07 septembre 2016

Fernand Braudel (1902-1985)

 

braudel-alchetron

http://alchetron.com/Fernand-Braudel-1327707-W


Fernand Braudel, L’homme qui a réinventé l’histoire
docu de Didier Deleskiewicz 2016
une semaine de rediffusion (Captvty connaît)
+ nouvelle diffusion France 3 mardi 13 septembre - 03h40
avec Marc Ferro Christian Grataloup, Krzystof Pomian Maurice Aymard Peter Schöttler
Jean Guilaine Michel Aglietta Immanuel Wallerstein Yves Lemoine Emmanuel Laurentin

http://pluzz.francetv.fr/videos/l_homme_qui_reinventa_l_histoire_fernand_braudel_,145292030.html


« Natif de la Lorraine, jeune professeur agrégé à Constantine puis à Alger de 1923 à 1932, à São Paulo en 1935, puis en France en 1937, il fut prisonnier de 1940 à 1945 en Allemagne. Il y rédigea sa thèse de mémoire, enveloppant les espaces économiques, débordant des seules limites géographiques d'un espace maritime. Par la suite, nommé aux plus hauts postes (Collège de France de 1949 à 1972), il continua à promouvoir une histoire-monde, celle qui dépasse les récits seulement nationaux. Ce documentaire, qui fait appel aux témoignages d'historiens (Marc Ferro, Krzysztof Pomian...) permet de deviner l'ampleur de l'oeuvre braudelienne ». Gilles Heuré Télérama
http://television.telerama.fr/tele/


« Désormais son parcours va transformer en opportunité le moindre hasard. En poste à Alger de 1924 à 1932, il assiste au colloque qui marque le centenaire de la conquête et il renoue avec le monde de la recherche. De retour à Paris, il obtient un poste de maître-assistant en Sorbonne, mais sa proximité avec l'iconoclaste courant des Annales lui vaut une rétrogradation en lycée. Il est vrai que, dès qu'il dépose son sujet de thèse – très classique encore, sur Philippe II et la politique espagnole en Méditerranée –, ses contacts avec Lucien Febvre sont déterminants, puisque c'est Febvre qui suggère l'inversion – La Méditerranée et Philippe II – qui va conduire Braudel à concevoir l'étude de l'espace maritime et sa temporalité propre ».
Fernand Braudel, historien singulier, Le Monde 04.09.2016



Fernand Braudel (1902-1985) article de Wikipedia
http://fr.wikipedia.org/wiki/Fernand_Braudel

Fermement convaincu de l'unicité profonde des sciences humaines, l’historien a marqué durablement l’historiographie en rompant avec une histoire traditionnelle, militaire, politique et événementielle.

L’enfance en Lorraine, au temps de la Revanche, mais à Paris à 7 ans.
Professeur à Constantine puis à Alger (1923-1932)


La captivité et la rédaction de sa thèse
La Méditerranée et le monde méditerranéen à l'époque de Philippe II
http://tinyurl.com/wp-mediterrannee-philippe2


Braudel, les 3 temps de l’histoire

La Méditerranée, citée par L’Histoire 157, 1992

Dans sa préface, écrite en 1946, Fernand Braudel expose ce que sont les trois parties de son ouvrage, correspondant aux trois temps de l'histoire.
 « Ce livre se divise en trois parties, chacune étant en soi un essai d'explication d'ensemble.

« La première met en cause une histoire quasi immobile, celle de l'homme dans ses rapports avec le milieu qui l'entoure : une histoire lente à couler, à se transformer [...].
Je n'ai pas voulu négliger cette histoire-là, presque hors du temps, au contact des choses inanimées, ni me contenter, à son sujet, de ces traditionnelles introductions géographiques à l'histoire, inutilement placées au seuil de tant de livres, avec leurs paysages minéraux, leurs labours et leurs fleurs qu'on montre rapidement et dont ensuite il n'est plus jamais question, comme si les fleurs ne revenaient pas avec chaque printemps, comme si les troupeaux s'arrêtaient dans leurs déplacements, comme si les navires n'avaient pas à voguer sur une mer réelle, qui change avec les saisons.

« Au-dessus de cette histoire immobile se distingue une histoire lentement rythmée : on dirait volontiers [...] une histoire sociale, celle des groupes et des groupements, Comment ces vagues de fond soulèvent-elles l'ensemble de la vie méditerranéenne, Voilà ce que je me suis demandé dans la seconde partie de mon livre, en étudiant successivement les économies, les Etats, les sociétés, les civilisations. [...]

«  Troisième partie, enfin, celle de l'histoire traditionnelle, si l'on veut de l'histoire à la dimension non de l'homme, mais de l'individu, l’histoire événementielle de Paul Lacombe et de François Simiand : une agitation de surface, les vagues que la marée soulève. [...] De toutes, c'est la plus passionnante, la plus riche en humanité, la plus dangereuse aussi. Méfions-nous de cette histoire brûlante encore, telle que les contemporains l'ont sentie, décrite, vécue, au rythme de leur vie, brève comme la nôtre. Elle a la dimension de leurs colères, de leurs rêves et de leurs illusions. [...] Un monde dangereux, mais dont nous aurons conjuré les sortilèges et les maléfices en ayant, au préalable, fixé ces grands courants sous-jacents, souvent silencieux, et dont le sens ne se révèle que si l'on embrasse de larges périodes du temps. Les événements retentissants ne sont souvent que les instants, que des manifestations de ces larges destins, et ne s'expliquent que par eux. »


