17 août 2017

Hannah Arendt, le chemin de l’exil

 

HannahArendt-timbre2006
http://de.wikipedia.org/wiki/Hannah_Arendt

 

Hannah Arendt (1906-1975), le chemin de l’exil
http://www.franceculture.fr/emissions/grande-traversee-hannah-arendt-la-passagere/le-chemin-de-lexil

Grande traversée : Hannah Arendt, la passagère par Christine Lecerf, 14-18 août 2017
14.08 La jeune fille venue d'ailleurs
16.08 Le chemin de l'exil
17.08 Le sens de l'action
18.08 La maison sur l'océan
http://www.franceculture.fr/emissions/grande-traversee-hannah-arendt-la-passagere


En 1925, sa rencontre avec Martin Heidegger à Marburg est un événement majeur de sa vie.
A Heidelberg, elle rédige une thèse sur Le concept d'amour chez Augustin (dir. Karl Jaspers). Elle travaille à une biographie de Rahel Varnhagen
En 1929, elle épouse Günther Stern (Günther Anders). Le couple divorce en 1937.

Le 27 février 1933, l’incendie du Reichstag est le prétexte d’arrestations illégales (« détentions préventives »)
Le choc est immédiat. Pour elle, il est impossible de rester spectatrice.

Les intellectuels suivent le mouvement, pas les autres milieux.
Ils tombent dans le piège de leur propre théorie.
Dans un premier temps, elle ne suit pas son mari.
Elle ne se considère pas comme sioniste, mais elle est chargée par Blumenfeld (Union sioniste allemande) de recueillir des témoignages de la propagande antisémite dans la population allemande.

Etienne Tassin : dans les années 1930, elle fait le constat douloureux : les philosophes se prétendent spectateurs lucides et clairvoyants devant la montée du nazisme. En fait, ils trouvent leur compte dans la fascisation générale de l’Europe, ils sont complaisants avec le fascisme et le nazisme. L’exemple d’Heidegger est effrayant : il ne comprend pas ce qui se passe, mais il cautionne le régime hitlérien. A ce moment-là, les philosophes se comportent comme des charlatans.
Le trésor perdu. Hannah Arendt, l’intelligence de l’action politique , Payot et Rivages, 1999

 En 1933, elle est arrêtée par la Gestapo. Relâchée, elle fuit en Tchécoslovaquie, puis à Paris où son mari est réfugié depuis mars 1933. Elle décide de ne plus avoir affaire avec ces histoires d’intellectuels.

En janvier 1940, elle épouse Heinrich Blücher, ancien spartakiste.
En mai 1940 elle est internée au camp de Gurs avec d'autres réfugiés anti-nazis.
Elle parvient à fuir, et gagne le Portugal avec l’aide de Varian Fry.
En mai 1941, elle part aux USA et s’installe à New York. Durant la 2GM, elle écrit dans l'hebdomadaire Aufbau.
Après la guerre, elle retourne en Allemagne, travaillant pour une association d'aide aux rescapés juifs.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Hannah_Arendt
http://en.wikipedia.org/wiki/Hannah_Arendt
http://de.wikipedia.org/wiki/Hannah_Arendt


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03 juin 2013

Les conseils juifs et les nazis

 

« Parler de "collaborateurs" pour les conseils juifs me paraît inadéquat »
entretien avec l'historienne Annette Wieviorka à l’occasion des films Hannah Arendt et Le dernier des injustes

extraits :
« La perversité du système nazi, c’est d’impliquer des victimes dans leur propre persécution ».
« Je pense que certains dirigeants juifs n'ont effectivement pas correctement interprété cette rationalité nazie. Le président du conseil juif de Lodz, Chaim Rumkowski, était persuadé que les juifs pouvaient être utiles aux Allemands parce qu'on avait installé, autour du ghetto, des ateliers de confection pour l'armée allemande. Aujourd'hui, cette illusion du salut par le travail nous semble absurde. Mais en même temps on célèbre un Schindler qui a sauvé des milliers de juifs en les embauchant dans ses entreprises et on le considère comme un Juste parmi les nations. Personne, en revanche, ne célèbre le fait que les survivants du ghetto de Lodz faisaient partie de ces travailleurs. Y avait-il, du reste, une rationalité nazie unique ? »

« L'équipe de l'historien Emanuel Ringelblum, enfermé dans le ghetto de Varsovie, a rassemblé archives sur archives. A un moment, les éléments ainsi récoltés ont pris sens, et le groupe a compris que les juifs étaient destinés à l'annihilation .. De ce groupe ne sont demeurés que trois survivants ».

