21 mars 2015

L'Ecole et la Nation

ecole-nation

 

L'école et la nation,
Benoît Falaize, Charles Heimberg et Olivier Loubes (dir.)
http://books.openedition.org/enseditions/2310


Faire la Nation par l’Ecole (et faire l’Ecole par la Nation)
Un séminaire en 2010, à Lyon, Barcelone et Paris.
Une volonté : échapper au piège du débat franco-français sur l’identité nationale

Un ouvrage accessible en OpenEdition


extraits de la table des matières

Jocelyn Létourneau, L’enseignement de l’histoire et l’avenir de la nation - Le cas du Québec

Avner Ben-Amos, L’histoire du conflit israélo-arabe dans les manuels d’histoire en Israël : entre le déni et l’acceptation

Annie Bruter, L’enseignement de l’histoire nationale à l’école primaire avant la IIIe République

Rémy Handourtzel, Vichy ou l'échec de l'école nationale (été 1940-été 1944)

Montserrat Oller i Freixa, Le curriculum de sciences sociales de la Catalogne et la construction identitaire

Corinne Bonafoux, L’enseignement de l’Europe au collège, imitation ou dépassement du roman national ?

Anne-Marie Thiesse, Différences acceptables, souhaitables, intolérables

Korine Amacher, L’Empire russe dans les manuels d’histoire de la Russie

Catherine Coquery-Vidrovitch, La mentalité impériale

Lydia Ait Saadi Bouras, L’histoire nationale algérienne à travers ses manuels scolaires d’histoire

.

Posté par clioweb à 08:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,


30 août 2014

Le procès du cours magistral

 

La classe résiste magistralement - Aurélie Collas, Le Monde, 28.08.2014
http://www.lemonde.fr/education/article/2014/08/28/la-classe-resiste-magistralement_4478529_1473685.html

« Une enquête de l’OCDE montre la prégnance, en France, d’une pédagogie verticale , où le professeur déverse son savoir. Moins qu’ailleurs, les enseignants français travaillent collectivement. Moins qu’ailleurs, ils font travailler leurs élèves en petits groupes (37 % disent le faire), moins qu’ailleurs, ils lancent des projets d’au moins une semaine (24 %) ou utilisent des outils numériques (22 %). Une minorité affirme différencier sa pédagogie selon le niveau des élèves (22 %) ».

L’article vilipende le monde enseignant et un syndicat, le SNES : « les enseignants se plaignent de programmes trop lourds et de pédagogies inefficaces, mais toutes les tentatives d’instaurer un style pédagogique moins raide et moins centré sur les contrôles et les notes sont vécues comme une agression et une perte de dignité » (F. Dubet)
Il oppose le modèle français aux pratiques de la Finlande et du Québec.

La source du problème ? une profession fondée sur le modèle universitaire d’érudition, une succession de réformes avortées ou perdues dans les sables (le colloque d’Amiens en mars 1968 n'a pas eu l'impact du rapport Parent (1963-66) au Québec).

La solution ? « d’où viendra le changement, si l’on ne peut compter ni sur une loi, ni sur l’opinion publique ? « De l’intérieur ! », répond Claude Lelièvre. L’historien de l’éducation veut croire qu’avec Internet, la prolifération des manuels numériques, des logiciels et des Moocs (cours en ligne ouverts et massifs), le cours magistral d’amphi disparaîtra … »


Sur l'histoire du cours magistral :
Le cours magistral XVe-XXe siècles
1. Publics et savoirs
http://histoire-education.revues.org/1035
dont Annie Bruter, Le cours magistral comme objet d’histoire, Histoire de l'Education, 120, sept 2008 -
http://histoire-education.revues.org/1829
2 – Le cours magistral comme lieu d'élaboration du savoir.
Le dossier prolonge un séminaire de 2003-2006
http://rhe.ish-lyon.cnrs.fr/?q=histoshe-sem-coursmag-prog
http://rhe.ish-lyon.cnrs.fr/?q=coursmag_ressdoc

Annie Bruter, Le cours magistral dans l’enseignement secondaire. Nature, histoire, représentations (1802-1902)
Histoire @ Politique 21 - sept 2013
http://www.histoire-politique.fr/index.php?numero=21&rub=dossier&item=200

Bruno Poucet, De la rédaction à la dissertation. Évolution de l’enseignement de la philosophie dans l’enseignement secondaire en France dans la seconde moitié du XIXe siècle - Histoire de l'Education, 89, 2001
http://histoire-education.revues.org/844

Pierre-Philippe Bugnard, D’où vient la méthode magistrale ? La méthode qui a souvent les faveurs de l’histoire enseignée mérite bien un examen... ,  Cartable de Clio 2010. Pas lisible en ligne


morel-tradi

source : http://tinyurl.com/resonances-2012

.