La Méditerranée et le monde méditerranéen à l'époque de Philippe II
compte rendu Marcel Bataillon, Revue économique, 1950
http://www.persee.fr/doc/reco_0035-2764_1950_num_1_2_406753

Peter Schöttler, Fernand Braudel, prisonnier en Allemagne : face à la longue durée et au temps présent
http://duepublico.uni-duisburg-essen.de/servlets/DerivateServlet/Derivate-32900/03_schoettler_braudel.pdf

La Méditerranée et le monde méditerranéen à l'époque de Philippe II, Le Monde 18.07.2008
http://www.lemonde.fr/idees/article/2008/07/18/la-mediterranee-et-le-monde-mediterraneen-a-l-epoque-de-philippe-ii-par-gerard-courtois_1074917_3232.html

Que reste-t-il de la Méditerranée de Braudel ?
L'histoire 47, 1982 ??
Le sujet originel était en 1923 : « La politique diplomatique méditerranéenne de Philippe II »
Fernand Braudel inverse, sur le conseil de Lucien Febvre :
La Méditerranée passe avant Philippe II, l'espace maritime avant le souverain.


Ouvrage de référence, il a inspiré de près ou de loin des oeuvres majeures :
Séville et l'Atlantique de Pierre Chaunu 1955-1959,
Le Carrefour javanais de Denys Lombard 1990,
Asia before Europe de Kirty N. Chaudhuri 1990,
Le Système du monde du XVe siècle à nos jours d'Immanuel Wallerstein 1992...
http://www.lhistoire.fr/que-reste-t-il-de-la-m%C3%A9diterran%C3%A9e-de-braudel

La Méditerranée : Braudel toujours présent, Maurice Aymard
http://gerflint.fr/Base/MondeMed1/aymard.pdf



Le Brésil, la rencontre avec Claude Levi-Strauss et avec Lucien Febvre au retour
La fondation de l’École pratique des Hautes Études (1947), à défaut de la Sorbonne,
la co-direction des Annales, la présidence du jury de l’Agrégation,
la chaire de civilisation moderne du Collège de France en 1949


1958 : article Histoire et sciences sociales : la longue durée
« le temps de l’Histoire, le temps des hommes, le temps de la vie sociale, est un temps multiple, qui est formé de temps très brefs, de temps plus longs, de temps très longs, et de temps de longue durée qui peuvent sembler immobiles, mais qui ne le sont pas »
http://www.persee.fr/doc/ahess_0395-2649_1958_num_13_4_2781

Gérard Noiriel, « Comment on récrit l’histoire.
Les usages du temps dans les Écrits sur l’histoire de Fernand Braudel », Revue d'histoire du XIXe siècle 25  2002
http://rh19.revues.org/419


Braudel, note critique sur la thèse de Pierre Goubert, Le Beauvaisis
http://clioweb.canalblog.com/archives/2013/07/06/27581503.html


Refonte du programme de lycée, avec en Terminale l’histoire de 1914 à 1945 + l’étude des civilisations (La « grammaire » de l’édition de 1987)
Vincent Capdepuy, blog Histoire globale, 22.04.2013
http://blogs.histoireglobale.com/la-grammaire-des-civilisations_2750

Fernand Braudel et la Grammaire des civilisations (1963).
René-Éric Dagorn EspacesTemps 2003
http://www.espacestemps.net/articles/fernand-braudel-et-la-grammaire-des-civilisations-1963/

« Bien que Braudel ait perçu le blocage institutionnel de l'université, il est profondément « chahuté » par les évènements, et malgré le fait que le mouvement soit parti de la Sorbonne, la VI section de l'EPHE n'est pas épargnée par le mouvement de contestation ».


Civilisation matérielle, économie et capitalisme – XVe-XVIIIe siècle
paraît en 1979 en 3 tomes
1 - Les structures du quotidien
2 - Les jeux de l'échange
3 - Le temps du monde (« l’économie-monde »)
http://1libertaire.free.fr/Braudel03.html


En 1984, il est élu à l’Académie française au fauteuil d’André Chamson
En oct 1985, il intervient sur le siège de Toulon en 1707 « Une leçon d'Histoire de Fernand Braudel ».
L'identité de la France, publié un an après sa mort, en 1986 aurait dû être le premier tome d’une Histoire de France.


- Fernand Braudel, l'historien monde - France-Culture août 2015
http://www.franceculture.fr/personne-fernand-braudel.html

07.08.2015 - Quel enseignement pour l'histoire / La Maison des Sciences de l'Homme
06.08.2015 - Identités françaises et roman national / La Meuse
05.08.2015 - Le capitalisme détruit-il l'économie de marché ? / Gênes
04.08.2015 - Les avatars de l'idée de civilisation / Dubrovnik


Braudel, Fernand (1902-1985) article de Christian Grataloup dans le Dictionnaire de la géographie et de l'espace 2003.
Espaces Temps, 34-35, 1986. Braudel dans tous ses états. La vie quotidienne des sciences sociales sous l'empire de l'histoire, sous la direction de François Dosse. (dont Grataloup l’appel des grands espaces, Aglietta, le Schumpeter de l’histoire)
http://www.persee.fr/issue/espat_0339-3267_1986_num_34_1


dans le magazine L'Histoire,
Comment Fernand Braudel a écrit La Méditerranée
Par Paule Braudel dans L'Histoire n°207
La Méditerranée c'est Braudel (entretien)
Pierre Chaunu, L'Histoire n°157
La Méditerranée de Fernand Braudel
Joël Cornette, L'Histoire n°254
Que reste-t-il de la Méditerranée de Braudel ?
Jean-Michel Sallmann Les Collections de L'Histoire n°47