« La question de l’attitude des conseils juifs a été débattue en Israël de façon constante ».

Rappel :
Maurice Kriegel, Trois mémoires de la Shoah États-Unis, Israël, France
À propos de Peter Novick, L’Holocauste dans la vie américaine, Le Débat 117, 2001
Toujours en accès payant sur Cairn, 12 ans après ...

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19 mai 2013

Lanzmann et l'indicible

 

Le dernier des injustes - «C’est une histoire folle, l’acmé de la cruauté», Libération cinéma - 17.05.2013 (source NM)
http://next.liberation.fr/cinema/2013/05/17/c-est-une-histoire-folle-l-acme-de-la-cruaute_903854

extraits -
« J’ai voulu montrer que les conseils juifs, ces soi-disant collabos juifs n’étaient pas des collabos »

Benjamin Murmelstein avait été nommé par les nazis à la tête du conseil juif  du camp de Theresienstadt, le Disneyland de la déportation. Lanzmann l’avait longuement interviewé à Rome, en 1975, sans utiliser les rushes.
CL : «La banalité du mal», le concept d’Hannah Arendt, est d’une grande faiblesse »

Q - « On sent que vous êtes fasciné et séduit par le personnage de Murmelstein…
R - J’ai une sympathie formidable pour son intelligence, pour les contes mythologiques qu’il raconte, par sa présence d’esprit, par sa combativité. Il se sentait investi d’une mission, il a sauvé des milliers de Juifs. C’était un aventurier.
Q - Pendant que vous filmez, vous vous voyez à sa place ?
R - Oui ».

Lanzmann, à double tranchant
http://www.liberation.fr/festival-cannes-2013/2013/05/17/lanzmann-a-double-tranchant_903849


« Je tue les nazis avec ma caméra », Lanzmann 1985
http://www.liberation.fr/societe/2013/05/17/juste_903846

« On peut décrier l’homme d’une insupportable et ridicule vanité, telle qu’elle transparaît à chaque page de son autobiographie, le Lièvre de Patagonie. On peut critiquer son admiration aveugle d’Israël et de son armée. Comme l’écrit David Rieff dans The Nation : «Quand Israël et les juifs sont concernés, l’objectivité ne lui semble jamais morale, pas plus qu’elle n’existe quand il s’agit de son œuvre.» Lanzmann, jamais à court de rages et de polémiques, s’arroge ainsi un monopole sur la Shoah. Récusant toute autre thèse, toute autre image, tout autre témoignage sur l’Holocauste que son travail.
Il reste que son œuvre admirable a permis de montrer et de dire l’indicible ».

[ Surprenant pour ceux qui prétendaient qu'un historien qui cherchait à expliquer la destruction des Juifs était sur la voie de la complicité. Juste une ficelle rhétorique pour « s’arroger le monopole » de l’histoire de cette destruction ? Relire aussi les sentences pérémptoires sur la place des images dans cette histoire. ]



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15 mai 2013

Arendt et le procès Eichmann

 

Hannah Arendt et le procès d’Eichmann. La controverse
La Fabrique du 07.05.2013 - Un documentaire d'Aurore Mréjen


En 1961, Hannah Arendt assiste au procès d’Adolf Eichmann à Jérusalem en tant qu’envoyée spéciale du New Yorker. Elle écrit et publie en 1963 Eichmann à Jérusalem : rapport sur la banalité du mal
L’ouvrage est à l’origine d’une violente polémique, d’abord aux USA.
« Trois reproches principaux lui étaient adressés :
sa mise en cause de certains responsables des Conseils juifs,
son ton ironique,
et l’expression elle-même de banalité du mal ».

