26 octobre 2010

Blois 2010 : Robert Badinter

Lors de la conférence de clôture, à voir et à écouter en différé, Robert Badinter a insisté sur les bonnes relations entre les magistrats et les historiens.

Il a réaffirmé la liberté de l'historien, le respect de sa liberté de recherche. Il n'appartient pas au magistrat de se substituer à l'historien, ni de trancher un différend entre historiens (motifs changé par une cour d’appel à propos d’un procès touchant au négationnisme). En général, en cas de poursuite, la bonne foi de l'historien est volontiers reconnue. Avec une exception : Zeev Sternhell n'a pas eu ce bonheur face à un académicien (Jouvenel) en 1984.

Plusieurs facteurs ont modifié les rapports entre magistrats et historiens en France depuis 1945.
- l'introduction de la catégorie du crime contre l'humanité
- le vote de l'imprescriptibilité en 1964
- le passage du culte des héros à l’accent mis sur le sort des victimes.
- Dans les années 1980, les avocats des victimes ont pu engager des procédures sur des faits qui n'avaient pas été jugés et se constituer en partie civile. Dans ces procès, la justice avait à juger des faits anciens ; elle a fait appel au concours des historiens. Leur faire prêter, à l’audience, le serment du témoin (dire la vérité, toute la vérité) est une absurdité. Le doute scientifique est un élément central du métier d’historien. On aurait dû se contenter de les faire intervenir en experts, en « amis de la cour ».
Leur présence d’historiens au procès Papon a entraîné des débats vifs entre historiens de métier.

La période de Vichy a été très riche en crimes divers ; beaucoup ont été jugés après 1945. Mais du fait de cette évolution, c'est la complicité de génocide qui l'a emporté sur tous les autres aspects, en France et plus encore à l'étranger.

Robert Badinter attribue le statut des juifs à la folie xénophobe et antisémite d'Allibert, le garde des sceaux. Il estime que tous ceux qui vivaient en France en octobre 1940 avaient bien d'autres urgences (occupation, vie quotidienne, prisonniers...). Or, ajoute RB, sans minorer l'étendue des crimes et de la complicité de Vichy, c'est en France que le plus grand nombre de juifs a été sauvé du génocide. Pas à cause de Pétain ou de Laval, mais « grâce à l'immense réseau de protection discrète et invisible qui a permis aux familles traquées d'échapper à la déportation. Je ne leur dirai jamais assez ma reconnaissance »
49e : il dit sa reconnaissance à tous ceux qui lui ont permis de survivre à Cognin, un village de Savoie.
http://www.la-vie-nouvelle.fr/actualite/Le-message-d-avenir-de-Robert-Badinter-2024.html

A mesure que se révélait l'horreur du génocide, on assiste au passage du révisionnisme au négationnisme. La négation du génocide devient insupportable à tous ceux dont les familles ont été victimes de l'entreprise hitlérienne de destruction. D'où le vote de la loi Gayssot. Dans cette loi, la poursuite ne porte pas sur la négation du génocide, mais sur le rejet du jugement de Nuremberg, le rejet de l'autorité de la chose jugée.

La loi de 2005 a soulevé de très vives protestations.
Ce n'est pas au législateur de dire et d'écrire l'histoire.
La dernière mission parlementaire a fortement déconseillé le recours à de nouvelles lois mémorielles ou compassionnelles.

Lire également le dossier RVH dans la Nouvelle République , même si la promotion du journal et la politique politicienne occupent parfois plus de place que l'histoire.

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25 octobre 2010

Blois 2010 en vidéo

Comme les années précédentes, plusieurs tables rondes de la Halle aux Grains sont disponibles sur le site Canal C2. Une initiative appréciée par tous ceux qui n'ont pas pu faire le déplacement de Blois, et ceux qui ont fait la queue sans pouvoir assister aux tables rondes faute de place.  http://www.canalc2.tv/video.asp?idvideo=10044 - liste en colonne de gauche

- La conférence de clôture
Robert Badinter décrit l'évolution des relations entre historiens et magistrats depuis 1945. Il montre comment dans le procès des dirigeants de Vichy, le passage des poursuites pour trahison et entente avec l'ennemi à des procès au nom de la complicité de crime comme l'humanité a changé le regard sur le régime de Vichy. Il évoque aussi les débats entre historiens quant à la participation à ces procès (notamment celui de Papon).