L'économie-monde selon Fernand Braudel
Joël Cornette Les Collections de L'Histoire n°38

Braudel et l'identité de la France (portrait)
Yves Lacoste, L'Histoire n°90
Faut-il brûler Fernand Braudel ?
Par DUFAY François dans L'Histoire n°192


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03 octobre 2015

Louis XIV vu par Pierre Goubert

 

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Louis XIV 4/4 : Louis XIV vu par l’historien Pierre Goubert ou la révolution historiographique
La Fabrique 01.10.2015
Avec Fanny Consandey, Nicolas Schapira, Nicolas Lyon-Caen et Jean-Marc Moriceau.
http://www.franceculture.fr/emission-la-fabrique-de-l-histoire-louis-xiv-44-louis-xiv-vu-par-l-historien-pierre-goubert-ou-la-re

L'émission ne laisse pas indifférent.
« Louis XIV a assuré la paix civile intérieure » (24e mn).
« C’est peut-être la misère, mais sans soldats aux portes » (sic)
Qu'en pensent les protestants après 1685 ?

Pas d'impact de la guerre sur le royaume ?
« J'ai trop aimé la guerre » fait dire Voltaire à Louis XIV.
« Louis XIV, le roi de guerre » titre L’histoire pour un dossier paru dans le no 386.
33 ans de guerre sur 54 années de règne personnel, résume Wikipedia.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerres_de_Louis_XIV



Dans cette émission dédiée à Louis XIV, l’histoire sociale et la démographie historique ne font pas le poids face aux modes actuelles de l'histoire. Peut-on rappeler un détail : à la communale, on n’apprend pas le latin. On ne peut donc suivre ni André Piganiol, ni Marc Bloch sur leurs terrains de recherche. Comment faire une histoire connectée sans une maîtrise réelle des langues vivantes ?
Une question candide : que restera-t-il, dans 50 ans, des ouvrages publiés en ce moment sur l’histoire moderne ?

Jean-Marc Moriceau remet le travail de Pierre Goubert en contexte et son choix d’écrire une histoire sociale des petites gens, pas celle des monarques et des chefs de guerre. (à partir des archives du Bureau des pauvres à Beauvais, des registres paroissiaux et de la démographie historique ; JMM cite Louis Henry et Jacques Dupaquier). A ne pas confondre avec l’usage actuel des registres paroissiaux par les généalogistes.
JMM  rappelle l'énorme mortalité de 1693-1694 (1,5 millions de morts, les crises de subsistance, cela ne s'enseigne plus) et la très grande difficulté de (sur)vivre pour 80 % des 20 M de Français. cf dans le Molière d'Ariane Mnouchkine la scène du cheval tué, depécé et dévoré.


Cf aussi un exemple cité par Daniel Roche lors de la Fabrique du 05.07.2013 (10e minute),
http://www.franceculture.fr/emission-la-fabrique-de-l-histoire-histoireactualites-du-vendredi-050713-2013-07-05

Jean Cocu, serger, sa femme et ses trois filles, toutes quatre fileuses - paroisse Saint-Etienne, Beauvais
La famille est décimée lors de la crise de subsistances de 1693-1694) : « on se prive, on emprunte, on mange des nourritures immondes,  pain de son, orties cuites, graines, entrailles de bestiaux ramassés devant les tueries, la contagion se répand, la famille est inscrite au Bureau des pauvres en déc 1693, en mars 1694, la plus jeune fille meurt, en mai l'aînée, et le père. D'une famille particulièrement heureuse puisque tout le monde travaillait, il ret une veuve et une orpheline à cause du prix du pain »

Une histoire franco-centrée ?
La thèse complémentaire étudie deux familles de marchands (les Danse et les Motte) et leurs « circulations ».


Il faut lire aussi les passionnants souvenirs de Pierre Goubert :
Un parcours d'historien. Souvenirs, 1915-1995, Fayard, 1996
Outre le récit de ses origines modestes (un Saumurois qui n’aime pas les officiers et les chevaux), on peut y lire son parcours (« républicain ») de la communale à Saint-Cloud et à la Sorbonne. On y voit des historiens qui ont renouvelé l’histoire (et l’histoire moderne) :  Marc Bloch, Lucien Febvre, Jean Meuvret, Ernest Labrousse, Fernand Braudel, etc...

PG évoque les relations difficiles avec Braudel, « la tempête méditerranéenne ». Il cite la critique brutale de sa thèse principale (par celui qui avait publié cette même thèse) : pourquoi un si petit pays (le Beauvaisis) ? pourquoi le XVIIe et pas le XVIe (des marchands-banquiers, des navires, des foires) - (Goubert parle de ses « 2 thèses, la petite, trop oubliée, la grande trop louée et en partie périmée »)
la Note critique de Fernand Braudel
Annales. Économies, Sociétés, Civilisations. 18e année, N. 4, 1963. pp. 767-778.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ahess_0395-2649_1963_num_18_4_421052


Le chapitre sur Braudel, « le despote souriant et éclairé », incite aussi à nuancer la statue qui lui est habituellement dressée (la nouvelle histoire, pour Goubert, ne date pas des années 1970, mais de 1929, de la création des Annales)

