faire passer quelque chose des avancées de la recherche ».

le 2e page, mise en ligne tempo
http://clioweb.free.fr/presse/1temp/tr-boucheron.jpg

Le Petit Lavisse est souvent pris pour cible. On peut comme ce site web en dénoncer le chauvinisme en 1919. 
Olivier Loubes rappelle que ce n'était pas le seul manuel utilisé, ni le plus vendu à certaines dates. Il montre, à travers six exemples, l'évolution de la pensée des auteurs.  Lavisse, l'instituteur national, dans 1500 ans d'histoires de France, L'Histoire, coll n° 44, jt-sept 2009
http://clioweb.canalblog.com/archives/2011/03/10/20592929.html


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14 juillet 2011

L'inquiétante Maison ...

L'inquiétante Maison de l'histoire de France.
sous ce titre, Libération publie une tribune de Vincent Duclert et Isabelle Backouche (12/07/2011). source : ldc
http://www.liberation.fr/culture/01012348459-l-inquietante-maison-de-l-histoire-de-france

« La question qui se pose est celle d’un marché de dupes entre les professionnels réunis dans le comité (présidé par Jean-Pierre Rioux) et les responsables qui, au ministère, à l’Elysée et dans l’association de préfiguration, mènent une politique du fait accompli et du passage en force… les experts sont démunis devant les instrumentalisations de la belle idée d’un musée d’histoire de France, à commencer par la soumission aux calendriers électoraux

Rapporté à ces contextes, l’avant-projet scientifique confirme les inquiétudes initiales sur les risques d’opération politicienne, de brutalité administrative et d’indifférence à la complexité » de l'histoire scientifique .

La tribune mentionne un avant-projet rendu le 16 juin.
Celui-ci peut être téléchargé et commenté (75 pages) :
http://www.maison-histoire.fr/avant-projet_MHF_francais.pdf

Faire parvenir votre contribution par voie électronique, à l’adresse concertation@maison-histoire.fr

«  Le site Internet de préfiguration de la MHF sera mis en ligne en septembre 2011 ».
http://www.maison-histoire.fr/
http://www.culture.gouv.fr/mcc/Actualites/Dossiers/La-Maison-de-l-histoire-de-France


Sommaire de l'avant-projet :

I. UNE MAISON COMMUNE

II. DES APPROCHES DU PASSÉ RENOUVELÉES
Durées et filiations
Homme et nature
Faits religieux, politiques symboliques
Entreprises, guerres, colonies
L’histoire des arts, des oeuvres et des créations
Images et sons

III. ACCUEILLIR TOUS LES PUBLICS

De « musée » à « maison »
Des conditions de l’accueil
Quatre publics à fidéliser

IV. UNE OFFRE NUMÉRIQUE AMBITIEUSE

Un site de préfiguration en septembre 2011
Un portail dans le courant de 2012

V. UNE GALERIE DES TEMPS

Pourquoi une galerie des temps ?
La dorsale des temps et des espaces
Les moments : des « arrêts sur histoire »
Documents, objets etc. : que verra-t-on dans la galerie ?

VI. DES EXPOSITIONS ET AUTRES RENCONTRES

L’exposition temporaire de questions d’histoire
Des rencontres multiformes

VII. UNE OUVERTURE A L’EUROPE ET AU MONDE

Nécessairement européenne
Dans l’action culturelle extérieure
La mise en synergie

VIII. UNE VALORISATION DE LA RECHERCHE

IX. UN RÉSEAU DE PARTENAIRES

Les « partenaires premiers »
Les grandes institutions de référence
Les « mille lieux d’histoire et de mémoire »
Les liens européens et internationaux

X. UNE EXPOSITION DE PRÉFIGURATION

XI. DES AVANCÉES NÉCESSAIRES

mhf-avt-propos

source : 
http://www.maison-histoire.fr/


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11 décembre 2010

Une victoire de Napoléon ? Waterloo...

- « Citez une victoire de Napoléon ?
- Waterloo... ! ! »

La source de cette anecdote, ce n'est ni le dernier défenseur de Louis XIV et de l'histoire bataille, ni une des nombreuses campagnes menée par une officine d'extrême droite contre un enseignement jugé trop marxiste.

Mais Alain Decaux que le magazine Historia a sollicité pour « Sauver l'Histoire » (à nouveau ...)
(La citation date de 1980. C'est une réponse de « collégiens de la banlieue Nord » à G Durand).
A l'époque, l'enjeu, c'était l'affrontement entre les tenants d'une histoire classique et les adeptes des activités d'éveil à l'école primaire. Lire Enseigner l'Histoire. Analyse historique d'un malaise, un article de Maurice Crubellier - revue Histoire de l'Education, N°26, mai 1985. http://www.inrp.fr/publications/
[pas simple d'arriver à cette mention courte ! De plus le texte en pdf ne comporte ni date ni mention de la source...]