Posté par clioweb à 08:04 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

10 mars 2011

Le roman national et ses nuances


L'extrait précédent tiré de la leçon d'Ernest Lavisse sert en général à illustrer et déconstruire le roman national attribué à l'historien et à ses contemporains.

Le roman national désigne une lecture très idéalisée d'une histoire franco-française. Dans une France qui existerait de toute éternité, l'histoire aurait faite surtout par des 
« grands hommes », héros guerriers, souvent vaincus (Vercingétorix, Jeanne d'Arc, Napoléon)... Cette vision de l'histoire aurait submergé les manuels d'histoire de l'école primaire, dans une Troisième République hantée par la Revanche.

Cette lecture nationale, voire nationaliste et chauvine, a été vivement critiquée et déconstruite au milieu des années 1980. Pierre Nora a dirigé une étude sur Les Lieux de mémoire, et Suzanne Citron a revisité ce qu'elle appelle « Le mythe national ». cf  Le « roman national » peut-il être remis en question ? Diasporiques, mars 2010 


Cette déconstruction d’une histoire mythifiée semble cependant à nuancer :

- Anne-Marie Thiesse a étudié « La création des identités nationales en Europe - 18°-20° siècle ». La France n'est pas le seul pays concerné, ni 1880 le seul temps fort ; à l'échelle de l'union européenne actuelle, la tentation du mythe est encore forte.

Pour Annie Bruter, le roman national ne date ni de 1880 ni de la Révolution.
« Il est couramment admis que c’est l’école qui a forgé le sentiment national chez les petits Français grâce à l’enseignement de l’histoire nationale mis en place par la IIIe République, elle-même héritière de la Révolution française. Or l’examen des textes officiels sur cet enseignement montre qu’il s’agit là d’une généalogie mythique. La Révolution n’a pas souhaité faire enseigner l’histoire de France à l’école primaire ; en revanche, la création de cet enseignement est dûe au Second Empire (l’HG est obligatoire au primaire depuis la loi du 10 avril 1867) et non à la IIIe République, dont l’œuvre propre consiste dans la suppression de l’histoire sainte. On est ainsi conduit à relativiser le rôle de l’école dans l’édification du sentiment national ». De plus, la création d'une instruction civique et morale a pu permettre la rupture avec une vision édifiante de l'histoire : l'histoire est tirée 
du côté de la science (en cours d'élaboration), des disciplines scolaires intellectuelles destinées à former le jugement et l'esprit critique. L’attrait pour les grands hommes peut venir des manuels et de la pratique de la classe.

Une intervention à l'INRP lors du séminaire Ecole et Nation ( 1er avril 2009) à écouter en mp3 ou en avi

ou à lire dans la revue Histoire de l'Education, n° 126 - http://www.inrp.fr/editions/revues/histoire-de-l-education/
Il 
en coûte 18 euros pour l'ensemble du numéro imprimé, ou 5 euros l'article en ligne (cela porte la version numérique de la revue à plus de 35 euros, une conception toujours surprenante des prix et de l'économie appliquée au numérique :-) )


- Le Petit Lavisse est souvent pris pour cible. 
On peut comme ce site web en dénoncer le chauvinisme en 1919. 
Olivier Loubes rappelle que ce 
n'était pas le seul manuel utilisé, ni le plus vendu à certaines dates. Il montre, à travers six exemples, l'évolution de la pensée des auteurs. Ainsi, 1884 met l’accent sur la revanche, 1919 met en exergue la SDN (qui ne figure pas au programme) et vante la France comme patrie porteuse de paix. Lavisse, l'instituteur national, dans 1500 ans d'histoires de France, L'Histoire, coll n° 44, jt-sept 2009

 

lavisse1887

source : http://www.faurillon.com/Marius_Bonnelle.htm

 [ ajout 10/04/2011 : 
- Olivier Loubes, Lavisse, l'instituteur national, 
dans 1500 ans d'histoires de France, L'Histoire, coll n° 44, jt-sept 2009
 
Egalement dans ce numéro de L'Histoire
Alain Demurger, Nos ancêtres les Troyens
Laurent Avezou, Francs ou Gaulois ?
 
Patrick Boucheron, Michelet, prophète de la nation
Olivier Loubes, Ernest Lavisse, m'instituteur national
Philippe Joutard, Ce qu'on apprenait dans les écoles catholiques
Maurice Agulhon, La République a besoin de grands hommes (242)
 
Michel Winock, Révolution : la querelle du Bicentenaire (220)
http://lecercle.histoire.presse.fr/index/2_numero.php?revue2=44&cat=coll
- Christian Goudineau, Le mythe gaulois, colloque de l'INRAP, cours au Collège de France
 http://clioweb.canalblog.com/archives/2010/02/28/17063934.html
 

Posté par clioweb à 08:30 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,