Parmi les publications de Pierre Goubert :
Beauvais et le Beauvaisis de 1600 à 1730
Contribution à l´histoire sociale de la France du XVIIe siècle, Sevpen 1960
réédition Beauvais et le Beauvaisis de 1600 à 1730, Les Classiques de la Sorbonne, 2013
1789: les Français ont la parole, Julliard, 1965. (avec Michel Denis),
Louis XIV et vingt millions de Français,  Fayard 1966
L' Ancien Régime Armand Colin. T. I : la société (1969) ; t. II : les pouvoirs (1973).
Clio parmi les hommes. Recueil d'articles, EHESS, 1976.
La vie quotidienne des paysans français au XVIIe siècle, Hachette, 1982.
Initiation à l'histoire de France, Fayard, 1984.
Mazarin, Paris, Fayard, 1990.
Un parcours d'historien. Souvenirs, 1915-1995, Fayard, 1996,
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Goubert


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06 juillet 2013

Pierre Goubert, un parcours d'historien

 

goubert-parcours


Dans la Fabrique du 05.07.2013 (10e minute), Daniel Roche rend hommage à Pierre Goubert,
dont la thèse vient d’être rééditée.
http://www.franceculture.fr/emission-la-fabrique-de-l-histoire-histoireactualites-du-vendredi-050713-2013-07-05
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10076-05.07.2013-ITEMA_20498120-0.mp3

- L'historien, c’est celui qui se donne des questions et définit un problème historique
(comprendre les capacités de survie des sociétés anciennes, très fragiles)

- PG a exploité des « archives dormantes », celles qui permettent de faire l’histoire des petites gens (cf à Beauvais, paroisse Saint-Etienne, Jean Cocu, serger, sa femme et ses trois filles, toutes quatre fileuses. La famille est décimée lors de la crise de subsistances de 1693-1694).

Pierre Goubert, Beauvais et le Beauvaisis de 1600 à 1730, Les Classiques de la Sorbonne, 2013
http://clioweb.canalblog.com/archives/2013/07/06/27581503.html


- L’occasion de lire ou de relire « Un parcours d’historien »,
l’ouvrage de souvenirs publié par Pierre Goubert en 1996 chez Fayard.

La première partie évoque une famille de gens modestes du Saumurois (cultivateurs et vignerons). « René-Pierre son grand-père a tiré en 1864 un mauvais numéro qui l'expédia pour 7 ans dans l'armée de Napoléon III. Il a neuf enfants, et passé la soixantaine, il tombe à la renverse d’une charrette de foin chargée avec son voisin, et ne se relève pas ».
cf la courbe de Saint Lambert-des-levées).
http://saumur-jadis.pagesperso-orange.fr/recit/ch18/r18d1agr.htm

Pour Pierre Goubert, l'école fonctionne comme ascenseur social, de la rue des Récollets (M. Noyer) à l'Ecole Normale d'Angers (1931) et à Saint Cloud (1935 - l’allocation mensuelle de 150 F est amputée par Laval).
A Saint-Cloud, il cite André Piganiol. « les cours de Marc Bloch ou les entretiens avec Raymond Aron n'incitaient pas les douze littéraires de 1935 à préparer l'inspection primaire et ses suites ». Pour son premier poste à l'EN de Périgueux, il entend une classe de dix normaliens lire Athalie avec l'accent local.

Mobilisé en 1939 comme instructeur météo, il échappe à la captivité. Il est nommé en lycée à Beauvais, loin de sa famille. « Je compris vite que ma destinée consisterait à enseigner pendant des décennies les campagnes de Napoléon, les révolutions de 1848, les unités italienne et allemande et la subtile diplomatie d'entre 1871 et 1914 ». Il réussit à l'agrégation en 1948.
Pour sa thèse, Augustin Renaudet l'incite à exploiter les archives de Beauvais. On lui répond que les archives municipales avaient brûlé en 1940, que les AD étaient inconsultables. Deux assertions fausses mais qui « confortaient la paresse administrative ». Il découvre « les remarquables archives, si bien classées » du Bureau des pauvres de Beauvais, un prédécesseur de l'Hôpital général de Paris.
« Je suis devenu démographe par hasard : les registres paroissiaux étaient les seuls documents reliés et abordables, vers 1946, aux archives de l’Oise. La recherche qui suivit visait à connaître et comprendre le mode de vie et l'activité des paysans, des ouvriers en laine, des artisans drapiers, des négociants, des chanoines, des officiers. J'y parvins grâce à l'extreaordinaire richesse des fonds d'archives écclésiastiques, si bien conservés par une Révolution qui sut (au moins ici) bien plus souvent préserver et classer que détruire ». (Chaunu prétendait le contraire).
La thèse terminée en 1957 est soutenue en 1958 et publiée en 1960.

En 1958, il refuse un poste auprès de Braudel, « pour des raisons familiales et financières », mais accepte de remplacer à Rennes Henri Fréville qui vient d'être élu député. Il y reste jusqu'en 1965, où il part à Nanterre. L'ancien élève des Récollets est élu à la Sorbonne en février 1969.

Dans la seconde partie, il évoque ses relations avec les grands de l'histoire moderne.
La trosième traite de son tour du monde académique (Clio dans le vaste monde).

Il aurait pu devenir géographe (il cite Roger Dion). Mais Cholley règnait en Sorbonne...
« Après M. Noyer, Marc Bloch fut le second maître à me marquer profondément, bien que trop brièvement ».
Il rend hommage à Ernest Labrousse, son patron de thèse et à Jean Meuvret.