avec Pierre Nora, Jean Daniel, Roger Errera, Jerome Kohn, Robert Misrahi, Norman Podhoretz
http://www.franceculture.fr/emission-la-fabrique-de-l-histoire-histoire-des-grands-proces-24-2013-05-07


- Rapport sur la banalité du mal (extraits)
- Entretien avec Thilo Koch en 1963
http://www.jpbu.fr/philo/notions/morale/Arendt_Eichmann.rtf

- Arendt, «la controverse». Son essai sur la banalité du mal choqua. Libération, 31.03.1999
http://www.liberation.fr/culture/0101275522-arendt-la-controverse-son-essai-sur-la-banalite-du-mal-choqua

- Les controverses historiographiques autour de l'oeuvre de l'oeuvre d'Hannah Arendt, G. Muhlmann Centre Pierre Léon, 1994
http://bcpl.ish-lyon.cnrs.fr/1994/VARIA/-1994_1_43.pdf


- La « banalité du mal » revisitée, JF Dortier, Sciences Humaines 06.2011
http://www.scienceshumaines.com/la-banalite-du-mal-revisitee_fr_22093.html

- Isabelle Delpla, Le mal en procès. Eichmann et les théodicées modernes, Paris, Hermann, 2011 - CR pour la vie des idées
http://www.laviedesidees.fr/Retour-sur-le-proces-Eichmann.html

- Le cas Eichmann. Vu de Jérusalem, de Claude Klein, Gallimard - Le Monde des livres, 28.06.2012
http://www.lemonde.fr/livres/article/2012/06/28/la-banalite-du-mal-nouvel-examen-critique_1725578_3260.html


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05 mai 2013

AVN : Margarethe Von Trotta

 

Margarethe_von_Trotta

Margarethe Von Trotta en janvier 2013 - Wikimedia Commons



- « Je ne veux pas faire la professeure avec un film » 26.04, 12eme minute
L'émission A Voix Nue a consacré une semaine à Margarethe Von Trotta, la femme engagée, actrice et réalisatrice.
A voie nue, avec Perrine Kervran, du 22 au 25 avril 2013
http://www.franceculture.fr/emission-a-voix-nue

1. Une enfance dans les ruines de Berlin
Elle est née en 1942, à Berlin, son enfance est marquée par la guerre et les bombardements.
Elle est apatride. Sa mère, une aristocrate balte a fui Moscou et la révolution bolchevique. Son père, Alfred Roloff, a une autre famille.
http://www.franceculture.fr/emission-a-voix-nue-margarethe-von-trotta-15-2013-04-22

2. Une jeunesse dans les salles de cinéma parisiennes
A Paris, elle découvre le cinéma (Bergman, Hitchcock, la Nouvelle Vague et les westerns), l’amour et la philo.
Elle découvre aussi les crimes nazis, notamment à travers le film Nuit et brouillard
http://www.franceculture.fr/emission-a-voix-nue-margarethe-von-trotta-25-2013-04-23

3. La vie, l'amour et la politique derrière les caméras du nouveau cinéma allemand
« De retour en Allemagne, Margarethe Von Trotta commence un long parcours qui va la mener du statut de comédienne à celui de réalisatrice en passant par le scénario, le montage et la co-réalisation. C'est en faisant la rencontre de Volker Schlöndorff, qu'elle épousera en 1971, qu'elle entre dans la bande du nouveau cinéma allemand, aux côtés de Alexander Kluge, Werner Herzog, Wim Wenders et bien sûr Rainer Werner Fassbinder. Et c'est à la même époque qu'elle découvre l'engagement à gauche et le féminisme ».
http://www.franceculture.fr/emission-a-voix-nue-margarethe-von-trotta-35-2013-04-24

4. Filmer la mémoire (l’histoire ?) allemande
Dans Rosenstrasse, elle filme la lutte des femmes pour sauver leurs maris (juifs) internés par les Nazis.
Les années de plomb traite des sœurs Ensslin (Gudrun et Christiane) et de la Fraction Armée Rouge (elle voit dans ce mouvement l’impact de la guerre du Vietnam et du silence allemand de l’après guerre sur les crimes nazis).
http://www.franceculture.fr/emission-a-voix-nue-margarethe-von-trotta-45-2013-04-25