Aujourd'hui, l'enjeu pour Historia ce n'est pas le rétablissement de l'HG en Term S (option marketing), mais plutôt la survie d'un roman national étriqué (le magazine qui a le même proprio que Le Point (et L'histoire) publie un dossier sur « Etre Français »... :-):-)
A côté de Decaux, plusieurs « « spécialistes reconnus » » ( sic et resic ) de l'écriture de l'histoire et de l'histoire scolaire interviennent : Gonzague Saint-Bris, Stéphane Bern, Jean-Christian Petitfils,  (B Stora est aussi dans cette galère et JJ Aillagon y vante   sa décision de construire Pierrefitte).
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JC Petitfils, l'homme de «« L'évasion »» de Louis XVI (France 2) n'y va pas de main morte :
« L’enseignement de l’Histoire est pavé de bonnes intentions. Dans le tournis vibrionnaire des réformes pédagogiques et programmatiques qui se sont multipliées ces dernières années…ce qui ressort avant tout, ce sont les bons sentiments. Ils émanent de quelques têtes pensantes de l’EN, qui qq soit le ministre, finissent de groupe de travail en commission ou en conseil supérieur par imposer leurs vues ... »
« Revenons à l'enseignement de l'Histoire tel qu'il est conçu par les officines pédagogiques du ministère ... comment ne pas voir [que derrière les bonnes intentions et les bons sentiments affichés] il n'est que le reflet navrant des renoncements... qui façonnent si mal notre société : perte du sentiment d'appartenance  à une communauté de destin, ébranlement de la cohésion sociale, déclin des valeurs de la République... »
« L'espoir réside peut-être entre les lignes ... des directives officielles. Il est d'excellents professeurs, dévoués, attachés à faire revivre, à expliquer, à donner le goût de comprendre, quitte à approfondir plus tard »... La solution... pour JCP :  quelques vieux Dumas et une « bonne revue »...

Le CVUH a réagi à la campagne de D Casili (Louis XIV ou bien l’histoire de l’Afrique). Antoine Perraud complète la charge dans Médiapart. http://cvuh.free.fr/spip.php?article252 - http://www.mediapart.fr/article/offert/

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Les discours de déploration sont à la mode, toujours confortés par des anecdotes personnelles.
2 remarques entendues récemment :
. « A l'entrée en 6e, 1/3 (sic) des élèves ne sont pas au niveau » dit une prof qui enseigne en collège
. « Les étudiants en histoire [donc les lycéens d’hier], ce n'est pas le souci de la chronologie qui les écrase...» poursuit un universitaire de renom ...
Passons sur cette nouvelle illustration de la cascade du mépris entre les cycles scolaires. On peut aussi  négliger les habituels micro-trottoirs dans les médias paresseux : les réponses qui ne tiennent pas en 15 secondes ou qui ne cadrent pas avec la « vérité » mise en scène par le présentateur passent à la poubelle.

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Il reste au moins quatre enjeux :

- « Ces lycéens britanniques qui ne savent rien de la Shoah », titre dans Rue 89 un jeune journaliste, ancien assistant de langue. http://www.rue89.com/blog-belfast/2010/12/04/
S'ils ne savent rien, ce n'est pas la faute des profs,   mais celle de la mise en option et d'une spécialisation hâtive. Pour l'histoire, en France, Fontanet avait tenté le coup sous Pompidou...

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- La chronologie ? Lire le commentaire de Mathieu Ferradou sur le Mur de la Page Facebook de La Fabrique, le 1er décembre : « Nos dirigeants savent-ils que les élèves du collège sont chargés d'apprendre des "dates repères" sur lesquelles ils sont interrogés au brevet en fin de 3e ? ». La tendance habituelle consiste à enjoliver le passé. 1515, hier, tout le monde connaissait ! Connaissait quoi ? Le numéro de téléphone ? Les détails de l'histoire militaire ?
«... Dans les souvenirs, il y a toujours de la neige à Noël ... il n'y en avait peut-être pas... mais ça n'a pas d'importance : on s'imagine qu'il y en avait. Et donc il y en avait » ironise Alain Rémond dans Marianne, 11/12/2010
Pourquoi aussi cette tentation permanente de généraliser à partir de cas caricaturaux ? Beaucoup d'élèves peuvent avoir des problèmes avec la chronologie, surtout si l'apprentissage donne plus de place à la mécanique qu'au sens de ce qui est à maîtriser. Mais beaucoup ont une maîtrise sans doute meilleure que celle de leurs parents.

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Le troisième, c'est la division du travail politicien. Les anciens d'Occident n'ont pas brillé ces dernières années sur le théâtre politique hexagonal. Certains ont même été remerciés lors du dernier remaniement. Mais en parfaits déclinistes, ils savent activement lancer des SOS et mener campagne médiatique. Tant pis si l'opinion accepte d'être trompée.
La tactique (utile à qui veut noyer son chien ...) a remarquablement marché pour le démantèlement des IUFM et la suppression de la formation professionnelle initiale (au nom d'un hypothétique « compagnonnage » maquillant une gestion inhumaine à courte vue et des économies de bouts de chandelle sur un secteur essentiel).

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- Le dernier danger ?
Ce n'est pas la mort de la chronologie.
Ce serait plutôt le choc des conceptions opposées et irréconciliables de l'histoire, et donc la difficulté à enseigner et apprendre la pluralité des lectures au sein d'une démocratie.
Le danger, pour les jeunes esprits, c'est l'addition délirante des exigences de tous les lobbies (cf l'épisode récent de l'histoire de la libération de la Corse à mentionner obligatoirement dans tous les manuels !!). Le résultat, ce sont des programmes totalement démesurés pour un enfant de CM, ou, au lycée, des manuels qui dépassent couramment les 300 pages (ceux de Géo pour la Terminale ES et L font 340 pages chez Magnard et 350 pages chez Belin )...
Pitié pour les élèves (et leurs profs...)

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