07 avril 2011

L'étudiant est-il une marchandise ?

Une marchandise comme les autres ?

L’université anglaise : qui va payer ?
(sans doute au sens propre et au sens figuré ... )

Qui doit financer l'université ? La société ? Les usagers (terme de la novlangue lib-aut) ?
9000 £ par an, quel impact pour les familles et les étudiants (qui commenceront dans la vie professionnelle avec une dette durable ..) ?
Quelles conséquences pour l'enseignement ? Quelles disciplines ? Quels contenus ? Quelles méthodes ?

Le 30/03/2011, l'émission Sur Les Docks s'intéressait aux universités britanniques à travers deux exemples (public - privé) dans le Buckinghamshire, et le cas de l'université de Luton (via sa radio :-) ). Elle aborde les enjeux politiques, sociaux et intellectuels, elle donne à voir les arguments des thatchériens ...
Retour sur un reportage déjà mentionné sur ce blog
(cf les 300 ans pour « accumuler » et pouvoir accueillir « gracieusement » qq étudiants)
http://www.franceculture.com/emission-sur-les-docks.html-0
l'émission à archiver en mp3

vers la 8e mn : Ruth Farwell - Bucks New University
Les restrictions budgétaires pèsent déjà beaucoup sur l'université (choix des spécialisations, nombre de profs...)
http://bucks.ac.uk/
http://en.wikipedia.org/wiki/Ruth_Farwell
http://bucks.ac.uk/about/about_bucks/vice_chancellors_message.aspx

bucks1

15e mn
En 1976, la création du Buckinghamshire Chilterns University College était ouvertement idéologique. 
32e mn : 2/3 des étudiants viennent de pays non-européens (oveseas) ;
ils paient très cher, jusqu'à 15 000 £ mais c'est pour une éducation « magnifique ». Ils obtiennent une licence en 2 ans au lieu de 3. http://www.buckingham.ac.uk/

Le coût exorbitant des études change-t-il les étudiants en « clients » et les profs en intellectuels marchandisés ? Dans une novlangue ultra (libérale au sens de patronale), écouter les arguments en faveur d'une marchandisation de l'éducation ... (L'université, un "investissement" au sens financier du terme ... La dette des étudiants ??, mais son niveau sera « dérisoire » si on la compare à celle liée à l'achat d'un logement !! )

buckin

A Luton, en ce moment, l'inscription coûte 3300 £ par an ; l'université a été créée à l'époque où l'ambition affirmée était l'accès aux études supérieures pour 50 % d'une classe d'âge.
Le piège : la décision de porter l'inscription à 9000 £ par an est annoncé ; les étudiants ont manifesté vigoureusement, mais beaucoup ne réalisent pas encore ce que cela leur coûtera concrètement.

luton

vers la 44e mn : Les Ebdon, Bedfordshire estime l'évolution des tarifs prévisibles
http://www.beds.ac.uk/aboutus/vcprofile

Selon lui, l'opération est surtout politicienne : le nouveau système payant va coûter 3,6 Mds de £ de plus au gvt, mais cela n'apparaîtra pas dans les chiffres du déficit public (simple jeu d'écriture). Une astuce politicienne à l'impact durable plutôt qu'un choix viscéralement idéologique ?

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Soaring student fees: Pain without gain - The Guardian
« For the moment, fees will be tripled, and neither students nor the Treasury will have much to show for the pain ».
http://www.guardian.co.uk/politics/education

Grand coup de frais sur les facs anglaises - Libération 01/12/2010 -
Fait rarissime outre-Manche, les plus prestigieuses universités se mobilisent pour protester contre l’augmentation spectaculaire des coûts de scolarité.
http://www.liberation.fr/monde/

Gérer l'université comme une entreprise, un mauvais calcul - Libération 01/12/2010
Blaise Bachofen (Cergy) et Marie-Frédérique Pellegrin (Lyon 3)
http://www.liberation.fr/monde/

 

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