Ses relations avec Braudel ont évolué : « dans le petit monde pas toujours exaltant des historiens français [ou des historiens parisiens ?], la puissance et le talent de Braudel suscitaient des réticences, probablement des jalousies, parfois des vilenies ». « La Sorbonne, donc Renouvin, lui avait fermé ses portes ». Goubert subit un reproche en séminaire : «  Pourquoi le Beauvaisis, un si petit pays ? Pourquoi le XVIIe et pas le grand XVIe ? ». « Désarçonné, humilié, me forçant à ne pas éclater, je ne répondis rien… je me mis en congé de thèse » (par la suite, il dira « je n’aime pas les surfaces liquides »).  Mais « Braudel fit l’essentiel, en 1955, pour que je puisse entrer à cette fameuse VIe section, juste au moment où le CNRS me lâchait. Il m’offrit aussi d’imprimer mes deux thèses : la petite, trop oubliée, la grande trop louée et en partie périmée ».

Victor-Lucien Tapié et moi, écrit Pierre Goubert « nous étions des hommes de l’Ouest, lui de l’Ouest blanc mais raisonnable, et moi de l’Ouest bleu, tolérant, je l’espère ».


« J’ai toujours pensé qu’enseigner l’histoire ne nécessitait pas de théorification, méthodologie ou dissertation pédagogiques préalables, même exprimées en langage clair… Mais il semble que je sois l’un des derniers à soutenir ce point de vue… Qui n’a pas sérieusement cherché et beaucoup lu ne devrait pas être digne d’enseigner dans le supérieur, ou alors autre chose que l’histoire ».

« Il existe bien des manières d’enseigner l’histoire. Elles dépendent d’abord du nombre d’auditeurs. A Rennes en 1959, ils étaient une quarantaine en licence, cent cinquante en propédeutique… A Nanterre, on dépassait les cinq cents en première année ; l’enseignement supérieur tenait à un micro… »

« La répétition finit par tuer l’enthousiasme »


quelques remarques :
- La démographie historique a connu son heure de gloire au temps de la mécanographie. L'ordinateur, qui aurait grandement accéléré le travail de ces historiens, n'est plus sollicité aujourd'hui : cette histoire est passée de mode.
- Beauvais (Goubert), Montpellier (Le Roy Ladurie), Oran (Ferro), Alger (Braudel). Que serait-il l’histoire sans le hasard des affectations administratives lors des débuts de carrière ?
- Ecrire en dehors de périodes de vacances universitaires
- Les ouvrages d’égohistoire illustrent l’école comme ascenseur social, en partant du point d’arrivée. Que donneraient les souvenirs de condisciples qui ont moins brillamment réussi ? Que donnerait le récit de la galère que traversent aujourd’hui les jeunes chercheurs, dont seuls quelques-uns accèderont à des postes stables et durables (à la reconnaissance de la profession, voire à la notoriété)  ?


rappel : Voir aussi sa nécrologie par Ph-J Catinchi, Le Monde 25/01/2012
http://clioweb.canalblog.com/archives/2012/01/24/23327447.html

L'article de Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Goubert

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Beauvais et le Beauvaisis (1600-1730)

 

Pierre GOUBERT. Beauvais et le Beauvaisis de 1600 à 1730. Contribution à l'histoire sociale de la France au XVIIe siècle.
Paris, EPHE, VIe section, S.E.V.P.E.N., 1960. (Démographie et sociétés, vol 3 et 3'.)

Pierre Goubert, Beauvais et le beauvaisis de 1600 à 1730, Les Classiques de la Sorbonne
http://www.lcdpu.fr/livre/?GCOI=27000100978230


Note critique de Fernand Braudel
, Annales. Économies, Sociétés, Civilisations. 18e année, N. 4, 1963. pp. 767-778.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ahess_0395-2649_1963_num_18_4_421052

« Braudel critiqua à plusieurs reprises la tendance des historiens à choisir des sujets trop étroits et sans envergure théorique. cf. son compte rendu peu enthousiaste de la thèse de P. Goubert », Annales ESC, 1963, p. 767-778.
Le Centre de recherches historiques de 1949 à 1975 - http://ccrh.revues.org/2781  -  http://ccrh.revues.org/2789

Jean Delumeau, Annales de Bretagne, 1961 :
" On pourra discuter tel choix méthodologique ou telle conclusion du grand ouvrage de M. Goubert. Cette étude passionnante a placé d'emblée l'auteur au premier rang des historiens français ". 

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/abpo_0003-391x_1961_num_68_3_4506_t1_0509_0000_2

Une critique de 1965 par Jean Quéguiner (Bibl Ecole des chartes, 1965)
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bec_0373-6237_1965_num_123_2_449706_t1_0608_0000_3

Emmanuel Le Roy Ladurie, Annales ESC, 1965,
CR de René Baehrel : Une croissance, la Basse-Provence rurale
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ahess_0395-2649_1965_num_20_6_421339_t1_1268_0000_1

Les subsistances et l'Ancien Régime : l'œuvre de Jean Meuvret.
Kaplan Steven L., Annales ESC, 1981
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ahess_0395-2649_1981_num_36_2_282735

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24 avril 2013

Braudel, La grammaire des civilisations

 

braudel-civi-1963



Vincent Capdepuy, [Braudel et] La grammaire des civilisations
blog Histoire Globale, 22 avril 2013
http://blogs.histoireglobale.com/la-grammaire-des-civilisations_2750


Les avatars de l'idée de civilisation
Dans Les grandes traversées - 24.08.2010, France-Culture a diffusé un débat
avec Patrick Boucheron, Christian Grataloup et Jean-Frédéric Schaub
http://clioweb.canalblog.com/archives/2010/08/p10-0.html
L'accès direct en mp3 n'est plus possible (les 1000 jours n'existaient pas encore).