5. Filmer des femmes qui pensent
Rosa Luxembourg (1986)
Hildegarde Von Bingen (2009)
Hannah Arendt (2013)
« A travers ces trois films, elle questionne aussi la figure de la femme qui pense, la figure de la femme qui doit se battre pour ses idées et qui y reste fidèle. C'est aussi un autoportrait en creux d'une cinéaste curieuse, qui cherche toujours à comprendre ».
http://www.franceculture.fr/emission-a-voix-nue-margarethe-von-trotta-55-2013-04-26



- Margarethe Von Trotta
Une biographie très développée en anglais dans Sense of Cinema, Great directors
http://sensesofcinema.com/2002/great-directors/von_trotta/


Pour sa filmographie, voir
http://de.wikipedia.org/wiki/Margarethe_von_Trotta
http://fr.wikipedia.org/wiki/Margarethe_Von_Trotta


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16 avril 2011

1961 : Le Procès Eichmann

Une marche de l'histoire (11 avril 2011) où Annette Wieviorka a le temps de s'exprimer sans être interrompue par les extraits sonores que la radio veut placer.
L'émission au format mp3 

Vers la 17e mn :

« A peu près 1/3 des habitants d'Israël au moment du procès Eichmann sont des survivants de la Shoah, donc on peut dire que la présence du génocide est partout et notamment parce que les survivants d'Auschwitz portent le numéro tatoué sur leur bras.

Mais dans le même temps, il y a un immense mépris de la part l'establishment israélien, de Ben Gourion pour ces gens dont - l'expression vient d'Abba Kovner un des resistants du ghetto de Vilno qui témoigne d'ailleurs au procès,  - qui se sont laissés conduire comme des moutons à l'abattoir. On estime qu'il n'y a rien à tirer de l'expérience en diaspora.

Le procès Eichmann, par la volonté de Ben Gourion et du procureur Gidéon Hausner de faire raconter toute l'histoire par les survivants, va créer une sorte de catharsis dans le pays, intégrer ces survivants à la société israélienne et inscrire la Shoah dans le code génétique israélien ».

N'y a-t-il pas un travail de pédagogie nationale, auprès des nouveaux arrivants, juifs venant d'Afrique du nord qui n'avaient pas connu la catastrophe européenne ? 

Absolument. Il y a une écoute nationale, la radio joue le rôle occupé aujourd'hui par la TV. Cela joue aussi le rôle de construction d'une identité nationale, d'un récit national partagé par tous les Israéliens, qu'ils aient été ou non en Europe pendant les années de guerre  » .

( à confronter avec l'affirmation opposée : La shoah n’est pas à l’origine de l’Etat d’Israël )


France-Inter cite 3 ouvrages et 2 vidéos : 
- Annette Wieviorka, Eichmann de la traque au procès, 2011
- David Cesarini, Adolf Eichmann, Tallandier 2010
- Hannah Arendt, Eichmann à Jérusalem. Rapport sur la banalité du mal, Folio, Gallimard

Michaël Prazan, Le procès d’Adolf Eichmann, Kuiv Productions 2011
- Rony Brauman et Eyal Sivan, Adolf Eichmann - un spécialiste : portrait d'un criminel moderne, Montparnasse 2001

Sur le blog Clioweb :
http://clioweb.canalblog.com/tag/eichmann

" Nuit et Brouillard " à Jérusalem
http://aphgcaen.free.fr/chronique/405/aphg405.htm#eichmann

Wikipedia :
http://en.wikipedia.org/wiki/Eichmann
http://fr.wikipedia.org/wiki/Eichmann

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Juger Eichmann, Jérusalem 1961

Exposition au " Mémorial de la Shoah, en partenariat avec les Archives de l’État d’Israël et avec le soutien de l'Ambassade d'Israël à Paris" - 8 avril – 28 septembre 2011


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