- De l’amnistie à l’imprescriptible, faut-il oublier les crimes ?
Philippe Bilger, Claude Gauvard, Henry Rousso, Maurice Sartre, Laurent Theis

- Etats faillis, défi humanitaire ou menace stratégique ?
Pascal Boniface, Rony Brauman, François Grunewald, Vincent Hugeux, Serge Michaïlof

- L’injustice de la justice, la conférence de Michel Onfray

D'autres sont attendues, comme " Enseigner le droit et la justice ".
Les tables rondes de l'IUT ont été filmées. Peut-être seront-elles mises aussi en ligne.

Lire « L'injustice de la justice par le grisant Michel Onfray »  un article de la Nouvelle République (17/10/2010)

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- France-Culture. Le lien vers les archives semble revenu ce week-end.   L'interface semi-graphique ne permet d'afficher que 10 titres par page à la différence de l'ancienne qui permettait de balayer  d'un seul coup tous les titres d'une année. Hier une version provisoire affichait encore 50 titres par page.

Pour La Fabrique, on peut remonter jusqu'en 2006 (au lieu de 2004 dans l'interface précédente) mais sans accès aux fichiers audio bien entendu. Lu dans la version temporaire :   "Se répète toutes les semaines tous les Lundi et tous les Mardi et tous les Mercredi et tous les Jeudi et tous les Vendredi jusqu'au Je Juil 21 2011"

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- Les retours du dimanche
La République des "casseurs",  sur le mouvement social, sa sociologie, et les discours de l'exécutif et des médias.
avec Fabien Jobard, politiste
http://www.franceculture.com/emission-les-retours-du-dimanche.html-0
en mp3, http://media.radiofrance-podcast.net/

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18 octobre 2010

Blois 2010 : la NR et les RVH

- Les RDV de l'histoire dans la Nouvelle République
http://tinyurl.com/nr-blois-rvh2010
« Luc Chatel, tout en plaidant pour son action, dit sa volonté de voir l'enseignement de l'histoire revalorisé. « Par exemple, en 1 re S, elle passera de 2 h 30 de cours hebdomadaires à 4 h »  écrit le journaliste.

""Revaloriser"" l'histoire enseignée ???
En novembre dernier, ce même ministre a décidé de rendre l'HG optionnelle en terminale S ! Les 4 heures d'HG ainsi mises en avant en première sont en fait une économie de 1 à 2 h pour le ministère ( elles remplacent 5 h pour les élèves, 6 h pour les profs - avant chatel,  en 1ere, c'était 2 h 30, en Terminale 2 h 30 (dont 1/2 h en classe dédoublée)).
http://eduscol.education.fr/pid23169-cid46468/horaires-de-la-serie-s.html
Voilà une bien curieuse manière de ""revaloriser"" l'histoire scolaire...

La suppression de la formation professionnelle initiale, est-ce aussi une ""revalorisation"" du métier ?? N'est-ce pas plutôt un mépris des jeunes profs et une négation du métier d'enseignant, un métier qui s'apprend comme tous les autres ?

Le journaliste reproche à Marc Gricourt, le maire de Blois, d'avoir attiré l'attention sur les dérives du pouvoir actuel. Les RVH échapperaient à la politique politicienne. Mais Pécresse s'est invitée le vendredi soir ...

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Parmi les articles à consulter,
L'injustice de la justice, la conférence de Michel Onfray
http://tinyurl.com/nr-blois-onfray

Un regard sous les pantalons des filles
http://tinyurl.com/br-blois-pantalon
La femme et le pantalon : conquête d'une liberté 
Christine Bard était l'invitée de Concordance des temps le 11/09/2010

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