René-Éric Dagorn, "Fernand Braudel et la Grammaire des civilisations (1963)", EspacesTemps.net, Livres, 06.10.2003
http://www.espacestemps.net/articles/fernand-braudel-et-la-grammaire-des-civilisations-1963/

bio de Braudel par C. Grataloup dans le dico J Lévy
Christian Grataloup, "‘Braudel, Fernand (1902-1985)’.", EspacesTemps.net, Livres, 18.03.2003
http://www.espacestemps.net/articles/lsquobraudel-fernand-1902-1985rsquo/
(voir le rsquo et la gestion des signes dans la nouvelle interface d'EspacesTemps)

En juin 2008, le débat du jeudi souligne le triomphe scolaire de Braudel (surtout en géo)
(en août 2010, les manuels Chatel 2de s'annonçaient en retard, en flux hypertendus)

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23 avril 2013

Braudel, Le siège de Toulon en 1707



Braudel, leçon sur le siège de Toulon en 1707
https://www.youtube.com/watch?v=1v0GCAl74Os

L'INA a archivé 3 mn 35 de reportage de France 3 (la vidéo est en ligne sur Dailymotion depuis 10.2010, sur Youtube depuis 02.2013). Braudel, c'est combien de secondes dans ce reportage ?
Quel(le)s élèves sont mis en scène ?
Panoramique sur la rade aujourd'hui, n'existerait-il pas de documentation historique ?
La leçon du siège est connue, moins que les trois autres annoncées : La Méditerranée, le capitalisme, la France

- Gérard Paquet, alors directeur de Châteauvallon, a eu à subir par la suite le FN
Libération 27.03.1997
http://www.liberation.fr/portrait/0101207997-gerard-paquet-ex-directeur-de-chateauvallon-mal-aime-et-esseule-mene-son-combat-sans-faiblir-contre-le-fn-le-solitaire-monte-au-front

- Sauf erreur, dans ce cours magistral, Braudel n'utilise aucun support visuel.
L'audio suffit donc.
La Fabrique de l'Histoire a rediffusé cet audio le 11.06.2008
dans une semaine consacrée à Braudel
Environ 20 mn de la leçon sur le siège de Toulon (15 Mo environ)
https://dl.dropboxusercontent.com/u/63611546/braudel-1707.mp3
http://www.franceculture.fr/emission-la-fabrique-de-l-039-histoire-07-08.html?page=2

La transcription a été publiée par Arthaud-Flammarion en 1986
Une lecon d'histoire de Fernand Braudel :
Chateauvallon, Journees Fernand Braudel, 18, 19 et 20 octobre 1985
(le documentaliste de l'INA donne pour date le 16 octobre 1985)


- La Fabrique, le débat du jeudi avec Amalvi, Burgière, Grataloup, Crépu (juin 2008) - 50 Mo environ
https://dl.dropboxusercontent.com/u/63611546/braudel12.06.2008.mp3

Une opportunité de réécouter qq passes d'armes :

- Braudel, quel géographe ?
un vidalien qui ne serait pas sorti de la géo de son enfance (le visible, le déterminisme) ?
ou un historien plutôt influencé par Demangeon et Blanchard ?

- Quelle lecture de l'identité de la France ?
Loin du chauvinisme et de l'enferment, la nation vue de l'extérieur (atlantique).
Une oeuvre qui était inachevée à la mort de l'historien

- Culture matérielle contre histoire culturelle ?
Mais chez Braudel, le matériel n'est pas seulement matériel.
Avec qq odeurs de cuisine, il sait reconstituer un monde,
faire passer auprès d'un grand public une histoire savante.


Sur ce blog, la semaine consacrée par France-Culture à Braudel en juin 2008
http://clioweb.canalblog.com/archives/2010/08/27/18909124.html

Braudel, Les Grandes Traversées août 2010
http://clioweb.canalblog.com/archives/2010/08/26/18899762.html
http://clioweb.canalblog.com/archives/2010/08/24/18883490.html
http://www.franceculture.fr/podcast/2271141


Les fortifications de la rade de Toulon (ac-nice)
http://www.ac-nice.fr/ia83/images/stories/videos/arts/fortifications_rade_toulon.swf

La levée du siège de Toulon en 1707 - Nicolas Godonnesche

Wikipedia :
http://en.wikipedia.org/wiki/Battle_of_Toulon_1707
http://fr.wikipedia.org/wiki/Siège_de_Toulon_1707
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22 octobre 2012

Cartable de Clio - 12/2012

 

cartable-coll

 

Le sommaire du Cartable de Clio 12/2012 est en ligne au format pdf
http://www.didactique-histoire.net/article.php3?id_article=209


Dossier : L’usage social et politique des peurs.
La stigmatisation de l’altérité

dont en ligne
Pierre-Philippe Bugnard, Université de Fribourg (Suisse)
Enseigner les peurs eschatologiques. Pour une histoire enseignée des mentalités
(le copier coller peut aussi donner :
!"#$%&"$'()$#(*$+'#($#,-./0)0&%1+$#( )


Egalement au sommaire :
La leçon de Braudel, récit et problème en histoire
Les recherches récentes sur les manuels d’histoire : questions méthodologiques et théoriques . . . . .
Le Bulletin de liaison de la SPHQ et les transformations de la didactique durant les années 1960

- Blois 2012 - Comment enseigner la mémoire ?

cartable-memoire

Pierre-Philippe Bugnard, Charles Heimberg, Laurence de Cock, Dominique Chevalier
(annoncé à l'amphi 3 samedi matin, repoussé à 15h45 à l'IUFM)

 

blois-monuments

Guerre 1939-1945 : militaires, civils
La ville de Blois à ses morts, Résistants, déportés
Les déportés et internés à leurs martyrs


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11 novembre 2011

Les pauvres à l'épreuve de la rigueur ?

 

- Les pauvres à l'épreuve de la rigueur ?
Du Grain à moudre, 10/11/2011, avec le Secours catho
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10175-10.11.2011-ITEMA_20321322-0.mp3

Au pays des pauvres, la précarité est une «valeur sûre», poursuit Olivier Berthe, Pt des Restos du coeur
http://www.liberation.fr/societe/01012370614-au-pays-des-pauvres-la-precarite-est-une-valeur-sure

Le grain à moudre évoque aussi la question du Programme européen d’aide aux plus démunis, et sa liaison improbable avec la PAC. Tout le problème vient d'une absurdité de l'Europe des origines, encore aggravée par les thatchériens : L'Europe prétend ne pas s'occuper d'économie, comme si le dogme de la privatisation intégrale, de la compétition généralisée n'avait pas d'impact sur les sociétés européennes. A l'échelle de l'Europe, ce sont les Etats nationaux qui doivent payer les pots cassés, tout comme les collectivités territoriales quand l'Etat français veut devenir un Etat-entreprise. 

- Avez-vous lu Polanyi ?
Karl Polanyi (1886-1964) a écrit La Grande Transformation
Les Chemins de la connaissance - 11.11.2011 avec Jérome Maucourant et Bernard Chavance
http://cemi.ehess.fr/document.php?id=381
Ecouter les divergences entre Polanyi et Braudel à propos du marché et du capitalisme. 

Là où le libéralisme combattait le mercantilisme, le néo-libéralisme veut subjuguer l'ensemble de la société.Il s'est développé avec l'ambition de démolir le partage des richesses permis par le fordisme et les politiques keynésiennes. L'intervention de l'Etat est vigoureuse, et a pour prétexte l'établissement d'une concurrence supposée. On assite à un double réductionnisme : ramener tout fait social à sa seule dimension économique ; réduire l'économie aux seuls intérêts du patronat.

" Après la rupture avec l'étalon-or, il faudrait rompre avec l'indépendance proclamée de la banque centrale, et avec une politique qui fait du niveau des salaires et de la vie des gens la variable d'ajustement de la finance ".

(4 émissions précédentes ont porté sur Balzac - Goriot, le Lys, Illusions perdues ...)
http://radiofrance-podcast.net/podcast09/rss_10467.xml 
http://www.franceculture.fr/emission-les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance 
http://www.institutpolanyi.fr/



karl_polanyi

source :  http://caplibre.over-blog.com

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04 août 2011

Le deuxième exil des Communards

 

- « La Commune est un sphinx qui met l’entendement bourgeois à une rude épreuve » - Marx.
Sur le site Aggiornamento, Quentin Deluermoz et Eric Fournier s'inquiètent du sort fait au XIXe et à La Commune dans les futurs programmes de première générale.
http://aggiornamento.hypotheses.org/463

Avec le redécoupage des programmes à la suite de la suppression de l'HG obligatoire en Terminale S (la chatelisation de l’histoire), le XIXe siècle est écartelé entre la fin de la classe de seconde et le début d'un programme de première qui malmène la chronologie :
. En seconde, la coupure finale hésite entre la fin du XIXe (cf le chapitre sur les migrations) et 1850. 
. Le premier XIXe court le risque d’être escamoté en seconde en fin d’année scolaire ;
. En première, la période entre 1848 et 1880 a disparu des radars des programmes.

Dans ce contexte, La Commune risque de redevenir un fantôme et un enjeu réservé aux BD de Jacques Tardi.

 

- La place de la Commune dans l’histoire scolaire a été abordée en 2003 dans un dossier de la revue Le cartable de Clio, numéro 3 - Qu’est-ce que je n’enseigne pas ? Qu’est-ce que je n’enseigne plus ?
dont l'article La Commune de 1871, une Érinye de l’enseignement, par Didier Nourrisson
http://clioweb.free.fr/revues/cartabledeclio/cartableclio.htm


- Un premier exil scolaire des Communards a eu lieu en 1981.

Dans un programme conçu sous Giscard, et appliqué par la gauche, le XIXe devait cohabiter avec deux autres parties une première sur les fondements de la civilisation européenne et une autre sur les civilisations non-européennes. L’étude de la Révolution a été marginalisée pendant quelques années et n’a repris une place conséquente qu’à la veille du bicentenaire. 
La coupure finale glissait de 1848 à 1880, un choix peu favorable à une prise en compte de la Commune.

La rupture de 1981 était significative à deux titres :

- Au lycée, l’histoire contemporaine (et l'événementiel) perdait son monopole. Par un effet mécanique (le début absorbe davantage d'heures), la partie sur les Héritages a parfois tout submergé, surtout si elle était conçue comme un nouveau survol chronologique de toute l’histoire, et non comme une réflexion sur les fondements de la société actuelle. Sans satisfaire les spécialistes d'Histoire Ancienne ou de Médiévale.

- dans l'histoire scolaire, l'événementiel prend souvent le dessus sur toutes les autres approches. Les civilisations extra-européennes, placées en fin de programme, n'ont pas eu davantage de succès que lors du programme Braudel appliqué et déshabillé après 1962.

 

- Entre 1981 et 2011, 8 ou 9 programmes d'histoire ont été expérimentés. La liberté pédagogique est sans cesse affirmée dans les textes, mais elle ressemble de plus en plus à une pure incantation. Les directives officielles se font de plus en plus pressantes (découpage horaire, documents d'accompagnement, textes patrimoniaux, sujets conseillés, questions ou approches stigmatisées - cf le schéma de la seigneurie).

Ne pourrait-on concevoir un jour des programmes qui permettraient de questionner l'histoire, d'exploiter le travail des historiens et donneraient de vrais choix de sujets aux enseignants et aux lycéens ? Aurait-on si peu confiance dans le métier des profs d'histoire ?


La Commune de Jacques Rougerie : http://www.commune-rougerie.fr/

Les photos mises en ligne par la Northwestern Library, le film de Peter Watkins...
http://clioweb.free.fr/dossiers/commune.htm

 

new-wash

source : http://digital.library.northwestern.edu/siege/docs/PAR00760.html

http://digital.library.northwestern.edu/siege/
 

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16 mai 2011

Marc Ferro : Mes histoires parallèles

- Marc Ferro : « C'est vous qui dites que je suis un historien engagé ! »

L'historien Marc Ferro a publié il y a quelques jours un ouvrage intitulé « Mes histoires parallèles » aux éditions Carnets nord. Issu d'entretiens menés par l'universitaire Isabelle Veyrat-Masson, ce livre revient sur le parcours d'un homme souvent cité en parangon de ce que peut être l'engagement en Histoire.
Pour Rue89, cet héritier de Braudel et de l'Ecole des Annales explicite cette étiquette souvent mal comprise et revendique justement une démarche à l'opposée du militantisme. Amitiés à l'extrême-droite et refus des lois mémorielles inclus. Entretien avec Chloé Leprince pour Rue 89

« Jusqu'à Braudel, l'Histoire était au service d'une cause, à la défense du roi, du prince, du parti…Ernest Lavisse écrit L'Histoire de France en donnant toujours raison à la France ; les communistes, à Lénine. Il y avait toujours un militant derrière l'historien. C'était une prise de position plus ou moins subtile, plus ou moins profonde, plus ou moins juste. Jamais scientifique.
L'Ecole des Annales, avec Marc Bloch et Lucien Febvre, a tout changé en ne voulant plus d'une Histoire patriotique, au service de l'Eglise, ou autre… Le stade ultime de cette « dé-idéologisation » de l'Histoire, c'est à Braudel qu'on le doit : il a fait une Histoire qui n'était plus une Histoire de personnages historiques (la France, Louis XIV, Staline…) mais une Histoire naturelle des conflits dans les sociétés. Pure de toute idéologie partisane ».

« ... Un historien ne peut être que contre les lois mémorielles : elles entachent sa liberté de recherche... Et la tache s'étend, à la manière d'une peau de panthère...  L'Assemblée nationale a un droit sur l'histoire du pays puisqu'elle représente la nation ; mais elle n'a pas à faire des lois sur le passé. Elle peut décider d'une fête des harkis mais je ne suis pas obligé d'y aller ! »
http://www.rue89.com/entretien/2011/05/01/ferro-cest-vous-qui-dites-que-je-suis-un-historien-engage-201982

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- Gérard Jorland, «Marc Ferro - Autobiographie intellectuelle» (éd. Perrin).
Ecouter l'auteur dans La Fabrique 13/05/2011
l'émission au format mp3 (E Laurentin accueille en même temps François Dosse pour son ouvrage sur Pierre Nora) :
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10076-13.05.2011-ITEMA_20285195-0.mp3

- 4ème de couverture -
Parmi les historiens français, la place de Marc Ferro est singulière, à la croisée d'une histoire à la portée de tous et d'une histoire savante. Créatif et généreux, il incarne la volonté de comprendre notre époque.

D'emblée, son contact avec l'Histoire fut violent : en perdant sa mère dans le plus grand cataclysme de notre histoire contemporaine, il en découvre l'impact personnel et immédiat. Entré dans la Résistance, Marc Ferro figure parmi les survivants du maquis du Vercors. Professeur en Algérie, témoin engagé des «événements», il mesure le ressentiment des Arabes contre les colons. Ses travaux renouvellent les idées reçues et l'encouragent à procéder à une contre-histoire, par les images, les faits divers, les tabous, tous sujets que l'histoire traditionnelle avait ignorés. Bientôt, il anime Histoire parallèle, la première grande émission d'histoire critique à la télévision.

Travailleur infatigable, Marc Ferro a publié de nombreux ouvrages sur la révolution russe, les deux guerres mondiales, la
colonisation, le cinéma, qui construisent une approche sensible de notre époque, offrant à ses élèves, à ses lecteurs très nombreux, un décryptage sans cesse renouvelé de notre temps. Son itinéraire de chercheur nous est relaté ici à travers les articles majeurs qui ont jalonné son oeuvre et qui sont présentés, chacun dans son contexte, par Gérard Jorland, philosophe ami de l'historien.

ferro

source de la photo : http://lettre.ehess.fr/2182

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